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samedi 16 août 2025

 

Château d'Éguilles

Vers 1092 est mentionné le castrum Agullie. En 1113, Joufre et Guigues d’Eguilles font hommage au comte de Provence. En 1116, le comte de Provence confisque le château de Meyrargues aux Brussans-Palliols (compromis dans l’assassinat du comte Gerbert de Millau-Gévaudan, époux de Gerberge de Provence) et attribue Eguilles au sire de Baux, avec Puyricard et Puy-Sainte-Réparade. En 1233, pour une trêve dans le conflit entre Toulouse et Provence-Barcelonne, Hugues de Baux et son neveu Raimond donnent en garantie leurs châteaux des Baux et d’Eguilles. En 1250, le castrum est cité dans une transaction entre Bertrand de Baux, seigneur de Meyrargues, et Gilbert de Baux, seigneur de Marignane. En 1252, l'enquête du comte ne signale aucun droit (comme dans les autres châteaux des Baux). En 1253, Bertrand IV de Baux, seigneur de Meyrargues, prête hommage pour la première fois à l'Église d’Aix pour ses châteaux de Meyrargues, Puyricard, Eguilles et Le Sambuc. En 1285, Hugues VIII de Baux (fils d'Eudiarde) obtient du roi-comte le partage des biens de son père Bertrand IV entre lui et son demi-frère Raimond VII (fils d’Alix); celui-ci conserve Eguilles et Puyricard. Au XVIIe siècle, le château est acquis par les Boyer d’Eguilles, famille de parlementaires. En 1659, ils font reconstruire le château par Louis Jaubert (1625-1683), maître-maçon, sur les plans de Pierre Pavillon. En 1909, le site est endommagé par un tremblement de terre. 

Éléments protégés MH: les façades et les toitures du château et de la chapelle, actuellement église paroissiale, le hall d'entrée et l'escalier rampe sur rampe : inscription par arrêté du 29 août 1984. 

 château d'Eguilles 13510 Eguilles

  

 

Château de Boulbon

En 986, le lieu de Bulbonum est donné par Adelaïs (des vicomtes d'Avignon) à l'abbaye Saint-André d'Avignon. En 1003, la même renonce à ses droits sur le castrum de Burbone en faveur de l'évêque d'Avignon. En 1005-1006, Aufant, des vicomtes d'Avignon, est la souche des sires de Boulbon. En 1043 et 1054/1056 est citée la famille éponyme avec Laugier de Boulbon, fils d’Aufant, témoin d’une donation à l'abbaye Saint-André. En 1054, l'évêque d'Avignon établit un acte dans le castrum. En 1059, le seigneur du castfellum est Bertrand de Boulbon, seigneur de Mézoargues et de Boulbon. En 1094, Laugier de Bulbone, son fils Guilhem et son parent Bertrand de Bolbone sont témoins d'une donation de Saint-Victor de Marseille. En 1113, Guillem-Peire de Boulbon, "vicomte de Mezoargues ", prête hommage au comte de Provence. En 1125, Guilhem de Boulbon est dans lost du comte en Provence orientale. En 1133, Guillaume, Alfant Rostang, Guillaume, Raimond-Guillaume et Laugier, vicomtes de Boulbon, font une donation à l’abbaye de Frigolet. En 1147, Jaufre de Bolbo prête hommage au comte de Provence à Tarascon. En 1150, Guilhem de Boulbon est frère d’Aufant, vicomte de Mézoargues. En 1210, Robert de Boulbon épouse Garsende, fille de Rostaing de Barbentane. En 1214, le comte Raimond-Bérenger fait valoir ses droits suzerains sur la seigneurie. Le château reste une coseigneurie où les Boulbon sont seigneurs-majeurs, mais où les Alberti, Boucicaut, Arlantan, Saladin d’Anglure et Oraison ont des droits; en 1214 les Bompart sont aussi coseigneurs du castrum Burbone. En 1220, les coseigneurs sont pour une part Bertrand Geoffroy et Guillaume Bompart frères, une deuxième part est à Bertrand et Americ de La Tour, neveux des précédents, une troisième part à Bérenger de Boulbon. En 1223, durant la guerre contre les Albigeois et la maison de Toulouse, la garde du château est confiée à l'Archevêque d'Arles à cause de la vacance du siège d'Avignon. En 1248, Bertrand Calcamodis, coseigneur, prête hommage. En 1251, le comte rachète l’engagère faite à Charles Chabert. En 1252, dans l'enquête des droits du comte est signalé que celui-ci possède alors cinq parts sur douze. En 1270, Raimond Calcamodis est coseigneur. En 1271, le 4 juillet, Rixende de Boulbon donne à son fils Bertrand sa part des seigneuries de Boulbon et de Mezoargues. En 1281, Bertrand de Boulbon est coseigneur. En 1295, Bertrand de Lubière, Bertrand Bompart et Guillaume de Boulbon sont coseigneurs. En 1302, la juridiction est en partage entre le roi-comte et Bertrand de Boulbon. En 1315, l'évêque d'Avignon, Bertrand de Boulbon et Geoffroy de Barbentane sont coseigneurs de Boulbon. En 1329, la division du terroir de Boulbon est portée à quatre parts, à la suite de la cession d’une part par Jacques Gantelmi à Bertrand de Boulbon. En 1340 et 1350, Bérenger de Boulbon prête hommage pour sa part. Vers 1352, la comtesse-reine Jeanne en cède une portion à son sénéchal Jean Gantelmi qui en dote l’abbaye bénédictine qu'il fonde à Tarascon. En 1390, le château est occupé par les troupes de Raimond de Turenne qui y tient prisonniers deux cardinaux (il les rançonne après cinq mois pour 12000 sous). En 1393, le maréchal Jean de Boucicaut achète le château lors de son mariage avec la fille de Raimond de Turenne. Le contrat stipule que le château sera ouvert à Raimond de Turenne. En 1399, à la mort de Turenne, le comte de Provence fait reprendre le château. En 1422, le 28 mars, le roi-comte est contraint de restituer les régales à Geoffroy Le Meingre, dit Boucicaut, sur les lieux de Boulbon et du Luc dans le Var. En 1437, le roi-comte confirme à Louis Le Meingre-Boucicaut et à ses successeurs les seigneuries de Boulbon, Pélissanne, Les Pennes et le péage de Bouc. En 1440, Louis Le Meingre fait hommage au comte pour Boulbon, Saint-Pierre de Mézoargues, Les Pennes, le péage de Bouc et une partie de Pélissanne. En 1450, Louis de Saint-Bonnet est capitaine du castrum Burbonis. En 1451, Manon de Poitevin est nommé capitaine du chastel de Burbon pour Isabelle de Poitou, dame de Boulbon, veuve de Geoffroi Le Meingre dit Boucicaut. Les inventaires du XVe siècle signalent parmi le mobilier: des tables en cyprès (ayssipres), des bancs en chêne, des coffres en noyer à serrures (sera, serrayes), des lits à ciel garnis de couvertures (cortines, flassadas), des chandeliers en laiton et en fer, une armoire. En 1451, l'armement se compose de : une guisarme (juzarma), un barbude (barbaruda), deux épieux, deux bacinets à visière (visieras bassinetorum), deux gaines pour porter des torches, un targon ou bouclier à surface convexe à l'usage des porte-bannières peint en noir et orné de feuilles de trèfles, deux avant-bras d’armure d'enfant, six coussinets servant à rembourrer la cuirasse (coyssinet), un vieux gorgerin de mailles (vefus gorjayrum de malha), un petit bouclier rond (scut parvum rofundum), deux haches d'exercice en bois, une hache à bec de faucon, 22 lances, 2 brigandines, 1 armure complète. 2 arbalètes en bois, 1 arbalète à tour, 1 arbalète à tour brisée, 2 arbalètes à pied, 3 arbalètes incomplètes, 3 carreaux d'arbalète à fer barbelé, 4 garrots ou gros traits d'arbalète, des caisses de flèches pour viretons, certaines avec, d’autres sans fer, 2 baudriers blancs dont l’un muni de crochets et de boucles, 2 tours, deux bancs de rempart pour les arbalétriers, 3 petites bombardes dont une brisée, 68 espingoles, 1 caisse de poudre pour bombarde, 1 canon de plomb. En 1455, Jean d’Arlatan achète Boulbon à Louis Le Meingre dit Boucicaut. En 1457, le roi René rachète le castrum de Bulbone à Jean d'Arlatan. En 1586, le château résiste à la Ligue. En 1608, la seigneurie est érigée en comté en faveur de René de Rousset qui restaure et modernise le château. En 1646, Lucrèce, fille d’Alphonse d'Oraison, comte de Boulbon, épouse Joseph d’Agoult, seigneur de Roquefeuil. Château-fort ruiné, construit à la fin du XIIe siècle, sur un rocher dominant le village et la plaine de la petite Crau, à 52 mètres d'altitude. Un donjon rectangulaire de 7,50 X 6,35 mètres a un parement régulier à la base (fin XIIe ou XIVe siècle) et une maçonnerie peu soignée chaînée aux angles dans la partie supérieure (XIVe siècle). Il est divisé en quatre niveaux: les deux inférieurs, taillés dans le rocher sur les faces septentrionale et occidentale, sont voûtés en berceau; les deux supérieurs (dont le niveau a été surhaussé d’un demi-mètre) sont séparés par un plancher. Vers 1400 le mur oriental et l'angle sud-est ont été doublés à environ trois-quarts de la hauteur par une haute et imposante maçonnerie, sorte de bouclier épais de 2,70 mètres muni de mâchicoulis: dans l'épaississement créé par cette maçonnerie, a été ménagé un escalier pour accéder au parapet. Le couronnement a été modifié à plusieurs reprises à la fin du XIVe et au XVe siècle. Une enceinte polygonale, épaisse de 1,60 mètre, dont le tracé suit l'irrégularité du socle, clôture une cour dont le grand axe mesure environ 45 mètres et dont la largeur varie de 9 à 15 mètres. De l'extérieur on voit une haute muraille renforcée de tours, mais à l’orient, l'appareil ne fait qu’habiller le rocher qui affleure à l'intérieur assez près du chemin de ronde. Une enceinte extérieure de tracé bastionné a été réalisée à la fin du XVIe et au début du XVIIe siècle. Deux séries de braies à l'orient ménagent de vastes cours. Une barbacane rectangulaire précède l'entrée près du donjon au midi; l'accès se fait par un étroit escalier taillé dans le rocher. La passerelle du pont-levis a fait place à un escalier au XIXe siècle. Les logis ont été reconstruits aux XVIe et XVIIe siècles. 

Éléments protégés MH: le château de Boulbon (ruines) : classement par arrêté du 2 janvier 1976. 

 château de Boulbon 13150 Boulbon

   

 

Château des Baux-de-Provence

Vers 975-978, le château est construit sur le territoire d’un domaine de l'Église d'Arles, in vallis Felauria; il est d’abord tenu par Isnard pour l’archevêque d'Arles. En 981 est cité le castrum Balcium. En 1031, une famille éponyme est celle des puissants sires de Baux connue avec Hugues et Amelius de Balcio. Avant 1040, Hugues, fils de Pons d'Arles et de Profecta, est seigneur de Berre et de Marignane, domaines qu’il tient de sa mère; il devient sire du château de Baux (castrum que dicitur Balcius) par sa femme Alix. Dans la première moitié du XIIe siècle, les sires augmentent considérablement leur puissance et leur territoire, notamment par une alliance avec les comtes de Provence. En 1145, Raimond de Baux, époux d’Etiennette de Provence, obtient de l'empereur Conrad III de Hohenstaufen l'investiture du royaume de Provence. Cela provoque un conflit de vingt ans, la première Guerre Baussenque. En 1150, Hugues, fils aîné de Raimond (qui vient de mourir) accepte un premier accord; puis, il se ravise et reprend les armes. En décembre 1155, le comte Raimond-Bérenger assiège le château; en décembre 1156, on convient d’une trêve. En février 1162, le comte assiège une nouvelle fois le château; pour faire lever le siège, les Baux doivent promettre de faire hommage pour les châteaux de Baux, Castillon et Vitrolles. En 1163, l'empereur Frédéric-Barberousse retire son soutien au sire de Baux et donne l'investiture du comté de Provence à Raimond-Bérenger. En 1167, Hugues se soumet. Il laisse ses droits sur la seigneurie à son fils aîné Raimond et s’exile en Sardaigne avec son deuxième fils Hugues, et, en 1186, il y devient juge d'Arborée. En 1167, Raimond, fils de Hugues, reçoit la succession de son père. Mais il n’a pas d'héritier direct. En 1170, il lègue à Raimond de Villeneuve et à son cousin Pierre de Lambesc les seigneuries de Meyrargues et Puyricard. Par ailleurs, il cède à son oncle Bertrand, frère de Hugues, les seigneuries de Berre, Châteauneuf, Cornillon, La Fare, La Garde, Istres, Lançon, Martigues, Miramas, Ventabren et Vitrolles. Bertrand obtient en outre la restitution des biens familiaux avec le château de Baux. En 1173, il devient, par son mariage avec l’héritière, prince d’une partie d’Orange. A l’aube du XIIIe siècle, la famille se divise en trois branches qui sont les princes d’Orange, les sires de Baux, vicomtes de Marseille, les sires de Berre. En 1233, les sires de Baux servent de caution dans une trêve pendant le conflit entre le comte de Toulouse et le comte de Provence; leur château de Baux sert de gage. En 1252, l'enquête des droits du comte ne signale aucun droit à Marseille (dont la commune est alors hostile à Charles 1er), ni dans la région de l’Etang de Berre, ni dans divers castrum de l’archevêché d'Aix et du Bas-Rhône (c’est-à-dire partout où les Baux sont influents ou seigneurs): Eguilles, Châteauneuf-le-Rouge, Rousset, Saint-Antonin, Saint-Canadet, Saint-Estève-Janson, Saint-Marc, Saint-Paul-lès-Durance, Ventabren, Aureille, et Les Baux. Le XIIe siècle est en effet marqué par une nouvelle guerre des sires de Baux contre le comte de Provence, qui est cette fois Charles d'Anjou, et qui se termine en 1252 par la victoire de ce dernier. Mais à la fin du XIIIe siècle, Bertrand de Baux, comte d'Avellino, ne reconnaît au comte que les droits de souveraineté, sans autres impositions (pour les châteaux de Baux, Aubagne, Montpaon). En 1324, les nobles et les habitants de Baux, Mouriès, Castillon et Montpaon font hommage au comte-roi Robert. En 1345, la comtesse-reine Jeanne inféode le château à Guillaume-Roger de Beaufort (en Anjou), vicomte de Turenne, neveu du pape. En 1355, le comte ordonne aux Toulonnais en état de porter les armes de se joindre à Philippe d'Agoult, grand sénéchal, pour assiéger le château de Baux occupé par Robert de Duras. En 1390, Alix de Baux, comtesse d'Avellino, exige la restitution des châteaux de Baux, Montpaon et Castillon. En 1392, le château, qui est occupé par Turenne, est pris par les troupes du pape et la garnison est faite prisonnière. En 1394, Boucicaut et les troupes du comte de Provence assiègent le château où Turenne s'est de nouveau réfugié. En 1426, lorsque la famille des seigneurs de Baux s'éteint, les baronnies de Baux et d’Aubagne sont annexées au comté de Provence; on établit alors un inventaire des lieux. En 1458, un nouvel inventaire est établi. En 1483, lors de la réunion de la Provence à la couronne de France, la ville de Baux se révolte et Louis XI la fait assiéger et démanteler. En 1562, le château est incendié par les Protestants. En 1632, i est démoli par ordre de Richelieu. Château-fort ruiné construit au XIlIe siècle, sur une arête calcaire en bordure des Alpilles. Restes d’enceinte, de logis, d’une chapelle et de salles troglodytiques. Le donjon-logis quadrangulaire reconstruit à la fin du XIIIe siècle est percé de fenêtres au-dessus de l’abrupt à l'orient. À l’occident, au pied du rocher, s'étendent une vaste basse-cour et, en contrebas, la ville médiévale. Les fouilles archéologiques permettent de mieux présenter et restaurer ce haut lieu de l'histoire. Les travaux ont commencé dans le secteur nord où les reconnaissances archéologiques ont été engagées depuis octobre 1991.

Éléments protégés MH: le donjon et les constructions contiguës, y compris les salles taillées dans le roc, les tours des Bannes, Sarrazine, Parravelle et autres tours voisines qui faisaient jadis partie de l'enceinte du château, les restes des murs et dépendances de cette enceinte, l'ancienne chapelle Sainte-Catherine : classement par arrêté du 9 juin 1904. 

 château des Baux 13520 Les Baux-de-Provence

   

 

Château de Châteaurenard

En 896, la villa de Seisson ou Cecilianis est encore l'une des résidences de Louis-l'Aveugle, roi de Bourgogne-Provence: au Xe siècle, elle entre dans le patrimoine du juge Renard, d'Arles. Avant 966, celui-ci construit le castellum dans son territoire. De 916 à 966, Renard est cité juge au plaid d'Arles, puis de 964 à 991 est cité son fils Dodon. En 975, Teucinde a adopté l'éponyme de Châteaurenard (castellum Rainardi); avec son neveu Riculf, évêque de Fréjus, il a en précaire de l'Église d'Arles les lieux de Saint-Hippolyte de Crau et Meillane. En 1002, Balda de Châteaurenard fait don à Montmajour de l'église Notre-Dame de Correns pour y fonder un monastère. En 1010 est mentionné le castellum Rainardi. En 1002 et 1015, Eldebert de Castroraynardus est le descendant de Dodon (cité vers 970). En 1038 est connu Dodo de Castro-Rainardi. En 1050-1056, Pons Renard est évêque d'Aix. En 1089, Foulques-Dodon de Châteaurenard est seigneur; en 1091, 1094, il passe pour être un "fidèle" de Raimond de Saint-Gilles. En 1109, Materon de Châteaurenard est seigneur. En 1113, son fils Rostaing-Materon de Châteaurenard et Humbert-l'Escot font hommage au comte. En 1144, Pons et Bertrand de Châteaurenard font hommage à l'archevêque d'Arles. En 1147, Guilhem de Castel Renard fait hommage au comte à Tarascon. En 1151, à la mort de Guillaume sur la route des Croisades, sa veuve fait cession de sa part au comte. En 1219, la famille éponyme, avec Guillaume de Châteaurenard, est encore seigneur du Castrum de Raynardo. Mais vers 1225, le château et la seigneurie sont achetés par le comte de Provence. En 1233, le comte Raimond-Bérenger V établit deux actes à l'étage du logis de Geoffroi de Châteaurenard (in solario staris Gaufridi de Castro Rainardo). En 1252, dans l'enquête des droits du comte, le castrum Rainardus et tous les droits sont à celui-ci. En 1287, le comte possède toujours toutes les juridictions. En 1346, la comtesse-reine Jeanne vend le château pour quinze mille ducats au sénéchal Jean Gantelmi, seigneur de Cabannès. En 1379, sa fille l'apporte, avec Cabannès, à Blacas de Pontevès, lieutenant du Sénéchal, fils d'Isnard de Pontevès, qui en 1385 prête hommage au comte. En 1402, le château sert de refuge à l'anti-pape Benoît XIII. En 1411-1429, Laugier Sapor, évêque de Gap, est seigneur d'Eyragues et de Château-Renard. En 1415, Anthonet de Pontevès cède sa part, soit les deux tiers, au comte. En 1420, Laugier Sapor, évêque de Gap, chancelier de Provence, achète cette part au comte pour 18 mille florins, et le tiers restant à Catherine et Louis d’Elzear de Pontevès. Le nouveau seigneur commence à restaurer le château. En 1425, le roi-comte Louis disgracie Laugier Sapor et confisque ses biens. Le comte y nomme châtelain Pierre de Beauvau. En 1427, un inventaire signale comme armement: 7 cuirasses couvertes de cuir, 6 cervellières rouillées, 3 lances, 5 haches, 1 vieille vouge, 2 bombardelles, 8 canons, 4 bombardes, une grosse bombarde de cuivre, des caisses de viretons en fer, 27 arbalètes de bois, et en acier et un sans treuil, une grande arbalète de rempart (de banc), de la poudre et du salpêtre stockés dans un magasin. Parmi le mobilier signalons des dressoirs, des chaises, dont une en fer, des tables en cyprès, une horloge sans sonnerie (aureloge de ferre sans campane). En 1438, le comte engage le château à Tannegy du Châtel en garantie d’un prêt de quinze mille ducats. En 1453-1462, Louis de Beauvau, sénéchal de Provence jusqu'en 1458, en est engagiste; il est seigneur de Beynes, Graveson, Eyragues et Maillans. En 1462, son frère Jean de Beauvau en hérite. En 1474, 1483, 1485, Pierre de Beauvau, fils de Jean, en fait hommage au comte. En 1493/1494, Etienne de Vesc, baron de Grimaud, l’achète à Pierre de Beauvau. En 1589, le château est pris et pillé par les troupes royales du roi Henri IV. En 1792, la destruction définitive est entreprise par des marchands de biens. Château-fort ruiné, dit Tour-du-Griffon, construit au XIIIe siècle, situé sur un rocher dominant la vallée de la Durance, à 43 mètres d'altitude. Restes d'une enceinte quadrangulaire irrégulière (trapèze). Le chemin de ronde était derrière un parapet crénelé. Les courtines sont percées d'archères à la base sur les faces est, sud et ouest (l'entrée actuelle au midi a été ouverte dans l'embrasure de l’une de ces meurtrières). Les fenêtres de la face occidentale sont des percements du XVe siècle. Les quatre flanquements circulaires d'angle, aux murs épais de 2,10 mètres, ont 7 mètres de diamètre. Deux d'entre eux sont dérasés à quelques mètres du sol. Les deux autres, hauts de 18,50 mètres, dominent la chemise d'une dizaine de mètres; ils sont percés d’archères à tir plongeant et couronnés de consoles à mâchicoulis. Leurs étages voûtés d'ogives communiquent par un escalier en vis épargné. La surélévation ou la réfection des tours indique deux campagnes de construction; les remaniements sont du XVe siècle. La tour sud-est, dite Tour-du-Griffon, a été datée par les archéologues du début du XIIIe siècle. Dans son rez-de-chaussée, des graffiti représentent des hommes d'armes en costume vers 1300. La porte de la chemise s'ouvre dans le petit côté nord; il en reste des vestiges dont les cavités pour la barre de fermeture, le fragment d'une rainure de coulisse pour une herse et des crapaudines; elle est précédée de nombreuses marches d'escalier, dont 14 encore en place sont partiellement taillées dans le roc. Cette rampe à degrés était défendue par une barbacane adossée au rocher dont il reste une portion de maçonnerie à l'angle occidental et les rainures de herse taillées dans le roc. Au XVe siècle, des remaniements suppriment les archères défendant la porte et surmontent celle-ci d'une chambre. La chapelle est signalée dans l'inventaire de 1427. Ses vestiges ont été dégagés par la fouille au pied de la tour nord-ouest. Elle était symboliquement liée à la porte. L'intérieur de la courtine méridionale du logis porte les traces d'un bâtiment qui lui était accolé. Sur la face occidentale est conservée une vaste cave voûtée en berceau de onze mètres sur trois mètres cinquante, haute de trois mètres. Dans la cave est creusé un puits de trois mètres de diamètre, profond de plus de trente mètres. Il est aussi accessible directement côté cour, il a été creusé ou "surcreusé" en 1420 à une profondeur de 16 cannes de Noves (valant chacune 1,97 mètre). Près de la face méridionale, une citerne, autrefois voûtée, mesure environ 4,70 X 2,90 mètres pour une hauteur actuelle de 2,10 mètres, autrefois environ 3 mètres sous voûte (elle pouvait contenir 22 mille litres d'eau). La face intérieure occidentale présente les mêmes marques de tâcherons que celles du clocher datant du XVe siècle. Une étroite rigole relie le puits à la citerne. Des fausses-braies percées de postes de tir cernent la chemise en ménageant une circulation d’environ 0,80 mètre. L'enceinte d'une basse-cour se développe sur le côté occidental. L'aspect du XVIIIe siècle est donné par une gravure conservée au Musée de la Marine de Marseille. A l’origine les tours et l'enceinte avaient la même hauteur. Ce n'est qu'au XVe siècle que le surhaussement des tours a donné à l'édifice sa silhouette définitive. 

Éléments protégés MH: les restes du château: tours et défenses accessoires: classement par arrêté du 27 juillet 1921. 

 château de Châteaurenard 13160 Châteaurenard

   

 

Château du Grand Saint Jean

L’histoire du château du Grand Saint Jean remonte aux Salyens, importante tribus gauloises qui, avant l’invasion romaine, avaient là une de leurs étapes et un oratoire. L’histoire du site reste peu connue quant aux 7 siècles qui suivent. En effet, ils nous restent peu de vestiges de cette époque, fortement marquée par les raids des Sarrasins qui ont détruit la quasi-totalité du site, exception faite de la chapelle fortifiée. En début du XIIe siècle, les princes de la Maison des Baux, soutiennent différents ordres monastiques, comme les Bénédictins. Une communauté, installée à l’Abbaye Mont Majour près d’Arles, établit un prieuré à Saint-Jean qui se maintient jusqu’au milieu du XVe siècle. Le temple romain est détruit et les matériaux sont réutilisés pour la construction de la chapelle romane actuelle consacrée à Saint Jean-Baptiste. Au XVIe siècle, le domaine est érigé en fief pour la famille d’Estienne. Des travaux sont entrepris, Antoine Laurent et Esprit Boyer, maîtres maçons aixois, proposent des transformations de l’ancien manoir féodal, qui répondent mieux aux besoins d’une famille appartenant à la noblesse nouvelle. Le château actuel est le témoin de cette époque. Au XVIIe siècle, il devient la propriété de la famille Martiny, et se dote des premiers jardins à la française. Au XIXe siècle, la famille Martiny, alors sans fortune, vend le domaine à Ludovic d’Estienne. Les transformations réalisées, encore visibles aujourd’hui, sont surtout les grandes allées de platanes. Le 11 juin 1909, un tremblement de terre endommage gravement la demeure et le toit et les planchers s’effondrent. En 1917, sans moyens pour entretenir le domaine, Blanche, la fille de Ludovic d’Estienne de Saint-Jean, lègue la propriété à la ville d’Aix en Provence. Le Domaine comprend, sur 240 hectares, un ensemble bâti, paysager et fonctionnel. En 1999, la ville confie au CPIE du Pays d’Aix la gestion du projet de remise en état du Domaine. Première phase de réhabilitation ; travaux de débroussaillage et de jardinage. L'édifce attend une restauration, des mesures d’urgences ont été prises, évitant un délabrement total.

Éléments protégés MH: les façades et les toitures du château : inscription par arrêté du 13 octobre 1975. La chapelle : inscription par arrêté du 13 octobre 1975.

château du Grand Saint Jean 13100 Aix-en-Provence

   

 

Château de Tarascon

À cet emplacement s'élevait un premier château, il a vraisemblablement été édifié par Roubaud II, marquis de Provence, entre 994 et 1010. Ce château, partiellement détruit puis reconstruit, fut occupé au milieu du XIIIe siècle par Charles d’Anjou, comte de Provence et frère de Louis IX, roi de France. Ce château est restauré, en 1291, par son fils Charles II dit « le Boiteux ». En 1367, le duc Louis d'Anjou, gouverneur du Languedoc et frère du roi de France Charles V, veut profiter de l’éloignement du pape Urbain V qui s'était rendu à Rome et de l'absence de la reine Jeanne, comtesse de Provence, pour substituer son pouvoir à celui de la reine. Cette entreprise était une nouvelle manifestation de l'ambition française sur la Provence. Le duc d'Anjou trouve un capitaine en la personne de Bertrand Du Guesclin qui vient d'être libéré en décembre 1367 après sa capture à la bataille de Nájera. Du Guesclin se met en marche le 26 février 1368 avec 2 000 hommes et met le siège devant Tarascon le 4 mars 1368. La ville est bloquée de toute part. Les trébuchets font plusieurs victimes dont le clavaire de Tarascon, Martin Champsaur[5]. La ville de Tarascon capitule le 20 ou 22 mars 1368, mais sera reprise en septembre 1370. 

 Éléments protégés MH: Classé MH en 1840 

Château de Tarascon 13150 Tarascon 

Téléphone : 04 90 91 01 93 

 

Château de la Pioline

Dès le XVe sièle, le moulin de Verdaches, fut possédé par Rodulphe, seigneur de Verdaches, d'ou son nom. La maison de Borrilli en fit l'acquisition et y accueillit en 1579, la reine mère Catherine de Médicis. En récompense de quoi le roi Henri III, l'année suivante, érigea le domaine, appelé désormais Beauvoisin, en fief, avec droit de haute, moyenne et basse justice. Guillaume du Vair, premier président au parlement de Provence, racheta la seignerie en 1613 et la vendit 3 ans plus tard à Reynaud de Piolenc, écuyer d'aix, seigneur de Cornillon, issu d'une très vieille famille comtadine. Beauvoisin allait rester pendant un siècle et demi dans cette maison et y prendre son toisième nom "La Pioline". Des revers de fortune accablant Honoré Henry de Piolenc de Thoury, il fut contraint de se défaire de ses terres. Finalement les neveux des Piolenc, les Meyronnet-Châteauneuf achetèrent la demeure en 1769. Après la Révolution La Pioline devint la propriété d'un négocient, Balthazar Moutte. Puis appartint en 1829 au duc de Blacas d'Aups, familier du roi Charles X. En 1920, le domaine était en possession de M. de Villèle, notaire à Auriol puis passa à deux acheteurs successifs, jusqu'à ce que M. et Mme Armand, en 1989 commencent à entreprendre le spectaculaire sauvetage de La Pioline. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures, le salon Louis XVI avec son décor, les deux vases de la grille de la cour d'honneur et les deux de la terrasse des tilleuls : classement par arrêté du 20 janvier 1976.

château de la Pioline 13100 Aix-en-Provence 

Téléphone : 04 42 52 27 27 

 

 

Château de Roquemartine

En 1077, la seigneurie appartient à un dominus de Rupis martine. En 1096/1100, les dîmes du castellum de Rocha Martina et l'église Sainte-Marie qui est près de l'enceinte (moenia) du castrum sont cédées à l'abbaye Saint-Victor de Marseille avec l'accord du suzerain Aicard et Geoffroi de Brignoles, parce que ses châtelains veulent partir en Palestine (à la Croisade). En 1135, Saint-Victor fait un prieuré (cella) de cette église. Vers 1147/1162, Raimond Catel (Catulus) échange Roquemartine avec Hugues-Sacristain Porcelet. En 1190, un autre Hugues-Sacristain Porcelet, seigneur de Senas et de Roquemartine, confirme à Raimond Catel, descendant du précédent, la possession du port de Sénas et des terres données par son père à Raimond Catel (Catulus) en échange de Roquemartine (per permutacione Roca Martine). Sa parente Azalaïs Porcelet, connue sous le nom d'Azalaïs de Roquemartine, femme répudiée du vicomte Barral de Marseille, a été chantée par le troubadour Foulquet de Marseille. Au début du XIIIe siècle, Porceleta, fille de Rostaing (petite fille de Hugues Sacristain) apporte le castrum de Roquemartine en dot à Pierre de Lambesc. En 1221 et 1260, 1263 est cité un péage. En 1221, le testament de Porceleta Porcelet lègue la moitié de Roquemartine à son fils aîné Pierre de Lambesc, un quart à sa fille Sibienda et un quart à sa fille Azalaïs, à Hugues et Guillaume, les fils de celle-ci, et aux enfants de son fils Raimond de Roquesaive. En 1222, le castrum de Rocca Martina est détruit par le comte de Provence; le péage et le château sont confisqués aux Lambesc. Entre 1222 et 1226, le comte Raimond-Bérenger V donne le château à Albe (A/beta) de Tarascon, bail d'Outre-Siagne (ses héritiers le conservent jusqu'en 1701). En 1237, Albe d'Aibe obtient du comte l'exemption des albergues, cavalcades et exactions; Raimond- Bérenger V dispense de toute redevance comtale le château de Roquemartine. A partir de 1240 est citée une famille éponyme d'officiers avec Guillaume de Roquemartine. En 1252, dans l’enquête sur les droits du comte, il a la suzeraineté sur le castrum de Rocamartina; les autres droits sont toujours en concession aux Albe. En 1292, Bertrand d’Albe est seigneur de Roquemartine; le sénéchal de Provence intervient en sa faveur parce qu'il a été attaqué par Rainaud Porcelet et Rostaing de Fos qui ont volé du bétail, ont tué Ancolin, sujet de Roquemartine, et ont déplacé les bornes marquant les limites du village. Le comte somme Rainaud Porcelet et Rostaing de Fos, seigneur de Sénas, de se soumettre au jugement dans l'affaire qui les oppose à Bertrand d’Albe. En 1331, Bertrand d’Albe fait hommage au comte. En 1373, le chevalier Jacques d’Albe, d'abord capitaine général d'Avignon puis vice-sénéchal, est seigneur de Rupemartine. En 1387, son héritier est Pierre d’Alamanon, seigneur de Vidauban. En 1389, le château est occupé par Raimond de Turenne. En 1394, le comte assiège le château pour cette raison. En 1408, Jeanne et Thomas d’Albe prêtent hommage au comte. Au début du XVe siècle, Constance d’Albe apporte une part du château à Jacques Gantelme, seigneur d’Albaron et de Graveson. Au début du XVIIe siècle, le château est abandonné. Château-fort ruiné, dit le Castellas, construit vers 1204, situé à deux kilomètres au nord du bourg, par D-569. Sur un sommet rocheux, à l'extrémité septentrionale de la montagne du Sétis, à 219 mètres d'altitude, grande enceinte polygonale suivant le rocher et l’habillant parfois. Un réduit quadrangulaire, de vingt mètres de côté, est formé par un logis en équerre et des bâtiments annexes autour d'une cour. À l’angle nord-est s'élève un donjon quadrangulaire haut de 18 mètres. Son appareil en bossages tabulaires à joints très fins se compare à celui de la tour du château de Saint-Gabriel. La tour est réputée dater des environs de 1204 (date de sa première mention). Les bossages de Roquemartine étant très semblables à ceux de Saint-Gabriel, il n’y a pas d'arguments pour postdater Roquemartine. On a proposé une date vers 1230-1250 parce que le château de Roquemartine a été détruit en 1222 par le comte et qu'il est passé à un officier de celui-ci vers 1227. Mais on sait que "détruit" ne veut pas dire rasé, mais seulement "inutilisable"; on perce des trous dans les murs et on détruit des planchers et des toits. Il n’y a pas d'arguments pour post-dater Saint-Gabriel et par conséquent Roquemartine. Les logis, hauts d'une dizaine de mètres, sont soigneusement appareillés en bossages tabulaires de calcaire blanc. Le mur oriental a été repris à la base par un talutage en appareil lisse. L’aile septentrionale est divisée en deux niveaux. Au rez-de-chaussée de l'angle nord-ouest, une porte sous arc à grands claveaux donne dans une salle rectangulaire couverte d'une voûte en berceau surbaissé renforcé de trois doubleaux. A l'intérieur un angle au nord de ce rez-de-chaussée est occupé par une citerne dont la voûte en berceau est percée d'une ouverture carrée permettant de puiser l’eau depuis la pièce d'étage; elle était alimentée par une conduite en céramique maçonnée dans l'épaisseur du mur et récupérant l'eau des toits. L'étage comprend deux salles; l’une, dans la partie nord, est placée au-dessus de la citerne; elle est couverte d’une croisée d'ogives retombant sur des cuis de lampe moulurés. L'autre, couverte de deux travées d'ogives, reçoit le jour par trois fenêtres à coussièges. Une fenêtre haute à coussiège et des traces de solives indiquent que la pièce a été subdivisée en deux par un plancher. L'aile occidentale comprend une salle rectangulaire couverte d'une voûte en berceau brisé sur une corniche et renforcée de trois doubleaux retombant sur des demi-culots décorés de feuillages. La déclivité du terrain fait que cette salle directement posée sur le rocher correspond au deuxième niveau de l’aile nord. On y accédait par une porte plein-cintre à longs claveaux extradossés qui ont pour moulure un tore; elle conserve le logement de la barre de fermeture. Dans le mur méridional a été repercée une fenêtre à meneau. Le mur conserve les traces d’une cheminée murale. Plus tard (vers le XVIe siècle), la pièce a été subdivisée par un plancher installé au niveau de la corniche. Au midi sont les restes d’un autre bâtiment qui était également à deux niveaux. Une chapelle castrale occupe l’angle sud-est. C’est une petite construction percée d’une archère et d’une fenêtre. Elle était couverte d’une croisée d’ogives dont il reste les formerets. Une enceinte extérieure en tout-venant à larges joints beurrés, est percée de quatorze meurtrières à tir orienté dans de petits ébrasements. Elles défendaient le chemin d’accès. Deux enceintes basses n'existent plus qu’à l'état de traces. Ce monument de première importance est gravement et régulièrement vandalisé depuis 1978. Il mériterait non seulement des consolidations prioritaires, mais aussi une surveillance efficace accompagnée de vraies mesures contre les vandales. Le "patrimoine de l'humanité française" est aussi significatif et important que ceux de l'Afghanistan ou du Pérou. 

 Éléments protégés MH: le château de Roquemartine (vestiges) : inscription par arrêté du 28 septembre 1926. 

 château de Roquemartine 13430 Eyguières

   

 

Château de Barbentane

Résidence des Marquis de Barbentane, ce "Petit Trianon du Soleil" fut construit à partir de 1674 par l'architecte Louis François de la Valfenière pour n'être achevé dans son état actuel qu'à la fin du XVIIIe siècle. C'est en effet à Joseph-Pierre Balthazar de Puget, Marquis de Barbentane, Ambassadeur du Roi Louis XV à Florence, que l'on doit la somptueuse décoration des pièces de réception, ornées de stucs et de marbres de Carrare, constituant un cadre exceptionnel pour un riche mobilier d'époque Louis XV et Louis XVI. L'édifice fut épargné à la Révolution Française du fait que Paul François Hilarion de Puget, marquis de Barbentane, ancien officier du roi, accepta de devenir général de la république. Le château est entouré de terrasses à l'italienne ornées de motifs sculptés, dominant un parc planté de platanes tricentenaires. La demeure, considérée comme "le plus Italien des châteaux de Provence", est toujours habitée par le Marquis de Barbentane qui s'efforce d'en assurer la continuité. 

 Éléments protégés MH : le château et son parc, y compris les plantations et les éléments d'architecture et de sculpture qui le décorent et les bâtiments composant la basse-cour : classement par arrêté du 9 septembre 1949. 

château de Barbentane 13570 Barbentane

  

 

Château Régis

L’édifice a été construit pour le négociant Louis Régis entre 1860 et 1865 par les architectes marseillais Sixte Rey et Vaud, et décoré par le sculpteur Emile Aldebert. Le château est un pastiche de celui de Chenonceau. Il est la propriété d’une association. C’est actuellement l’Ecole et Collège Notre-Dame de la Jeunesse. Sont inscrits à l'inventaire des Monuments Historiques depuis 1996, le château, son donjon et les éléments d’origine de son parc. Le parc du château Régis est voisin du château de la Reynarde et du parc du château de la Buzine. 

 Éléments protégés MH: Le château, le donjon ainsi que le parc font l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 3 octobre 1996 

château Régis 13000 Marseille

   

 

Château de la Reine Jeanne

La possession seigneuriale de Ventabren apparaît dans un document testamentaire de Raymond des Baux en 1170. Le château-fort constituait un ouvrage défensif considérable. Son architecture était d’une grande simplicité, ses murs construits avec des matériaux de choix mesuraient une toise d’épaisseur. Son enceinte était flanquée de tours rondes et carrées. Le château n’avait qu’une seule porte du côté du levant. Les autres côtés, bâtis sur des rochers à pic, étaient inaccessibles, une chapelle était attenante au château. Au XIVe, le château passa aux mains de la reine Jeanne, reine de Jérusalem et de Sicile, comtesse de Provence, de Forcalquier et de Puymont, fille de Charles Martel, duc de Calabre et petite-fille de Robert d’Anjou, devint reine de Naples à 14 ans. En tant que comtesse de Provence, chacun de ses actes fut apprécié par les populations. Elle réunit plusieurs fois les états de Provence, afin d’aviser les mesures à prendre pour la défense du pays. C’est à partir de ce moment là que le château primitif prit de l’importance. En 1345, à Naples elle fait assassiner son époux, André de Hongrie, par son amant. Elle épouse ce dernier, mais en danger de mort, elle quitte Naples pour la Provence, fin 1347. En 1349, elle nomme Raymond des Baux sénéchal de Provence, puis repart pour Naples. Elle meurt en 1382 à l’âge de 58 ans. En 1381, son fils adoptif, Louis d’Anjou, fait donation du château à Bertrand d’Agoult, membre d’une puissante famille provençale. Ensuite plusieurs familles se succèdent avec des fortunes diverses dans la possession de Ventabren, en 1425 la famille des Quiqueran, en 1472, celle des Bardelins. En 1591, il appartient aux Gaillard-Longjumeau qui détenaient leurs terres d’Henri IV, ce sont les derniers seigneurs de Ventabren. Dès le début du XVIIIe siècle, ils n’habitent plus le château mais leur maison de la Baronne. La forteresse résiste aux guerres et aux temps, mais c’est la République qui, en 1794, dépêche un dénommé Micoulin pour détruire le château. Les habitants du village de cette époque, soit par intérêt, soit pour réparer leurs maisons, soit par peur, aidèrent à la démolition. 

 Éléments protégés MH: le château de la Reine Jeanne (ruines) y compris le sol: inscription par arrêté du 14 décembre 1989 

 château de la Reine Jeanne 13122 Ventabren

   

 

Château de la Barben

En 1024, l’église paroissiale de Berbento dans le diocèse d'Aix est à l’abbaye Saint-Victor de Marseille. En 1092, le castrum Barbentum est mentionné. En 1113 apparaît une famille éponyme avec Hugues de La Berben qui fait hommage au comte de Provence. En 1143, le château appartient à Pierre de Pontevès, seigneur de Lambesc. En 1175, 1186, l'église Saint-Sauveur dans le castrum Berbenti est confirmée à l'Église d’Aix par le Pape. Au début au XIIIe siècle sont cités le castrum et une bastide. En 1252, dans l'enquête des droits, le comte a dans le castrum de Berbent: la suzeraineté, 100 livres d'albergue qui sont engagés à Bemard Raimundo, la cavalcade, les questes et la haute justice. Au XIVe siècle, le château est reconstruit par les Pontevès. En 1387, la comtesse Marie de Blois le confisque à Guillaume de Pontevès, pour cause de rébellion, car il s'était rallié au parti de Charles de Duras (Durazzo) et du vicomte de Turenne. Elle en fait don à son écuyer Bertrand Boycard ou Boytard avec l'approbation de l’évêque de Marseille. En 1437, la seigneurie est restituée aux Pontevès. En 1453, elle est reprise par le roi René. Le 10 juin 1474, celui-ci la vend à Jean II de Forbin pour 4000 florins, dont la moitié est employée à rembourser des frais de réparation. Forbin est issu d’une famille de marchands originaires de Langres, établie à Marseille au XVe siècle. Il est anobli par le comte de Provence et La Barben est son premier fief. En 1475, il restaure le château ruiné et y fait des remaniements. En 1504, Jean de Forbin, seigneur de La Barben, épouse Antoinette de La Terre, dame de Janson. En 1514, Jean de Forbin est dit seigneur de La Barben et de Janson. En 1630, le château est pillé et incendié par le peuple révolté contre les tyrans. La ville d'Aix est condamnée par le roi à indemniser le seigneur qui, par la suite, fait transformer le château. À la Révolution, il est ruiné. Au XIXe siècle, il est restauré. Château-fort construit au XIVe siècle, situé à deux kilomètres à l'est du bourg par la D-22, sur un rocher dominant la Touloubre à 114 mètres d'altitude. Dans une accumulation de bâtiments remaniés et de logis reconstruits à l'époque classique, on distingue deux enceintes irrégulières qui soutiennent des terrasses suspendues. Elles sont flanquées de tours carrées à mâchicoulis placées par intervalles à des hauteurs inégales. L'une des deux poternes, avec la devise et les armoiries de Forbin, était protégée par un pont-levis. La tour sud, endommagée par le tremblement de terre de 1909, a été reconstruite en 1911. Un donjon quadrangulaire est couronné de mâchicoulis. Dans le logis du XVIIe siècle, on peut voir une grande galerie avec plafond "à la française" et ornements héraldiques représentant les emblèmes et les devises des participants au dernier tournoi des chevaliers qui eut lieu en Provence. Une chambre est décorée de peintures murales (découvertes en 1970) représentant le château et les jardins, la grande cuisine, les fours à pain, cachots et écuries. Les jardins du château, dessinés par André Le Nôtre, sont dit les plus beaux de Provence; jardin régulier avec deux poternes d'entrée, une allée de platanes, un dessin ordonnancé avec des portiques, une rivière, quatre bassins, deux fontaines et des terrasses. 

 Éléments protégés MH: le château ainsi que le jardin ordonnancé avec ses portiques d'entrée, ses quatre bassins, ses deux fontaines, et sa statue, les terrasses, la rampe d'accès avec son mur de soutènement et les deux poternes d'entrée, l'allée de platanes à l'entrée, le pont sur la rivière : classement par arrêté du 21 décembre 1984. 

 château de la Barben, route du Château, 13330 La Barben 

Téléphone : 04 90 55 25 41 

 

 

Château de Meyrargues

En 1024, le lieu est tenu par Hugues de Baux de l'évêque d'Aix. En 1082, l'église paroissiale de Maeyracinis est au grand chapitre de l'Église d'Aix. En 1116, le comte de Provence confisque le castrum de Meyrargques aux Brussans-Palliols (compromis dans lassassinat du comte Gerbert de Millau-Gévaudan, époux de Gerberge de Provence) et l'attribue aux sires de Baux (avec Eguilles, Puyricard et Puy-Sainte-Réparade). En 1141, le castrum est aux sires de Baux. En 1150, après leur révolte, les sires de Baux doivent céder au comte la suzeraineté sur le castrum de Mairanges. En 1150, une famille est mentionnée avec Jaufre de Mairenga. En 1162/1164, l'église du castrum Miranegues est confirmée à l'évêque de Marseille par l'empereur Frédéric-Barberousse. En 1170, Raimond de Baux, fils de Hugues, lègue à Raimond de Villeneuve et à Pierre de Lambesc, son cousin, ce qu'il possède à Puyricard et à Meyrargues. Au cours du XIIIe siècle, l'archevêque d'Aix réussit à se constituer une seigneurie temporelle sous la suzeraineté du comte de Provence; elle comprend toutes les seigneuries des sires de Baux dans le diocèse. En 1182-1203, Raimond II de Baux est seigneur de Meyrargues, Puyricard et Istres. En 1209 et 1213, Raimond II de Baux établit des actes dans le castrum de Meyrargues. En 1235, le comte Raimond-Bérenger V engage à l’évêque de Marseille les châteaux de Beausset, Meyrargues (Mairenegetis), Ners, Allauch, Saint-Julien, Méounes, Saint-Cannat et Les Pennes. En 1237, Bertrand IV de Baux est seigneur de Meyrargues; il est l'héritier des terres baussenques du diocèse d'Aix, où il est bienfaiteur de l'abbaye de Silvacane. En 1250, le castrum de Meyrargues est cité (avec Sambuc, Puyricard et Eguilles) dans une transaction entre Bertrand de Baux, seigneur de Meyrargues, et Gilbert de Baux, seigneur de Marignane. En 1252, dans l'enquête des droits du comte au castrum de Mairanicis, le comte a la Cavalcade; le reste est à l'archevêque sous l'hommage au comte. En 1253, Bertrand IV de Baux, seigneur de Meyrargues, prête hommage pour la première fois à l'Église d'Aix pour ses châteaux de Meyrargues, Puyricard, Eguilles et Le Sambuc. En 1257, il établit un acte infra castrum Maranicarum, dans le portique devant la chapelle. En 1266, dans son testament, Bertrand de Baux exclut son fils Hugues en raison de sa rébellion contre lui et contre Charles d'Anjou (toutefois l'exclusion serait levée et Hugues aurait un tiers de la succession s’il se réconciliait avec son père et le comte). En 1285, Hugues VIII de Baux obtient du roi-comte le partage des biens de son père Bertrand IV (fils d'Eudiarde) entre lui et son demi-frère Raimond VII (fils d’Alix); il rentre en possession de Meyrargues et du Sambuc. En 1291, Hugues de Baux vend le château au roi-comte Charles II. En 1294, l'évêque d'Aix cède au comte la suzeraineté sur le castrum Mayranicis; la mutation prendra effet à la mort de Hugues de Baux, actuel détenteur du fief. De 1310 à 1324, le roi-comte donne le château en viager à Bertrand de Got, parent du pape Clément V. En 1324, il reprend le fief après le décès du bénéficiaire. En 1325, il le donne en bénéfice à son fils Charles, duc de Calabre. En 1350/1351, la reine Jeanne inféode le château à Guillaume Roger, comte de Beaufort (en Anjou), vicomte de Turenne, neveu du pape. Dès 1354, le château est confisqué. En 1356, Jacques Mayol est coseigneur, mais la même année, le château est restitué à Guillaume Roger. En 1388, le sénéchal Georges de Marle assiège le château que tient Eléonore de Comminges, mère de Raimond Roger, vicomte de Turenne. Vers 1391, le château est occupé par le comte, puis restitué à Raimond de Turenne. En 1401, le château fait retour au comte. En 1406, le comte demande à son sénéchal, Pierre Dacigné (d'Acigné) ou d'Agnel (originaire d'Anjou), vicomte de Reillane et baron de Grimaud, de reprendre le castrum Mayranicarum cum eius fortalitio. De 1406 à 1408, Jean Le Meingre-Boucicaut fait effectuer des réparations. En 1418, lorsque le château est remis au nouveau châtelain, Pierre de Champagne, on réalise un inventaire. Parmi l'armement figurent des arbalètes de banc, des arbalètes de girelle, des flèches (viretons), des cuirasses, des harnais, des avant-bras, des bacinets à camail, des salades; pour les armes à feu, des barils de soufre, du salpètre, de la poudre prête, cinq bombardes et des pierres pour la grosse bombarde d'Aix. On signale aussi la chapelle. En 1427, une lettre du roi-comte concerne la reprise du château de Meyrargues occupé par Geoffroi Le Meingre, dit Boucicaud; le roi-comte y nomme un châtelain. En 1442, lorsque le château fait retour au domaine, le roi René fait don du castrum novum Mayranci à Artaluche d’Alagonia. En 1490, procès pour la restitution de la ville de Pertuis et du château de Meyrargues. En 1589, le château est pillé et brûlé pendant les guerres de Religion. En 1606, les descendants d’Artaluche, consuls d'Aix, le vendent aux Valbelle. En 1649, il est gravement endommagé. Château-fort construit au XIIIe siècle, sur la butte rocheuse qui domine le village à lest et la vallée de la Durance. Enceinte polygonale oblongue tributaire des contours du socle rocheux. Les chaînes d'angle sont en bossages. Des braies clôturent une basse-cour. Près de l'angle nord-ouest, une porte-tour couronnée de mâchicoulis a un passage barré d’une herse; l'encadrement en arc brisé est en bossages rustiques saillants. L’angle nord-ouest de l'enceinte est appareillé en gros bossages tabulaires assemblés à joints moyens pouvant dater du XIIIe siècle. Au sud-est, un flanquement carré de douze mètres de haut, sorte de "donjon" contrôlant l'accès, est bien appareillé en pierres dressées assemblées à joints fins. La base à fort talus (d’origine ?) est soulignée par un cordon. L'intérieur est divisé en quatre niveaux, les plus hauts percés de fenêtres à meneaux. A l'est, un flanquement circulaire taluté à la base est parementé en lits irréguliers. Au nord, un flanquement rectangulaire est en appareil de pierres éclatées à gros joints mais il est bien chaîné aux angles en tuf taillé à l’aiguille. Le logis, reconstruit en 1638 (millésime), est flanqué de contreforts carrés posés de biais; leur base est talutée et soulignée par des cordons. (1) 

 Éléments protégés MH: l'ensemble des façades et des toitures du château, la terrasse, une salle au rez-de-chaussée avec sa cheminée monumentale du XVIe siècle : inscription par arrêté du 19 juin 1990. 

 château de Meyrargues 13650 Meyrargues 

Téléphone : 04 42 63 49 90