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dimanche 3 août 2025

 

Château de Gourdan

Nous lisons dans la Revue du Vivarais, 1907, sous la signature de son directeur, les pages qui suivent et qui trouveront une place toute indiquée dans cette page. "Gourdan est situé dans la commune de Saint-Clair, à quelques kilomètres d’Annonay; c’est là une des plus belles terres, sinon la plus belle du Vivarais, tant par l’importance du domaine que par l’aspect majestueux des bâtiments". Le château fut édifié au milieu du XVIIIe siècle et remplaça le vieux manoir jusque là seule habitation des seigneurs du lieu et qui subsiste encore, au moins en partie. L’architecte chargé d’élever le nouveau monument s’inspira évidemment de Versailles que tout rappelle ici. Avec ses magnifiques terrasses, son jardin à la française s’étendant devant la façade, son orangerie et ses vastes dépendances remarquablement soignées, Gourdan, dans son ensemble et dans ses détails, porte la marque du siècle des élégances et du luxe raffiné. C’est bien là la demeure des grands seigneurs d’alors qui avaient abandonné la rapière pour la fine épée de cour et la cuirasse pour l’habit de velours et de satin. L’architecture s’accommodait aux mœurs du temps et avait remplacé les forteresses des âges belliqueux par des constructions d’une tout autre allure. On ne rêvait plus combats, embuscades et coups de main; dans nos provinces maintenant tranquilles, on "n’oyait plus bruits d’estoc et de taille"; les grandes salles n’étaient plus faites pour les assemblées de chevaliers bardés du fer, elles étaient devenues de luxueux salons et l’on y donnait de brillantes fêtes où les fringants gentilshommes et les grandes dames de la région faisaient assaut d'esprit et de galants propos. Tout à Gourdan fut fait grandement; les écuries, remises et autres dépendances qui se trouvent au fond de la cour sont remarquables par leurs dimensions et leur aménagement, elles indiquent des équipages et un personnel nombreux, dignes des nobles seigneurs de Gourdan. Le parc est un des principaux attraits de Gourdan et ne contribue pas peu à en faire un séjour réellement enchanteur. De la terrasse on jouit d’une vue ravissante sur les montagnes vivaraises et sur la campagne des environs d’Annonay et ses châteaux; puis, dans le lointain, par delà le Rhône, les Alpes dauphinoises aux tonalités si douces et si variées forment l’arrière plan du tableau. La terre de Gourdan appartint, de la fin du XIVe siècle à 1610, à la famille du Peloux. Marguerite du Peloux, héritière de sa maison, porta, en 1605, ses biens à Louis de Vogüé, fils cadet de Guillaume de Vogüé, seigneur de Rochecolombe et de Lanas, et de Antoinette de Galliens. Pendant sept générations, les descendants de Louis de Vogüé et de Marguerite du Peloux conservèrent la seigneurie de Gourdan. C’est en 1751 que Gourdan fut embelli et considérablement agrandi. "Cette année 1751, a été augmenté et embelli le château de Gourdan avec grandes dépenses, en sorte que c’est une des plus belles résidences que l’on puisse voir en Vivarais". (Chomel, Annales). D’après cette note il semblerait donc que c’est à Pierre de Vogüé que l’on doit le Gourdan actuel, et non à son père, Jacques de Vogüé, comme on le croit. Eugène-Melchior, vicomte de Vogüé, membre de l’Académie française et de l’Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg, titulaire de la médaille militaire, officier du Medjidieh, commandeur de Sainte-Anne de Russie, ancien député de l’Ardèche, en fut le dernier propriétaire. Il vendit Gourdan à Madame Augustine Roux, en 1869, son fils, Emile Roux, le revendit, en 1917, à M. Joseph Ribes qui en est le propriétaire actuel. 

Éléments protégés MH: les façades et les toitures du château et de la tour Nord ; l'orangerie, le parterre et les jardins : inscription par arrêté du 30 août 1967.

château de Gourdan 07430 Saint-Clair 

Téléphone : 01 39 73 78 78 

 

 

Château de Chazotte

A l’est du village d’Arlebosc, le château de Chazotte dresse sa masse sombre au milieu de bosquets. Au-delà la pente se précipite, couverte de bois, jusqu’au ruisseau de Rossignol qui coule au fond de la vallée, au levant, tandis qu’au midi, ses jardins en terrasses précèdent un vignoble qui, d'étage en étage, descend vers la plaine étroite au bout de laquelle coule le Doulx. Vu du bord de cette rivière, Chazotte a assez fière mine avec ses quatre culs-de-lampe qui à vingt mètres du sol dressent leurs girouettes aux angles de sa toiture, et la haute tour que de nos jours on a ajoutée sur sa façade ouest. La cour d’entrée qui se trouve à l'est la sépare du bâtiment des écuries, se termine au midi par un mur de terrasse assez élevé, d’où vient qu’il suffit de gravir un perron de quelques marches pour atteindre l’entrée d’un large promenoir voûté, qui, avec l’escalier à double rampe qui le termine, traverse tout le bâtiment, et donne accès à différentes salles, distribution qui se reproduit aux deux autres étages qui sont au-dessus, ainsi qu’aux vastes caves qui se trouvent au-dessous. Le portail d’entrée de cette cour, percé dans un mur qui reliait au château le bâtiment des écuries, est surmonté d’un pavillon ou tour carrée où logeait le portier, d’où l’on peut voir encore la petite fenêtre grillée par laquelle il pouvait reconnaître l’arrivant, et le mâchicoulis par lequel il pouvait l’accabler, s’il essayait de forcer la porte, qui du reste était assez robuste pour résister à un premier effort; sans compter que de la tour élevée, à l’angle des écuries et des tourelles, les arquebuses avaient libre feu contre lui. On le voit, cette demeure avait été mise par son constructeur à l’abri d’un coup de main, et l’on reconnaît à ce soin, que la construction du château de Chazotte avait lieu à une époque de guerres intestines et de grande insécurité. C’est en effet vers 1610 qu’il faut en fixer le début, car il était habité en 1614, bien que la construction n’en fut pas achevée. Ce n’est qu’en l’année 1624 que fut terminée la toiture, et les soulèvements des huguenots, et les campagnes de la Ligue où le capitaine de Bonnaud avait certainement pris part, étaient encore assez peu oubliées pour que malgré la paix dont on jouissait alors, on redoutât le retour de troubles nouveaux, comme de fait il arriva en 1629. Il y avait certainement eu auparavant à Chazotte un manoir quelconque, mais nous n’en avons aucune connaissance et supposons qu’il disparut complètement pour faire place au château actuel. Nous voulons signaler dans celui-ci deux détails. L’extrémité du corridor du deuxième étage se terminait par une chapelle que l’on reconnaît aux moulures saillantes de ses arcatures et à des fresques religieuses un peu détériorées, laquelle était séparée par une grille en bois du reste du corridor, et s’éclairait sur la cour par une petite fenêtre à plein ceintre dont le vitrail représentait une descente de croix, avec au bas les armes des Chazotte-Lagruterie. De nos jours cette fenêtre a été remplacée par une pareille aux autres fenêtres du château, et le vitrail placé dans une chapelle de l’église paroissiale. Elles sont peintes également sur le sommet de l’arcature de la grande cheminée ou chalfague de la salle à manger du château, mais cachées par les boiseries de cette salle qui a fait disparaître cette chalfague au XVIIIe siècle. Notons aussi que les fenêtres du château étaient autrefois des croisés à meneaux; mais on a supprimé ceux-ci pour donner aux appartements un peu plus de lumière. Les armoiries de la famille de Chazotte, telles que nous les représentent ces peintures étaient: d’or à la bande, partie d’azur et de gueules; au chef d’azur chargé de 3 étoiles d’or. Le manoir de Chazotte donna son nom à une famille qui sans doute y eut son berceau et sa résidence, mais qui plus tard transporta ses pénates aux fiefs de la Gruterie dans la paroisse de Mascheville, au château de Pleynet, en la paroisse de Saint-Félicien, au fief du Besset, en la même paroisse, et à celui de la Suchère, paroisse du Chambon en Velay, s’étant divisée en plusieurs branches, mais qui toutes s’éteignirent du milieu du XVe au milieu du XVIe siècle. Le premier gentilhomme du nom de Chazotte qui nous soit connu est noble Jean de Chazotte, qui figure en 1393 parmi les témoins du mariage de François de Fay-Peyraud avec Alice de Solignac et que nous croyons être le même personnage que ce Jean de la Gruterie, mort avant 1400: sauf que celui-ci n’eût épousé la sœur de Jean de Chazotte. Nous voyons en effet autre Jean de la Gruterie, son fils, se dire en 1400 sous la tutelle de Messire Aymard de Chazotte, prieur d’Espinal. Le fils de ce Jean II de la Gruterie, Guillaume de Chazotte de la Gruterie, épousa Aloïs de Saulsac et en eut: Anne ou Agnès de Chazotte, qui épousa, le 28 mars 1448, Bertrand ou Briand de Montjeu de Chassagnes, bailly de la seigneurie de la Mastre, et en eut de nombreux enfants, entre lesquels: Guillaume de Chassagnes, à qui par testament du 7 septembre 1474 son aïeul maternel laissa les fiefs et seigneuries de la Gruterie, paroisse de Mascheville; et des Ollières, au pays de Velay, à charge de prendre le nom et les armes de sa mère. Pierre de Chassagnes qu’il substitua au nom et armes de Chazotte et à qui il légua le fief de la Suchères, en la paroisse du Chambon, en Velay, celui de Pleynet, en la paroisse de Saint-Félicien, et aussi la terre de Chazotte, en la paroisse d'Arlebosc. Ce Pierre de Chazotte, seigneur de Pleyné et de la Suchère, épousa, vers 1480 ou 1490, Catherine Gros, dont la famille habitait le manoir de Malgarayt, à la paroisse d’Arlebosc; et en eut entre autres enfants: Messire Guillaume de la Gruterie, seigneur de Pleyné, qui épousa, le 31 janvier 1535, au comput, Moderne-Françoise Tivoley de Brénieu, de la paroisse de Saint-Romain-d'Ay. Leur fils aîné, André, hérita du château de Pleyné, où il habita. Le cadet, Philibert de Pleyné de Chazotte, reçut pour apanages le fief de la Sucheyre et les manoir et terre de Chazotte, laquelle comprenait les domaines des Morfin, des Estroit, des Cortes et du Chapiton qui l’entouraient comme nous l’apprenons du compois de la paroisse d’Arlebosc de 1596. Il habita ce manoir de Chazotte, où il mourut en 1623, et dont il entreprit la reconstruction qui ne fut terminée que par sa fille. Il avait épousé, le 21 avril 1584, demoiselle Magdeleine de Valard, dont il eut seulement trois filles: Anne, mariée, le 16 octobre 1610, à noble Pierre de Souverain de Treslamond; Diane, mariée, le 1er février 1615, à noble Jean de Monteil de la Fontet; Catherine, qui hérita de tous les biens de sa maison, et épousa, le 16 octobre 1611, noble Balthazard de Bonnaud, capitaine au régiment de Champagne-Infanterie, qui, à la suite de ce mariage, vint se fixer au château de Chazotte, où il mourut en 1625 (Bonnaud: d’azur à l’aigle d’argent, à 3 étoiles d’or rangées en chef). Leur fils, Pierre-Louis de Bonnaud, capitaine au régiment de Languedoc, hérita de la terre de Chazotte ainsi que du domaine de Malgarayt que son père avait acquis, le 11 juin 1624, de la famille de Burine, et des petits domaines de Jean Gros, en la paroisse de Bozas, son annexe, ainsi que de la seigneurie des hameaux de Fauries et de Monteil, en la paroisse d’Arlebosc, que le même Balthazard de Bonnaud avait autrefois acquis du seigneur de Bosas. Lui-même y ajouta vers 1659 le domaine de la Combe de Malgarayt, qu’il acheta de la famille de Clavierre. Pierre-Louis de Bonnaud mourut le 27 avril 1686, et n’ayant pas d’enfant de Jeanne de Romanet qu’il avait épousée le 11 août 1653, il l’institua elle-même son héritière par testament du 14 février 1686, et celle-ci, le 9 février 1696, transmettait toute cette fortune à M. Jean de Monteil de la Fond, seigneur de Saint-Quentin, fils de sa sœur Françoise de Romanet et de Balthazard de Monteils de la Font, fils lui-même de Jean de Monteils de la Font et de Diane de Pleyné-Chazotte. Madame de Bonnaud mourut le 4 août 1698; mais déjà son héritier, M. Jean de Monteils-Saint-Quentin, avait abandonné la résidence de sa famille au village de Boucieu (de Monteils: d'azur au griffon d'argent armé, onglé, becqué et tangué de gueules). Jean de Monteils de la Font, seigneur de Saint-Quentin et de Bavas, du chef de sa femme, Marie de Chambaud, qu’il avait épousée le 8 décembre 1669, et colonel d’un régiment d’infanterie, prit donc possession du château et terres de Chazotte en 1696; il y mourut en 1711. L’aîné de leurs fils, Pierre-Louis, seigneur de Saint-Quentin, Bavas et autres terres au Bas Vivarais, du chef de sa mère, hérita de son père des châteaux et terres de Chazotte et autres biens de la famille de Bonnaud, et fut, comme son père, colonel d’un régiment d’infanterie. Il épousa, le 28 février 1696, demoiselle Antoinette de Mathias, de laquelle il eut de nombreux enfants, entre lesquels: Messire Balthazard Aymard de Monteils; Messire de Durfort, seigneur de Saint-Quentin, Bavas, etc.., seigneur aussi de Faurie et Monteils, et possesseur du château et terre de Chazotte, et colonel d’infanterie. Il épousa, par contrat du 4 novembre 1715, Marie-Françoise Faure de la Farge, laquelle lui apporta en dot la terre et seigneurie du Pouzin, en Bas Vivarais, par ce même contrat, son père lui faisait donation de tous ses biens. Elle hérita de la baronnie du Lac et de Ville-False, dans le pays de Narbonnais, patrimoine de Jacques des Riens, qui avait épousé sa tante, Marie Faure de la Farge; et cette dernière acquisition détermina Pierre-Louis et Balthazar d'Aymard de Monteils à aliéner leurs terres du Vivarais et à se transporter dans le Bas Languedoc. Dès le 26 avril 1714, ils vendirent à M. Jean Blachier du Rouchet la propriété de Malgarayt avec les domaines de la Combe et de Jean Gros qui en dépendaient, ayant alors l’intention seulement de se fixer dans le Bas Vivarais. Mais ensuite, par acte du 21 mai 1728, ils lui vendirent également leur château et terres de Chazotte, et tout ce qu’ils avaient en la paroisse d'Arlebosc; à la réserve toutefois de leur seigneurie de Fauries et Monteils, qu’ils vendirent à M. Philibert Blachier de la Chau, du lieu des Romaneaux (Blachier de Chazotte: d’azur à la croix d’or bordée de sable, cantonnée de 1 étoiles d’argent). M. Jean Blachier du Rouchet, d’une ancienne famille du pays, devint donc, par l’achat qu’il fit en 1728 à MMe de Monteils-Saint-Quentin, possesseur du château et de la terre de Chazotte, où il fixa aussitôt sa résidence, et où il mourut le 23 juillet 1764. De Mlle Suzanne de Monteils, qu’il avait épousée le 21 juin 1719, il laissait 9 enfants, l’aîné desquels il institua son héritier, par testament du 29 avril 1754, fut plus connu sous le nom de Chazotte. Jean du Rouchet de Chazotte fut conseiller au parlement des Dombes séant à Trévoux, office dont il fut pourvu par lettre royale du 3 septembre 1767, habita comme son père le château de Chazotte où il fit de sérieuses réparations et aménagements intérieurs. Il mourut le 16 décembre 1786 au château de Chazotte, après avoir, suivant l’usage du temps, disposé de tous ses biens en faveur de son frère, Clément du Rouchet de Saint-Just, prêtre et curé d'Arlebosc, par testament du 26 octobre de la même année, en le chargeant de choisir lui-même celui de ses fils auquel il conviendrait de confier la charge de continuer la maison. Jean de Chazotte laissait en effet 3 fils, de son mariage avec Mademoisele Magdeleine-Henriette de Carrière, d’une ancienne famille qui avait fourni plusieurs capitouls à la ville de Toulouse, et dont le père, ancien capitaine au régiment d’angoumois infanterie, et chevalier de Saint-Louis, s’était fixé à Arlebosc et y avait épousé Mademoiselle Magdeleine Clavel de Veyrans, et qu’il avait perdue le 9 août 1772. L’aîné de ses fils ayant renoncé à s’établir, l’abbé Saint-Just voulut remettre la fortune dont il avait le dépôt au second, Alexandre de Chazotte, garde du corps du comte de Provence, à l’occasion de son mariage, le 15 mars 1792; mais les trois frères, après quelques années d’indivision, se la partagèrent amiablement à parts égales, ainsi que la fortune de leur mère; après défalcation des légitimes de leurs oncles dont cette fortune était encore grevée. Dans ce partage qui est du 31 janvier 1795, le château de Chazotte avec une partie des domaines qui en dépendaient forma la part d’Athanase de Chazotte-Carrière, le plus jeune des trois, lors âgé de 27 ans, et deux ans plus tard, le 20 septembre 1797, il épousa Mlle Françoise-Thérèse de Clavières, lors âgée de 18 ans, fille du feu comte de Clavières-Saint-Romain, et de Dlle Suzanne de Raymond de Suzeulx, laquelle lui apporta en dot les domaines de Beauchamp, du Colonier et de Charencey, en la paroisse de Saint-Félicien; et dans celle de Champi, celui de Margier, et de nombreuses rentes foncières provenant de la maison de Robiac. Mais Madame de Carrière mourut le 23 janvier 1812, et son mari le 5 du mois suivant, après avoir, par testament du 3 du même mois, confié à son frère Alexandre la tutelle de ses deux enfants: Françoise de Chazotte-Carrière, qui en 1822 épouse le vicomte Maurice de Montravel; et Louis-René de Chazotte-Carrière, né le 10 octobre 1802, à qui revenait les 2/3 des biens de son père et 13/24 de ceux de sa mère, eut à sa part, par partage du 13 novembre 1823, (nous devons noter que Athanase de Carrière avait avant sa mort hérité de son frère aîné, par testament du 17 mai 1804), eut à sa part le château de Chazotte avec toutes ses dépendances et tous autres biens, fonds sis en la paroisse d’Arlebosc, plus ceux de Beauchamp et du Colonnier, qu’il aliéna pour acquérir le domaine de Moulin du Chapilou et celui du Chapitou, détachés jadis de la propriété de Chazotte par Madame de Saint-Quentin. Il avait épousé, le 23 septembre 1834, Madamoiselle Alix Plantin de Villeperdrix, lors âgée de 20 ans, fille de M. Augustin Plantin de Villeperdrix et Louise-Marie-Eléonore de Suffren-Saint-Tropez. Elle mourut à la naissance de son troisième enfant, le 16 février 1838. Monsieur Louis de Chazotte-Carrière murut en son château de Chazotte le 27 septembre 1875, à 73 ans. Il avait de son vivant disposé de sa propriété et château de Chazotte, en faveur de son fils cadet, Ferdinand. L’aîné, Albéric de Chazotte, reçut en apanage la terre de Suzeulx et le domaine du grand Prat, provenant de sa mère. Il y est mort en 1875, laissant plusieurs enfants. M. Jean-Louis-Ferdinand-Oswald de Chazotte, né comme nous l’avons dit en 1838, fut un des premiers gentilshommes de France qui accoururent à l’appel du général de Lamoricière, se rangea autour du trône du Saint-Père; enrôlé d’abord dans les corps des croisés de Cathelineau, avec son cousin Félix de Montravel, qui depuis fut tué à Castelfidardo, ils furent versés l’un et l’autre dans le bataillon des Franco-Belges du capitaine de Bec de Lièvre, et à la bataille de Castelfidardo, le 18 septembre 1860, il fut de cette petite phalange de héros qui, après avoir enlevé la ferme des Crocettes, la défendirent contre les Piémontais d’une façon si brillante et ne cédèrent qu’à l’incendie. Sitôt rapatrié, apprenant que l’armée pontificale se réorganisait, Ferdinand de Chazotte courut reprendre sa place dans le bataillon qui, le 1er janvier 1861, prit le titre de zouaves pontificaux, et il y resta avec le grade de sergent jusqu’à l’année 1866. Le 30 janvier 1867, il épousait à Lyon Annabelle de Longchamp, la plus jeune des filles de M. Léonard Deroch de Longchamp, conseiller à la cour royale de Lyon, et de Célémie Bédos. A l’occasion de ce mariage, son père lui avait donné le château et propriété de Chazotte; et déjà sa grand’tante, la comtesse de Dienne, veuve en 1res noces et héritière du comte Louis-René de Clavière, marié le 25 juin 1866, l’avait institué son héritier principal, à charge de prendre et joindre à son nom celui de la famille de Clavière, dont elle lui remettait les biens qu’elle avait entre les mains, mais avec certaines charges importantes. C’est depuis que Ferdinand de Chazotte se qualifia comte de Clavière. Il est mort dans son château de Chazotte, auquel il avait fait d’importantes réparations, laissant de son mariage 7 enfants: 5 filles et 2 fils. L’aîné de ceux-ci, Ludovic-Marie-René de Chazotte, comte de Clavière, possédait le château de Chazotte au début du XXe siècle.

Éléments protégés MH: les façades et les toitures (à l'exclusion de la tour moderne) du château et de la poterne d'entrée (y compris les vantaux de la porte) : inscription par arrêté du 2 mars 1981. 

 château de Chazotte 07410 Arlebosc

   

 

Château de Saint-Thomé

L'enceinte du castrum de Saint-Thomé est mentionnée dès 1374. Au XVIIe siècle, le château Saint-Thomé est démantelé par les troupes royales, en réponse à l'alliance entre Claude de Hautefort de Lestrange et Montmorency, allié de Gaston d'Orléans, frère rebelle du roi, la seigneurie étant inféodée aux de Vesc, alliés et parents de Lestrange. Des travaux de restauration sont entrepris au XVIIe siècle, suivis, à la fin du XVIIIe, par le réaménagement intérieur complet, le salon du premier étage a conservé les papiers peints exécutés à la détrempe, et les chambres les décors stuqués. L'édifice présente un plan rectangulaire, flanqué de deux tours à l'est et d'une extension à l'ouest. Les trois niveaux sont desservis par un escalier intérieur à retour tournant à droite. L'escalier dessert un vestibule voûté d'arêtes. Le rez-de-chaussée conserve des vestiges médiévaux (cave, cheminée dans le salon). Ce plan tripartite avec escalier rampe sur rampe à travée centrale lisible en façade, donne des indications sur l'évolution du plan de la demeure au XVIe siècle. Le château a subi des dommages suite au tremblement de terre du 11 novembre 2019. 

 Éléments protégés MH: le salon du rez-de-chaussée surélevé : inscription par arrêté du 12 avril 2006. 

 château de Saint-Thomé 07220 Saint-Thomé

   

 

Château de Montseveny

L'actuel château de Montseveny est une ancienne maison-forte construite au début du XVIIe siècle pour Gilbert Vincenti, officier au service du seigneur de Ventadour. Le logis d'origine est doublé au cours du XVIIIe siècle ou au début du XIXe siècle ainsi que les communs dont une partie remonte au XVIIe siècle. Cet édifice est un bon exemple de maison forte dont l'architecture résidentielle pourvue d'attributs défensifs a évolué en maison de plaisance ou de ferme. L'intérieur conserve une cheminée d'origine et peut-être un plafond à la française. L'intérêt de cet édifice réside dans son système de mâchicoulis sur corbeaux moulurés sur les façades est et sud. 

 Éléments protégés MH: le logis et les communs, en totalité : inscription par arrêté du 2 août 2001. 

 château de Montseveny 07380 Prades

 

 

Château du Bruget

Sur la rive gauche du Lignon, un peu en amont de Jaujac, sur une colline, est perché le château de Bruget ou Bruzet, nous dit le vicomte de Montravel dans sa monographie sur Jaujac. Bruzet commandait aux routes de Prades, Niègles, Largentière et Langogne, il jouit d’une vue splendide sur la vallée du Lignon. Ce château fut vendu comme bien national, et il est depuis la Révolution transformé en ferme. Il ne conserve de son caractère ancien que ses fenêtres à meneaux, ses tours écimées, et à l’intérieur un escalier tournant et une belle cheminée renaissance. Bruzet fut le berceau d’une famille du nom que nous trouvons dès l’an 1378. Noble Jean de Monteil, damoiseau, de la paroisse de Saint-Cirgues, de Jaujac, vint habiter le Bruget, après son mariage avec Alix de Bruget (Alaysata de Brugeto), avec laquelle il passa une transaction, le 7 avril 1398. Leur fils Guillaume se qualifia de seigneur de la paroisse de Saint-Nain, au mandement de Jaujac. Le petit-fils de celui-ci, noble Etienne de Monteil, seigneur du Villard, du Buysson, épousa noble Jeanne Bermoud, fille de François et de Dragonnette de Gayffier, dont la fille Gabrielle, dame du Buysson, était mariée, avant 1540, à noble Raphaël Veyrier. Une branche des Bruzet était établie à Saint-Marcel-d‘Ardèche, s’en qualifiant coseigneur, en 1560. Le dernier, marié à Isabeau de La Fare, n’ayant eu que deux fils, décédés en bas âge, celle-ci testa en faveur des La Fare et des Meyras de la Roquette. Le château et les terres de Bruzet étaient tombés en possession des de la Tour. Claude, seigneur du Cros, y demeurait en 1610. Le Bruget passa ensuite aux Delaunay. Emmanuel-Henri de Launay, comte d'Antraigues (en Vivarais), baron de Jaujac, vendit le château, le 19 octobre 1780, au prix de vingt mille livres, à Eymé Monteil, avocat de Jaujac. De noble Jean de Monteil et d’Alix de Bruzet devait descendre Aimé Monteil de Jaujac, marié à Nicole Flandin, fille de Guillaume Flandin. Guillaume Flandin, seigneur de Pourcheyrolles, qui mourut vers 1695, avait épousé en premières noces Isabeau Blanc de Molines, fille d’Antoine, puis puis en secondes Isabeau des Arcis, fille de Godefroid, seigneur de Colanges, près de Bruzet vers 1680, dont il eut deux filles, l’une mariée à Messire Charles d’Arcis de Bonnet, maire de Montpezat, et l’autre à Aimé Monteil de Jaujac. Nous ne saurions, sans nous exposer à commettre une erreur, attribuer des armes à la première maison de Bruzet et pas davantage aux Monteil de Jaujac auxquels nous n’avons pu faire une place parmi les nombreuses familles vivaroises portant le nom de Monteil. Les La Tour, seigneurs du Cros, étaient établis à Jaujac dès le commencement du XVe siècle, où nous les trouvons au château de Laulagnet. La famille de La Tour fut titrée par la suite marquis de Choisinet et baron de Jaujac et de Meyras. Claude-François de La Tour des Bains de Saint-Vidal, marquis de Choisinet, diocèse de Mende, baron de Jaujac, Meyras, le Bruget, Laulagnet, l’Eperon, le Gros et Saint-Auban, fut maintenu dans sa noblesse par jugement souverain, du 29 novembre 1668. Il avait épousé, le 15 août 1645, Françoise de Hautefort de Lestrange. Christophe de La Tour, marquis de Choisinet, le dernier de sa famille, mourut en son château de Laulagnet, le 1er mai 1728, ne laissant pas d’enfants. Il testa en faveur de sa seconde femme, Phélize de Launay, laquelle fit son héritier son frère, Jules-Alexandre de Launay, comte d’Antraigues. D’après le baron de Coston, la famille de Launay d’Antraigues se rattachait à la famille de Launay de La Boissière, de l'Ile de France, connue depuis 1344. L. de La Roque commence la généalogie des Launay du Vivarais à Louis de Launay, qualifié écuyer, seigneur de Melmont, qui, d’une alliance inconnue, laissa Antoine de Launay, écuyer, seigneur de Picheron, Liny et Tully, ministre de la religion prétendue réformée, lequel épousa, le 20 novembre 1550, Jeanne de Fay-Colonne, fille de François, seigneur de Pacy en Avalonnois. Marguerite-Phélise de Launay épousa Christophe de La Tour-Saint-Vidal, marquis de Choisinet, veuf d’Angélique de Bullion, morte, le 16 mai 1716, sans postérité, et fils de Claude-François, marquis de Choisinet, baron de Jaujac, seigneur de Bruzet, Laulagnet, Lespéron, le Cros et Saint-Alban-en-Montagne, et de Françoise d’Hautefort de Lestrange. Phélise de Launay, héritière de son mari, acheta, le 26 janvier 1741, pour le prix de 55000 livres, le château de Castrevieille et le domaine de Fabras, de M. de Montvallat, comte d'Antraigues, en Rouergue, héritier des Castrevieille. L’héritier de Phélise, Jules-Alexandre de Launay, comte d’Antraigues, était capitaine et chevalier de Saint-Louis, il épousa, en 1752, Marie-Jeanne-Sophie, fille de Jean-Emmanuel de Guignard, vicomte de Saint-Priest, intendant du Languedoc, et de Sophie de Rarral de Montferrat. 

 Éléments protégés MH: le château du Bruget en totalité : inscription par arrêté du 22 avril 1954.

 château du Bruget 07380 Jaujac

   

 

Château de Hautvillars

Entre Vernoux et Chalancon, la rive gauche de l’Erieux est fort agréablement vallonnée. Cette rivière a creusé un lit profond; mais, au-dessus de la falaise qui domine cet escarpement, la campagne est verte et charmante. Là, au penchant d’une colline boisée, s’élèvent deux châteaux voisins, Colans et Hautvillar. Le premier fut habité par les seigneurs de même nom, et passa ensuite à la famille de Lauberge. Le château de Hautvillar, bien que remanié à diverses époques, depuis l’ère féodale jusqu’à la Renaissance, est très intéressant, soit par son aspect général, soit par ses détails d’architecture. Malheureusement, un lourd crépissage a, depuis peu, empâté ses façades, et ses créneaux ont fait place à une génoise banale en tuiles creuses. Ce qui charmait dans les vieilles murailles, le relief et la couleur, a disparu sous une croûte blafarde. De plus, des masures de fermes, hangars et écuries, en masquent les abords, en sorte qu’il est très difficile de prendre les vues d’ensemble du château. L’épaisse construction féodale primitive est caractérisée par les deux tours du midi, dont l’une est surmontée d’une couronne de mâchicoulis. Le corps de logis forme un carré long, que termine, au nord, un donjon carré, pourvu également de mâchicoulis. A l’est, devant la façade principale, on entre par une cour entourée de bâtiments de service. D’élégantes moulures encadrent les fenêtres. La porte, surmontée d’une haute accolade et de lancettes de la belle époque ogivale, encadre l’écusson, gratté sous la Révolution, qui portait les armes de la maison: d’azur à rois roses d’argent, au chef cousu de gueules, au lion issant d’or. La disposition intérieure a dû être modifiée au XVIe siècle, car, au lieu des marches en colimaçon, qui sont typiques des demeures gothiques, on se trouve en présence d’un bel et large escalier à marches égales, qui distribue la maison par les paliers carrés, à chaque étage, avec une main courante sculptée à vif dans la paroi. Dans la première salle dite salle basse, autrefois entourée d’une boiserie en noyer sculpté à hauteur d’homme, l’œil est tout de suite attiré par une cheminée monumentale. Sur le manteau, des sirènes en cariatides supportent une élégante corniche qui touche les hautes solives du plafond; au milieu est un bas-relief symbolisant l’Histoire: une figure académique d’un beau modèle, assise sur un trophée, écrit sur un cartouche que soutient, genou en terre, un guerrier en costume de légionnaire romain; la perspective du fond figure une ville forte. Sur la frise, ornée de têtes de lion, s’arrondit un médaillon où Neptune, trident en main, est traîné sur une conque attelée de chevaux marins. Toutes ces décorations, du plus pur style renaissance, sont obscurcies par une fumée séculaire: elles remémoraient les hauts faits, sur terre et sur mer, des habitants de la maison. C’est à M. Jacques de Lubac que nous devons cette description. La maison de Hautvillar est ancienne et chevaleresque. Elle est connue par filiation dès le commencement du XIIIe siècle, mais, en 1173, Hugues de Hautvillar est inscrit sur la liste des fondateurs de la chartreuse de Saint-Hugon, près Allevard, en Dauphiné. En 1341, Etienne de Hautvillar passe une transaction avec Sylvius Charbonnel. En juillet 1388, noble Pierre de Hautvillar et son fils Etienne traitent avec Gérenton de La Marette, pour le mariage de sa fille Alexandre de La Marette avec Etienne. Deux oncles, prieurs, l’un de Saint-Félix et l’autre de Genestel, assistent à cet accord, devant le notaire, Guillaume Fabri. Noble Pierre de Hautvillar avait épousé, en 1357, Brunissande de Joannas, fille de Pons de Joannas, il testa en 1397. En 1389, François de Hautvillar épouse Catherine Eynard, veuve d’Etienne de Romieu, seigneur de Maillane. Elle était fille de Raymond Eynard, damoiseau, puis chevalier, seigneur de Montmeyrand, de Chamousse, de Prébois, de Feuillans, d’Avers, de Montlaur, de Largentière, etc..., et de Marguerite de Rochefort. En 1468, Claude de Hautvillar rend hommage à Aymar de Poitiers pour sa maison-forte de Hautvillar, située dans le Haut-Vivarais, paroisse de Silhac. Il était marié à Lyonnette de la Marette, dame de Pierregourde. Il eut de cette union: François, qui continua la maison; Sébastien, qui fut commandeur de la commanderie de Saint-Antoine d’Aubenas; André, religieux du même ordre; Antoine, qui fut protonotaire apostolique, prieur de Saint-Félix; Izabeau, mariée à noble Antoine de Gueyffier, seigneur de Bessettes. Les Hautvillar se fondirent dans les d’Apchier de Vabres, par le mariage de Catherine, fille d’Olivier d'Hautvillar et d’Antoinette de Veyrac, avec Jean d’Apchier, fils de Philibert d’Apchier de Vabres, le 3 janvier 1656. Cette maison fut maintenue dans sa noblesse, le 17 janvier 1669, sur preuves filiatives remontées à Claude de Hautvillar, seigneur dudit lieu, dans le Haut-Vivarais, vivant vers 1490, dont le fils, François de Hautvillar épousa, le 20 août 1520, Marguerite de Vesc. (Armorial du Vivarais: Article Hautvillar). Jean d’Apchier de Vabres et Catherine de Hautvillar eurent un fils: Philibert d’Apchier, comte de Vabres, qui épousa, le 24 décembre 1680, Gabrielle de Ginestoux de La Tourette, dont: Joseph-Philibert d’Apchier, comte de Vabres et de La Baume, grand sénéchal d’Arles, 1714. De son mariage avec Henriette de Fay-Solignac, il eut: Louis-Charles, comte d’Apchier et de Vabres, baron de la Baume, de Saint-Vénérand, de Hautvillar, épousa, le 18 juin 1771, Marie-Agathe-Philippe Bouchard d'Aubeterre de Saint-Privat. Il assista à l’assemblée des trois ordres de Privas, en 1788, et laissa: Louis-Philibert, comte d’Apchier et de Vabres, page de Louis XVI, épousa Antoinette-Catherine de Corteille de Vaurenard, mourut sans enfant, ne laissa qu’une sœur, Marie-Thérèse-Henriette d’Apchier de Vabres, mariée, le 22 février 1797, à Antoine-Paul-Augustin Falcon de Longevialle, ancien chevau-léger de la garde ordinaire du roi Louis XVI, dont nombreuse postérité. Voir Armorial du Vivarais pour les armes et les sources bibliographiques. 

 Éléments protégés MH: la cheminée sculptée dans une salle du premier étage : inscription par arrêté du 17 avril 1952 

 château de Hautvillars 07240 Silhac

   

 

Château de Vaussèche

L'importance de sa construction, l’élégance de ses tours nous disent assez que ce château fut l’apanage d’une famille considérable. Prairies, forêts, ruisseaux aux rives verdoyantes recouvrent son domaine. Les de Presles étaient, en effet, riches et anciens en Vivarais où nous les trouvons dès le début du XIIIe siècle. Ils possédaient dans notre province Vaussèche près de Vernoux, La Tourette, Durfort, Gluiras, Saint-Fortunat, Durtail, Les Peschiers près Vernoux, Chambon et Geys. Le fief et château de Presles, son berceau, est situé dans la paroisse de Chalencon. Roger de Presles "de Prahellis" rendit hommages, en 1414, au seigneur de Joyeuse. On trouve ensuite Claude de Presles et son fils Gérenton. En 1445, Gérenton de Presles, neveu de Guillaume de Presles, seigneur de Vaussèches et du Chambon, possédait la seigneurie des Peschiers, près Vernoux. En 1502, noble Guinot de Chambaud était seigneur de la Tourette et Gluiras. Ses fils moururent sans postérité et sa fille Marguerite épousa Messire de Presles de la Vaussèche. Gilbert de Vaussèche, son petit-fils, n’eut pas d’enfant de son mariage avec Guigonne Prunier de Saint-André. Les seigneuries de la Tourette, Durfort et Saint-Fortunat passèrent, en 1624, à Marie de Vaussèche, sa nièce, fille de son frère, noble Claude de la Vaussèche, tué en 1575 au siège de Baïx-sur-Baïx, et de Marguerite Bourdit, mariés par contrat reçu maître René Mosy, notaire de Montpellier, du 4 mars 1574. Marie de Vaussèche épousa, le 8 août 1604, Guillaume de Ginestoux de La Bastide, fils de Charles et d’Anne d’Agrain des Ubaz et lui apporta les terres de La Tourette, de Durfort et Gluiras. Ladite dame de Vaussèche, veuve dudit Guillaume, fit son testament dans lequel elle institue son héritier noble Gabriel de Ginestoux, seigneur de Saint-Cierge, et fait des legs à noble Just-Henry, abbé de Charay et à noble Joseph de Ginestoux, seigneur de Saint-Vincent, ses fils, et dudit feu Guillaume, son mari. Reçu, Mirabel, notaire, le 10 avril 1648. Le 7 novembre 1632, noble Just-Henry, fils de noble Guillaume de Ginestoux, seigneur de La Bastide, La Tourette et autres places, et de dame Marie de Vaussèche de La Tourette, épousa demoiselle Anthoinette de Luc, contrat reçu Maîtres Rouchet et La Cour, notaires. Son fils, autre Just-Henry, épousa, le 10 décembre 1665, demoiselle de La Tour-Saint-Vidal, (contrat reçu Guérin et Loriol, notaires). La copie du jugement de noblesse de Messires Just-Henry de Ginestoux, marquis de La Tourette, et Durfort, père et fils, porte que "Claude Bazin, chevalier-seigneur de Bezons, conseiller du Roy, ordinaire en tous ses conseils et... en exécution de la déclaration du 8 février 1664, et arrêt du Conseil du 24 décembre 1667, d’une part, et noble Just-Henry de Ginestoux, marquis de La Tourette, seigneur de Vernoux, Saint-Fortunat, Gluiras, Vaussèche, Châteauneuf, Saint-Appolinas, Derias et autres places, demeurant en son château de La Tourette, diocèse de Viviers, tant pour lui que pour noble Just-Henry de Ginestoux, marquis de Durfort, son fils. Noble Annet de Ginestoux, seigneur de Vernon, audit diocèse, et dame Marie Despinchal, veuve de noble Joseph de Ginestoux, seigneur de Saint-Vincens, administraresse de la per sonne et biens de noble Henry de Ginestoux, seigneur de Bozas, Empurany, Saint-Phélipsein et autres places, son fils, demeurant au château de Bozas, au Haut pays de Vivarais, assignés". (Chartrier du château de Vaurenard près Villefranche (Bhône). M. J. de Lubac nous indique comme ayant possédé Vaussèche, la famille Maurice, alias Coiratier. Cette maison est connue dès le XIIIe siècle sous le nom de Maurice, elle changea ensuite son nom en celui de Charvy ou Gharvil, puis en celui de Chervil sous lequel elle est surtout connue. Pillé au moment de la révolution, la demeure est achetée en 1813 par Jean Pierre Po. À huit kilomètres environ de Vernoux-en-Vivarais, enfoui dans les sapins, ce château, construit aux XIVe et XVIe siècles, présente encore des façades et des intérieurs pleins d'intérêt. Deux campagnes de constructions avec deux hautes tours circulaires. Accolée à l'une des façades, une aile Renaissance sur deux étages rythmés par un cordon mouluré et des meneaux, abrite des cheminées monumentales dont l’une surtout attire l'attention par sa qualité et son importance hors pair en Vivarais. Sa hotte, largement festonnée sous les plafonds français de la salle d'honneur, est une réussite de proportions. Elle évoque la grande cheminée (XVe siècle) du château de Bagnols (Rhône).

Éléments protégés MH: la cheminée de la grande salle du premier étage : classement par arrêté du 6 février 1981. Les façades et les toitures du château : inscription par arrêté du 6 février 1981.

château de Vaussèche 07240 Vernoux-en-Vivarais 

 

 

Château de Vallon-Pont-d'Arc

Dans une partie du Vivarais, bien connue des touristes, Vallon domine la vallée grandiose et sauvage de l’Ardèche. Cette rivière aux falaises géantes tout près de Vallon, a non seulement ses grottes et ses habitations préhistoriques mais encore sa merveille, œuvre de la nature, pont gigantesque sous lequel les tours de Notre Dame pourraient passer, sans laisser accrochées aux rochers leurs gargouilles ou leurs dentelles de pierre: Le Pont d’Arc, sur lequel existait, d’après la tradition, un château dont la position devait être particulièrement importante. M. Jules Ollier de Marichard donna, dans la Revue du Vivarais (1893) de très intéressantes notes sur les tapisseries du château de Vallon. Il nous dit que, le 6 février 1842, s’éteignit au château de Vallon le marquis Emmanuel de Merle de Lagorce. Madame la comtesse Julienne de Merle de Lagorce, sœur du marquis Emmanuel de Merle de Lagorce, épousa le comte de Chapelain, seigneur de Genolhac, et hérita de la seigneurie de Vallon et de toutes ses dépendances. Le château de Vallon est devenu la propriété de la ville qui en fit l’acquisition le 11 janvier 1846. C’est aujourd’hui l’Hôtel de ville. L’histoire de cette ville et de son château est si intimement liée avec celle du Vieux-Vallon ou Chastelas que nous cédons volontiers au plaisir de donner ici les quelques pages sur le Vieux-Vallon que nous a adressé notre jeune érudit, ami et compatriote, M. Marc Ollier de Marichard. Sur une colline, dit-il, dominant une petite plaine des plus fertiles du bas-pays, presque sur la rivière d’Ardèche, était assis le vieux château de Vallon. De loin ces ruines paraissent intéressantes, et cependant il ne reste que trois pans de mur; c’est sur un emplacement habité de toute antiquité. On y remarque des constructions de plusieurs âges, surtout dans les fondations des grosses tours d’angle, d’un appareil différent. C’est d’ailleurs le cas de toute ancienne résidence que d’être modifiée par les divers propriétaires. Le nom de Chastelas que porte cette ruine dans le langage local peut prouver deux choses: d’abord que par les populations antéhistoriques, puis gallo-romaines, que fut édifié le château; deuxièmement qu’il dut paraître assez grand aux yeux des Vallonnais pour qu’ils emploient à sa désignation cette terminaison "as", réservée aux objets de vastes proportions. Pour appuyer la première opinion, on peut remarquer à l’avant des ruines, du côté de la plaine, trois assises étagées en forme de longues terrasses de cent mètres, sur 10 à 15 de large: les coins en sont renforcés de tours rondes presqu’entièrement disparues. On voit parfaitement que le roc qui sert de fondement à tout le château a été taillé à pic, principalement au nord et au midi pour former des fossés très larges. L’emplacement du castrum lui-même paraîtrait aujourd’hui bien exigu: 45 mètres de long sur des largeurs variant de 5 à 18 mètres. Le mur de la poterne d’entrée montre plusieurs créneaux d’un mètre carré, noyés dans une maçonnerie peu postérieure. Au-dessus d’une ouverture de porte, se trouve un blason fruste et non sculpté, où l’on ne peut voir qu’un chef en saillie sans aucun autre ornement. Il domine le village mi-ruiné du Vieux-Vallon et en est assez séparé. De la même époque aussi, ou à peu près, le château de Salavas se dresse en face à une distance d’un kilomètre et demi, à vol d’oiseau. Ennemis, ils pouvaient aisément se surveiller et, lorsqu’ils étaient momentanément amis, la correspondance entre eux était facile au moyen de signaux. L’un et l’autre, en tous cas, furent bien placés pour assurer la perception de leurs droits de péage. Successivement appelés Castrum de Abalone dans les actes du XIVe siècle, puis de Avalone jusque vers 1530, son nom devint ensuite Valon, et au XVIIIe, Vallon. On a cru, peut-être avec raison, que la famille d’Avallon, autrefois répandue en Forez et Lyonnais, tirait son nom de cette terre. Quoiqu’il en soit les titres anciens manquent totalement pour fixer ses origines. Froissard cite un hardi brigand, Aymerigo Marcel, qui, vers 1380, à la tête de 500 à 600 lances, s’était emparé par force ou par ruse du château de Vallon et de plusieurs autres, tels probablement ceux de Sampzon et de Barjac. La famille de La Gorce eut cette seigneurie en parerie dès le XIIIe siècle et peut-être antérieurement. N’ayant pu voir le contrat de mariage de Giraud de La Gorce avec Minione Vilate, de 1398, nous ne pouvons savoir si elle était dame de Vallon avant cette date, comme le vicomte de Montravel l’a prétendu. Il est certain qu’après 1398, les seigneurs de La Gorce sont les seuls seigneurs de Vallon. Anne de La Gorce eut en dot cette seigneurie et la porta dans la famille Châteauneuf-Randon, barons d’Apchier, en 1408. Son petit-fils, Jacques d’Apchier, n’habitant pas le château du Vieux-Vallon, s’en désintéressa et le vendit en 1486, à Joachim des Astards, seigneur de Miraval, fils de Charles des Astards; l’acte authentique de cette vente ne fait nulle mention du château ou de la terre de Mirabel. François des Astards, dit de Laudun, du nom de sa mère, et seigneur de Vallon par son père, Joachim, ne laissa qu’un fils, Jean (mort sans alliance en 1569). De son mariage avec Jeanne de Borne de Leugières, laquelle hérita alors du château et de la terre de Vallon et les porta à son second mari, Antoine-François de La Baume-Tauriers, seigneur d’Uzer, dans la famille duquel ils restèrent jusqu’en 1650. En 1650, les château et terre de Vallon échurent à Marie-Marthe de La Baume, la dernière de sa famille, épouse de Antoine du Molin, seigneur du Pont de Mars. En 1546, lors de son second mariage, Jeanne de Borne cessa d’habiter Vallon et vécut principalement au château d’Uzer avec son mari. Pendant les guerres religieuses, le Vieux-Vallon fut pris tantôt par un parti, tantôt par l’autre; à une attaque un peu plus rude, en 1569, il n’en resta plus que des ruines. Néanmoins, les La Baume le firent restaurer en partie et le conservèrent jusqu’en 1628, époque où les partisans de Rohan s’en emparèrent et le rasèrent sur l’ordre de leur chef, le laissant tel qu’il est aujourd’hui. Le mandement de Vallon, après avoir été longtemps un fief de la baronnie de la Gorce, fut érigé en comté pour François de La Baume, vers 1610. Madame Briziaux, arrière-petite-fille d’Antoine du Pont, vendit enfin la terre de Vallon, le nouveau château et tout ce qui restait de l’ancien à Louis-Charles de Merle, baron de Lagorce, en 1747. Une vingtaine d’années plus tard, ces ruines informes ne pouvant être d’aucune utilité furent vendues par le baron de La Gorce à un nommé Vincent Vincent, habitant lui-même une maison au Vieux-Vallon. Le Chastelas, aujourd’hui planté de vignes, est encore dans cette même famille, représentée par M. H. Guigon. Les vieux murs percés de place en place par d’avides chercheurs n’ont livré aucun trésor et croulent un peu chaque année. Nous remercions vivement notre distingué compatriote de ses intéressantes notes sur le Vieux-Vallon.

Éléments protégés MH: le vestibule d'accès à la salle du conseil municipal : inscription par arrêté du 6 juin 1939. L'escalier et sa rampe en fer forgé: classement par arrêté du 20 mars 1946. Les façades et les toitures du château : inscription par arrêté du 7 décembre 1970. 

château de Vallon Pont d'Arc 07150 Vallon-Pont-d'Arc

 

 

Château Durtail

En remontant par la vallée du Rhône le ravin de Durtail, à quelques kilomètres à peine, dans un site pittoresque, un beau donjon octogonal se dresse devant nous, dominant les ruines qui l’entourent et le ravin qui gronde à ses pieds. Solidement construit sur un rocher inaccessible du côté de la rivière, Durtail n’était abordable que d’un seul côté. Sa situation rappelle celle de Rochebonne. Plus ou moins déchiquetées, ces forteresses en ruines font, aujourd’hui, fort bel effet dans les gorges où elles s’élèvent, et ajoutent au pittoresque du paysage, la vie de tout un passé mouvementé. Ce sont dans tous les cas de beaux restes qui nous aideront à connaître l’importance du château et la puissance de ses seigneurs. Durtail est une de ces forteresses du moyen-âge dont les seigneurs jouèrent un rôle dans l’histoire du Vivarais. Le plus ancien seigneur de Durtail que nous trouvions est, aux XIe et XIIe siècles, un personnage du nom de Arnaud de Christo. Puis les de Presles qui, dès le XIIIe siècle, possédaient en Vivarais Vaussèche, près de Vernoux, La Tourette, Durfort, Gluiras, Saint-Fortunat, Durtail, les Peschier, près Vernoux, Chambon et Geys. Le fief et château de Presles, son berceau, est situé dans la baronnie de Chalencon. Roger de Presles rendit hommage, en 1414, au seigneur de Joyeuse. Durtail passa successivement aux Tournon, aux Levis-Ventadour, La Motte, Bouvier-Montmeyran et Coston. La garde de ce fief était confiée à un châtelain. En 1429, le châtelain de Durtail était noble Pierre de Montmeyran, marié en 1417 à Jeanne Veyronde; en 1672, le châtelain se nommait Jean de Bouvier de Montmeyran qui devint ensuite, par mariage, seigneur et baron de cette terre. Jacques-Antoine Poncer donne l’état des terres et baronnies qui dépendaient des seigneurs de Tournon, en l’année 1570. Nous notons parmi les 34 seigneuries que cite cet auteur: Tournon, Roussillon, Beauchastel, Le Bousquet, Désaignes, Colombier-le-Vieux, Colombier-le-Jeune, Vocance, Durtail, Vion, Mahun, Satillieu, Serriè-res, etc... Les Levis-Ventadour qui possédèrent la baronnie de Durtail la vendirent, le 24 février 1672, à Claude Ferrand-Teste, seigneur de La Motte, fils de Claude, bailli de la comté de Crussol, et de Catherine de Geys. Claude II, qui fit construire le château de Beauregard sur les dernières pentes de la montagne de Crussol, du côté de Saint-Péray, fut, comme son père, bailli de Crussol, et lieutenant du bailliage du Haut et Bas-Vivarais, chevalier de Saint-Michel. La terre et baronnie de Durtail comprenait la paroisse de Cornas en partie et celle de Saint-Romain-de-Lair. Les Lévis-Ventadour comme les Tournon sont trop connus pour que nous ayons autre chose à faire qu’à renvoyer le lecteur ou le chercheur aux articles qui leur sont consacrés dans l’Armorial du Vivarais. Claude Ferrand-Teste, qui acquit Durtail, épousa successivement Magdeleine Dubreuil, puis Barbe du Chernay. Il ne laissa pas d’enfant, et par sa mort, arrivée en 1682, il laissa tous ses biens à son neveu, Jean de Bouvier-Montmeyran. Sa sœur, Catherine Ferrand-Teste de La Motte, avait épousé, le 14 mars 1627, noble Jean-Pierre Bouvier-Montmeyran. Leur fils, Jean de Bouvier-Montmeyran, se trouva, à la mort de son oncle, Claude Ferrand de La Motte, appelé à recueillir tous les biens de cette maison: Durtail, Beauregard, etc... Il épousa, le 17 février 1659, demoiselle Gabrielle du Muy, dont un fils tué en duel, sans alliance, et Louise de Bouvier, qui épousa, en 1682, Claude-François de Coston, auquel elle apporta la baronnie de Durtail. Nous avons vu la famille Bouvier ancienne en Vivarais. Elle venait du Dauphiné et fit sa résidence au château de Cachard, paroisse de Saint-Didier-de-Crussol, près Saint-Péray. La famille Ferrand-Teste était venue, elle aussi, du Dauphiné. Claude Ferrand dit Teste fut anobli, en 1490, par le roi Charles VIII. François Ferrand-Teste était chevalier de Malte en 1590. Cette famille se divisa en deux branches: François Ferrand-Teste, sieur de Guimettières, chef de la première, fut gouverneur de Savilhan et de Chèvas en 1671. L’autre, passée en Vivarais, a donné un chevalier de l’ordre du roi, bailli de Crussol en 1602. Rivoire de La Bâtie commence la généalogie des Coston de Durtail à Pierre de Coston, lieutenant dans le régiment de Piémont, en 1620. Au troisième degré, Claude-François de Coston, né en 1652, capitaine au régiment de Picardie et mousquetaire du Roi, se distingua par la prise de Valenciennes, en 1677. Il épousa, comme nous l’avons vu, en 1682, Louise de Bouvier-Montmeyran, seule héritière de la branche aînée de cette famille, il mourut chevalier de Saint-Louis, en 1732, laissant entre autres: Jean-Charles de Coston, baron de Durtail, né en 1699, capitaine dans le régiment de Tallard. Il prit part au siège de Philippsburg et hérita de la baronnie de Durtail, Cornas et Saint-Romain, en Vivarais, que lui légua Jeanne de Bouvier, sa mère. Jean-Charles de Coston épousa, en 1736, Marie-Emérantienne du Cloup, fille d’un Président en l’élection de Montélimar, et mourut en 1745. Cette famille est actuellement représentée à Lyon par un magistrat très distingué. (1) Le château de Durtail occupe un éperon approximativement orienté nord-sud, barré par un imposant fossé taillé dans le granit. Cet éperon s’étage sur deux niveaux: un tertre, de petite taille, surmonte de près de sept mètres ce qui s’apparente à une basse-cour. Ce tertre porte les vestiges très arasés d’un donjon inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en 1927 et pourtant soigneusement démonté depuis cette date pour récupérer les blocs de granit dont il était bâti. Toutefois, les descriptions de l’abbé Garnodier vers 1860 ainsi qu’une photographie prise vers 1927 nous permettent d’avoir une idée approximative de l’architecture de cette tour avant sa destruction. De plan octogonal à l’extérieur et circulaire à l’intérieur, elle présentait un diamètre intérieur de 3,30 m pour une épaisseur de mur d’environ 1,80 m (soit un diamètre extérieur de 5,10 m). Elle comptait une quinzaine de mètres de hauteur pour trois niveaux avec une porte d’accès au premier étage, couverte d’un arc en tiers point, et très peu d’ouvertures. Il semble que la tour ait été pourvue, au second étage, de latrines installées dans une logette en saillie sur la face ouest. Les rares éléments en notre possession ne nous permettent pas une analyse précise de ce bâtiment. À l’exception du plan, original en Vivarais, et de la porte en arc brisé, le donjon de Durtail présente des caractéristiques plutôt archaïques: faible surface au sol, accès à l’étage, rez-de-chaussée aveugle, rareté des ouvertures. Ce donjon est peut être contemporain des rares donjons circulaires vivarois qui représentent, de façon encore très marginale, une nouvelle expérience architecturale dans la première moitié du XIIIe siècle. La tour était accompagnée d’une étroite chemise maçonnée dont subsistaient quelques pans au début du XXe siècle. Au pied du donjon, dans la basse-cour au sud, se dressent encore les ruines d’un bâtiment quadrangulaire percé d’une porte ouvrant vers le midi. Ce bâtiment paraît avoir été très remanié notamment sur sa face méridionale ; en effet, le mur sud a été doublé à trois reprises. À l’est, sur les pentes s’étageant sous la tour, subsistent les vestiges d’un petit bourg castral très ruiné. On peut y recenser au moins une dizaine de constructions, protégées par une enceinte encore très partiellement conservée. Un terrier de 1481 mentionne une quinzaine de maisons dans le castrum ainsi que diverses rues et une place publique. Au XVIe siècle, des maisons sont encore occupées à Durtail, au moins temporairement. Mais, au début du siècle suivant, le château de Durtail et son bourg sont déjà totalement abandonnés.

Éléments protégés MH: la tour : inscription par arrêté du 31 mai 1927. 

 château de Durtail 07130 Saint-Romain-de-Lerps

 

 

Château de Vocance

Mentionnée dès l'an 790, Vocance est la cité la plus ancienne de la haute vallée de la Cance. Son château commandait, au moyen age, la route reliant le haut Vivarais au Velay. Possession à l'origine des seigneurs d'Argental, le château passa aux Mahun en 1165, aux Routourtour en 1362 puis aux Tournon en 1382. Durant les guerres de Religion, Vocance la catholique et quinze villages alentour, furent incendiés par les troupes protestantes de Charles de Barjac. Aussi Just-Louis 1er de Tournon préféra-t-il, en 1586, démanteler le château pour qu'il ne devînt pas une place forte protestante. Ce qui en restait passa aux mains d'une demi douzaine de familles entre 1544 et 1810. Le castrum de Vocance est établi sur un promontoire dominant le versant sud de la vallée de la Cance. Au XVIIe siècle, le duc de Ventadour possède à Vocance "quarante pièces de rentes, une tour et des vieilles masures de chasteau". Cette tour, qui correspond sans doute au donjon du château, est détruite en 1830. En revanche, du castrum subsiste encore quelques ruines ainsi que la partie basse de son enceinte réutilisée dans une construction de la fin du Moyen Âge. Par ailleurs, immédiatement au-delà de la Cance et face au site, dans ce qui pourrait être un faubourg du castrum, est encore visible un bâtiment rectangulaire cantonné à l’est d’une tour circulaire ; l’ensemble paraît appartenir à l’extrême fin du Moyen Âge ou à l’Époque Moderne. Au début du XIVe siècle, une capella est attestée dans le castrum de Vocance. Longtemps à l'abandon, le château a été en partie restauré ces dernières années. 

 Éléments protégés MH: le château en totalité : inscription par arrêté du 20 mai 1986 

château de Vocance 07690 Vocance

 

 

Château des Faugs

Vincent d'Indy a passé une partie de son enfance à la ferme Chabret, située près de Boffres. Il apprécia tellement cet endroit qu'il décida d'y faire édifier un château. Il a lui même dessiné les plans de cette demeure de trois étages. La première pierre fut posée le 21 juillet 1886 et Vincent d'Indy y habita dès 1890. Le château des Faugs est constitué d'un corps de logis rectangulaire flanqué de deux pavillons, l'ensemble étant à rez-de-chaussée sur entresol, un étage et un étage de combles. La toiture d'ardoise est percée de larges lucarnes ornementées. La chapelle du château daterait du XIIIe siècle. Propriétaire du château, Christophe d'Indy, arrière petit-fils de Vincent, a entièrement rénové la demeure familiale entre 2004 et 2010 avec l'architecte Jean-Christian Cheze et les entreprises de la région. Six années de travaux pour déposer la toiture, les structures, installer le chauffage central, et équiper la cuisine. 

 Éléments protégés MH: le château des Faugs en totalité : inscription par arrêté du 8 mars 1991.

château des Faugs 07440 Boffres 

Téléphone : 06 09 18 32 79

 

Château de Berzème

Situé en Coiron (Coyron), dans une position agréable, le château de Berzème jouit d’une superbe vue. A l’est ce sont les Alpes couvertes de neige; au sud les montagnes de Villeneuve-de-Berg, dont les silhouettes s’estompent à peine dans le ciel lumineux du Midi. A l’ouest les Cévennes dans toute leur sévérité; au nord c’est le Mezenc, le Pilat, le Mont-Blanc. Bois et prairies couvrent ce coin du Coyron où le vieux manoir paraît se cacher dans un nid de verdure. Berzème doit dater du XVe siècle. C’est un bâtiment carré flanqué sur sa façade sud de deux tours rondes. Dans celle de droite se trouve un large escalier en châtaignier, qui date de la construction du château; dans celle de gauche, un oratoire. A l’intérieur nous remarquons de belles pièces avec plafonds à la française. La Révolution a laissé là aussi des traces de son passage: les tours ont été écimées et il n’existe plus de créneaux ni de mâchicoulis. Quel fut le gentilhomme qui construisit Berzème? Quelques parchemins jaunis par les siècles nous l’apprendront certainement un jour. Pour l’instant nous trouvons que les Fayon possédèrent cette seigneurie dès le début du XVIe siècle. La pièce dont nous donnons ici un extrait est intéressante pour l’histoire de cette famille: extrait des registres du Conseil d’Etat. "Sur la requête présentée au Roy étant en son Conseil, par Jean-Claude Fayon, seigneur du Clap, de Berzème, Saint-Geniés, baron d’Allier et de Montbrun; Louis et Jean-Louis de Fayon, frères, fils de Jacques de Fayon, seigneurs de Verdus et de La Prade, bailly d’épée de la ville et vicomté de Privas; contenant que depuis 1542 leurs auteurs ont possédé des charges de bailly d’épée et capitaine châtelain de la ville et vicomté de Privas, qu’ils ont toujours pris la qualité d’écuyers ou de nobles, aussi bien que leurs ancêtres les plus reculés. Que Jean-Claude de Fayon, leur trisayeul, qui commandait dans le château de Privas, à cause de ses charges fit tous ses efforts pour s’opposer aux progrès de l’hérésie. Que son attachement à la religion et au bien de l’Etat lui attira la haine des réligionnaires, lesquels ayant assiégé, en en 1622, le château de Privas, le détruisirent après l’avoir pillé, et que les titres, meubles et effets du sieur de Fayon, périrent avec lui dans les ruines du château. Que l’animosité des rebelles se fit ressentir jusqu’aux domaines qu’il avait à la campagne, qui furent entièrement dégradés et dont les maisons furent ruinées". Un certificat du sieur comte de Vogüé, grand bailli du Vivarais, baron des Etats de Languedoc; avis du sieur de Bernage, conseiller d’État et intendant du Languedoc, du 4 avril 1734, par lequel il est dit qu’il y a lieu d’accorder au sieur Fayon des lettres de confirmation de noblesse.... Fait au Conseil d’Etat du Roy, Sa Majesté y étant, tenu à Versailles, le 28 mai 1740, signé: Phileppeaux. En 1782, Jean de Roqueplane, receveur des tailles du Vivarais, achète les seigneuries de Berzème, d’Allier et de Montbrun, d’Antoine de Fayon de Montbrun, chanoine de la cathédrale de Viviers, pour la somme de 120000 livres, et mourut dans les premières années du XIXe siècle. Le fils de Jean de Roqueplane, Jean-Pierre, né en 1768, épousa Anne-Jeanne-Marie de Bigny et mourut sans laisser de postérité, en 1845, âgé de 77 ans, instituant pour son héritier son cousin: le chanoine de Tavernol de Barrés. Au XIXe siècle, l'un des propriétaires, Eugène de Villedieu, y créa un arboretum composé d'essences nobles, confié en gestion à l'ONF. Au début du XXe siècle le château de Berzème était la propriété de Madame Eugène de Villedieu. (1) Le château était encore habité en 1986 mais déjà mal entretenu. C'était presque une ruine dix ans plus tard. Mis en vente, il avait d'abord intéressé un promoteur, mais la commune décida de l'acheter pour le préserver. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures du logis; les communs en totalité: inscription par arrêté du 28 février 1997. 

 château de Berzème 07580 Berzème 

Téléphone : 04 75 36 70 97

   

 

Château du Bosquet

Construit par Claude de Tournon, évêque de Viviers (1495-1542) ce château forme un quadrilatère avec quatre tours rondes arasées et une tour d'escalier au célèbre degré, dont les crénelages furent rasés en 1793. L'évidement central de l'emmarchement, analogue à celui de la tour Nicolay de Bourg, marquait une structure rare également rencontrée à Lyon (Saint-Jean). La cour intérieure aux meneaux vigoureux évoquait la Renaissance tourangelle avec sa galerie de trois travées sous voûte d'ogives face aux corbeaux d’une autre galerie ruinée. Une salle d'honneur de 17 mètres ornée d'une cheminée imposante occupait l'aile ouest. Mazon signalait bien celle-ci en 1880, "avec ses belles sculptures", mais trop discrètement pour que, l'opinion alertée, elle fût classée. Elle vécut donc et disparut ignorée de tous, jusqu'en 1914 où, achetée par un antiquaire d'Alès 5000 francs, elle gagna Paris et de là Philadelphie en 1930. Le Musée d'Art de Philadelphie nous la fit connaître vers 1960 en nous questionnant sur son origine et ses armoiries. Sans ce problème héraldique, le musée de Philadelphie eût gardé son secret. Ancien aumônier d'Anne de Bretagne, et si fastueux dans son mécénat de bâtisseur que François 1er l'en gronda, Claude de Tournon fit placer la cheminée primitive, réduite à son entablement sur modillons encadrant rinceaux et sirènes, dans le plus pur style de cette première Renaissance dont Blois et le tombeau de Louis XII restent les archétypes les plus marqués. Sans doute vers 1520. Les Grimoard du Roure, qui acquirent la seigneurie d'Aiguèze et le Bosquet dans le dernier quart du XVIe siècle y ajoutèrent un trumeau supérieur dans une ordonnance d'architecture à frontons et pilastres avec chutes de fruits et personnages étirés, évoquant aussi parfaitement, l'école de Fontainebleau et Jean Goujon vers 1560. Un cartouche central porte l'écu émanché des Grimoard du Roure sommé des clefs pontificales, en souvenir du pontificat d'Urbain V, gloire de la famille. La liaison des deux parties est si étroite dans la diversité des inspirations de ces deux écoles, Blois et Fontainebleau, qu'elle compose en un ensemble de grande valeur dont il nous faut pleurer la disparition, ajoutée à tant d'autres merveilles françaises. 

 Éléments protégés MH: le château du Bosquet en totalité : inscription par arrêté du 2 septembre 2003. 

 château du Bosquet 07700 Saint-Martin-d'Ardèche

   

 

Château de la Rivoire

La Rivoire, à Vanosc, posséda autrefois la domination seigneuriale sur la vallée de La Vocance. De beaux ombrages, de magnifiques salles et surtout un escalier magistral montrent à l’intérieur la belle époque de Louis XV. La reconstruction du château datant en effet de cette époque. La Rivoire est déjà citée au XIIIe siècle par le cartulaire du prieuré de Saint-Sauveur-en-Rue et appartenait à une famille du même nom. Martin de la Rivoire, damoiseau, vivait en 1276. Antoine, chevalier, en 1301, Humbert, prieur de Saint-Vallier, de l’ordre de Saint-Augustin, en 1358. Cette noble famille qui subsiste encore de nos jours, dignement représentée, posséda la seigneurie de Chalancon, la baronnie de Chadenac et le marquisat de La Tourette. Des alliances avec les principales familles du pays, les Lermuzières, les du Peloux, les Fay-Gerlande et les Boulieu sont autant de preuves de bonne race. Nicolas-Joseph de La Rivoire, fils de Christophe, baron de Chadenac, gouverneur de Thueyts, et de Madeleine de Baulieu, fille de Christophe de Baulieu, de Jarnieu et de Jacqueline de Montmorin Saint-Hérem, fut comte de Chadenac, seigneur de Luzeis et Baumes. Il épousa, en 1666, Angélique-Antoinette de Ginestoux et fut père de huit enfants dont Jean-Antoine; Joseph-Ignace, chevalier de Malte, esclave à Alger, ayant été pris par les Abyssins vers 1698. Il s’évada et eut de la peine à se faire reconnaître. Ayant quitté l’ordre de Malte, il épousa Marie de Surville dont il n’eut pas d’enfants; Just-Antoine, le jeune, chevalier de Malte, en 1702, prieur de Saint-Barthélemy-de-Gluiras, commandant un bataillon d’infanterie au régiment de Dauphin; Just-Louis, enseigne de vaisseau, dit le comte de la Rivoire, tué devant Malaga; Nicolas-Antoine, cornette de cavalerie-carabiniers, tué à la Marseille; Marie-Antoinette, religieuse à Soyons; Françoise, abbesse de Soyons; et enfin Anne, religieuse au couvent de Sainte-Claire à Annonay. Just-Antoine, marquis de La Tourette, Chalancon, seigneur de La Rivoire, Gluiras, Vernoux, Saint-Fortunat, colonel d’un régiment de milice bourgeoise, à la tête duquel il se signala au siège de Palanos en Catalogne, eut plusieurs enfants de sa femme Marie-Violente de Pourtalès, entr'autres, Marie-Suzanne-Marguerite, mariée, en 1748, à Alexis de Faure, marquis de Satillieu. Il vendit en 1713, pour 45000 livres, la terre de la Rivoire à Méraut Pichon. Méraut Pichon, écuyer, receveur au grenier à sel de Beauchastel, secrétaire du Roi, en la grande chancellerie, maison et couronne de France, et des finances de la ville de Tournon, était en outre châtelain du château de cette ville pour M. de Lévis-Ventadour. Outre la terre de La Rivoire il achetait aussi les domaine de Peyremale et Fanget à Vanosc, et possédait déjà, acquise des Ventadour, la seigneurie de Vocance, s’étendant sur la paroisse de Vanosc, Villevocance, Saint-Julien et le Monestier. Il se rendait aussi possesseur du fief de Pouyol à Saint-Victor et de la seigneurie de cette paroisse. Les La Rivoire, marquis de la Tourette, portaient "De gueules, au lion d’argent armé et lampassé de sable, (qui est La Rivoire), écartelé, d’or, au lion de gueules (qui est de Ginestoux)". La famille Pichon est originaire de la Rourgade de Saint-Didier-La-Seaulve, en Velay, elle vint au XVIe siècle se fixer en la ville de Tournon où elle avait rang parmi les meilleures de la bourgeoisie. Elle forma deux branches fondues dans les familles de Missy, de Goin et de Saintard. Elle fut anoblie, en 1700, en la personne de Méraud Pichon par une charge de Conseiller-Secrétaire du Roi. Elle donna plusieurs officiers à l’armée, un gentilhomme ordinaire du Roi, écuyer cavalcadour, commandant les écuries de Madame la Dauphine, un trésorier général des galères à Marseille, commissaire extraordinaire des guerres et receveur général des finances, plusieurs chevaliers de l’ordre de Saint-Louis. Le dernier du nom, Messire Joseph Pichon, baron de Vocance et marquis de La Rivoire, écuyer cavalcadour de Madame la Dauphine, fut marié successivement à demoiselle Colombe Tardy du Bois, héritière de sa maison, morte le 11 janvier 1751, et par contrat du 28 décembre 1751, à demoiselle Louise de Charron, fille de Louis, seigneur de Grandval. Il ne laissa que deux filles; Marie-Charlotte-Joséphine de La Rivoire, qui hérita de la plus grosse part de l’importante fortune de son père, et fut mariée successivement à Michel de Missy, seigneur de Missy au Bois, dans le diocèse de Bayeux. Elle n’en eut pas d’enfant; et s’étant, le 17 février 1780, remariée à M. Marie-Joseph, comte de Gain de Montagnac, gentilhomme d’honneur de Monseigneur le comte d’Artois et mestre de camp de son régiment de dragons, elle en eut Demoiselle Marie-Sophie de Gain, mariée, en 1803, au comte Jean-François de La Majorie-Soursac, fils de Pierre-Alexandre et de Marie-Gasparde de Gain. La deuxième fille, Anne-Louise Pichon de La Rivoire, fut mariée au comte Claude-Gabriel de La Ramière, marquis de Saint-Etienne-La-Dome, en Périgord. L’abbé Filhol nous apprend que "pendant la Révolution les habitants de Vanosc étaient taxés d’aristocrates et on les accusait de donner asile à des prêtres et à des émigrés. Le comité de surveillance d’Annonay crut donc nécessaire d’y envoyer en garnison un détachement de la garde nationale, en lui assignant pour logement le château de La Rivoire qui appartenait à Madame de Gain. Celle-ci, qui avait de grands ménagements à garder parce que son mari se trouvait au nombre des émigrés, les accueillit de son mieux, et en attendant qu’on eut dressé des lits dans les appartements qu’elle leur destinait, elle se gêna pour les coucher, comme elle put, deux à deux, dans le château. Elle leur offrit à souper le soir de leur arrivée, à déjeuner le lendemain et continua ainsi tant que dura leur séjour. L’ordinaire leur plût, le logement leur convint, ils ne voulurent plus en sortir, en sorte que pendant tout le temps qu’ils restèrent à Vanosc, la châtelaine fut obligée de les loger et de les nourrir à sa table. Quand vint le moment du départ, à peine s’en trouva-t-il quatre ou cinq qui remercièrent Madame de Gain". François de La Majorie, né à Fage-Brunet, paroisse de Feyt (Corrèze), le 15 février 1776, fut élève d’artillerie et garde de Monsieur le comte de Provence. A l’exemple de son futur beau-père, il émigra et servit dans l’armée de Condé, recevant, en 1801, un très flatteur certificat du duc de Berry. Il mourut à Vidalon en 1838, le 4 mars, ayant été maire de Vanosc, laissant entre autres le comte Fernand de La Majorie, beau-frère du très regretté M. Vachon de Lestra, Mesdames de Bonrepos, Privât, Louis et Etienne de Canson. Le château de La Rivoire échut à cette dernière, et depuis le début du XXe siècle appartient à M. Rey, très honorable industriel de Saint-Etienne (1). Le château de La Rivoire est le résultat d'une création du début du XVIIIe siècle, conçue dès l'origine comme une résidence de plaisance au coeur d'une exploitation agricole: acquisition des terres agricoles en 1714 réalisation des jardins et du château de 1723 à 1728, reprises des lambris et de quelques cheminées et achèvement des écuries en 1751. Le domaine a conservé l'intégralité de ses parties constituantes: implanté sur une terrasse abritant une orangerie, un verger et la maison du jardinier; au nord, la terrasse bordée d'une pièce d'eau, prolongée à l'ouest par la cour des communs. La propriété est entièrement close de murs, enserrant à l'angle sud-est un colombier. On y accède par l'est par un portail monumental. 

 Éléments protégés MH: l'ensemble du château en totalité, bâti et non bâti, et la glacière située à l'extérieur : inscription par arrêté du 28 décembre 2001 

château de la Rivoire 07690 Vanosc 

tel. 04 75 34 78 41 

 

Château de Chassagnes

Un donjon devait exister jusqu'à la fin du XIVe siècle. Un changement de résidence est attesté au milieu du XVIe siècle. Dans le parc se trouve un drole de pigeonnier de plan rectangulaire. Au XVIIe siècle, des tourelles sont ajoutées au donjon. cloisonnement intérieur et percement de baies au XIXe siècle. Vers 1938, aménagement du jardinet de la terrasse qui conserve les restes d'un ancien système hydraulique. Il a été longtemps occupé par la famille Izard de Monjeu. L’intérêt de cette demeure réside dans son architecture, modeste mais élégante qui s’insère parfaitement dans le paysage de la vallée du Chassezac. 

 Éléments protégés MH: le château avec ses façades et ses toitures, les façades et les toitures des communs, son système hydraulique et les parcelles sur lesquelles ils se trouvent : inscription par arrêté du 17 décembre 2007. 

 château de Chassagnes 07140 Les Vans

   

 

Château de La Tourette

A trois kilomètres sud de Vernoux, dans un site sauvage, dominant le torrent qui gronde à ses pieds, La Tourette, nid d’aigle tout déchiqueté par le temps est encore fièrement campé sur son rocher. L’énorme donjon, aux larges blessures, et que couronnent des lambeaux de corbeaux et de mâchicoulis, est encore debout. Deux donjons s’élevaient en cet endroit, reliés, sans doute, par des remparts crénelés et bastionnés selon l’art de la défense au moyen-âge, car le château de La Tourette est un de nos vieux témoins de notre histoire féodale. Une famille de ce nom la possédait dès le commencement du XIIIe siècle, sinon avant. Les de La Tourette s’éteignirent, en 1330, en la personne de Hugon de La Tourette, tué à Tournay, en Flandre. Il avait épousé, en 1327, Alix, fille de noble Géranton de La Marette. Hugon de Chambaud, son neveu, lui succéda et transmit cette seigneurie à Jean de Chambaud, qui, en 1371, la partagea avec Durand de Caume ou de La Champ de Calma. En 1420, Antoine de Chambaud hérita de Raymond de Caume, coseigneur de La Tourette, et réunit la totalité de la seigneurie. M. de Lubac, dans une notice sur Vernoux dans la Revue du Vivarais, 1894, nous fournit les notes sur ce dernier Chambaud, seigneur de La Tourette. "En 1544, le seigneur de La Tourette était Gabriel de Chambaud, qui vivait en son château avec sa femme, Magdeleine de Joyeuse. Son fils aîné Pierre devant lui succéder dans la seigneurie. Ses deux autres fils étaient religieux. Jean était prieur et seigneur de Rochepaule, en Velay, et Antoine était pourvu du prieuré d’Etoile, en Dauphiné. Il avait en outre six filles, dont trois; Jeanne, Louise et Isabeau, religieuses. Catherine, mariée en Languedoc, et Clauda à un gentilhomme du Diois. Enfin Guillaumette était attachée à la personne de la comtesse de Ventadour qui résidait au château de La Voulte avec son noble époux, le comte Gilbert. Pendant que Guillaumette était auprès de la comtesse de Ventadour, son mariage se décida avec Louis de Presles, écuyer, seigneur de Vaussèches, du Chambon et de Geys, fils de Claude et d’Izabel de La Blache. C’était la fille préférée de Madeleine de Joyeuse. Le 12 novembre 1548, "demoyselle Magdeleine de Joyeuse fit une donation, en sa faveur, Pierre de Chambaud étant mort". L’année suivante, le mariage ayant eu lieu, en février, Magdeleine de Joyeuse fit son testament, en date du 3 juillet 1549. En voici les principales dispositions "Elle requiert sa sépulture en l’église Saint-Pierre à Vernoux. Elle lègue à chacune de ses trois filles religieuses la somme de cent livres tournois. A Catherine, naguères mariée au seigneur de la Blanguette, au Bas-Languedoc, cinq cents livres tournois. A Messire Antoine de La Tourette, prieur d’Estoile, icy présent, cinquante livres tournois. A noble Jehan de La Tourette, seigneur dudit la Torrete, cinq sols tournois. A demoyselle Claude, femme de Nicolas de Dye, cent livres tournois. Enfin, elle institua héritière universelle demoyselle Guilhomete de La Torrete, femme au seigneur de Vaulsèches. L’acte fut fait en sa maison de Vernoux, en présence des témoins, etc". La terre de La Tourette fut portée par Guilhomette de Chambaud, en 1549, à Louis de Presles, seigneur de Vaussèches. Son successeur, Claude de Presles, fut tué au camp de Baïx, en 1575, laissant une fille posthume, Marie, qui épousa, en 1593, Guillaume de Ginestoux, seigneur de La Bastide. Leur fils, Just-Henry de Ginestoux, marquis de La Tourette, seigneur de Vernoux, Châteauneuf, Vaussèches, Durfort, Saint-Fortunat et Gluiras, épousa, en 1632, Antoinette du Luc. Leur fille, Angélique, épousa, en 1666, Nicolas-Joseph de La Rivoire, baron de Vocance, comte de Chadenac, seigneur de Baumes. Just-Antoine, son fils, épousa, en 1717, Marie Violand de Portalès de La Chèze. La terre de La Tourette et celle de Chalencon donnaient entrée aux Etats du Languedoc. (1) Les vestiges du château, situés au sud-est de Vernoux-en-Vivarais, occupent, en rebord de plateau, l’extrémité d’un éperon rocheux. L’aspect tourmenté des reliefs et l’encaissement des cours d’eaux placent ce château dans une position topographique évoquant une fondation antérieure au XIVe siècle. Mais si les premières mentions du site appartiennent au début du XIIIe, les vestiges visibles ne sont, quant à eux, guère antérieurs au XVe siècle. L’élément central du château est un gros donjon quadrangulaire construit en granit. Si vers 1900 au moins trois côtés sur quatre étaient encore conservés, actuellement seule la face nord du donjon subsiste en élévation. Ce donjon est cantonné au nord-ouest d’une étroite tourelle circulaire et une échauguette, munie d’une petite ouverture de tir, protège l’angle nord-est du bâtiment. La partie sommitale du donjon est couronnée de mâchicoulis. L’ensemble de la construction, qui paraît à première vue relativement homogène, évoque les gros donjons quadrangulaires à vocation résidentielle affirmée que l’on construit à la fin du Moyen Âge. Ainsi ce bâtiment pourrait avoir été construit dans le courant du XVe siècle. Au-delà du fossé, en position de barrage, a été construite une maison forte. Elle est bâtie sur une haute terrasse dont les murs servaient à la fois de murs de soutènement et de rempart. Les vestiges d’une échauguette étaient encore visibles au début du XXe siècle dans l’angle sud-est de la plate-forme. Cette maison forte est constituée d’un grand bâtiment rectangulaire orienté est-ouest, cantonné au sud-est d’une tour d’escalier circulaire, dont la partie sommitale a aujourd’hui disparu, la base d’une échauguette circulaire se dresse encore dans l’angle nord-est du bâtiment. Celui-ci a connu manifestement peu de remaniements, le dernier ayant eu toutefois pour conséquence d’abaisser son niveau général. Au sud, une seconde construction de petite taille fait face au corps de bâtiment principal ménageant au centre une cour. Celle-ci est enclose : à l’est, une porte monumentale est ouverte dans la courtine ; à l’ouest, cette dernière a disparu.

Éléments protégés MH: l'ensemble des vestiges subsistants du château; les façades et toitures de la maison-forte et du bâtiment des communs et la terrasse : inscription par arrêté du 7 novembre 1996.

 château de la Tourrette 07240 Vernoux-en-Vivarais