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samedi 17 janvier 2026

 

Château d'Alluyes

La seigneurie d'Alluyes était, au Moyen-Age, la première des cinq baronnies du Perche-Gouêt. Alluyes est attribuée à Florimond Robertet puis passe aux Escoubleau, marquis de Sourdis par les Babou de La Bourdaisière. Alluyes devient marquisat en faveur de François d’Escoubleau. Ses descendants vendent Alluyes à Jean, marquis de Gassion. Le donjon remonte au XIIe siècle. Entre la porte fortifiée et le donjon s'élève l'ancienne chapelle Saint Nicolas terminée par une abside hémi-circulaire. Elle était primitivement éclairée de quatre fenêtres plein cintre. Une large porte charretière a été percée dans le mur ouest lors de la transformation de la chapelle en grange, la charpente fut refaite à la fin du XVe et début du XVIe siècle, elle reçut une voûte en bardeaux sur lequel furent exécutées des peintures.

 Éléments protégés MH: le donjon : inscription par arrêté du 21 décembre 1925. Le portail d'entrée et ses deux tours, la chapelle Saint-Nicolas attenante : classement par arrêté du 15 décembre 1980. 

 château d'Alluyes 28800 Alluyes

 

 

Château d'Anet

C'est en 1547 que Diane de Poitiers, veuve de Louis de Brézé, Sénéchal de Normandie, fit débuter la construction du château. Elle charge de dresser les plans du château à un architecte lyonnais, Philibert de l'Orme. âgé de 36 ans, Il conçoit une demeure réguliere, à l'architecture sobre, fondée sur l'art renouvelé de l'antiquité et subordonnée aux commodités, l'année 1547 est consacrée aux travaux de terrassement à la régularisation du terrain marécageux qui réalise un plan supérieur pour les bâtiments et un plan inférieur pour les jardins, au creusement des douves à la construction de deux étages de caves pour les cuisines, de canalisations d'égout. En 1548, on commence par les bâtiments d'habitation; le corps principal devant former le fond de la cour d'honneur cette partie du château prolonge vers l'ouest le vieux manoir que Diane de Poitiers tient à conserver en l'incorporant à sa nouvelle demeure. En 1549 et 1550, on construit l'aile droite et la Chapelle, en 1551, l'aile gauche, le portail s'élève en dernier lieu et porte gravée, date d'achèvement des travaux en 1552. Dans le principal corps de logis sont aménagés les appartements de Diane et ceux du Roi, ainsi que les salles de réception. L'aile gauche est affectée à d'autres appartements. L'aile droite abrite une immense salle des fêtes, dite "galerie de Diane" et masque la chapelle attenante dont on ne voit, de la cour d'honneur, que le dôme et les deux flèches de pierre en forme de pyramides. Derrière chaque aile s'étend une cour latérale. Celle de droite, irrégulière, bordée d'un côté par le manoir des Brézé, s'ouvre vers la route par un portail monumental dit "porte de Charles le Mauvais" et s'orne en son milieu d'une fontaine, celle de la Nymphe d'Anet. De même la cour de gauche dessert une orangerie et des volières, en son centre s'élève une fontaine, que surmonte le célèbre groupe de la Diane au cerf, longtemps attribué à Jean Goujon et conservé aujourd'hui au musée du Louvre. En contrebas du principal corps de logis s'étendent les jardins, entourés par une longue galerie dont deux pavillons carrés occupent les angles extrêmes et qui mène à un bâtiment servant de salle de bal.

 Philibert de l'Orme a imaginé pour les différents corps de logis un décor architectural original. La partie centrale de la façade principale est constituée par un beau portail où, pour la première fois, chaque étage est marqué par des colonnes d'un ordre différent : dorique, au rez-de-chaussée, ionique au premier et corinthien au second. Ce dernier étage est occupé par la statue du Sénéchal auquel Diane, indique une inscription latine, a dédié le monument. Les fenêtres divisées par des meneaux de pierre sont surmontées de frontons alternativement triangulaires et curvilignes. De grands cénotaphes très ornés terminent les souches de plusieurs cheminées, et divers monogrammes de Diane, de son époux et du roi Henri apparaissent, entrelacés de palmes et de croissants dans les motifs ajourés des balustrades, bordant les terrasses au-dessus des fossés de chaque côté du portail. Il est aisé d'imaginer ce que peut être dans un tel cadre les intérieurs raffinés aux baies garnies de vitraux en grisaille peints sans doute par Jean Cousin, aux pavements de petits carreaux émaillés verts, dus au céramiste Abaquesne, aux murs tendus de tapisseries précieuses, aux plafonds à caissons peints et dorés. Le mobilier est à l'avenant : lits à colonnes, cabinets et coffres à la décoration fleurie. Vaisselle, orfèvrerie, livres aux reliures mosaïquées, miroirs et verreries de Venise, soieries brocarts, tentures, toutes aux initiales de Diane, non seulement le château peut rivaliser avec les plus magnifiques résidences princières ou royales, mais il se présente comme une œuvre exceptionnelle qui suscite une immédiate renommée. Désormais les réceptions et les fêtes vont se succéder au château d'Anet, en y amenant la cour entière et retenant le roi dans l'enchantement. Diane assiste au déchaînement de la guerre entre Catholiques et Protestants, amie des uns, haïe des autres. Elle pense aussi à la mort et, en 1565, à Limours, elle dicte son testament dans lequel elle institue de nombreuses fondations pieuses et demande que soit construite à Anet une chapelle pour abriter son tombeau. 

 Elle trouve encore la force d'aller en Dauphiné, mais, de retour au château d'Anet, elle est atteinte à la fin de l'hiver d'une brusque maladie et elle meurt le 25 avril 1566. Selon son désir, et pour abriter son tombeau, magnifique œuvre de Pierre Bontemps, sa fille Louise de Brézé, Duchesse d'Aumale fit élever près du château une chapelle funéraire qui vient d'être restaurée. Au XVIIe siècle, le château d'Anet appartint aux Ducs de Vendôme qui y apportèrent de profonds remaniements, l'escalier d'honneur fut construit par Desgots en 1680, et le pavillon du Gouvernement, le canal fut creusé à cette époque sur des plan d'André Le Nôtre. Au XVIIIe siècle, la Duchesse du Maine, et ensuite le Duc de Penthièvre y menèrent grand train. La Révolution et les années qui suivirent, faillirent amener l'anéantissement du château d'Anet. Confisqué, vendu comme bien national, il fut d'abord mis à sac, puis les démolisseurs s'attaquèrent à l'édifice, le corps du logis central et l'aile droite furent détruits. A partir de 1840, commence l'ère des restaurations. Cinq générations de propriétaires appartenant à la même famille ont réussi, avec patience, à rendre à ce domaine une part de sa splendeur d'autrefois. 

 Éléments protégés MH: le château et toutes les parties bâties et non bâties du domaine l'accompagnant, avec tous leurs aménagements, y compris les installations hydrauliques : classement par arrêté du 25 mars 1993. 

 château d'Anet 28260 Anet 

 Téléphone : 02 37 41 90 07 

 

 

Château d'Arnouville

On accède au château par une belle grille d'époque en fer forgé encadrée de douves sèches et une grande allée bordée d'une double rangée de tilleuls tricentenaires. La reconstruction du château au début du XVIIIe siècle est attribuée à René II Choppin, lieutenant criminel au Châtelet de Paris. De profonds remaniements y sont apportés vers 1780. A la suite d'un incendie en 1848, l'avant-corps fut restauré et renforcé par un large balcon porté par une colonnade. Ce château possède cette grâce majestueuse des constructions contemporaines du règne de Louis XIV. Le domaine possède un grand parc de 10 hectares avec une belle perspective boisée aménagé au XVIIIe siècle, encadrant l'édifice. 

 Éléments protégés MH: le château et ses décors, l'escalier, les façades et les toitures des deux pavillons symétriques, les fossés secs et leurs murs de maçonnerie, la grille d'entrée, les sols des cours, du potager et son mur de clôture : inscription par arrêté du 22 juillet 2009. 

 château d'Arnouville 28310 Arnouville 

 Téléphone : 02 37 99 51 18

   

 

Château d'Auneau

Le château d’Auneau, bâti sur le territoire de la paroisse du même nom offre un aspect imposant malgré de nombreuses transformations. C'est à l'époque Carolingienne, vers 750, que le premier château aurait été édifié sur le petit éperon qui domine le bourg. Aujourd'hui, il se compose de deux parties: le bâtiment principal qui date des XIVe, XVIe, XVIIIe siècles et le donjon cylindrique du XIe siècle. Un premier château dit "La Vieille Cour" fut édifié au VIIIe ou IXe siècle pour protéger la route de Chartres et les habitants du bourg. Au XIe siècle un second bâtiment vit le jour sous l’impulsion du seigneur Hugues de Gallardon vassal des comtes de Chartres qui possédaient la châtellenie d’Auneau. Il reste de cette période le donjon rond qui fut surmonté au XVIe siècle d’un dôme et d’un lanternon. Marguerite d’Auneau descendante d’Hugues de Gallardon épouse Bureau de La Rivière. Au XIVe siècle le château lui appartient, il est chambellan du roi Charles V. Celui-ci fait élever un troisième château dont il reste encore aujourd’hui une partie. Un siècle plus tard, les familles des La Roche Guyon, d’Estouteville, puis Bertin de Silly en prennent possession. En 1580, il est à Henri de Joyeuse, maréchal de France et va connaître ses heures de gloire sept ans plus tard. En effet, le 24 novembre 1587, va se livrer ce qu’on appellera “la Bataille d’Auneau”. 

 Éléments protégés MH: le donjon : inscription par arrêté du 7 novembre 1927. 

 château d’Auneau 28700 Auneau 

   

 

Château de Baronville

En 1623, le château d’agrément est édifié dans cet écrin de verdure par la famille de Montescot. Passé ensuite par mariage dans la famille de Lattaignant, la seigneurie de Baronville est acquise en 1783 par le marquis d’Aligre, premier président du parlement de Paris. En 1868, son arrière-petit-fils, le Marquis de Pomereu d’Aligre fait détruire l’ancienne demeure et édifie le château que nous admirons aujourd'hui, conçu pour les réceptions du Second Empire et construit sur les plans de l’architecte Léon de Sanges. Le marquis de Pomereu d'Aligre fait graver sur la façade du château la devise suivante: "Pereat Nomen cum Peribit Honor", qui signifie, Périsse le nom lorsque périra l'Honneur. Durant la 1ère guerre mondiale le domaine de Baronville accueille des blessés en convalescence entre 1914 et 1918, puis il sera occupé trois fois par les soldats Allemands entre 1940 et 1944, notamment pour accueillir une base aérienne. Ces événements laisseront des traces sur la vaste demeure et son parc, jusqu’à ce que le comte et la comtesse Bertrand de Rougé, descendants des Pomereu d'Aligre, entreprennent d’importantes restaurations afin de sauver ce patrimoine historique et familial. Depuis 1981, Baronville a retrouvé sa vocation initiale, les réceptions. Le Parc de Baronville est entièrement privé et visitable sur demande préalable, pour les groupes uniquement. La nature y est reine, suivant des perspectives tracées dès le XVIIe siècle par les seigneurs de Baronville, puis adaptées par le marquis de Pomereu d'Aligre au XIXe siècle. Le Carrousel de Baronville est situé sur le domaine de Baronville, à un kilomètre en face du château, cet ensemble architectural fut édifié entre 1882 et 1883 pour le marquis de Pomereu d'Aligre, pour héberger ses écuries, sa ferme modèle et les nombreuses personnes travaillant sur le domaine.

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures du château, l'atrium, la galerie et les deux escaliers : inscription par arrêté du 20 décembre 1985. 

 château de Baronville 28700 Béville-le-Comte 

 Téléphone : 06 81 83 15 68 

 

Château de Blanville

Spécimen précieux du manoir seigneurial et remanié sous Louis XIII, le château de Blanville, entouré d'un parc, a conservé à la fois la simplicité, la distinction et l'équilibre de ce grand siècle. Construit au XVIIe siècle et remanié au XVIIIe, il a été conçu pour la vie familiale et conserve donc cette image de simplicité et un harmonieux équilibre dans sa construction, qualités spécifiquement françaises. Le château Blanville jouit d'une présence seigneuriale dès le XVIe siècle, mais l'arrivée de Léonard du Cluzel, en 1738, lui confèrera toute son importance. Ce dernier fera ajouter à la demeure, deux pavillons de chaque coté des douves sèches et fera agrandir le parc. A sa mort, son fils, François du Cluzel en hérite, mais s'occupera plus de l'urbanisation de la ville de Tours que de son embellissement. Sa fille, Marie Thérèse, mariée à 15 ans à son cousin de 40 ans, y fêtera ses noces d'or pour léguer le domaine en 1833 à sa fille et à son gendre, Marcel de Cossé-Brissac, membre de la célèbre famille angevine. Au début du XXe siècle, leur petite-fille, remplacera les jardins anglais en parterres à la Française et à l'Italienne en s'inspirant des jardins de Boboli à Florence et fera élever un pont qui traverse le bois autour du château. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château et de ses dépendances ; à l'Est la cour d'honneur avec ses deux pavillons d'angles (façades et toitures), le jardin à la française, les douves, le tapis vert situé devant le château et les deux pavillons d'entrée (façades et toitures) : inscription par arrêté du 6 novembre 1969. 

 château de Blanville 28190 Saint-Luperce 

 Téléphone : 01 42 72 88 78

 

 

Château du Bois Ruffin

Du haut de ses 19 mètres, la forteresse médiévale de Bois-Ruffin témoigne du rôle essentiel qu'elle joua dans le conflit opposant Philippe Auguste, Roi de France, aux Plantagenêts. La tour paraît avoir été construite à la fin du XIIe siècle. En 1421, la tour est occupée par les Bourguignons et les Anglais. Le maréchal de Boucicault, avec les troupes rassemblées à Châteaudun, marcha sur Bois Ruffin et emporta la place. La tour se dresse au fond d'une excavation en entonnoir. Elle est bâtie en grison et gros silex. Elle était autrefois divisée en deux étages, avec entrée au niveau du premier étage. Le remblai résultant du creusement de l'entonnoir a constitué une terrasse circulaire dominant un fossé. Au sommet de ce talus apparaissent les restes d'un mur rejoignant les ruines d'un ouvrage avancé, commandant le pont-levis disparu. Des fossés moins larges encerclent la tour et se prolongent du côté nord pour englober un espace réservé autrefois à des corps de logis, à des granges et à une petite chapelle construite en bois et transformée en maison d'habitation. Le fossé situé en avant était traversé par un pont-levis conduisant à un pavillon de défense avec porte à herse. 

 Éléments protégés MH: la tour et ses ouvrages avancés (ruines) : classement par arrêté du 24 décembre 1924. 

 château fort du Bois Ruffin 28290 Vald’Yerre 

 Téléphone : 06 14 30 41 41

   

 

Château de Bouglainval

Le fief remonte au XIIIe siècle. Le domaine était constitué par un ensemble agricole, du château et des communs. L'étendue de la ferme permet d'y regrouper les bâtiments d'élevage et de stockage, et l'habitation du fermier. La cour des communs comprend des écuries, un pigeonnier, le logements de domestiques, la forge et les fruitiers. Une importante série de travaux est menée sur le château dans la seconde moitié du XVIIe siècle et au début du XVIIIe siècle, et la création d'un parc à la française, transformé en parc à l'anglaise au XIXe siècle. Le château présente un corps central, cantonné de quatre tourelles, élevé sur un réseau de caves. Il conserve des cuirs peints et dorés, ainsi que des panneaux peints d'après des modèles gravés de compositions de Watteau. 

 Éléments protégés MH: le château, les communs et le sol de la cour, le pavillon isolé du parc, les murs de clôture, les deux grilles, le potager avec les serres, l'orangerie et la mare. Le parc paysager avec sa pièce d'eau: inscription par arrêté du 9 janvier 2006. 

 château de Bouglainval 28130 Bouglainval

   

 

Château du Boullay Thierry

Une allée de tilleuls, aménagée et plantée à partir de 1741, mène à la cour d'honneur du château, donnant devant la grille de la cour des communs. Le château présente sa configuration des années 1750. Précédé d'une cour encadrée de dépendances, le château s'élève sur un quadrilatère entouré de douves sèches, accessible par deux ponts dormants. Côté cour, le corps de logis est encadré de deux pavillons carrés couverts de hauts combles. Cet édifice, bâti entre 1617 et 1622, représente un jalon important de l'architecture de briques et pierre en Drouais. 

 Éléments protégés MH: le château en totalité. L'allée plantée de tilleuls. La grille d'entrée avec les façades et toitures des deux pavillons symétriques, les façades et toitures des deux ailes basses de communs. les sols de la cour des communs, les douves sèches avec leurs ponts dormants. L'ensemble du parc et ses murs de clôture correspondant à l'emprise du XVIIIe siècle avec le vivier. Les fabriques et la glacière, les façades et toitures de la laiterie, les façades et toitures des écuries de polo, les façades et toitures ainsi que le colombier de la ferme du château : inscription par arrêté du 29 mai 2007. 

 château du Boullay Thierry 28210 Le Boullay-Thierry

   

 

Château de Bouthonvilliers

En 1332, Garcie de Bouthonvilliers donne son nom à ce lieu ce qui est très original puisque généralement ce sont les personnes qui prennent le nom des lieux. En 1540 Louis I de Courcillon, homme d'armes, calviniste, seigneur de Dangeau, hérite du château par sa femme Jacqueline de Sintray. Louis I de Coucillon reconstruit l'édifice en 1550. Les nouveaux bâtiments comprennent deux pavillons, un colombier, une orangerie et une ferme. Le tout était défendu par des douves et des sauts de loups. En 1585, Louis I de Courcillons résiste aux troupes catholiques qui envahissent Dangeau. En 1592, Jacques de Courcillon, fils de Louis, hérite de Bouthonvilliers. Il est homme d'armes et ambassadeur pour Henry IV en Angleterre. Son corps est inhumé dans l'église de Dangeau. A la fin du XVIIe siècle, un important incendie ravage Bouthonvilliers. Les bâtiments de ferme à toît de chaume sont totalement détruits. Deux pavillons, le colombier et l'orangerie sont sauvés.

 En 1658, Philippe de Courcillon, un des fils de Louis hérite du château. Devenu intime de Louis XIV, il est responsable des menus du roi. Il meurt en 1719 de la petite vérole. En 1719, la seigneurie de Dangeau et Bouthonvilliers sont confiées à la famille de Luynes qui gère bien les deux domaines. En 1735, Jean François de Milleville, chevalier de Saint-Louis achète la demeure. En 1768, il construit la partie centrale de l'édifice dans un style Louis XVI. Les murs intérieurs sont en torchis habillés de boiseries et alcôves. Les sols sont en parquet de formes et dessins personnalisés par pièce et mise en place d'un jardin à la française. Puis en 1796, il revend le château à M. Robillard de Morsan qui meurt sans enfant en 1827. C'est son neveu, Germain Alphonse de Possesse, qui en hérite. En 1832, il épouse Mademoiselle de Longpérier. En 1834, il supprime le parc à la Française et fait aménager par monsieur Joly, architecte paysagiste à Chartres, un parc à l'anglaise. A cette époque un parent de la famille, M. de Salabery, un des premiers importateurs du cèdre en Europe, fait ses essais de plantations à Bouthonvilliers. En 1878, déménagement de la chapelle, elle est bénite et ouverte au culte par l'évêque de Chartres le 1er septembre 1879. En 1909, Maurice de Possesse, Auditeur au Conseil d'État, hérite de la demeure. Il épouse successivement Mesdemoiselles de Becquincourt et Thérèse de Roussy de Sales en 1882. Il eut sept enfants dont Elisabeth de Possesse qui hérite de Bouthonvilliers dans les années 1935. En 1913, Bertrand de Verdun habitant le château de Chasseguey épouse en seconde noce Elisabeth de Possesse dont il aura deux enfants: Guillemette et Charles de Verdun. Au décès d'Elisabeth de Verdun, en 1960, son fils Charles hérite du domaine. En 1946 Charles de Verdun épouse Jacqueline de Vilmarest. Ils eurent quatre enfants dont un fils Richard. En 1995, à la mort de son père, Richard de Verdun hérite de la propriété. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures du château : inscription par arrêté du 11 août 1975.

 château de Bouthonvilliers 28160 Dangeau 

 Téléphone : 06 66 86 90 50 

   

 

Château de la Brosse

La construction des communs formant deux ailes en vis à vis avec un avant corps désaxé vers l'ouest est datable entre 1770 et 1787 grâce à deux plans. Ils restent les seuls vestiges de cette campagne de construction puisque le château de la Brosse a brûlé au XIXe siècle. L'aile sud a été dénaturée par sa réutilisation en corps de ferme. 

 Éléments protégés MH: les deux ailes des communs, la cour d'honneur avec l'hémicycle délimité par le fossé et par la grille d'entrée, les deux tourelles de part et d'autre de la grille : inscription par arrêté du 7 novembre 1990. 

 château de la Brosse 28140 Nottonville 

 Téléphone : 06 82 37 57 32 

 

Château de Cambray

Construction entre 1655 1663. Au XVIIIe siècle édification du deuxième pavillon encadrant le corps central. Depuis le XIXe, la cour d'entrée est encadrée par un corps aveugle d'un bâtiment de ferme et par les écuries. Une chapelle, style néo-gothique a été aménagée de 1858 à 1862 par Charles Eugène Lambert. Le corps central a été augmenté de deux tourelles qui fournissent des jonctions entre les différentes parties du château. Le parc est traversé d'allées dessinant un cadran solaire dont le centre est le château. La première enceinte, entourée d'un petit mur bas et d'une grille réalisée avant 1721, délimite le jardin d'agrément dessiné au XIXe siècle, celui-ci comprend une fonte du "Taureau romain" de Clésinger. La demeure présente les éléments représentatifs de l'évolution d'un domaine de Beauce du sud. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures du bâtiment principal, les façades et les toitures des bâtiments encadrant la cour et la chapelle. La cour d'honneur, le muret et sa grille d'accès. Les jardins et le potager, l'orangerie et le bassin. Le mur et la grille qui séparent les jardins du parc. Les allées du parc en forme de cadran solaire et l'île y compris son pavillon : inscription par arrêté du 27 octobre 2004.

 château de Cambray 28140 Germignonville 

 Téléphone : 02 37 99 46 58

 

 

Château de Champ-Romain

Après la disparition du dernier comte de Thiville, sans descendance, Champ Romain devint la propriété de Claude de Sénéchal, membre du Parlement (1751), qui fit rebâtir le château et ses dépendances par Guillois. De cette époque datent la création du jardin et l'organisation générale du domaine. En contrebas de la ferme et en dehors du parc, se trouve le potager entouré de canaux d'eau courante, point de départ des promenades formées par une double allée. Champ-Romain est constitué d'un bâtiment central et de deux ailes. A l'intérieur, le grand salon à l'est, de style Louis XV, conserve des boiseries sculptées et décorées de feuillages et trophées aux couleurs rechampies sur camailleux de gris. Les chambres aux 1er et second étages sont souvent boisées et comportent des alcôves Louis XV. A l'extrémité de l'aile est se trouve la chapelle entièrement ornée de stucs, en rocaille.

 Éléments protégés MH: les deux salons, la salle à manger, la chapelle avec leur décor au rez-de-chaussée : inscription par arrêté du 8 juin 1978. Les façades et les toitures du château et du commun situé à l'Ouest du château, la Grille d'entrée donnant accès à la cour d'honneur et ses murets, la cour d'honneur, l'ensemble des jardins comprenant l'allée magistrale, le grand parterre, les quinconces et les clôtures, le tapis vert, les bosquets avec les allées, les ronds-points, les salles de verdure et le fossé qui les délimite, le potager bordé de ses allées de tilleuls, son mur de clôture, la porte d'entrée avec sa grille, les canaux d'irrigation, les promenades avec les allées, les canaux et les terrains les séparant : classement par arrêté du 17 décembre 1993. 

 château de Champ-Romain 28200 Thiville 

 Téléphone : 06 80 82 40 98

 

 

Château de Chantemesle

Avant 1828, le château comprenait un corps principal, deux ailes en retour et quatre tours. Un fossé entourait l'édifice dont l'accès s'effectuait par un pont-levis. L'aspect extérieur de l'ensemble de ces bâtiments n'a subi aucune modification depuis 1750, la façade ouest, dans le style Renaissance, est ornée de pilastres à bossages aux chapiteaux décorés. La façade Est a été refaite au XVIIIe siècle. A l'intérieur, les cheminées peintes semblent dater du XVIIIe siècle. Les communs datent également de cette époque, et se composent d'un rez-de-chaussée encadré de deux pavillons d'angle. A proximité des communs se dresse un pigeonnier. Derrière ce dernier s'étend un potager clos dont l'extrémité ouest est occupée par une orangerie. 

 Éléments protégés MH les façades et les toitures du château, de l'aile Sud, des communs, du pigeonnier et de l'orangerie, les piliers de l'entrée de la cour des communs, les douves : inscription par arrêté du 5 décembre 1984. 

 château de Chantemesle 28200 Logron

 

 

Château de Châteaudun

Une tour médiévale vertigineuse qui surplombe le loir à plus de 60 mètres, un logis Seigneurial en pur style gothique flamboyant bâti par un compagnon de Jeanne d'Arc et un parcours découverte sur la cuisine médiévale. Perché stratégiquement sur son éperon rocheux, le massif donjon féodal surveille du haut de ses 31 m la vallée du Loir. Jehan le Dunois, célèbre compagnon de Jeanne d'Arc, construit en 1460 son logis seigneurial arborant un décor gothique flamboyant et une chapelle où vivent douze statues polychromes grandeur nature. Du côté du Loir la façade se caractérise par des échauguettes d'angles et des ressauts sur une hauteur d'une soixantaine de mètres qui confèrent au monument une allure de nid d'aigle. Enfin, l'aile Longueville qui s'inspire directement de la Renaissance italienne vaut au château de Châteaudun la dénomination de premier "château du Val de Loire". Les intérieurs bien conservés abritent une riche collection de tapisseries et accueillent un parcours découverte "la cuisine, un art de vivre du moyen-âge". 

 Éléments protégés MH: le château : classement par arrêté du 6 juillet 1918. Les parcelles sises au pied du château : inscription par arrêté du 14 octobre 1946. Les abords du château : classement par arrêté du 2 avril 1947. Les parcelles cadastrales constituant le cloître de Luynes aux abords du château : inscription par arrêté du 2 avril 1947. 

 château de Châteaudun 28200 Châteaudun 

 Téléphone : 02 37 94 02 90 

 

dimanche 11 janvier 2026

 

Château des Coudreaux

Clément Marot fut quelquefois l'hôte de René Lemaire qui posséda le château vers 1540. Le maréchal Ney y logea de 1808 à 1815. L'édifice du XVIIIe siècle fut construit sur l'emplacement d'un ancien manoir. Il présente un corps de logis d'un étage et combles à la Mansard sur rez-de-chaussée. Il est flanqué de deux pavillons formant saillie en avant et en arrière. Quatre tourelles rondes, vestiges de l'ancien manoir, sont situées aux quatre angles A côté du château se trouvent des communs de la même époque, un corps de ferme et un potager. L'ordonnance du parc a été réalisée d'après les dessins de Bertaus. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures du château et de ses communs : inscription par arrêté du 8 février 1984. 

 château des Coudreaux 28200 Marboué 

 

 

Château de Courtalain

Le château actuel de Courtalain remonte à l'année 1483. Il fut construit par Guillaume d'Avaugour et Perrette de Baïf, son épouse. L'antique donjon, ruiné par les guerres, n'était plus habitable et, du reste, le génie naissant de cette période de l'histoire qui devait jeter tant d'éclat et produire tant de chefs-d'oeuvre ne pouvait s'adresser en vain à d'aussi puissants et distingués personnages. En effet, Guillaume d'Avaugour occupait à la Cour de Louis XII la place de chambellan, et celle d'intendant auprès du célèbre Dunois, dit le bâtard d'Orléans, duc de Longueville. Quant à Perrette, elle était fille de Lazare de Baïf, ambassadeur à Venise et en Allemagne sous François 1er, et soeur de Jean-Antoine, l'un des poètes français les plus remarquables du XVIe siècle, et l'intime ami du vendômois Ronsard. L'oeuvre toutefois resta incomplète jusqu'au milieu du XIXe siècle, et c'est seulement en 1854 et 1855, que le duc Raoul de Montmorency eut recours à l'habile ciseau de M. Gaullier de Châteaudun pour en achever l'ornementation. Quelques modifications seulement y avaient été apportées. Le vieux donjon avait disparu dans le cours du XVIIe siècle. Deux cents hectares de terre labourable, prés et bois avaient été entourés de murs en 1745. Les fossés avaient été comblés, et la partie du manoir qui se trouvait à droite du pont-levis et séparée du corps de logis principal avait disparu,pour faire place a une construction assez originale, il est vrai, mais qui, selon nous, s'harmonise peu avec le style élégant et grandiose du reste de l'édifice Pour donner du château de Courtalain une idée un peu exacte, nous dirons donc successivement, et ce qu'il fût autrefois et ce qu'il est aujourd'hui. De ce qu'il fut autrefois, notre travail est ici des plus faciles. D'une part, en effet, nous possédons, le plan terrestre et figuratif de l'habitation et de son entourage, au moment de sa construction, et de l'autre la description qu'en a faite au XVIIIe siècle messire François de Montmorency, l'un de ses seigneurs.

 Description du château de Courtalain par M. François de Montmorency: "Courtalain consiste et est situé sur une petite éminence faite exprès pour l'élever plus que le bourg; où il y a un gros chasteau qui n'est pas achevé, regardant le soleil levant, et une aile au couchant, ayant dans ses angles, dehors et dedans deux grosses tours, dont celle du dedans fait le degré. La cour peut contenir environ un demi arpent, étant un peu plus large que longue, ayant au nord une forte grosse tour non habitée, et l'ancienne demeure des seigneurs du lieu. Estant dans la cour, on entre dans le chasteau par la tour du degré. Après ce vestibule, on y trouve une salle de communication pour aller dans une antichambre de même grandeur, n'estant jadis toutes les deux qu'une même salle, et de là dans une grande chambre parquetée et lambrissée avec des tableaux de l'histoire de Cyrus, et un grand cabinet et des garde-robes; le tout ayant vue sur le bourg, au levant, et au couchant sur la cour. L'antichambre et la chambre sont percées des deux côtés. Voilà ce qui est à gauche dans la dite salle. A la main droite est un petit appartement imparfait, ayant un passage; un petit vestibule, une chambre, qui ont vue sur le dit bourg, au levant; et une garde-robe derrière, au couchant. Dans le dit passage il y a une office. Dans l'aile, ce sont les cuisines, la salle du commun et cabinet derrière. Voilà le rez-de-chaussée. Au-dessus de tout cela, est premièrement, pour y aller, un fort beau degré à noyau. L'on trouve d'abord une grande salle qui règne sur les deux pièces de dessous, c'est-à-dire de la salle et antichambre, au bout de laquelle est une grande chambre, cabinet et garde-robes. Le tout a la même vue que celui d'en bas. L'autre appartement est dans la tour, de même que celui d'en bas; ayant une petite chambre et une garde-robe qui se trouvent détachées des appartements, etc".

 Tel était donc l'état du château de Courtalain du XVe siècle jusqu'à l'époque de la révolution; il fut alors entièrement dévasté; le mobilier fût vendu ou pillé; un maréchal établit sa forge dans la tour extérieure, un boucher s'installa dans le salon; la salle de billard fût convertie en abattoir. Quand le duc Anne Charles revint de l'exil, il eut tout à faire pour rendre habitable ce monceau de ruines. La question d'art fut ajournée indéfiniment. Elle ne fut reprise qu'en 1854 par le duc Anne Raoul. C'est cette restauration qu'il nous faut maintenant étudier. Il est juste de commencer notre visite par l'extérieur; en effet, c'est à l'embellissement de cette partie de l'édifice qu'a surtout songé le noble duc: fenêtres, lucarnes, cheminées,tout a été décoré par ses soins: le balcon lui-même n'a été construit qu'à cette époque. Rien n'a été négligé, il faut avouer pourtant que c'est à la façade de l'ouest, donnant sur la vallée de l'Yère que le génie de l'artiste s'est particulièrement appliqué. Aussi est-ce de ce côté que se dirige tout d'abord le touriste. Après un coup d'oeil rapide sur une section de mur assez négligée, défigurée même pour les besoins de l'intérieur, on arrive au centre, où l'on admire une belle panoplie, qui réunit tous les attributs de la chasse dominés par une tête de cerf, el ceux de la guerre séparés entre eux par un écusson aux armes de Montmorency et d'Avaugour, qui sont pour d'Avaugour d'argent au chef de gueules. L'écusson est supporté par deux enfants, dont l'un tient une épée et l'autre une balance. Au fronton de ce motif, se remarquent les armes de Montmorency avant Bouvines (1214) soit quatre alérions d'azur sur champ d'or accompagnée d'une étoile, et la légende: Dieu aide au premier baron chrestien. Les appuis de cette lucarne qui est géminée portent l'un les armes de Montmorency-Savoiê (Mathieu et Adèle de Savoie, veuve de Louis le Gros, roi de France; Savoie porte de gueules à la croix d'argent), l'autre Montmorency et France (François et Diane, légitimée de France). La lucarne de gauche offre à son fronton les armes de Montmorency et Angleterre (Mathieu et Olive d'Angleterre, 1126). L'appui porte celles de Montmorency-Luxembourg (Madeleine et Henri, ducs de Luxembourg, 1597). A l'appui de la petite lucarne de droite se voit l'écusson de Montmorency-Fosseux (Jean de Montmorency et Jeanne deFosseux, 1421).

 On arrive alors à la grosse tour extérieure qui joint le balcon. A l'appui, de ce même côté de l'Ouest, on remarque les armes de Montmorency et Dreux (Mathieu IV, dit le Grand et Marie de Dreux, de sang royal, 1270). Puis, au-dessus de la fenêtre, les armes du dernier duc et de la dernière duchesse; et tout près une inscription relatant la restauration du château en 1854. En tournant à l'Est, on trouve une autre fenêtre qui porte en dessous les armes de Mathieu IV et de Jeanne de Levis-Mirepoix, sa seconde femme (Levis porte sur champ d'or trois chevrons de sable). Vient ensuite une grande fenêtre et, au-dessus, une niche qui reproduit en ronde-bosse le buste de saint Thibault, abbé des Vaux de Cernay, au-dessous du buste l'on voit les insignes du saint abbé, et les emblèmes de ce qu'il a quitté dans le monde, pour suivre sa vocation religieuse. Un chapelet est suspendu à la crosse abbatiale du saint. Le tout est accompagné d'une inscription, où on lit: SANCTUS THEOBALDUS, ABBAS DE VALLE CliRNAÏ 1247. Saint Thibault cumula les titres de capitaine, de religieux, et de poète. Selon Moréri il était fils de Bouchard V de Montmorency et de Laure de Hainaut, fille de Baudouin V. D'après d'autres historiens il aurait eu pour mère Mathilde de Châteaufort, de la noble maison dé Courtenay, issue du sang royal de France. Il naquit à Marly-Gallardon, au diocèse de Chartres, dont son père était seigneur; c'est là qu'il passa son enfance et sa première jeunesse. Son éducation fût des plus soignées. Nul gentilhomme ne savait mieux monter à cheval et faire les armes. Cependant, il ne négligeait pas ses devoirs religieux, et professait en particulier une dévotion profonde envers la très sainte Vierge. A la suite d'un tournois où il avait été miraculeusement protégé par celle qu'il appelait sa bonne mère et sa chère maîtresse, il quitta le monde et se retira dans l'abbaye des Vaux de Cernay, alors célèbre par la régularité et la ferveur de ses religieux. Il mourut en 1247, entouré de l'estime de tous. La reine Marguerite de Provence, épouse de saint Louis, l'avait en particulière vénération, et plus d'une fois on la vit visiter son humble cellule, puis prier à son tombeau.

 A la suite se trouve une fenêtre de beaucoup moins grande dimension qui porte en appui les armes de Montmorency-Ponthieu. (Mathieu de Montmorency, et Marie de Ponthieu, fille d'Aline de France, soeur de Philippe-Auguste, 1238). La sculpture qui se voit au milieu de la grande cheminée de la grosse tour figure dans un encadrement grec d'environ un mètre de hauteur sur 80 centimètres de largeur, un sabre antique, semblable à la framée gauloise; la pointe se trouve au haut de l'encadrement; elle est accompagnée d'une couronne en feuilles de chêne. La garde est tenue par une main armée de gantelet. Des alérions accompagnent le sabre de chaque côté. Cette magnifique cheminée qui domine tout l'édifice apparaît donc au visiteur comme une sorte de dédicace du château lui même à l'illustre famille qui l'a si longtemps habité. L'on arrive alors à la façade du midi qui donne sur le bourg. Voici l'énumération des armoiries qui s'y trouvent: première lucarne près la tour: Mathieu II et Emme de Laval (1221). Appui: les armes de Guy de Montmorency, leur fils, souche de la branche de Montmorency-Laval, et celles de Philippa de Vitré, sa femme (1231). Seconde lucarne: tête de femme. Appui: Bouchard V et Laure de Hainault, descendante de Charlemagne par sa mère. Troisème lucarne: tête d'homme. Appui: Jacques de Montmorency et Philippa de Melun (1392). Quatrième lucarne, Charles de Montmorency et Perennelle de Villiers de Lisle Adam (1364). Appui: Louis de Montmorency et Mar guerite de Wastines (1462). Cette étude terminée, le visiteur passe à la cour du château. Il y remarque les armoiries suivantes: première lucarne, vers le nord, à gauche en entrant: Guillaume de Montmorency et Anne de Pot (1484). Armes de Pot: d'or à une fnsce d'azur. Appui: Philippe-Marie de Montmorency, prince de Rosbecq, mort en 1601, et Marie Philippe de Croy, son épouse (1611). Deuxième lucarne, à gauche de la tour de l'escalier: le connétable Anne de Montmorency, mort à la bataille de Saint-Denis (1567) et Madeleine de Savoie, son épouse (1526). Appui: Henri 1er de Montmorency et Louise de Budos (1593) Budos porte d'azur a trois bandes d'or. troisième lucarne, à droite de la dite tour: Henry II de Montmorency et Marie Félicité des Ursins (1412). Des Ursins porte bandé d'argent et de gueules de six, au chef d'argent chargé d'une rose de gueules soutenue d'or. Quatrième lucarne, près le pignon: le maréchal Christian Louis de Montmorency-Luxembourg et Madeleine de Clermont-Tallard de Luxembourg.

 A la fin du XIXe siècle, l'on a ouvert entre les deux lucarnes qui dominent l'entablement une petite fenêtre dont le fronton porte les armes de M. le marquis et de Madame la marquise de Gontaut-Biron, derniers propriétaires du château. A la suite de la tour est un petit bâtiment avec galerie et terrasse, qui lui aussi n'est pas sans mérite. On y distingue, avant tout, un écusson aux armes de Montmorency après Bouvines, qui serait dû au ciseau de Jean Gougeon. Deux anges le supportent; sous leurs pieds, sont les lettres A M entre lacées; le cimier est surmonté, comme le sont généralement les armoiries des Montmorency, d'une tête de chien courant, aux oreilles pendantes. Et c'est ainsi que la restauration do château de Courtalain nous apparaît comme une oeuvre à la fois artistique et patriotique, puisqu'en fixant sur la pierre le souvenir de ses glorieux ancêtres, M. Raoul de Montmorency a redit à la postérité quelques-unes des plus belles pages de notre histoire nationale. Qu'il nous soit permis toutefois, avant de pénétrer dans l'intérieur de l'édifice, de considérer un instant la porte de la tour triangulaire avec ses pilastres et ses chapiteaux si délicatement sculptés. La frise en est d'un dessin très pur, et le couronnement, composé de plusieurs frontons ornés de jolis candélabres renferme de curieuses figurines pleines de vie, et d'expression. Les lettres A M entrelacées avec une épée en pal sont gravées sur le fronton central. Cette porte qui conduit directement à l'escalier monumental est à peu près sans utilité aujourd'hui. Elle a été remplacée par une autre beaucoup plus spacieuse qui n'a d'autre ornement que l'écusson des Montmorency; mais a l'avantage d'ouvrir sur l'antichambre. C'est donc par cette antichambre que nous allons commencer la visite que nous avons maintenant intention de faire à l'intérieurdu château.

 Ce qui frappe avant tout dès l'entrée, c'est une large tapisserie où figurent les armoiries des derniers représentants de la famille Montmorency. Les leurs d'abord, unies à celles des ducs de Luxembourg qui n'en diffèrent du reste que par le lion de gueules debout, armé et couronné qu'elles portent en abîme, sur champ d'argent. C'est ensuite l'écu des princes de Bauffremont: vairé d'or et de gueules, avec leur devise: plus de deuil que de joie, et tout auprès celui des marquis de Gontaut-Biron: ècarlelé d'or et de gueules, avec la devise: périlsed in armis. C'est encore celui des ducs deRohan-Chabot: parti de gueules et d or, portant sur champ de gueules neuf macles posés trois, trois, trois et sur champ d'or trois chabots de gueules debout, posés deux, un avec la devise: concussus surgo. C'est enfin uni à un écusson des Montmorency, celui des comtes de Goyon-Matignon: écartelé d'argent et d'azur portant au 1er et au 4e un lion de gueules debout, armé, lampassé et couronne d'or, au 2e et au 3e, trois lys d'or, posés 3, 1, avec un bâton de gueules péri en abîme; au 2e un lamhel d'argent se voit en outre au sommet de cette partie de l'écu. Les armes de la dernière duchesse, unies à celles du duc son époux, ne figurent pas dans ce tableau, maison les trouve reproduites en divers endroits et particulièrement au-dessus de la porte d'entrée de cette même antichambre: elles sont écartelées: au 1er et 4e de cinq chevrons d'or et de gueules, et au 2e et au 3e d'un échiquier de gueules et d'or. Quatre scènes de chasse habilement reproduites, posées au dessus des portes, complètent la décoration de cette première pièce. Vient ensuite la salle de billard. De nombreux tableaux y fixent l'attention du connaisseur. C'est d'abord à droite, un Granet figurant l'intérieur d'une cellule de moine et puis revêtu de son armure un maréchal de France de la famille de Montmorêncy. A la suite on admire le duc de Bourgogne enfant et le Grand Condé; plusieurs Joseph Vernet, des vues du château de la Brosse autrefois propriété des Montmorency, des aquarelles et des estampes dont l'une représente à cheval le maréchal de Biron, décapité en 1602, et l'autre le comte Armand de Gontaut, ancien administrateur du canal de Suez. Enfin sur le billard une vieille tapisserie aux armes de Montmorency, et tout auprès un splendide buffet en bois d'ébène, orné de marqueterie d'une grande valeur, épave de la révolution.

 De la salle de billard on passé au salon. A l'entrée on voit tout d'abord revêtu d'une armure de vieux chevalier, le duc Anne Léon II, et au-dessous Mme la princesse de Tingry, née de Segozan, puis le portrait en pied du célèbre Henri II de Montmorency, décapité à Toulouse, et ceux du dernier duc et de la dernière duchesse. Vient ensuite, sur un piédestal, le buste en bronze du maréchal de Biron, l'ami d'Henri IV, tué au siège d'Epernay, et après en costume de l'époque, Charlotte de Montmorency, femme d'Henri de Bourbon et mère du Grand Condé, et la duchesse de Longueville, sa fille, l'une des héroïnes de la Fronde, célèbre par l'empire qu'elle sut exercer sur tous ceux qui l'approchaient. En suivant on rencontre un très joli tableau, rappelant le mariage si honorable pour la famille de Montmorency de Mathieu 1er avec Adélaïde de Savoie, veuve de Louis le Gros, et mère de Louis VII dit le jeune; et au-dessous une châsse d'une grande valeur artistique, qui contient, posée sur un riche coussinet, l'épée du connétable Anne; et un peu plus loin les mains jointes et dans l'attitude d'un ascète, Guillaume de Montmorency déjà nommé, zélé serviteur de nos rois pendant plus de 60 ans, mort en 1581. Enfin aux quatre angles des murs ce sont les attributs des quatre arts libéraux; et dans le panneau qui fait face à la cheminée le portrait en grandeur naturelle de l'illustré maréchal de Luxembourg. En quittant le salon, on se rend à la bibliothèque en passant par une galerie, appelée petit salon, et qui renferme elle aussi plusieurs tableaux dus à d'habiles pinceaux: c'est d'abord, à gauche en entrant, la duchesse Charlotte de Montmorency Luxembourg, épouse du duc Anne Léon II entourée de ses cinq enfants encore en bas âge. C'est ensuite le baron de Breteuil, puis c'est le duc Anne Charles, et la duchesse Caroline, son épouse. Un peu plus loin, c'est le duc de Laval, Anne Adrien Pierre de Montmorency, seigneur de Montigny-le-Gannelqn, maréchal de camp, pair de France, tour à tour ambassadeur à Madrid, Rome, Vienne et Londres. Et à la suite, le comte Anne Joseph Thibault de Montmorency, à la fois oncle et beau-frère du dernier duc; la princesse de Tingry, et le duc de Rohan, grand-père de M. le marquis de Gontaut.

 Enfin, au bout de cet intéressant musée de famille, on regarde, non sans admiration sur un beau piédestal le buste en marbre blanc de Son Altesse Royale, Mme Adélaïde de France, fille de Louis XV, morte à Trieste en 1800, donné par Son Altesse elle même au duc Anne Léon 1er, son chevalier d'honneur. De cette pièce on passe généralement à la bibliothèque. Mais cette visite a perdu de nos jours ses principaux attraits. Il est toutefois un objet précieux à plus d'un titre qui ne manque jamais de fixer l'intention des curieux; c'est une petite statue en albâtre sur le dos de laquelle on lit gravé par la main même de M. le marquis de Gontaut: "Statuette trouvée dans les décombres de l'église de Courtalain et donnée à M. de Gontaut en 1863". Elle représente une abbesse tenant d'une main un livre, signe de sa dignité, et de l'autre un vase avec des marguerites, et un long chapelet. "Albâtre ayant été peint; travail du XIIIe ou XIVe siècle". Quant à la salle à manger, la dernière pièce qui s'offre au visiteur, ce qu'on y admire avant tout, ce sont les dignes et gracieux tableaux de famille qui en ornent les murs. Ils sont si nombreux que nous sommes exposés à en oublier quelques uns. Nous noterons toutefois les suivants: le connétable Anne de Montmorency et Marguerite de Savoie, son épouse. Le maréchal Jacques de Goyon-Matignon, et messire Odet de Thorigny, l'un de ses descendants. Le prince de Montmorency-Rosbecq, et la duchesse Charlotte en costume de chasse; Madame de Tresson, née Charlotte de Montmorency; Madame la duchesse de Luxembourg, née Louise de CoIbert-Seignelay; Madame la duchesse de Villeroy, née Marie de Montmorency; et enfin de jolies images en pastel de tout jeunes enfants. Il n'y a pas longtemps encore, on ne quittait pas Courtalain sans faire une longue visite aux serres et aux jardins, cette visite ne se fait plus guère de nos jours. La culture des fleurs est devenue si commune !!! 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures du château : inscription par arrêté du 9 juillet 1926. L'escalier en vis principal du château, les façades et les toitures des dépendances du XVIIIe siècle (pressoir, étables, écuries, remises à voitures, grange), le pavillon d'entrée de la cour des communs, les murs qui ferment cette cour avec leurs portails, le pavillon Caroline et son décor, les façades et les toitures de l'orangerie, les façades et les toitures de la briquetterie et les vestiges des fours, les façades et les toitures de la conciergerie vers la place de l'église, les pavillons du jardin potager et son mur de clôture et les douves : inscription par arrêté du 10 mai 1991. Les façades et les toitures du pavillon de garde, sur la route de Châtillon-en-Dunois : inscription par arrêté du 10 mai 1991. Le parc paysager constitué de sa prairie et des grandes perspectives autour du château et ses éléments édifiés non protégés : la glacière, le mur d'enceinte préservé autour des grands axes d'accès au château et aux douves, les façades et les toitures du pavillon de garde à l'entrée de l'allée d'accès aux douves: inscription par arrêté du 21 mai 1997

 château de Courtalain 28290 Courtalain 

 Téléphone : 02 37 98 80 25 

 

 

Château de Denonville

Seigneurie connue dès le Moyen Age. Le château est en briques, de style néoclassique dépouillé. Le corps central a été bâti en 1770 par l'architecte Liégeon, qui a conservé aux angles les quatre tours circulairs du château antérieur. L'édifice est précédé d'une cour d'honneur dotée de fossés secs en demi-cercle, le tout fermé par une grille. De part et d'autre de cette cour se trouvent les ailes faisant office d'écuries et de cuisines, de dépendances et de basse-cour. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures, l'escalier avec sa rampe en fer forgé de l'aile nord du XVIIIe siècle : inscription par arrêté du 31 décembre 1976. L'aile sud du château en totalité, les façades et les toitures du corps central du château, les façades et les toitures des écuries. Dans la cour de l'aile sud: le puits, le sol de la cour d'honneur, les fossés et leurs murs précédant la cour d'honneur : inscription par arrêté du 26 avril 2007. 

 château de Denonville 28700 Denonville 

 Téléphone : 02 37 99 63 07 

 

 

Château de Dreux

Le château fort devint le centre d'un comté carolingien. Pendant un temps, il dépendit du duché de Normandie avant de tomber dans la maison de Vermandois, descendant de Charlemagne. Vers 1121, Robert II l'enleva à cette lignée, après la mort d'Étienne Ier de Troyes, et il le réunit à la Couronne, faisant du château fort une tête de pont. Propriété du domaine royal aux portes de la Normandie, le château et la ville devinrent l'un des appuis occidentaux du domaine capétiens. Pour cette raison Louis VI le Gros donna le château, la ville et le comté de Dreux en 1152, en apanage à l'un de ses fils Robert de France, tige de la Maison capétienne de Dreux, éteinte en 1590. Le château a suivi la destinée du comté de Dreux et de ses propriétaires, les comtes de Dreux, faisant retour à la couronne de France par achat de Charles V en 1377. Château royal, il fut engagé à des seigneurs particuliers puis vendu au XVIIIe siècle à la maison de Bourbon-Penthièvre. La collégiale Saint-Étienne, depuis le XIIIe siècle, a servi de sépulture à d'anciens comtes de Dreux, où leurs entrailles. Des vestiges retrouvées lors des travaux de fondation de la nouvelle chapelle Saint Louis, sont conservés dans cette dernière. A la Révolution, les biens des Bourbon-Penthièvre ayant été confisqués, ils furent vendus par lots, notamment la collégiale Saint-Étienne puis en partie démolie. La chapelle de style néoclassique, édifiée à partir de 1816 au milieu des ruines du château, fut agrandie par son fils, Louis-Philippe, qui en fit la nécropole des membres de sa famille. Au début du XIXe siècle, le château est réaménagé au confort des années 1830. Louis-Philippe ayant un nombre important de résidence, la demeure est peu habitée. Ainsi, pour préserver l'avenir de ce bien dans l'héritage royal, le Comte de Paris décida de l'inclure dans une fondation familiale, la fondation Saint-Louis, en 1974. 

 Éléments protégés MH: la chapelle, les façades et les toitures de la maison des Aumôniers et de la maison des Evêques, les cuisines du Roi, les restes de l'enceinte et le parc : classement par arrêté du 12 décembre 1977. 

 château de Dreux 28100 Dreux 

 Téléphone : 02 37 46 07 06 

 

Château d'Escorpain

Le château possède deux cours, l'une d'entrée entourée d'une grange, de la bibliothèque aménagée par la famille Firmin Didot, le colombier et deux pavillons de gardien, l'autre cour étant consacrée aux écuries, au garage et à la buanderie. Le château développait, côté jardins, un potager, un verger et une serre promenoir et possédait un accès privilégié vers l'église paroissiale dont le décor résulte des nombreux dons des Firmin-Didot. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures du château, les dépendances (les pavillons de gardiens, la grange, le pigeonnier, les chenils, les écuries, l'ancienne buanderie et la bibliothèque en totalité, à l'exclusion des garages), les jardins et les grilles : inscription par arrêté du 3 octobre 2002.

 château d'Escorpain 28270 Escorpain