Château de Courtalain
Le château actuel de Courtalain remonte à l'année 1483. Il fut
construit par Guillaume d'Avaugour et Perrette de Baïf, son épouse.
L'antique donjon, ruiné par les guerres, n'était plus habitable et, du
reste, le génie naissant de cette période de l'histoire qui devait jeter
tant d'éclat et produire tant de chefs-d'oeuvre ne pouvait s'adresser
en vain à d'aussi puissants et distingués personnages. En effet,
Guillaume d'Avaugour occupait à la Cour de Louis XII la place de
chambellan, et celle d'intendant auprès du célèbre Dunois, dit le bâtard
d'Orléans, duc de Longueville. Quant à Perrette, elle était fille de
Lazare de Baïf, ambassadeur à Venise et en Allemagne sous François 1er,
et soeur de Jean-Antoine, l'un des poètes français les plus remarquables
du XVIe siècle, et l'intime ami du vendômois Ronsard. L'oeuvre
toutefois resta incomplète jusqu'au milieu du XIXe siècle, et c'est
seulement en 1854 et 1855, que le duc Raoul de Montmorency eut recours à
l'habile ciseau de M. Gaullier de Châteaudun pour en achever
l'ornementation. Quelques modifications seulement y avaient été
apportées. Le vieux donjon avait disparu dans le cours du XVIIe siècle.
Deux cents hectares de terre labourable, prés et bois avaient été
entourés de murs en 1745. Les fossés avaient été comblés, et la partie
du manoir qui se trouvait à droite du pont-levis et séparée du corps de
logis principal avait disparu,pour faire place a une construction assez
originale, il est vrai, mais qui, selon nous, s'harmonise peu avec le
style élégant et grandiose du reste de l'édifice Pour donner du château
de Courtalain une idée un peu exacte, nous dirons donc successivement,
et ce qu'il fût autrefois et ce qu'il est aujourd'hui. De ce qu'il fut
autrefois, notre travail est ici des plus faciles. D'une part, en effet,
nous possédons, le plan terrestre et figuratif de l'habitation et de
son entourage, au moment de sa construction, et de l'autre la
description qu'en a faite au XVIIIe siècle messire François de
Montmorency, l'un de ses seigneurs.
Description du
château de Courtalain par M. François de Montmorency: "Courtalain
consiste et est situé sur une petite éminence faite exprès pour l'élever
plus que le bourg; où il y a un gros chasteau qui n'est pas achevé,
regardant le soleil levant, et une aile au couchant, ayant dans ses
angles, dehors et dedans deux grosses tours, dont celle du dedans fait
le degré. La cour peut contenir environ un demi arpent, étant un peu
plus large que longue, ayant au nord une forte grosse tour non habitée,
et l'ancienne demeure des seigneurs du lieu. Estant dans la cour, on
entre dans le chasteau par la tour du degré. Après ce vestibule, on y
trouve une salle de communication pour aller dans une antichambre de
même grandeur, n'estant jadis toutes les deux qu'une même salle, et de
là dans une grande chambre parquetée et lambrissée avec des tableaux de
l'histoire de Cyrus, et un grand cabinet et des garde-robes; le tout
ayant vue sur le bourg, au levant, et au couchant sur la cour.
L'antichambre et la chambre sont percées des deux côtés. Voilà ce qui
est à gauche dans la dite salle. A la main droite est un petit
appartement imparfait, ayant un passage; un petit vestibule, une
chambre, qui ont vue sur le dit bourg, au levant; et une garde-robe
derrière, au couchant. Dans le dit passage il y a une office. Dans
l'aile, ce sont les cuisines, la salle du commun et cabinet derrière.
Voilà le rez-de-chaussée. Au-dessus de tout cela, est premièrement, pour
y aller, un fort beau degré à noyau. L'on trouve d'abord une grande
salle qui règne sur les deux pièces de dessous, c'est-à-dire de la salle
et antichambre, au bout de laquelle est une grande chambre, cabinet et
garde-robes. Le tout a la même vue que celui d'en bas. L'autre
appartement est dans la tour, de même que celui d'en bas; ayant une
petite chambre et une garde-robe qui se trouvent détachées des
appartements, etc".
Tel était donc l'état du
château de Courtalain du XVe siècle jusqu'à l'époque de la révolution;
il fut alors entièrement dévasté; le mobilier fût vendu ou pillé; un
maréchal établit sa forge dans la tour extérieure, un boucher s'installa
dans le salon; la salle de billard fût convertie en abattoir. Quand le
duc Anne Charles revint de l'exil, il eut tout à faire pour rendre
habitable ce monceau de ruines. La question d'art fut ajournée
indéfiniment. Elle ne fut reprise qu'en 1854 par le duc Anne Raoul.
C'est cette restauration qu'il nous faut maintenant étudier. Il est
juste de commencer notre visite par l'extérieur; en effet, c'est à
l'embellissement de cette partie de l'édifice qu'a surtout songé le
noble duc: fenêtres, lucarnes, cheminées,tout a été décoré par ses
soins: le balcon lui-même n'a été construit qu'à cette époque. Rien n'a
été négligé, il faut avouer pourtant que c'est à la façade de l'ouest,
donnant sur la vallée de l'Yère que le génie de l'artiste s'est
particulièrement appliqué. Aussi est-ce de ce côté que se dirige tout
d'abord le touriste. Après un coup d'oeil rapide sur une section de mur
assez négligée, défigurée même pour les besoins de l'intérieur, on
arrive au centre, où l'on admire une belle panoplie, qui réunit tous les
attributs de la chasse dominés par une tête de cerf, el ceux de la
guerre séparés entre eux par un écusson aux armes de Montmorency et
d'Avaugour, qui sont pour d'Avaugour d'argent au chef de gueules.
L'écusson est supporté par deux enfants, dont l'un tient une épée et
l'autre une balance. Au fronton de ce motif, se remarquent les armes de
Montmorency avant Bouvines (1214) soit quatre alérions d'azur sur champ
d'or accompagnée d'une étoile, et la légende: Dieu aide au premier baron
chrestien. Les appuis de cette lucarne qui est géminée portent l'un les
armes de Montmorency-Savoiê (Mathieu et Adèle de Savoie, veuve de Louis
le Gros, roi de France; Savoie porte de gueules à la croix d'argent),
l'autre Montmorency et France (François et Diane, légitimée de France).
La lucarne de gauche offre à son fronton les armes de Montmorency et
Angleterre (Mathieu et Olive d'Angleterre, 1126). L'appui porte celles
de Montmorency-Luxembourg (Madeleine et Henri, ducs de Luxembourg,
1597). A l'appui de la petite lucarne de droite se voit l'écusson de
Montmorency-Fosseux (Jean de Montmorency et Jeanne deFosseux, 1421).
On
arrive alors à la grosse tour extérieure qui joint le balcon. A
l'appui, de ce même côté de l'Ouest, on remarque les armes de
Montmorency et Dreux (Mathieu IV, dit le Grand et Marie de Dreux, de
sang royal, 1270). Puis, au-dessus de la fenêtre, les armes du dernier
duc et de la dernière duchesse; et tout près une inscription relatant la
restauration du château en 1854. En tournant à l'Est, on trouve une
autre fenêtre qui porte en dessous les armes de Mathieu IV et de Jeanne
de Levis-Mirepoix, sa seconde femme (Levis porte sur champ d'or trois
chevrons de sable). Vient ensuite une grande fenêtre et, au-dessus, une
niche qui reproduit en ronde-bosse le buste de saint Thibault, abbé des
Vaux de Cernay, au-dessous du buste l'on voit les insignes du saint
abbé, et les emblèmes de ce qu'il a quitté dans le monde, pour suivre sa
vocation religieuse. Un chapelet est suspendu à la crosse abbatiale du
saint. Le tout est accompagné d'une inscription, où on lit: SANCTUS
THEOBALDUS, ABBAS DE VALLE CliRNAÏ 1247. Saint Thibault cumula les
titres de capitaine, de religieux, et de poète. Selon Moréri il était
fils de Bouchard V de Montmorency et de Laure de Hainaut, fille de
Baudouin V. D'après d'autres historiens il aurait eu pour mère Mathilde
de Châteaufort, de la noble maison dé Courtenay, issue du sang royal de
France. Il naquit à Marly-Gallardon, au diocèse de Chartres, dont son
père était seigneur; c'est là qu'il passa son enfance et sa première
jeunesse. Son éducation fût des plus soignées. Nul gentilhomme ne savait
mieux monter à cheval et faire les armes. Cependant, il ne négligeait
pas ses devoirs religieux, et professait en particulier une dévotion
profonde envers la très sainte Vierge. A la suite d'un tournois où il
avait été miraculeusement protégé par celle qu'il appelait sa bonne mère
et sa chère maîtresse, il quitta le monde et se retira dans l'abbaye
des Vaux de Cernay, alors célèbre par la régularité et la ferveur de ses
religieux. Il mourut en 1247, entouré de l'estime de tous. La reine
Marguerite de Provence, épouse de saint Louis, l'avait en particulière
vénération, et plus d'une fois on la vit visiter son humble cellule,
puis prier à son tombeau.
A la suite se trouve
une fenêtre de beaucoup moins grande dimension qui porte en appui les
armes de Montmorency-Ponthieu. (Mathieu de Montmorency, et Marie de
Ponthieu, fille d'Aline de France, soeur de Philippe-Auguste, 1238). La
sculpture qui se voit au milieu de la grande cheminée de la grosse tour
figure dans un encadrement grec d'environ un mètre de hauteur sur 80
centimètres de largeur, un sabre antique, semblable à la framée
gauloise; la pointe se trouve au haut de l'encadrement; elle est
accompagnée d'une couronne en feuilles de chêne. La garde est tenue par
une main armée de gantelet. Des alérions accompagnent le sabre de chaque
côté. Cette magnifique cheminée qui domine tout l'édifice apparaît donc
au visiteur comme une sorte de dédicace du château lui même à
l'illustre famille qui l'a si longtemps habité. L'on arrive alors à la
façade du midi qui donne sur le bourg. Voici l'énumération des armoiries
qui s'y trouvent: première lucarne près la tour: Mathieu II et Emme de
Laval (1221). Appui: les armes de Guy de Montmorency, leur fils, souche
de la branche de Montmorency-Laval, et celles de Philippa de Vitré, sa
femme (1231). Seconde lucarne: tête de femme. Appui: Bouchard V et Laure
de Hainault, descendante de Charlemagne par sa mère. Troisème lucarne:
tête d'homme. Appui: Jacques de Montmorency et Philippa de Melun (1392).
Quatrième lucarne, Charles de Montmorency et Perennelle de Villiers de
Lisle Adam (1364). Appui: Louis de Montmorency et Mar guerite de
Wastines (1462). Cette étude terminée, le visiteur passe à la cour du
château. Il y remarque les armoiries suivantes: première lucarne, vers
le nord, à gauche en entrant: Guillaume de Montmorency et Anne de Pot
(1484). Armes de Pot: d'or à une fnsce d'azur. Appui: Philippe-Marie de
Montmorency, prince de Rosbecq, mort en 1601, et Marie Philippe de Croy,
son épouse (1611). Deuxième lucarne, à gauche de la tour de l'escalier:
le connétable Anne de Montmorency, mort à la bataille de Saint-Denis
(1567) et Madeleine de Savoie, son épouse (1526). Appui: Henri 1er de
Montmorency et Louise de Budos (1593) Budos porte d'azur a trois bandes
d'or. troisième lucarne, à droite de la dite tour: Henry II de
Montmorency et Marie Félicité des Ursins (1412). Des Ursins porte bandé
d'argent et de gueules de six, au chef d'argent chargé d'une rose de
gueules soutenue d'or. Quatrième lucarne, près le pignon: le maréchal
Christian Louis de Montmorency-Luxembourg et Madeleine de
Clermont-Tallard de Luxembourg.
A la fin du
XIXe siècle, l'on a ouvert entre les deux lucarnes qui dominent
l'entablement une petite fenêtre dont le fronton porte les armes de M.
le marquis et de Madame la marquise de Gontaut-Biron, derniers
propriétaires du château. A la suite de la tour est un petit bâtiment
avec galerie et terrasse, qui lui aussi n'est pas sans mérite. On y
distingue, avant tout, un écusson aux armes de Montmorency après
Bouvines, qui serait dû au ciseau de Jean Gougeon. Deux anges le
supportent; sous leurs pieds, sont les lettres A M entre lacées; le
cimier est surmonté, comme le sont généralement les armoiries des
Montmorency, d'une tête de chien courant, aux oreilles pendantes. Et
c'est ainsi que la restauration do château de Courtalain nous apparaît
comme une oeuvre à la fois artistique et patriotique, puisqu'en fixant
sur la pierre le souvenir de ses glorieux ancêtres, M. Raoul de
Montmorency a redit à la postérité quelques-unes des plus belles pages
de notre histoire nationale. Qu'il nous soit permis toutefois, avant de
pénétrer dans l'intérieur de l'édifice, de considérer un instant la
porte de la tour triangulaire avec ses pilastres et ses chapiteaux si
délicatement sculptés. La frise en est d'un dessin très pur, et le
couronnement, composé de plusieurs frontons ornés de jolis candélabres
renferme de curieuses figurines pleines de vie, et d'expression. Les
lettres A M entrelacées avec une épée en pal sont gravées sur le fronton
central. Cette porte qui conduit directement à l'escalier monumental
est à peu près sans utilité aujourd'hui. Elle a été remplacée par une
autre beaucoup plus spacieuse qui n'a d'autre ornement que l'écusson des
Montmorency; mais a l'avantage d'ouvrir sur l'antichambre. C'est donc
par cette antichambre que nous allons commencer la visite que nous avons
maintenant intention de faire à l'intérieurdu château.
Ce
qui frappe avant tout dès l'entrée, c'est une large tapisserie où
figurent les armoiries des derniers représentants de la famille
Montmorency. Les leurs d'abord, unies à celles des ducs de Luxembourg
qui n'en diffèrent du reste que par le lion de gueules debout, armé et
couronné qu'elles portent en abîme, sur champ d'argent. C'est ensuite
l'écu des princes de Bauffremont: vairé d'or et de gueules, avec leur
devise: plus de deuil que de joie, et tout auprès celui des marquis de
Gontaut-Biron: ècarlelé d'or et de gueules, avec la devise: périlsed in
armis. C'est encore celui des ducs deRohan-Chabot: parti de gueules et d
or, portant sur champ de gueules neuf macles posés trois, trois, trois
et sur champ d'or trois chabots de gueules debout, posés deux, un avec
la devise: concussus surgo. C'est enfin uni à un écusson des
Montmorency, celui des comtes de Goyon-Matignon: écartelé d'argent et
d'azur portant au 1er et au 4e un lion de gueules debout, armé, lampassé
et couronne d'or, au 2e et au 3e, trois lys d'or, posés 3, 1, avec un
bâton de gueules péri en abîme; au 2e un lamhel d'argent se voit en
outre au sommet de cette partie de l'écu. Les armes de la dernière
duchesse, unies à celles du duc son époux, ne figurent pas dans ce
tableau, maison les trouve reproduites en divers endroits et
particulièrement au-dessus de la porte d'entrée de cette même
antichambre: elles sont écartelées: au 1er et 4e de cinq chevrons d'or
et de gueules, et au 2e et au 3e d'un échiquier de gueules et d'or.
Quatre scènes de chasse habilement reproduites, posées au dessus des
portes, complètent la décoration de cette première pièce. Vient ensuite
la salle de billard. De nombreux tableaux y fixent l'attention du
connaisseur. C'est d'abord à droite, un Granet figurant l'intérieur
d'une cellule de moine et puis revêtu de son armure un maréchal de
France de la famille de Montmorêncy. A la suite on admire le duc de
Bourgogne enfant et le Grand Condé; plusieurs Joseph Vernet, des vues du
château de la Brosse autrefois propriété des Montmorency, des
aquarelles et des estampes dont l'une représente à cheval le maréchal de
Biron, décapité en 1602, et l'autre le comte Armand de Gontaut, ancien
administrateur du canal de Suez. Enfin sur le billard une vieille
tapisserie aux armes de Montmorency, et tout auprès un splendide buffet
en bois d'ébène, orné de marqueterie d'une grande valeur, épave de la
révolution.
De la salle de billard on passé au
salon. A l'entrée on voit tout d'abord revêtu d'une armure de vieux
chevalier, le duc Anne Léon II, et au-dessous Mme la princesse de
Tingry, née de Segozan, puis le portrait en pied du célèbre Henri II de
Montmorency, décapité à Toulouse, et ceux du dernier duc et de la
dernière duchesse. Vient ensuite, sur un piédestal, le buste en bronze
du maréchal de Biron, l'ami d'Henri IV, tué au siège d'Epernay, et après
en costume de l'époque, Charlotte de Montmorency, femme d'Henri de
Bourbon et mère du Grand Condé, et la duchesse de Longueville, sa fille,
l'une des héroïnes de la Fronde, célèbre par l'empire qu'elle sut
exercer sur tous ceux qui l'approchaient. En suivant on rencontre un
très joli tableau, rappelant le mariage si honorable pour la famille de
Montmorency de Mathieu 1er avec Adélaïde de Savoie, veuve de Louis le
Gros, et mère de Louis VII dit le jeune; et au-dessous une châsse d'une
grande valeur artistique, qui contient, posée sur un riche coussinet,
l'épée du connétable Anne; et un peu plus loin les mains jointes et dans
l'attitude d'un ascète, Guillaume de Montmorency déjà nommé, zélé
serviteur de nos rois pendant plus de 60 ans, mort en 1581. Enfin aux
quatre angles des murs ce sont les attributs des quatre arts libéraux;
et dans le panneau qui fait face à la cheminée le portrait en grandeur
naturelle de l'illustré maréchal de Luxembourg. En quittant le salon, on
se rend à la bibliothèque en passant par une galerie, appelée petit
salon, et qui renferme elle aussi plusieurs tableaux dus à d'habiles
pinceaux: c'est d'abord, à gauche en entrant, la duchesse Charlotte de
Montmorency Luxembourg, épouse du duc Anne Léon II entourée de ses cinq
enfants encore en bas âge. C'est ensuite le baron de Breteuil, puis
c'est le duc Anne Charles, et la duchesse Caroline, son épouse. Un peu
plus loin, c'est le duc de Laval, Anne Adrien Pierre de Montmorency,
seigneur de Montigny-le-Gannelqn, maréchal de camp, pair de France, tour
à tour ambassadeur à Madrid, Rome, Vienne et Londres. Et à la suite, le
comte Anne Joseph Thibault de Montmorency, à la fois oncle et
beau-frère du dernier duc; la princesse de Tingry, et le duc de Rohan,
grand-père de M. le marquis de Gontaut.
Enfin,
au bout de cet intéressant musée de famille, on regarde, non sans
admiration sur un beau piédestal le buste en marbre blanc de Son Altesse
Royale, Mme Adélaïde de France, fille de Louis XV, morte à Trieste en
1800, donné par Son Altesse elle même au duc Anne Léon 1er, son
chevalier d'honneur. De cette pièce on passe généralement à la
bibliothèque. Mais cette visite a perdu de nos jours ses principaux
attraits. Il est toutefois un objet précieux à plus d'un titre qui ne
manque jamais de fixer l'intention des curieux; c'est une petite statue
en albâtre sur le dos de laquelle on lit gravé par la main même de M. le
marquis de Gontaut: "Statuette trouvée dans les décombres de l'église
de Courtalain et donnée à M. de Gontaut en 1863". Elle représente une
abbesse tenant d'une main un livre, signe de sa dignité, et de l'autre
un vase avec des marguerites, et un long chapelet. "Albâtre ayant été
peint; travail du XIIIe ou XIVe siècle". Quant à la salle à manger, la
dernière pièce qui s'offre au visiteur, ce qu'on y admire avant tout, ce
sont les dignes et gracieux tableaux de famille qui en ornent les murs.
Ils sont si nombreux que nous sommes exposés à en oublier quelques uns.
Nous noterons toutefois les suivants: le connétable Anne de Montmorency
et Marguerite de Savoie, son épouse. Le maréchal Jacques de
Goyon-Matignon, et messire Odet de Thorigny, l'un de ses descendants. Le
prince de Montmorency-Rosbecq, et la duchesse Charlotte en costume de
chasse; Madame de Tresson, née Charlotte de Montmorency; Madame la
duchesse de Luxembourg, née Louise de CoIbert-Seignelay; Madame la
duchesse de Villeroy, née Marie de Montmorency; et enfin de jolies
images en pastel de tout jeunes enfants. Il n'y a pas longtemps encore,
on ne quittait pas Courtalain sans faire une longue visite aux serres et
aux jardins, cette visite ne se fait plus guère de nos jours. La
culture des fleurs est devenue si commune !!!
Éléments
protégés MH: les façades et les toitures du château : inscription par
arrêté du 9 juillet 1926. L'escalier en vis principal du château, les
façades et les toitures des dépendances du XVIIIe siècle (pressoir,
étables, écuries, remises à voitures, grange), le pavillon d'entrée de
la cour des communs, les murs qui ferment cette cour avec leurs
portails, le pavillon Caroline et son décor, les façades et les toitures
de l'orangerie, les façades et les toitures de la briquetterie et les
vestiges des fours, les façades et les toitures de la conciergerie vers
la place de l'église, les pavillons du jardin potager et son mur de
clôture et les douves : inscription par arrêté du 10 mai 1991. Les
façades et les toitures du pavillon de garde, sur la route de
Châtillon-en-Dunois : inscription par arrêté du 10 mai 1991. Le parc
paysager constitué de sa prairie et des grandes perspectives autour du
château et ses éléments édifiés non protégés : la glacière, le mur
d'enceinte préservé autour des grands axes d'accès au château et aux
douves, les façades et les toitures du pavillon de garde à l'entrée de
l'allée d'accès aux douves: inscription par arrêté du 21 mai 1997
château de Courtalain 28290 Courtalain
Téléphone : 02 37 98 80 25

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire