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lundi 25 août 2025

 

Château de l’Abrègement

Fief de la branche de Verteuil de la maison de La Rochefoucauld à l’origine, la terre de l’Abrègement a été transmise depuis le XIVe siècle exclusivement de père en fils ou en fille. A la fin du XIVe siècle c’est Isabeau de La Rochefoucauld qui est dame de l’Abrègement, sa fille, par son mariage à Louis Desmiers apporte l’Abrègement à cette famille qui détiendra la seigneurie de l’Abrègement pendant la première moitié du XVIe siècle. En 1555 le château passe par mariage dans la famille de Volvire. Anne de Volvire par son mariage en 1576 à Guillaume de Massacré apportera l’Abrègement à cette famille qui y restera du XVIIe siècle jusqu'au début du XVIIIe siècle. Cette branche de la famille de Massacré se poursuivra dans la famille d’Hémery par le mariage le 15 novembre 1750 de Marie-Laure de Massacré à Olivier Mathurin d’Hémery, chevalier, seigneur de Cerné était colonel d’artillerie et chevalier de l’Ordre de Saint-Louis. Il construisit l’édifice de 1750 à 1751 en transformant le château médiéval de son beau-père, sans doute en mauvais état, en une demeure typique du XVIIIe siècle que l’on voit aujourd’hui. 

 Il plante également en bordure Est du parc une futaie de chênes. Son petit-fils Frédéric d’Hémery (qui avait épousé la fille du Général Rivaud de La Raffinière) rajouta la galerie vers 1830 et probablement construisit la grande grange. Son arrière petit-fils, Jacques d’Hémery entreprit d'importants travaux de rénovation en 1935. De son mariage en 1947 avec Marguerite-Marie de Brou de Laurière, il eut trois enfants, Lorine, Philippe et Edouard. Le château appartient aujourd’hui à son petit-fils, William Anseau d’Hémery, né le 9 novembre 1988, fils de Philippe et d’Elisabeth Teller née Budge qui vient de rénover le parc. Celui-ci est dominé par l'installation de sculptures contemporaines des artistes tels que : Andy Goldsworthy, Antony Gormley, Christian Lapie et Joël Shapiro. Les couleurs vives sont réservées aux légumes et fleurs vivaces et annuelles du potager jaune enfermé dans ses murs avec sa tonnelle de gourdes et son ruisselet qui conduit à l'amphithéâtre de verdure. L'arboretum possède des arbres remarquables (cèdre du Liban, Cedrus Atlanticus, sequoia Wellingtonia). 

 Éléments protégés MH: le domaine en totalité et le sol des parcelles pouvant receler des vestiges archéologiques, à l'exclusion de la piscine moderne et de sa clôture : inscription par arrêté du 11 août 2014. 

 château de l ’Abrègement 16700 Bioussac 

Téléphone : 05 45 31 84 73

  

 

Château d'Angoulême

L'histoire d'Angoulême commence sous l'occupation romaine, "Iculisma" est citée pour la première fois à la fin du IVe siècle par Ausonne. Quelques évènements importants jalonnent la vie de la cité grandissante dans ce haut Moyen Age. Il faut noter en 508 la prise d'Angoulême par Clovis, sur les Wisigoths et l'élévation de la première cathédrale qui sera dédiée à Saint-Pierre, en 769 le passage de Charlemagne, en 863, celui des Normands et le saccage de Saint-Cybard. Les comtes d'Angoulême, les fameux Taillefer, apparaissent à la fin du Xe siècle. Au début du XIe siècle, Guillaume IV fait édifier le "Palais Taillefer". Un siècle après, Girard, évêque, fait élever la nouvelle cathédrale Saint-Pierre. En 1181, à la mort de Bougrin III Taillefer, Richard Cœur de Lion confisque le Comté d'Angoulême. Isabelle Taillefer épouse en 1200 Jean sans Terre. Devenue veuve en 1216, elle se remarie avec Hugues X de Lusignan. A partir de 1228, elle fait commencer la construction du "Chateau Neuf" et agrandir l'enceinte urbaine. Jeanne de Fougère, veuve de Hugues XII de Lusignan, fait poursuivre la construction du château en faisant commencer l'édification d'une grande salle divisée en deux par un mur de refend longitudinal percé d'arcades. Elle fait également entourer d'une double enceinte le faubourg Saint-Martial. Hugues XIII de Lusignan, outre la fin de la construction de la grande salle, débuta celle du donjon polygonal à l'ouest du château. Hugues XIII de Lusignan décède en 1303. En 1308, Philippe le Bel confisque le Comté, les Lusignan croulant sous les dettes. 

 Donné ensuite en apanage, puis remis aux Anglais par le traité de Brétigny en 1356, le Comté va retrouver ses heures de gloire à partir de la libération en 1445, de Jean de Valois et surtout après 1453 et la bataille de Castillon signant la fin des conflits avec les Anglais. Jean, dit Le Bon Comte Jean, fait bâtir un logis neuf touchant le donjon d'un côté et commence une grosse tour ronde à l'autre extrémité. Charles d'Orléans, son fils, et Louise de Savoie, Marguerite d'Angoulême et surtout François 1er, en cette fin du XVe et ce début du XVIe siècle, donnent à la cité toutes les possibilités de grandir: privilèges, droit d'Université, érection du Comté en Duché-pairie,.… C'est sous les Valois que fut édifiée l'aile faussement appelée "aile d'Epernon". Les guerres de religion vont affecter toute la région et Angoulême en particulier avec notamment en 1562, le saccage de la cathédrale Saint-Pierre. En 1587, Jean Louis de Nogaret, Duc d'Epernon, devient gouverneur d'Angoumois et sa forte personnalité laissera une empreinte sur la cité. Il va faire construire une nouvelle enceinte bastionnée, adaptée à l'artillerie, autour de l'ancien château. Donné en apanage jusqu'à la Révolution, le château ne sera désormais plus habité par ses tenanciers. Un "Mémoire", conservé aux Archives Nationales dans les papiers séquestrés au Comte D'artois, montre l'utilisation faite du château comtal: "il dépend du domaine d'Angoulême, l'un des premiers et des plus importants de Monseigneur Comte d'Artois, un château en partie ruiné et dont les restes ont servi jusqu'à présent à loger deux officiers principaux, le commandant pour le Roi et le Majnor avec une compagnie d'Invalides; le surplus des bâtiments subsistants de cet ancien château étoit ci-devant occupé par des prisonniers d'état...". 

 Les bâtiments sont en très mauvais état. Le Marquis de Chauvron "Lieutenant pour le Roi au gouvernement des ville et château d'Angoulême", habitant une aile du château, a même fait réaliser des travaux à ses frais, construction de deux bâtiments, et en demande indemnisation à l'Administration Princière, dans un mémoire de 1788: "Le Marquis de Chauveron.… expose que, lorsqu'il fut nommé à la lieutenance de Roi d'Angoulême, le château de cette ville étant absolument hors d'état d'être habité et craignant... de n'en pouvoir jouir attendu la vétusté des édifices et leur peu de commodité, il se détermina à faire construire à ses frais, un corps de bâtiment dans une partie dudit château absolument tombée en ruines; que depuis il a encore été forcé pour avoir sa femme et ses enfants auprès de lui de faire faire un second corps de logis attenant les écuries...". Sous l'administration du Comte d'Artois, des travaux importants ont modifié la physionomie de la ville, démolitions de bastions, début de lotissement du Pré du Parc, concessions diverses dans les fossés, constructions..., et des réparations ont été réalisées au château notamment aux couvertures: "celles des deux corps de logis ont été refaites à. neuf dans le courant de l'année 1785 en tuiles creuses, une autre partie de couverture entre la grande tour et le tiers point et la cage de l'escalier de la cave aussi en tuiles creuses; le tiers point entre la grande tour et la tour ronde et deux autres parties vers le logement du Major en tuiles plates; la dite tour ronde, celle octogone du petit escalier près de la grande tour, et celles du grand escalier en ardoises; comme celles du pavillon à deux épis, du pavillon d'escalier joignant l'appartement du Major et la pate d'oye joignant la grande tour au-dessus de l'office du lieutenant de Roi également en ardoises...". On a refait la couverture en pavillon au-dessus du puits du château. 

 Le château a été acquis par la ville en 1842, afin d'y établir la mairie. Paul Abadie, auteur du projet, fait abattre l'ancien château comtal à l'exception de deux tours qu'il va intégrer dans le nouvel hôtel de ville commencé en 1858 et inauguré en 1870. Le château comtal ne subsistera désormais que sur les gravures et les premières photographies. Le donjon des Lusignan a donc été partiellement épargné par la destruction sauvage d'Abadie. Cette tour polygonale comprenait quatre niveaux voûtés dont seuls les deux supérieurs subsistent. Le rez-de-chaussée contenait une salle octogonale couverte d'une voûte à huit nervures, le premier étage était également octogonal. Un escalier en vis, existant encore, mettait en communication les différentes salles. Celle du troisième niveau est quadrangulaire, couverte en berceau brisé et celle du dernier, octogonale, les huit nervures de la voûte s'appuyant sur des colonnettes. Un escalier droit, pris dans l'épaisseur de la maçonnerie permet d'accéder à la plateforme. Un parapet sur mâchicoulis à arc, reposant sur des consoles triples, a été surmonté de créneaux au XIXe siècle. Paul Abadie a également épargné, là aussi partiellement, la grosse tour élevée au XVe siècle. Elle comprend quatre niveaux: une cave voûtée avec au-dessus trois étages, chacun renfermant une salle quadrangulaire. Les deux premières sont couvertes d'un plafond à solives et la troisième d'une voûte d'ogives. Une vis met en communication les différents niveaux et une autre permet d'accéder au sommet qui est couronné d'un crénelage moderne, reposant, comme pour le donjon, sur des mâchicoulis anciens ornés d'accolades. La description faite du château comtal est volontairement sommaire, car il existe de nombreuses publications qui en ont traité. Seulement quelques unes sont fondamentales, et le but n'était pas de les reprendre in extenso. 

 Éléments protégés MH: l'hôtel de ville en totalité : classement par arrêté du 22 avril 2013. 

 château d'Angoulême 16000 Angoulême

   

 

Château d'Ardenne

À l'origine du château d'Ardenne, à Moulidars, existait juste une tour. Et la tour resta seule, depuis sa construction vers 1100, jusqu'à l'édification du corps de bâtiment qui l'engloba à la fin du XVe ou début XVIe siècles. La création de cette "turris" en bordure occidentale du comté d'Angoulême au début du XIIe siècle, est révélatrice d'un changement dans l'histoire politique de ce comté dont elle faisait partie. Vers 1100, elle inaugure, à sa façon, "l'aube du déclin politique" du comté d'Angoulême, malgré la reprise qu'il pourra connaître plus tard, au XIIIe siècle, sous les Lusignan. C'est là ce que nous apprend la thèse d'A. Debord. Ce déclin a trouvé son origine dans la lutte entre les comtes Taillefer d'Angoulême et leurs suzerains, les ducs d'Aquitaine qui sont également comte de Poitiers. Ces derniers étaient de plus en plus actifs depuis 1062. A partir du Poitou, ils viennent de mettre la main, au sud, sur la Gascogne. Les terres du comte d'Angoulême, interrompent donc géographiquement, l'espace de domination directe exercé par les comtes de Poitiers. Cela d'autant plus que depuis l'An Mil, les Taillefer d'Angoulême contrôlent tous les chemins nord-sud sur relient Paris et l'Europe du nord-ouest à Bordeaux et l'Espagne. Une de ces routes, très ancienne, mais peut-être assez peu utilisée à l'époque médiévale, passait par Moulidars (elle sera du XVIe siècle au XVIIIe siècle, le Chemin de la Poste). La guerre que Guillaume V Taillefer (1087-1120) mena à Blaye, Barbezieux, Cognac, Archiac, etc. fut rude, et se solda par l'échec de ce comte d'Angoulême; les châtelains saintongeais rentrèrent tous dans la clientèle du duc d'Aquitaine, comte de Poitiers. L'Angoumois se trouva réduit à sa portion congrue; quasiment les limites de l'ancienne "Civitas" du Bas-Empire romain. Limites qui passaient au pied de la colline de Moulidars, à trois kilomètres à l'ouest (ruisseau de la Guirlande). 

 Dans ce contexte de replis forcé au coeur de l'Angoumois, Guillaume V fit construire par un fidèle chevalier, Richard de Montbrun, une "turris", "ad Montem liardi, alias Ardena"; Cette tour contrôle ainsi la frontière, la vallée de la Charente jusqu'à Cognac et un mystérieux retranchement, "le fossé au comte", ligne défensive qui devait relier Montignac à Vibrac et qui est encore attesté au XIVe siècle pour sa traversée de la paroisse de Moulidars. "Turris" d'origine publique donc, puisque construite sur la volonté du comte qui y exerce ses droits de suzerain jusqu'en 1117, en effet, date à laquelle Richard de Montbrun fut rappelée à l'ordre par l'abbé de Saint-Cybard, abbaye bénédictine d'Angoulême; ces terres en Moulidars, avaient été frauduleusement accaparées par le comte au profit de son vassal, alors qu'elles appartenaient à la dite abbaye. La situation fut régularisée et Ardenne fut repris en fief par l'abbé de Saint-Cybard. Pour la première fois, les moines résistaient au comte d'Angoulême, lui dont les ancêtres avaient si souvent puisé dans le domaine de Saint-Cybard; pourquoi? Car dans ces dernières années du XIe siècle, l'abbaye était rentrée sous la tutelle de Cluny. Celle-ci engendre un renouveau monastique qui exclue tout rôle aux puissants laïcs dans la gestion des biens d'Église. Ce principe sape le pouvoir comtal en Angoumois, qui dispose de moins de revenus que le duc d'Aquitaine. La construction de la tour médiévale d'Ardenne illustre à merveille ce double renoncement forcé de l'autorité publique des pays charentais, à l'aube des XIIe et XIIIe siècles, période de normalisation, après cette nouvelle donne pour "une nouvelle politique". La tour et ses dépendances (fossés, pont-levis, basse-cour, poterne…) fut secouée par la Guerre de Cent Ans. Quelques décennies après, sans doute fin XVe siècle ou début XVIe siècle, le château proprement dit, c'est-à-dire le corps de logis, est construit par la famille Nourrigier (1482-1598). Les Nourrigier possédaient donc Ardenne lorsque, le 13 mars 1569, fut lancé des hauteurs des paroisses de Moulidars et Saint-Simeux, l'assaut des troupes catholiques et royales, menées par le futur roi Henri II, et connu sous le nom de bataille de Jarnac. 

 C'est sans trop de dommages néanmoins que le château traverse les guerres religieuses du XVIe siècle, à s'en référer à la gravure de Chastillon qui, selon Bruno Sepulchre (1992), nous représente Ardenne vers 1602. Le château, tel qu'on le voit sur la gravure, a été modifié par la suite au sud (côté église), avec une grande terrasse à balustre, deux pavillons encadrants le corps de logis, un second étage remplaçant les toits hauts et la suppression de tours, le tout aux XVIIe siècle et XVIIIe siècle. Ardenne eût quelques seigneurs d'Ancien Régime assez hauts en couleur; par le jeu des alliances, se furent successivement les Le Musnier, Méhée d'Anqueville et Terrasson, de 1633 à 1884. Citons Pierre Méhée, alias d'Ardenne (1677-1760) plus connu par son surnom "d'épée du roi". Mousquetaire de la garde du roi, puis de la Compagnie des gendarmes de Sa Majesté, il semble avoir eu à plusieurs reprises à défendre les intérêts de la couronne par des faits héroïques transmis dans des légendes locales. On lui doit, à Moulidars, le pigeonnier du château d'Ardenne ou la cloche de l'église. Citons aussi le fort riche abbé Cyprien-Gabriel Méhée (seigneur d'Ardenne de 1765 à 1783); abbé commendataire de Fontaine-Jean près de Sens, pour les revenus; avocat puis conseiller à la Grande Chambre du Parlement de Paris, pour l'activité professionnelle. Au total, il constitue un bel exemple d'un personnage d'influence dans les domaines qui comptent au XVIIIe siècle (membre du haut clergé et homme de loi au niveau de l'État). La Révolution, passée sans dommages apparents, la vie reprend son cours à Ardenne et l'on se soucie de rendre la vieille forteresse toujours plus plaisante; démolition des dépendances au nord du château, agrandissement du parc, ou la discutable suppression des poivrières des tours... 

 En 1896, Ardenne se trouvant alors dans des mains républicaines et protestantes (la famille Hine), on reçoit à déjeuner le Président de la République, Félix Faure, dans la région pour assister à des grandes manoeuvres militaires. C'est également en ces temps-là que l'on place, non sans une certaine émotion, dans le hall d'entrée, la table de marbre qui passe pour être celle où fut exposé mort Condé, après la bataille de Jarnac. Depuis 1977, elle se trouve à l'Hôtel-de-Ville de Jarnac. Les Hine, connus dans le monde entier pour avoir donné leur nom à leur maison de Cognac, sise à Jarnac, possédèrent Ardenne pendant quatre générations, de 1891 à 1978. Depuis quinze ans, les nouveaux propriétaires y ont mené une efficiente restauration. L'intérêt du château d'Ardenne est indissociable de son cadre ombragé et de sa situation dominante. De ses terrasses de style classique, on devine se dérouler la Charente entre Vibrac et Jarnac. Au premier plan, dans le coteau planté de vignes, est la fuie ronde. Cette tour, pigeonnier de huit mètres de diamètre, sept de hauteur, couverte d'une poivrière, avec ses 850 boulins, est toujours en bon état. Elle doit dater des années 1720. De son époque médiévale et militaire, Ardenne n'a gardé que sa tour de 1100, qui était alors la pièce principale. Il s'agit d'une tour ronde dont la base est plus large sur une hauteur d'un mètre, et qui possède, à l'intérieur, des pièces carrées. On remarquera un puits au rez-de-chaussée, l'épaisseur de ses murs et l'escalier à vis en hors-d'oeuvre qui relie ses trois niveaux. Le château du début XVIe siècle impose sa structure à l'ensemble. Il intègre en son angle nord-ouest la grosse tour 1100 restaurée alors (moulurations des fenêtres), et réalise une autre tour à angle nord-est. Sa principale réalisation consiste en un corps de logis Renaissance qui relie les deux tours sur vingt mètres. Il n'avait, dans un premier temps, qu'un seul étage. Les pavillons, au sud de chacune de ces deux tours, furent ajoutés au XVIIIe siècle, faisant la longueur de la maison à 36 mètres. Quelques temps après, l'adjonction d'un second étage, augmentait encore le logement du château et lui donnait une physionomie nouvelle et plus moderne. L'intérieur XVIe siècle, fut lui aussi, largement remanié au XVIIIe siècle; le hall central avec son escalier à belle rampe de fer forgé en est un bon exemple. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures; la terrasse sud avec sa balustrade; le grand escalier et sa rampe en fer forgé; l'escalier à vis de la tour Nord-Ouest : inscription par arrêté du 29 décembre 1978. 

 château d'Ardenne 16290 Moulidars

   

 

Château d'Ars

Ars était une seigneurie importante, dont le château s'élevait, dès le Moyen-Age, à peu de distance de l'église. Au XIVe siècle, Gombaud II d'Ars maria sa fille, Jeanne d'Ars, à Pierre JV de Brémond. Dès ce temps éloigné, cette famille était très puissante. Elle tenait les seigneuries d'Ars et de Balanzac en Saintonge. Devenus seigneurs d'Ars, ces de Brémond prirent part aux croisades, et on retrouve leur place dans tous les événements importants qui intéressent l'histoire de la France. Celui qui avait épousé la fille de Gombaud d'Ars se fit tuer à la bataille de Crécy. Il en fut de même de Guillaume de Brémond, tombé, dans les rangs français, sur le champ de bataille d'Azincourt. Plus heureux, Pierre V de Brémond d'Ars combattit dans les troupes de Jeanne d'Arc et reçut des distinctions de Charles d'Orléans. Pendant les Guerres de Religion, Charles de Brémond d'Ars lutta pour le parti catholique. Il fut, en 1585, lieutenant général du roi en Saintonge et en Angoumois. Josias de Brémond d'Ars fut maréchal de camp et participa aux campagnes du règne de Louis XIII. En 1651, les frondeurs du prince de Condé assiègent Cognac. Louis de Brémond d'Ars se distingue dans la défense de la ville et sa femme, Marie de Verdelin, défend courageusement le château d'Ars. Cette tempête étant passée, le château devait paraître assez sombre pour les goûts de l'époque. Des constructions nouvelles remplaçaient les anciennes demeures fortifiées. Un. nouveau château fut édifié. Jacques de Brémond d'Ars est considéré comme l'auteur probable de cette œuvre vers 1660. Ce marquis d'Ars avait épousé Marie de La Tour en 1662. Elle lui avait apporté Saint-Fort-sur-le-Né, Angeac et le Solençon... 

 Le château d'Ars forme une masse d'aspect imposant. Son plan dessine une équerre. L'aile nord-est est de construction moderne (XVIIIe siècle). Les angles sont flanqués d'échauguettes caractéristiques avec leur encorbellement bien dessiné, la moulure qui les ceinture et leur toiture arrondie en forme de dôme. Toutes les toitures sont recouvertes d'ardoises et dotées de hautes lucarnes. Sur la cour d'honneur, la partie ancienne a une grande porte d'entrée, encadrée de pilastres plats, et dont l'arc plein cintre est entouré d'une moulure. Un fronton coupé dont le sommet est arrondi, s'élève au-dessus. Le claveau central de l'arc est orné d'un visage humain. Deux fenêtres à droite et à gauche de la porte d'entrée sont placées au-dessus d'une moulure. Au-dessus de chacune d'elles existe un motif sculpté. Les fenêtres du premier étage sont soulignées, elles aussi, par une moulure. Quatre grandes lucarnes, avec ouverture plein cintre et fronton arrondi et coupé, complètent cet ensemble qui a, en outre, au-dessus de la porte d'entrée, un fronton plus large avec un oculus. 

 A l'intérieur existe un escalier droit en pierre, avec rampe en fer forgé, et aussi un autre escalier en pierre a vis. Il reste plusieurs cheminées en bois sculpté, boiseries d'une grande alcôve, vestiges de boiseries diverses. Au rez-de-chaussée, se trouve une cheminée en pierre, avec des personnages rappelant relativement celle qui ornait la grande salle du château de Bouteville... 

 Éléments protégés MH: la façade sur cour de l'aile sud-est et la cheminée en pierre sculptée : inscription par arrêté du 21 décembre 1988. 

 château d'Ars 16130 Ars

  

 

Château d'Aubeterre-sur-Dronne

Édifié sur une colline de craie blanche, le château d'Aubeterre domine la vallée de la Dronne depuis au moins le XIe siècle. Tout d'abord propriété de la Maison d'Aubeterre, le château passe à la famille de Castillon dans la deuxième moitié du XTIe siècle. En 1269, Marie de Castillon épouse Pierre Raymond, lequel devient seigneur d'Aubeterre à la mort de Pierre V de Castillon vers 1284. Par Le Traité de Brétigny en 1360, Aubeterre est donné aux Anglais. Peu de temps après, le Duc de Berry, agissant pour le compte du Roi de France, reprend le château. À la fin du XIVe siècle, le mariage de Marie Raymond avec Guy Bouchard apporte le château à cette famille. La lignée des Bouchard valorisera particulièrement le site d'Aubeterre. De 1412 à 1457, Aubeterre est de nouveau aux mains des Anglais. À la fin du XVIe siècle, en 1597, le mariage d'Hypolite Bouchard avec François d'Esparbès de Lussan apporte la châtellenie d'Aubeterre à cette dernière famille, laquelle en reste propriétaire jusqu'en 1788, date du décès de Henri d'Esparbès de Lussan, dernier marquis d'Aubeterre. Le château passe alors en quelques années aux maisons de Bourdeilles Matha et de Baveron Saint-Genièz avant d'être acheté par le Prince de Conti. Celui-ci va le revendre en 1817 à un auvergnat qui le transforme en carrière de pierre. Madame Moulinier va racheter les ruines et tenter de les sauver, puis l'ensemble des vestiges sera encore vendu plusieurs fois... 

 Le site est entouré d'une muraille flanquée de plusieurs tours. Une motte, emplacement du premier château féodal, occupe le point culminant. Sous cette motte de nombreuses cavités sont aménagées dans Le rocher. Un bâtiment du début du XVIIe siècle, se dresse au pied. Au rez-de-chaussée, une porte en plein cintre surmontée d'un fronton interrompu, donne accès à la chapelle. Cette porte a ses piédroits appareillés en bossage en table. Un escalier latéral extérieur permet d'arriver au premier étage aujourd'hui occupé par un appartement. Une plate-bande moulurée court à hauteur d'appui des deux baies. Avant les récentes transformations et l'adjonction d'une toiture sur les ruines de ce bâtiment, deux autres plate-bandes moulurées, en partie haute, laissaient supposer l'existence d'un deuxième niveau. En descendant de cette chapelle vers le châtelet d'entrée, se dresse sur la gauche un pan de mur, reste du donjon dit des Swyllyngton. La partie la plus connue du château d'Aubeterre reste son châtelet d'entrée. Un chemin de ronde sur mâchicoulis orné de trilobes, le couronne. Les bords des merlons des créneaux portent des moulures. Au-dessous s'ouvrent les rainures du pont-levis à flèches, entre lesquelles sont sculptées les armes de la famille d'Esparbès. Sur la façade côté cour existe une belle fenêtre Renaissance à meneaux bordée de pilastres surmontés de chapiteaux. 

 Une aquarelle du XVIIe siècle présente le château d'Aubeterre reconstruit par la famille d'Esparbés. Le châtelet d'entrée est alors surmonté d'un haut toit en pavillon, le corps de bâtiment formé de deux ailes en retour d'équerre avec à chaque angle une tour couverte en poivrière. La partie haute de ces tours possède un chemin de ronde sur mâchicoulis. Des hautes fenêtre s'ouvrent dans la façade principale et des lucarnes dans la toiture. Il ne subsiste aujourd'hui que la base des trois tours. Un dessin d'Eugène Sadoux, du milieu du XIXe siècle, montre encore une tour privée de sa couverture et de son chemin de ronde mais avec le reste de son élévation. Sous le promontoire occupé par le château est creusée dans l'épaisseur de la craie, la plus grande église monolithe d'Europe. Un passage aménagé dans le rocher, permettait aux occupants du château d'accéder directement à cette église depuis la cour intérieure. Ce passage, dont on peut voir aujourd'hui l'arrivée, débouche dans la galerie bordant la nef. Les richesses architecturales concentrées dans cette magnifique ville d'Aubeterre contribuent à lui laisser le titre de plus beau site du Sud Charente. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures de la poterne et du logis attenant; la chapelle Renaissance; les vestiges de l'enceinte Est et de la tour Saint-Jean: inscription par arrêté du 1er mars 1973. 

 château d'Aubeterre 16390 Aubeterre-sur-Dronne

   

 

Château de Balzac

La terre de Balzac est un ancien fief. C'était une seigneurie avec tour et hôtel noble qui relevait de l'évêché d'Angoulême et de la baronnie de Tourriers, laquelle fut acquise en 1398 par Guy de La Rochefoucauld. Du XIIe au XVIIe siècle, les principaux possesseurs en furent successivement Guillaume Sevin, les Tison, les Montaigu; Louis de Chazerac, gouverneur et bailli du duché de Berry; Jean Arnaud, lieutenant général d'Angoumois; sa fille Geneviève et son gendre Geoffroy de Lageard, sénéchal de la province d'Angoumois, François de Juillac, chevalier d'Ambleville et Guillaume Guez, trésorier provincial à l'extraordinaire des guerres en Angoumois, Aunis et Saintonge. L'hôtel noble, dont il reste des vestiges, fut remplacé par la demeure actuelle que firent construire, vers 1600, Guillaume Guez et son épouse. L'une des cheminées du logis porte leurs monogrammes: au levant celui de Marie de Nesmond et au couchant, celui de Guillaume Guez. Dans le Trésor Chronologique et Historique publié en 1647, Saint-Romuald fait l'éloge de Guillaume Guez pour "la magnificence dont nous donne de très brillantes preuves la structure du château qu'il a bâti dans sa seigneurie de Balzac". Ce fut la demeure des champs où les Guez se retiraient quand ils quittaient leur maison d'Angoulême "embellie et enrichie de raretés si exquises", écrit Saint-Romuald, que du 4 mars au 29 août 1619, Marie de Médicis "ne voulut point faire son séjour autre part, jusqu'à la paix que lui donna son fils Louis Treizième". Pendant le séjour de la reine mère chez les Guez, la seigneurie de Balzac devint le carrefour où se rencontrait l'élite de l'époque: on y voyait Richelieu, le duc d'Epernon, le cardinal de la Rochefoucauld, le comte de Béthune... 

 Quand à la fin du mois d'août, la Reine Mère et sa brillante escorte quittèrent Angoulême pour se rendre à Tours, le poète Boisrobert prit congé de Balzac en écrivant une ode: Entre la Charente et la Touvre dedans un séjour écarté, j'ai plus d'heur et de liberté que le roi n'en a dans le Louvre... adieu jardins de muse et d'ambre, je m'en vais encore à la Cour faire le badin tout le jour sur le coffre d'une antichambre... La seule image que nous ayons du château à cette époque est le frontispice gravé par Philippe dans l'édition des Œuvres Diverses de Balzac de 1638. L'interprétation qu'en donne le graveur hollandais est allégorique; "l'indéniable fidélité compte moins que l'investissement personnel, écrit Bernard Beugnot, le descriptif moins que l'emblématique", mais il représente la demeure et son bois au bord de la Charente dans une vallée qui évoque la description qu'en faisait Balzac: "nous sommes ici en un petit rond tout couronné de montagnes où il reste encore quelques grains de cet or dont les premiers siècles ont été faits". En réalité , le château de Balzac présente un vaste corps de logis que prolonge un haut pavillon. Alignée à la Charente, cette façade expose au couchant ses grandes fenêtres agrémentées d'appuis en fer forgé. Au dessus, soutenu par une charpente en carène de vaisseau, le toit d'ardoise repose sur une corniche en pierre de taille et offre pour tout ornement deux cheminées surmontées de volutes. Autrefois cette façade donnait sur un jardin à la française qui conduisait au "canal". 

 Le corps principal du logis est flanqué de deux ailes en retour d'équerre terminées par deux tours. Elles encadrent la cour pavée que prolonge la cour intérieure limitée, d'un côté, par les communs et de l'autre, par une galerie à colonnes et le portail d'entrée qui donne accès à l'ancienne allée des charmes. Quand ils arrivaient de la ville par cette allée longue d'un kilomètre, le maître de maison et les invités entraient par la grille du parc, afin d'éviter les mauvaises odeurs des animaux, et pénétraient dans le logis par la porte en plein cintre, à double battant, située dans l'aile sud. De nombreux visiteurs l'ont franchie pour rencontrer celui auquel le château de Balzac doit sa renommée: l'écrivain et célèbre épistolier Jean-Louis Guez de Balzac, Conseiller d'Etat, Historiographe de France et l'un des premiers de l'Académie Française (1597-1654). Né à Angoulême sous le règne d'Henri IV, Balzac était le filleul du duc d'Epernon et fils aîné des trois enfants de Guillaume Guez et Marie de Nesmond. Il fut célèbre à vingt-sept ans pour un recueil de lettres qui lui valut un concert de louanges dans toute l'Europe. Les esprits les plus éminents le considéraient comme le Prince des Orateurs; Richelieu le nommait souverain de la République des Lettres. Mais, sa jeune gloire attisait les jalousies: elle souleva des polémiques. Déçu, Balzac se retira dans ses terres où il fut regardé comme "l'Oracle de la Charente". Il y vécut de longues années et son œuvre en est toute imprégnée. Le Prince, les Entretiens, le Socrate Chrétien et de nombreuses lettres contiennent des pages qui décrivent la vie de l'auteur dans son ermitage dont il évoque "les plaisirs de la vie retirée". 

 Balzac fut très attaché à son ermitage, à son "Palais enchanté" où, dit-il, "toutes les pensées qui me viennent sont de véritables inspirations". D'illustres visiteurs sont venus, comme en pèlerinage, apporter au solitaire et à "Messieurs ses livres" l'hommage de leur admiration. De luxueux équipages ont amené dans la cour du château des Ambassadeurs, des Cardinaux. Après un séjour de deux semaines qu'il fit au château Costar écrivait à Voiture: "Cet illustre ermite habite là un agréable désert". Scudéry composa une poésie intitulée "Description de la Belle Maison de Monsieur de Balzac". I] magnifie: Cet astre lumineux qui presque tous les mois Jette des rayons d'or sur les champs angoumois.. La belle, la tranquille et paisible Charente... Ces bois où le silence a choisi sa demeure... Ces oiseaux si savants, sans qu'aucun les enseigne... Ces jardins cultivés des propres mains de Flore... et il conclut: Enfin, charmants objets, je veux à votre gloire dresser un monument d'éternelle mémoire où tous les beaux esprits viendront lire en ces bois Ici, le grand Balzac composait autre fois. Balzac renonça à son droit d'aînesse au profit de son frère cadet François qui hérita la seigneurie à la mort de leur père en 1650. Les héritiers suivants furent les deux fils de François: en 1685, André de Guez, Gouverneur de la citadelle de Dunkerque qui mourut sans postérité et, en 1693, Claude de Guez, seigneur de Puy de Neuville. Celui-ci avait un fils André de Guez, capitaine au régiment des Gardes Françaises à Paris. Après la mort de ses parents, le 3 septembre 1729, il signa l'acte de vente du château, de la terre et seigneurie du Grand et du Petit Balzac. il ne conserva que l'argenterie, les livres, deux fusils et un coffre contenant les papiers de famille. Par la suite, les possesseurs de la seigneurie furent de 1729 à 1741, Robert Bourrée et son fils; de 1741 à 1794, Hélie Pasquet de Saint-Mesmy et sa famille, le dernier représentant étant Jean d'Escravayat de Bélat qui fut maire d'Angoulême. Pierre Neuiller-Nogueira acheta le château en nivôse de l'an II (1794) et sa famille en fut propriétaire jusqu'en 1973. Aujourd’hui il accueille les visiteurs durant l’été avec notamment des visites guidées. 

 Éléments protégés MH: le logis avec ses peintures murales, les communs, le parc avec ses murs de clôture, ses portails, le canal-vivier et le lavoir : inscription par arrêté du 5 décembre 2007. 

 château de Balzac 16430 Balzac 

Téléphone : 05 45 68 15 16

 

 

Château de Barbezières

Ce très intéressant édifice n'était, il y a une quinzaine d'années, qu'une ruine très romantique. Il a été vigoureusement restauré et est ouvert au public. L'ancien cadastre présente un vaste édifice, disposé en quadrilatère et cantonné à chaque angle de tours rondes, à l'exception du nord-ouest, où l'on retrouve l'église paroissiale. Il ne subsiste aujourd'hui que la partie sud- ouest, et des fragments de la partie nord-est, auprès de laquelle s'étendait autrefois un cimetière. Dès 1699, il menace ruine, la toiture s'est effondrée, et les murs sont par endroits lézardés. Il est restauré par la suite, mais le pigeonnier que l'on aperçoit sur le cadastre de 1831, disparaît. Ce qui reste de ce château de la deuxième partie du XVe siècle, est le corps de logis principal. De plan rectangulaire à trois étages, dont un à surcroît, il est flanqué au sud-ouest par une grosse tour circulaire. Une tour carrée d'escalier est adossée au milieu de la façade nord Les fenêtres des deux étages sont à croisées de meneaux et appuis saillants moulurés, celles de l'étage à surcroît sont particulièrement remarquables ainsi que la porte d'entrée de la tour d'escalier, avec arc infléchi et pinacles terminés par de gracieux fleurons. L'intérieur de cette tour conduit à un petit vestibule voûté avec clef armoriée. Dans l'autre tour cylindrique se voient d'étranges graffiti à caractère ésotérique, mais il est difficile de dire s'il s'agit là de l'œuvre d'un mystificateur ou d'un initié. On notera aussi les murs-pignons à crossettes et fleurons. 

 Les seigneurs de Barbezières portaient le nom de leur terre. Cette famille très importante de l'angoumois est rattachée par ses alliances à l'actuelle famille royale d'Angleterre. Un seigneur de Barbezières, est en 1303, sommé par Philippe le Bel, de se rendre aux armées. Après l'extinction à la fin du XVIIe siècle, de la branche aînée, ce qui est cause du délabrement du château, la seigneurie est partagée et vendue à plusieurs gentilshommes, entr'autres, René de Brouillac, seigneur de La Touche du Péron, qui en cède à son tour la moitié à Jean Babin, seigneur de Ranville. Une autre héritière, Charlotte d'Escoubleau de Sourdis, cède à ce dernier, des parts de cette seigneurie. Le château est affermé. Cet état de choses fut le plus souvent, très préjudiciable aux châteaux et maisons nobles. En 1756, Jean Faure de Rancureau, est seigneur de Barbezières. Un de ses descendants, Jean-François Faure, meurt sans postérité en 1861. Propriété de cousins, le château est divisé et vendu pour une partie à Jean Ferret, dont les descendants le conserveront jusqu'en 1970. 

 Éléments protégés MH: le château en totalité : inscription par arrêté du 27 février 1925 

 château de Barbezières 16140 Barbezières 

 

hâteau de Barbezieux-Saint-Hilaire

Un castrum aurait existé dès le Xe siècle. Le premier seigneur de Barbezieux, connu, se nomme Alduin. Il vivait vers l'An Mil. Apparaît ensuite, en 1070, un nommé Itier, à qui l'on doit certainement la première fortification en pierre de la ville et du château. Cette famille "de Barbezieux" conserve le pouvoir seigneurial jusqu'en 1379. Enceinte et château n'ont été achevés qu'à la fin du XIe ou au début du XIIe siècles. Après avoir souffert des guerres, l'édifice est reconstruit à la fin du XVe siècle par Jean et Marguerite de La Rochefoucauld. Cette famille possède le château jusqu'en 1583. Il passe ensuite, notamment, entre les mains de Richelieu et de Louvois, avant de revenir en 1718 aux La Rochefoucauld. Alexandrine de Rohan-Chabot, héritière en l'An V de la Duchesse d'Anville, veuve de Louis Alexandre de La Rochefoucauld, vend le château le 13 Messidor An VI à la famille Levraud. Il est acheté par la commune le 24 janvier 1845. Celle-ci fait démolir une grande partie des bâtiments avant d'y installer un hospice. Il se composait d'une vaste cour polygonale entourée de murs, défendue par des tours occupant les angles et accessible par deux portes. Celle du nord-ouest est conservée. Dans l'enceinte étaient construits un logis, l'église Saint-Ymas et divers autres bâtiments. Le dénombrement de la seigneurie de Barbezieux fait en 1771 décrit ainsi le château: "château composé d'un grand corps de logis ou donjon, flanqué de quatre tours à présent en ruine, deux pavillons à deux tours à chaque porte d'entrée, chapelle, greniers, caves, granges, fuye, cour, jardin. Les murs d'enceinte du tout étant garnis dans les endroits qui n'ont pas été écrêtés par vétusté, de chemins couverts, créneaux, meurtrières. Ville close de portes, de fossés et de vestiges d'anciens murs...". 

 Placé sur une éminence, le château de Barbezieux se trouve réduit aujourd'hui à une porte d'entrée et à des restes d'enceinte. Le château est installé dans un des deux pavillons à deux tours du dénombrement de 1771. Cette porte est dite d'Archiac. L'autre, dite de Chavaroche, démolie, devait lui ressembler. Cette porte d'entrée est cantonnée de deux tours couronnées de mâchicoulis ornés de trilobes, et couvertes en poivrières. Chaque tour est flanquée d'une tourelle d'escalier couverte en pierre. Dans la base, à l'extérieur, est placée une série de bouches à feu horizontales. Une fenêtre à remplage s'ouvre au-dessus du passage, sur le corps central de la porte. Côté cour la porte est également défendue par des mâchicoulis. En bordure nord de la cour se dresse un bâtiment rectangulaire, à toit élevé, en tuiles plates et à pignons découverts. Il aurait servi de granges, écuries ou greniers. A l'angle de ce bâtiment se voit encore une base de tour de l'enceinte avec une bouche à feu. Au nord-ouest de l'ancien jardin se dresse toujours, en bordure de la route actuelle, une tour de l'enceinte urbaine du remontant au XIIe siècle, remaniée au XVe siècle. Les façades et l'intérieur de l'ancienne grange et écurie ont été transformés au milieu du XIXe siècle pour abriter un théâtre à l'italienne, un café et des pièces à l'étage. 

 Éléments protégés MH: le château : classement par arrêté du 30 décembre 1913. Les façades et les toitures de l'ensemble des bâtiments non classés, à l'exclusion du local sanitaire situé à l'est de la place; la tour nord-est en totalité; une partie des anciennes lices, avec leur mur de clôture, et la place du château, pouvant receler des vestiges archéologiques : inscription par arrêté du 8 avril 2004. 

 château de Barbezieux 16500 Barbezieux-Saint-Hilaire 

Téléphone : 05 45 78 91 04

   

 

Château de la Barre

Le château ou logis de la Barre s'élève près de l'ancien castrum d'Andonne, dans un site de très ancienne occupation. Un aveu et dénombrement de Jean Triquot, écuyer, rendu le 5 juin 1487, au seigneur de Montignac, mentionne pour la première fois le fief de La Barre. Le logis a été vraisemblablement construit à la fin du XVe siècle par Jean Triquot, ou par son gendre Antoine Horric au début du XVIe siècle. Il reste dans cette famille jusqu'à la fin du XVIIe siècle, puis passe à François Gourdin, écuyer. A la mort de ce dernier en 1751, La Barre échoit à sa petite nièce Marie-Thérèse Bourrée. Elle épouse en 1771, Jean Elye Duboys de la Bernarde dont les descendants le possèdent encore. Les bâtiments s'élèvent dans un espace trapézoïdal, où le logis, édifié suivant un axe Nord Sud, occupe sensiblement la partie médiane en laissant à l'ouest une cour et à l'est un jardin. L'entrée, côté nord, se fait par un portail qui n'a conservé que sa petite porte à chambranle à moulure prismatique et linteau droit. Près de cette entrée subsiste le fût octogonal de l'ancien pigeonnier. 

Le logis est un bâtiment rectangulaire à trois niveaux, recouvert aujourd'hui d'une toiture à faible pente. Il est cantonné aux angles, à l'est, de deux tours, une ronde et une carrée, et à l'ouest, au milieu de la façade d'une tour carrée couverte d'une toit pyramidal. Elle contient l'escalier en vis desservant les différents niveaux du corps de logis. Elle est flanquée à l'angle sud-ouest formé avec le corps de bâtiment d'une tourelle en encorbellement contenant une petite vis. La porte, à chambranle mouluré est surmontée d'un écu portant les armes de la famille Horric. Au dessus s'ouvre une petite fenêtre quadrangulaire à appui saillant. Le rez de chaussée du logis est légèrement enterré par rapport au niveau de la cour. Il est éclairé par trois travées de baies de moyenne dimension couvertes en arc segmentaire. Celles de l'étage, plus importantes, sont couvertes de même. Au dessus, de petites ouvertures quadrangulaires éclairent les greniers. 

La tour ronde, flanquant le logis en son angle nord-est est couronnée d'un parapet crénelé sur mâchicoulis. A l'est, une tourelle carrée couverte en pyramide, contient l'escalier en vis desservant les différents niveaux de cette tour. Cet escalier est éclairé au nord par de petites ouvertures carrées chanfreinées. Une travée de trois baies ajoure cette tour à l'est et une autre au nord. La tour carrée, à l'autre angle, au sud-est, est couverte d'une toiture pyramidale. La façade Est a été remaniée. Elle conserve cependant à l'étage des grandes baies rectangulaires autrefois munies de croisées de meneaux. Côté ouest, à l'écart, restent les bases d'une importante tour ronde, ayant pu également servir de fuie. Ces bâtiments forment l'ensemble le plus intéressant de cette région charentaise. Il conserve les caractéristiques habituelles des logis nobles de cette charnière des XVe et XVIe siècles, remis au goût du jour au XVIIIe siècle (remaniement des toitures et ouvertures). La grosse tour ronde avec ses mâchicoulis et créneaux est là pour rappeler le rang des propriétaires tout en gardant un aspect défensif. 

 Éléments protégés MH : le logis, y compris les restes de la porte d'entrée au Nord du logis; les trois tours; le pigeonnier et les vestiges des fortifications à l'Ouest du logis : inscription par arrêté du 30 avril 1990. 

 château de la Barre 16560 Villejoubert

  

 

Château de Bayers

Dès le XIe siècle il existait un petit castel, qui fut sérieusement malmené au cours de la guerre de Cent Ans. Vers 1434, Guillaume, cadet de la Maison de La Rochefoucauld, s'installa à Bayers et donna naissance à la branche Bayers. Il fit reconstruire le château actuel. On remarquera des graffitis aux armes de cette famille. Il demeurera aux mains de cette famille jusqu'au XVIIIe siècle. Vendu en 1760 à Jean Michel Delage, écuyer qui le possède jusqu'a la Révolution. Vendu comme bien national, commence une époque de déchéance qui lui aurait été fatale s'il n'avait fait l'objet d'une restauration totale ces dernières années, effectuée sous la direction de Monsieur Pomard, architecte en chef des Monuments Historiques. 

 Construit sur un rocher qui domine la Charente, le château est de plan rectangulaire avec une grosse tour circulaire à trois étages, accolée au nord, crénelée, et ornée de mâchicoulis reposant sur des consoles à trois ressauts. De nombreuses fenêtres à meneaux s'ouvrent sur les façades à deux étages. Une tourelle d'angle en encorbellement et une échauguette avec consoles animent la façade Est. L'autre façade possède deux tours d'escalier à vis. L'accès de la plus importante se fait par une porte ornée de pinacles et de motifs végétaux. A l'origine, cet ensemble possédait une aile en retour d'équerre, qui comprenait les cuisines et divers dépendances. Une cave voûtée avec arc en ogive en signale l'emplacement. Le château était entouré de douves sèches, la terrasse fut construite à la fin du XVIe ou au début du XVIIe siècle. Un mur d'enceinte avec les soubassements de l'ancien donjon carré datant du XIe siècle est actuellement visible. Un deuxième mur d'enceinte percé de meurtrières subsiste en partie de même qu'un pigeonnier rond daté de 1590. 

 Éléments protégés MH: les fossés et les murailles de l'enceinte médiévale sud et sud-est ; les murs de soutènement est et nord du XVIIe siècle du château : inscription par arrêté du 18 septembre 1989. L'ensemble des bâtiments (logis et communs) constituant le château: inscription par arrêté du 22 avril 2003. Les murs de l'ancien jardin: inscription par arrêté du 22 avril 2004. château de Bayers 16460 Bayers 

Téléphone : 07 50 52 51 25 

 

Château de Beauregard

En 1715, le château de Beauregard est détenu par Pierre Barreau, écuyer, sieur de Denat, chevalier de Saint-Louis, fauconnier du Roi. Il épouse le 2 juin 1714 Suzanne de Montalembert. Devenue veuve en 1737, Suzanne et son fils François Barreau, prêtre, curé de la paroisse de Bonneuil, vendent Beauregard le 23 mars de la même année pour douze milles livres en or et argent à François Guesdon, bourgeois, demeurant au village de Mazotte. La famille De Lotherie, propriétaires actuels, sont les descendants de ce François Guesdon. Le château est un long corps de bâtiment rectangulaire à deux niveaux édifié au-dessus de caves voûtées. Tout le pourtour est souligné de terrasses bordées de balustrades de pierre. Au centre de la façade principale, un avant-corps est surmonté d'un fronton triangulaire dont le tympan est ajouré d'un œil de bœuf et décoré d'une frise. La porte voûtée en plein cintre à voussure concave est cantonnée de pilastres avec chapiteaux corinthiens. L'arc repose sur des impostes moulurées. Au dessus de cette entrée, une porte-fenêtre, également en plein cintre, à chambranle mouluré, donne accès à un balconnet avec garde-corps en ferronnerie. Cette baie est également cantonnée de pilastres avec chapiteaux "prismatiques" (en effet, les pierres sont en attente, les sculptures n'ayant jamais été terminées!). Des pilastres de même se trouvent à chaque extrémité de cet avant-corps. Les trumeaux ainsi définis sont décorés au premier étage de cartouches et d'œils-de-bœufs moulurés. 

 De part et d'autre de cet avant-corps quatre travées d'ouvertures éclairent les appartements. Des pilastres rythment verticalement cette façade en divisant les baies par ensembles de deux. Une grosse moulure horizontale court sur le pourtour du château à hauteur de la séparation d'étage. Les appuis des baies sont saillants, moulurés et décorés de glyphes, les chambranles nus et les couvrements en arc segmentaires. La façade arrière est plus sobre et ne possède que sept travées d'ouvertures. Celle du centre au rez-de-chaussée est occupée par une porte en plein cintre cantonnée de pilastres nus, supportant un fronton triangulaire. Le cintre de cette porte repose sur des impostes moulurées et possède une grosse clé saillante. Les fenêtres sont traitées de la même manière que sur l'autre façade. En pignons s'ouvrent trois travées de baies identiques. Une belle unité se dégage de cet ensemble du début du XVIIe siècle. 

 Éléments protégés MH: les façades et toitures; le salon entièrement lambrissé à l'ouest de la salle de billard; la cage d'escalier et la rampe en fer forgé ; les cheminées de pierre du XVIIIe siècle conservées au rez-de-chaussée et à l'étage et les terrasses: inscription par arrêté du 8 juillet 1988. 

 château de Beauregard 16130 Juillac-le-Coq

  

 

Château de Bonnes

La seigneurie de Bonnes relevait d'Aubeterre et aurait appartenu aux Lambert au XIIe siècle, aux Laroche au XIVe siècle. Robert de La Marthonie, Maitre d'hôtel de François Ier épouse Jeanne de Cablanzac qui lui apporte Bonnes dont il va reconstruire le château au tout début du XVIe siècle. Suite à des litiges en 1659, le Château de Bonnes passe à Marie de Pompadour, marquise d'Aubeterre, le château sera le lieu de résidence des châtelins d'Aubeterre jusqu'à sa vente en 1770 à Jean Baptiste Perrier de Gurat qui démembre et vend ses terres en 1802. Le logis est aujourd'hui divisé en deux. Le château est composé d'un corps de logis rectangulaire avec une aile en retour d'équerre et d'un haut pavillon carré en avant-corps couvert d'un toit pyramidal. L'aile en retour avait à son rez-de-chaussée une galerie composée de sept arcades en anse de panier (XVIe siècle). Les chapiteaux des piliers sont décorés de divers motifs, palmettes, rosaces… Ces arcades furent très tôt murées. De petites fenêtres avec appuis saillants et chambranles; moulurés ont succédé aux grandes ouvertures primitives. L'arcade renfermant la porte d'entrée est surmontée d'un auvent en bois du XVIIe siècle. Le premier étage était percé de fenêtres à croisées de meneaux. Des moulures courent sur cette façade en partie haute et au niveau des appuis des baies de l'étage et au niveau de la séparation avec le rez-de-chaussée. Les combles sont aigus et la couverture de tuiles plates. La façade côté église, présente deux fenêtres hautes murées et mutilées à chambranles ornés de médaillons. L'une est toujours surmontée d'un fronton pignon à coquille. Deux tours rondes flanquaient le corps de logis côté rivière. A l'intérieur, une pièce conserve un plafond à la française. Deux cheminées en pierre datant du XVIIe siècle, ont leurs hottes ornées chacune d'un cartouche à grosse moulure renfermant une peinture représentant une scène d'inspiration mythologique. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures de l'aile Renaissance, la cheminée du salon, de la salle à manger et de la chambre du premier étage: inscription par arrêté du 10 avril 1974. Les deux ailes constituant le château, à l'exclusion de la construction début XXe siècle sise dans l'angle nord de l'aile XVIIe siècle : inscription par arrêté du 4 décembre 1995 

 château de Bonnes 16390 Bonnes