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samedi 30 août 2025

 

Château de Bonnac

Louis de La Vernède, seigneur de Serre, residait en 1657 au château de Bonnac. Noble Charles, son fils, seigneur de Vazilles, habitait Saint-Flour en 1681. Il épousa, en 1676, Marguerite de Tassy, fille de Jean, conseiller du roi, et de Claude Jourdin. Il avait Mons et le mandement de Roueyre-Vieille en 1698. André de Molen de La Vernède, seigneur de Saint-Poncy, Saint-Mary, etc., habitait le château de Bonnac vers 1774. Il avait épousé Agnès de Saint-Hérem. Pierre de Molen était officier de dragons; Maurice officier garde-marine; Raymond archidiacre de Saint-Flour, Thomas et Yves, frères ou cousins du défunt, servaient avec distinction. Le château de Bonnac domine le chef-lieu, et n'a rien d'ancien. Il a été vendu au XIXe siècle par la famille de Saint-Poncy, retirée dans le département de la Vendée. Corps de logis quadrangulaire flanqué au sud par une tourelle d'escalier circulaire aux trois-quart hors-oeuvre, et à l'est, sur les angles, par deux échauguettes. La tourelle d'escalier et l'aile ouest datent du XVIe siècle, l'aile Est du XVIIe siècle, les décors intérieurs du XVIIIe siècle. La partie la plus ancienne conserve une salle voûtée en berceau appareillé, avec une grande cheminée avec un four à pain, l'aile Est comporte deux pièces revêtues de lambris de hauteur : la salle à manger aux moulures Louis XV peintes en rechampi et le salon aux moulures Louis XIV avec plafonds à solives et parquets en pin. Au premier étage, la chambre ouest est aussi ornée de lambris Louis XIV de hauteur et d'une cheminée du XIXe siècle en bois peint en noir surmontée d'un trumeau à colonnettes cannelées. Dans le grenier, la chambre à alcôve est ornée de papier peint du XIXe siècle. On peut voir à Bonnac un ancien prieuré du Xe siècle : logis fortifié possédant quatre pièces, boiseries et cheminées, tour nord. 

 Éléments protégés MH : le château, y compris le jardin avec son mur de clôture et ses terrasses ainsi que les pièces suivantes avec leur décor (boiseries et cheminées) : au rez-de-chaussée la salle à manger et le grand salon, au premier étage, la chambre Ouest, la petite chambre rouge à alcôve, le vestibule, la chambre Est, au grenier la chambre à alcôve des domestiques : inscription par arrêté du 7 décembre 1992. 

 château de Bonnac 15500 Bonnac

  

 

Château de la Borie

Ce château, bâti probablement par Géraud du Fayet de La Borie, écuyer, appartenait encore à la même famille au XIXe siècle; elle est établie à Saint-Vincent depuis le XIIIe siècle. Au XIIIe et au XIV siècle, elle prenait indifféremment le nom de La Borie ou du Fayet. Guillaume de La Borie et Aymar, son frère, habitaient Saint-Vincent en 1274. Hugues du Fayet, chevalier, vivait en 1302. Pierre du Fayet, damoiseau, fut témoin d'un acte consenti en 1345 par Aymeri de Conros, baron d'Aurillac; il était fils de Bertrand du Fayet, qui habitait Saint-Vincent et qui, était décédé en 1322. Noble Géraud du Fayet ou de La Borie, écuyer, fut témoin d'une reconnaissance au terrier du Vaulmier, en 1402. Il acquit, en 1422, le fief et le château de Fournols, et traita à ce sujet avec Guy de Montclar. A partir de cette date, la filiation est parfaitement établie. Elle se divisa en plusieurs branches : celles de Fournol, de La Veyssière et de Saint-Vincent. Cette dernière, qui représentait la branche aînée, est la seule qui subsiste au XIXe siècle. On compte parmi ses principales alliances les maisons de Combes, de Tournemire, d'Apchon, de l'Etrange, de Charlus, de Feydide de Chalendrat, de Roquemaurel, d'Autressai, de Framery, de Montclar, de Ribier, de Bichiran, Delzangles de Labastide et plusieurs autres. Le 8 octobre 1588, Charles du Fayet, écuyer, seigneur de La Borie, et Charles, seigneur de La Borie, traitèrent avec noble Antoine de Feydide, seigneur de Chalendrat. L'acte fut passé à Rochefort, "au pourchas de hàults et puissans seigneurs messire François de Chabannes, marquis de Curtoun, comte de Rochefort, chevalier des deux ordres du roy; Pétre Jean de St-Martial, sieur baron de Drugeac et François de l'Etrange.... et autres, leurs parents et amis". Christophe du Fayet de La Tour de La Borie fut reçu page du roi le 20 mars 1706. Dans le même temps, une demoiselle de la même famille était religieuse à Saint-Cyr, et fut Tune des légataires particulières de Mme de Maintenon. Plusieurs membres de cette famille se sont distingués dans les armes. Avant la Révolution, trois frères étaient chevaliers de Saint-Louis; l'un d'eux était chef de bataillon au régiment d'infanterie de Condé. Une seule des branches de cette famille existe encore au XIXe siècle; elle est représentée par M. Jean-Baptiste du Fayet de La Tour, ancien maire de Saint-Vincent, et par ses enfants. Château du XVe siècle présentant un corps de logis rectangulaire flanqué d'une tour ronde et d'une carrée au centre des façades nord et sud. Sont visibles d'anciennes baies encadrées de moulures prismatiques. L'entrée se fait au rez-de-chaussée par une porte dont l'encadrement est orné de deux moulures prismatiques et dont l'arc brisé inscrit un tympan sculpté en relief d'un écu présentant un croissant et une tour. Les décors du château de la Borie sont d'intéressants témoignages des aménagements intérieurs cantaliens du XVIIe siècle. Les appartements sont ornés de peintures à fresques, représentant des scènes de l'ancien testament, de l'Evangile et de la vie des saints, et des boiseries sculptées. Dans la salle du rez-de-chaussée, plafond à la française avec un décor peint de fleurs et de rinceaux ornant poutres et solives. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures; le portail armorié du jardin, les pièces suivantes avec leur décor : au rez-de-chaussée la grande salle au plafond peint à la française et au premier étage la chambre du Pélican et de la Madeleine : inscription par arrêté du 1er juillet 1986. 

 château de la Borie 15380 Saint-Vincent-de-Salers

   

 

Château de la Boyle

Château du XVe siècle, en partie démantelé en 1628. Le donjon subsistant paraît avoir constitué l'essentiel du château. La construction présente un plan rectangulaire avec, au milieu de la façade sud ouest, une tourelle à trois pans coupés renfermant l'escalier à vis accédant aux trois étages. Le rez-de-chaussée surélevé au-dessus d'un sous-sol voûté en berceau, est divisé en deux pièces voûtées d'ogives, profilées d'un filet encadré d'un cavet de chaque côté. Ces nervures retombent à pénétration dans les angles à partir d'une clef cylindrique sculptée d'un écu. Chacune de ces pièces possède une grande cheminée. La plus grande salle servait de cuisine. Une porte au linteau orné de moulures prismatiques dont les extrémités pénètrent à la partie supérieure des piédroits moulurés en quart de rond, fait communiquer chaque pièce avec la cage d'escalier. Les embrasures des fenêtres comportent des bancs. A chaque étage se retrouve la même disposition, avec quelques différences : les salles sont couvertes d'un plafond de bois ; les pièces du haut ne possèdent pas de cheminées. L'escalier débouche à sa partie supérieure sur le chemin de ronde percé de mâchicoulis et porté en encorbellement sur une rangée de corbeaux. Il est percé vers les angles d'archères. Une hotte surmontée d'un tuyau d'évacuation forme comme une cheminée en plein air. 

 Éléments protégés MH: le donjon de la Boyle : inscription par arrêté du 11 avril 1958. 

 château de la Boyle 15230 Brezons 

Téléphone : 04 71 73 40 82

   

 

Château de Broussette

C'était autrefois un château fort flanqué de deux grosses tours carrées et entouré de remparts. Cette seigneurie appartenait, en 1284, à Guillaume Fabri. Benoît Fabri, damoiseau, la possédait en 1315; il dirigeait, a cette époque, les travaux de l'artillerie du Louvre. Eustache Fabri, son fils, seigneur de Broussette, obtint en 1335, d'Archambaut, évêque de St-Flour, la permission d'édifier et de construire une chapelle hors l'enceinte des murailles de son château pour y faire célébrer, tous les jours de l'année, la messe et les autres offices, à haute ou basse voix, et y administrer les sacrements audit Fabri, sa femme, enfants, famille, domestiques et autres qui, étant venus en la maison du dit Fabri, se trouveraient en avoir besoin par quelque accident, et ce, sans y appeler le curé de la paroisse de Reilhac, en laquelle sont situés le lieu de Broussette et le bâtiment de ladite chapelle. Cette permission fut confirmée plus tard par le cardinal de Vendôme, légat à latere, le 22 mai 1668, et par l'évêque de Saint-Flour, le 2 juin 1679. Eustache Fabri fit donc construire, à peu de distance de son château, une jolie chapelle composée d'un chœur ogival voûté, éclairé par trois fenêtres élancées, dont une, celle du milieu, est à rosace et divisée en deux parties par une colonnette d'une rare légèreté, et d'une nef inférieure, éclairée aussi par deux fenêtres ogivales et percée de deux portes, l'une à l'extrémité, grande et bien ornée, l'autre latérale, plus petite et plus simple. Du château primitif, il ne reste qu'une des deux tours carrées qui lui servaient de défense. On y entrait par une porte cintrée pratiquée dans l'épaisseur du mur; de là, un escalier en limaçon, construit aussi dans le mur, conduisait aux étages supérieurs. On descendait aux étages inférieurs par des trappes. Cette disposition des bâtiments, servant de retraite et de défense, paraît avoir été générale, au XIIe siècle, dans l'occident de l'Europe. La seconde tour a complètement disparu. Eustache Fabri, fondateur de la chapelle de Broussette, était mort en 1354; car, à la date du 17 mars de cette année, l'on trouve un hommage rendu par son fils Guillaume. Eustache , fils de Guillaume, avait épousé Agnès Lachièze, nièce de haut et puissant seigneur Aymeric Rolland, chevalier, autre bourgeois d'Aurillac, enrichi et élevé en dignité. Il résulte d'un acte du 24 octobre 1407, qu'il ne laissa qu'une fille, nommée Imberte, laquelle était alors veuve d'un sieur de Cayrac. Pierre de Cayrac, son fils, était seigneur de Broussette en 1412 et 1434. Jean, son fils, l'était en 1441; il avait épousé Antoinette de Lagarde, fille de Pierre, seigneur de Saignes, et d'Isabelle de Bar. Amaury de Cayrac fit, en 1489, des dons à l'église de Reilhac et rendit, en 1504, hommage de Broussette et d'une partie de Saint-Christophe à Jeanne de Bourbon, veuve de Jean, comte de Boulogne. En 1549, Jean de Cayrac était seigneur de Broussette. Il parait qu'il mourut sans enfants, et que cette terre passa à la maison d'Escorailles à la suite d'une transaction passée, en 1571, entre un Antoine de Cayrac et Guyon d'Escorailles. Jeanne d'Escorailles était dame de Broussette en 1592. Après cette dame, Broussette appartint à deux Roquemaurel, Antoine et Gabriel, son fils. Catherine de Roquemaurel, fille du dernier, épousa en 1638 Charles de Veyre , fils cadet de Guy, et lui porta la terre de Broussette. Antoine, leur fils , épousa en 1667 Josèphe de La Garde de Saignes. Ils eurent un assez grand nombre d'enfants : Pierre, René, Alexandre, Louis et Joseph-Louis, et une fille, Madeleine-Gabrielle. Par suite du décès de tous ses frères, Joseph-Louis était seul seigneur de Broussette en 1748. Il fit, le 3 juillet de cette année, un testament dans lequel, après plusieurs legs faits à sa sœur Madeleine-Gabrielle, à la veuve de son frère Pierre, a l'abbé de Beaulieu, son cousin, et a d'autres parents, il léguait à sa veuve, Jeanne-Marie Bonhoure, l'usufruit de tous ses biens, instituait pour ses héritiers universels les pauvres honteux des paroisses d'Aurillac, Reilhac et Naucelles, et nommait pour ses exécuteurs testamentaires les curés de Reilhac et Naucelles, qui devaient, à perpétuité, être les administrateurs des biens par lui donnés aux pauvres. Ce testament fut attaqué d'abord par Madeleine-Gabrielle de Veyre, sœur du testateur; ensuite par Jean-Baptiste de Veyre de Montai, abbé de Beaulieu, à qui elle avait fait donation de la montagne de Broussette, "parce que, disait-elle, cette montagne, sise dans la paroisse de Girgols, en pays coutumier, n'avait pu être substituée de mâle en maie, et qu'elle en avait hérité directement de son père Antoine"; enfin, par Marie-Catherine de Méallet, veuve de Jean-Baptiste-Charles de La Garde de Saignes, chevalier, que ladite Madeleine-Gabrielle de Veyre avait instituée son héritière générale et universelle après la mort de l'abbé de Beaulieu. Ce long procès fut terminé par un arrêt du parlement de Paris, en date du 5 septembre 1764. L'arrêt annule l'institution universelle faite par Joseph-Louis de Veyre en faveur des pauvres honteux d'Aurillac, Reilhac et Naucelles; envoie en possession des biens la dame de Méallet, veuve de La Garde, et René de La Garde, son fils et son donataire, capitaine au régiment de Bourbonnais, et ordonne que, sur lesdits biens, il sera prélevé une somme de 12000 livres dont le revenu sera annuellement distribué, deux tiers aux pauvres d'Aurillac, et l'autre tiers par moitié à ceux de Reilhac et de Naucelles. La famille de La Garde ne jouit pas longtemps du domaine de Broussette. M. Joseph de La Garde le vendit, par acte du 29 octobre 1798, à M. Louis Vigier, avocat, depuis président du tribunal civil d'Aurillac, dans la succession duquel Mme la baronne Delzons, sa fille, l'a recueilli. Aujourd'hui le château domine des prairies baignées par la rivière d'Authre; de nombreuses et agréables promenades l'entourent. De la demeure du XIIIe siècle, il ne subsiste qu'une des deux tours carrées, construite en appareil régulier, rabaissée de deux niveaux et couverte d'une toiture à quatre pans reposant sur de faux mâchicoulis. A l'intérieur, des dispositions et décors d'origine ont subsisté, dont l'escalier à vis, les sols dallés et en tomettes, les coussièges, la voûte d'ogive du premier étage et une table armoriée entourée d'une accolade reposant sur deux culots à masque humain. Le reste fut détruit aux XVIe et XVIIIe siècles et remplacé par un corps de logis en L aux dispositions classiques. A l'intérieur, les aménagements datent surtout du XIXe siècle. La chapelle, construite près de la demeure, de style gothique, possède un choeur à pans voûté d'ogives et éclairé par une baie en forme de rosace. La demeure est intégrée dans un parc paysager garni de terrasses et de pavillons du XVIIe siècle. 

 Éléments protégés MH: le château avec le donjon et la chapelle : inscription par arrêté du 24 novembre 2003. 

 château de Broussette 15250 Reilhac

   

 

Château du Bruel

Nieudan est un petit bourg au centre de la commune, situé sur la hauteur qui domine la plaine de Saint-Paul-des-Landes et la route impériale de Tulle. Il a existé une famille du nom de Nieudan. Jean de Nieudan fut bailli de Calvinet, en 1298, pour Eustache de Beaumarchais, sénéchal de Toulouse. En 1429 Irlande de Nieudan fut abbesse du Buys, à Aurillac. Le Bruel, hameau et moulin. Il y aune chapelle avec un château habité par la famille Bourrieu de Boisse. Dans le commencement du XVIIe siècle, le Bruel était possédé par Antoine de Cébié, conseiller du roi. Un de ses descendants eut douze fils, tous prêtres, dont un était vicaire général du diocèse de Saint-Flour en 1757. De ses deux filles, une épousa M. de Gain de Montaignac, d'une famille originaire du Limousin, illustre par elle et par ses alliances, qui avait figuré dans les croisades et dont un des membres fut évêque de Tarbes. Héritier et veuf de Mlle de Cébié, M. de Gain de Montaignac, seigneur d'Ourgon et de Cavaroque, s'allia à la famille de Montai. Sa fille, Anne-Elisabeth, épousa M. Jean Bourrieu de Boisse, originaire du Rouergue, allié des familles de Bonnal, de Fargues, de Lavalette et de La Rochemontaix de Nastrac. Antérieurement, et en 1650, noble Géraud Bourrieu, sieur de Lacombe, avait épousé demoiselle Delphine de Cébié; en 1720, Pierre Bourrieu, seigneur de Boisse, demoiselle Marie-Camille de Gain de Montaignac, fille de M. Henri de Gain, seigneur de Puechardy et d'Ourgon ; et, en 1758, son fils, Jean-Louis, Mlle Marie de Fortet; et sa fille, Rose-Madeleine, M. Antoine de Falvelly. Petit château construit au XVIIe siècle à partir ou à l'emplacement d'une construction plus ancienne accompagné d'un pigeonnier. La maison-forte du Bruel possède un logis rectangulaire construit en moellons de granit, flanqué d'une tour carrée. Un petit corps de bâtiment lui a été accolé vers 1850 pour abriter le logement du régisseur. Les intérieurs ont été redécorés à cette époque. Le pigeonnier (tour circulaire basse et trapue), est un exemple très bien conservé de cette typologie plutôt fréquente dans les Limagnes, mais rare dans la Châtaigneraie et le bassin d'Aurillac. Au rez-de-chaussée, sous le fenil surmonté du pigeonnier, une chapelle dont le décor peint est typique du début du XVIIe siècle. 

 Éléments protégés MH: le pigeonnier et la chapelle du Bruel en totalité, y compris son décor peint : inscription par arrêté du 7 avril 2008. 

 château du Bruel 15150 Nieudan

  

 

Château de Caillac

Le domaine appartient au moyen-âge à la famille Calhac. Au XVe siècle, le propriétaire est Thomas d'Orbec, capitaine de Carlat. En 1483, François Chaumeilh, licencié en droit, achète le château. Après 1548, Marguerite Chaumeilh épouse un Buisson Bournazel qui devient seigneur de Caillac. Après 1649, les biens de Jean du Buisson Bournazel, dont la terre de Caillac, sont partagés entre François Buisson Bournazel, Jean de Noailles et Jean Gaulthier. De 1691 à 1702, Jean Joseph Boschatel achète les parts des différents héritiers et reconstitue le domaine. En 1742, la propriété passe par mariage à Jean-Baptiste de Beauclair dont le fils meurt sans postérité. Le château passe par mariage au comte François Jean Maxime de Malet qui le vend en 1836 à Pierre Marty, un négociant devenu rentier. Le château est transmis à Félix Marty, puis à Pierre Marty deuxième du nom (petit-fils du premier) qui entreprend les travaux. Le château en L, sur deux niveaux plus les combles, avec trois grosses tours rondes aux angles externes est issu de différents chantiers. La tour carrée daterait du XIVe siècle. On lui aurait ajouté au siècle suivant une tour massive. Au XVIe siècle, c'est vraisemblablement Antoinette, l'épouse de Jacques Chaumeilh, qui ajoute le corps de logis au sud de la tour carrée. La porte et l'escalier semblent très nettement inspirés de ceux du château de Messilhac (Raulhac). La façade du logis est redécorée par les Noailles vers 1657. Au XVIIIe siècle, on ajoute un corps de logis à l'est de la tour. Cette partie est prolongée par la création d'une pièce supplémentaire et d'une tour. Au XIXe siècle, les modifications structurelles sont minimes: on crée des terrasses sur lesquelles on ouvre des portes-fenêtres. On perce de nouvelles fenêtres à l'étage pour que l'on puisse profiter du parc depuis les chambres. C'est à l'intérieur qu'a lieu la partie la plus importante du remaniement Le parc est aménagé en jardin romantique par Pierre Ier Marty. Les nombreuses plantations et les tentatives d'acclimatation transforment peu à peu ce parc en véritable arboretum. Les Marty procèdent à des expériences agronomiques, complètent les dépendances du domaine et créent une exploitation modèle qui permet d’accroître la production et d'allier recherches et revenus. Vers 1900, il y a dans le parc: une chapelle, une sellerie, une écurie, un manège, un chenil, une volière, un jardin d'hiver, une serre chaude, un potager, la maison du jardinier, un poulailler, deux étables avec grange, des communs, une remise, une étable et une grange, deux hangars, une ferme, les communs de la ferme. En 1891, le domaine emploie 26 personnes (gens de maison, métayers, ouvriers agricoles et fromagers).

Éléments protégés MH: le château en totalité y compris au rez-de-chaussée : le salon avec sa frise peinte, la salle à manger et sa cheminée peinte, la bibliothèque, le salon de l'aile nord, au premier étage: le corridor lambrissé, la chambre des quatre saisons, la chambre Louis XIII, la chambre verte, le cabinet lambrissé et le cabinet peint, dans le grenier la lingerie. Le parc-arboretum avec son portail d'entrée sud, la chapelle et la grange-étable : inscription par arrêté du 10 novembre 1997. 

 château de Caillac 15130 Vézac

   

 

Château du Cambon

Ce fief était à Noble Louis d'Anjony en 1390. Une tour existait eu 1410 et le château fut construit en 1580. Cibilie du Cambon porta ce fief en dot à Noble Bertrand de Tournemire vers l'an 1400. Il resta dans cette famille jusque vers l'an 1568, où Louise d'Anjony épousa Pantaléon-Robert de Lignerac, et reçut en dot le Cambon. Robert de Lignerac n'ayant pas eu d'enfants mâles, maria, en 1614, Catherine Robert, sa fille, à Hercule de Veilhan, fils de Gabriel, seigneur de Penacor, et de Madeleine de Rouffinhac. Ce dernier fut ainsi seigneur du Cambon, où sa veuve habitait en 1635. La grosse tour existait alors avec un corps de logis attenant et qui renfermait beaucoup d'armes de guerre. Rigal de Veilhan, frère du défunt, fut prieur du Vigean, et Gabriel, autre puîné, seigneur de Courdes et de Soursac. Marguerite de Veilhan, sa fille, avait épousé Noble Philibert de Duras. Le Cambon était encore à Catherine Robert de Lignerac en 1659. La famille de Grenier s'étant alliée à celle de Veilhan, le Cambon devint sa propriété. Vers 1713, Marie de Grenier le porta par son mariage à Jacques de Pouzols, seigneur de la Garrigue. En 1788, Jean-Raymond de Calonne, chevalier de Saint-Louis, était seigneur du Cambon; c'est de lui que le château et le domaine ont été acquis au XIXe siècle par M. Bastid d'Anglards, dont la famille possède aujourd'hui cette belle propriété. Le château du Camon, en relief sur une verte éminence, ouvrant son élégante façade sur une gracieuse terrasse ombragée d'un tilleul séculaire, entouré d'un horizon pittoresque et des premiers plans les plus agréablement accidentés, soit dans la gorge du ruisseau de Lamerlie, soit dans la vallée de la Doire, est un des points de cette vallée qui offrent le plus de charmes au regard. Il conserve son aspect médiéval jusqu'au milieu du XVIIIe siècle, époque à laquelle sont réalisés d'importants travaux: le simple donjon carré accolé à un petit logis, côté nord, est englobé dans une vaste construction, l'ensemble des façades et des toitures est remanié, un porche ainsi que des communs sont construits à l'ouest du château. Les jardins sont aménagés en terrasse devant les façades ouest. Depuis, le domaine a globalement conservé son aspect du XVIIIe siècle. 

 Éléments protégés MH: le château, y compris ses dépendances (porche d'entrée, pigeonnier, grange, volailler, fontaine) et son décor intérieur: inscription par arrêté du 26 mars 1982. 

 château du Cambon 15310 Saint-Cernin

   

 

Château de Chanterelle

Au XVe siècle, le château de Chanterelle surveillait l'accès à la vallée du Mars, il dépendait du prieuré de Fournols situé dans le Puy de Dôme, c'est un château de plan rectangulaire, défendu au nord et à l'est par des échauguettes, couronnée par un chemin de ronde porté sur corbeaux. En 1470, il passe par alliance à Delphine de Chanterelle qui épouse Antoine de Sailhans. Au XVIe siècle, l'édifice passe par alliance aux Valens, Barbe de Valens apporte le château à Antoine de Tautal qui remanie le château, son fils Jean Tautal meurt en 1666, sa fille Antoinette, héritière, avait épousé en 1644 Jean de Scorailles. En 1918, Christophe-Joseph, dit Eugène, est le dernier descendant de la maison de Scorailles résidant à Chanterelle, dans lequel sa famille s'est installée, près de trois siècles plus tôt. Racheté par Jean Peyrac, Chanterelle passe par héritage à sa fille Julie-Marie, épouse Destour, le couple n'habite pas le château qui n'est occupé que par des locataires occasionnels ou des fermiers, faute de soin, la vieille bâtisse tombe peu à peu en ruines et la couverture de sa façade ouest finit par s'écrouler, livrée aux intempéries, la demeure qui a été la fierté du tant de nobles familles semble vouée à la disparition... Il faudra attendre la fin des années 1950 pour que son destin bascule. Marcel Martin, futur maire de Nancy, va faire connaître le Cantal à Hans-Gunther Eggert en 1957, au cours d'une de leurs balades, dans la vallée du Mars, l'avocat découvre Chanterelle et tombe littéralement sous son charme, il l'achète, dans l'état, en 1962 et entreprend une restauration qui va durer six ans, s'appuyant sur les conseils avisés de Robert Dodinet, architecte des Bâtiments de France et sur le savoir-faire des artisans locaux. Au fil des ans, à force de patience et de passion, la demeure tricentenaire a retrouvé tout son charme, a l'ombre de ses arbres majestueux, bercée par le doux murmure du Mars, elle dégage une irrésistible impression de sérénité, que même la sévérité de ses mâchicoulis n'arrive pas à entacher... 

 Éléments protégés MH : le château de Chanterelle en totalité : inscription par arrêté du 5 juin 1946. 

 château de Chanterelle 15300 Saint-Vincent-de-Salers

  

 

Château du Chassan

Château édifié de 1773 à 1784 à l'emplacement d'une demeure féodale dont il subsiste quelques vestiges. Le château se compose d'un corps de logis de maître précédé d'une cour d'honneur autour de laquelle s'ordonnent les dépendances (écuries, granges, communs). La façade arrière donne sur les parterres d'un jardin à la française, le rez-de-chaussée est surmonté d'un étage et de combles éclairés. A l'extérieur, l'architecte Bellenaud a conjugué un vocabulaire néo-classique. La grande arcade, porteuse du palier du premier étage, dessine un cintre surbaissé dont la clef porte la date 1784 de la fin des travaux. A l'intérieur dans la cage d'escalier, dallage, menuiseries et enduits n'ont jamais été transformés ou restaurés. Les pièces du rez-de-chaussée forment un circuit en enfilade autour de de la cage d'escalier. L'antichambre est une pièce à lambris d'appuis surmontés de tapisseries de Felletin. La salle à manger est lambrissée et comprend une cheminée en bois à manteau en arbalète. Ce château est un des rares exemples d'architecture classique du Cantal, dans lequel le mobilier et les décors n'ont jamais été modifiés. Depuis le XIVe siècle, la famille de Ponsonailles de Grisols vivent sur le domaine du Chassan. Au XVIIIe siècle, Jean François de Ponsonailles démolit le château féodal de Faverolles pour bâtir la demeure que nous admirons aujourd’hui. 

 Éléments protégés MH: le château, y compris les murs de clôture, le portail d'entrée, la cour d'honneur, les grands parterres à la française avec leur bassin et leurs terrasses, le verger et le potager avec sa fontaine, l'ailes des communs et le château avec les pièces suivantes et leur décor : le grand vestibule d'entrée, l'escalier avec sa rampe en bois ; au rez-de-chaussée l'antichambre aux verdures, le grand salon aux tapisseries, la chambre verte, la chambre jaune, la salle à manger ; au premier étage les chambres Louis XVI, grise, au colin-maillard, au pont, à alcôve : inscription par arrêté du 21 août 1992. 

 château du Chassan 15320 Faverolles 

Téléphone : 04 71 23 43 91

   

 

Château de Chavagnac

Chavagnac était une seigneurie tenue par la famille de Dienne, vassale de l'évêque pour cette terre. Au XIVe siècle après la bataille de Poitiers, les troupes anglaises envahirent l'Auvergne, le château fut pris et pillé par les Anglais en 1357 et rasé en 1360, il a été reconstruit au XVe siècle et restauré en 1646 puis au XIXe siècle. La terre de Chavagnac et son château ont appartenu, de toute ancienneté, à la famille de Dienne, Amblard de Dienne fit hommage du château, en 1224, à Robert de Latour, évéque de Clermont, Chabrol dit néanmoins que cette seigneurie était de la mouvance des barons de Mercœur, nous voyons, dans Audigier, que Chavagnac dépendait de la terre de Dienne qui, par suite de partages vers 1448, vint à Jean de Dienne, auteur de la branche appelée dès lors de son nom. Le château était alors très fort, les Anglais le prirent et le pillèrent en 1357, et il fut rasé en 1360, le château qui l'a remplacé s'élève à mi-coteau, et présente sur les prairies un coup d'œil agréable, le caractère de son architecture annonce une construction du XVe siècle. Il se compose d'un corps de logis auquel est adossée une grosse tour carrée dans laquelle se trouve l'escalier, les quatre angles sont flanqués de quatre tours qui, avant la Révolution, dominaient de leurs têtes crénelées tout l'édifice, mais qui, a cette époque, furent, par l'ordre du propriétaire, abaissées au niveau des toits. La famille de Brives, de Murat, qui en est aujourd'hui propriétaire, l'entretient avec soin, c'est un des plus beaux châteaux de l'arrondissement de Murat. On voit dans cette commune les ruines à peine reconnaissables de plusieurs anciens châteaux. Suivant la tradition orale, qui s accorde du reste avec l'histoire du pays, le château de Mont-Méjeau aurait été détruit par les Anglais en 1360. On en découvre encore quelques ruines. Il était situé au midi de celui de Chavagnac; un bouquet de pins croit sur son ancien emplacement. La situation du château de Chapel n'est pas exactement connue; on pense qu'il se trouvait vers le Peschier, près la fontaine de la Pinatelle; il existe un petit taillis de hêtre qui porte encore ce nom et que l'on aperçoit au nord-ouest de la commune, près du lac de la Peyrouse. Chapel avait donné son nom à une très ancienne famille. Gilbert Chapel vivait en 1066. Chatard Chapel ayant pris le parti de Guy, comte de Clermont et d'Auvergne, en 1210, vit ses biens saisis par Philippe-Auguste. Fonnostre, hameau, autrefois village avec un château dépendant de la vicomté de Murat, et dont on voyait encore les ruines en 1751. Ce château était situé sur un rocher, à l'extrémité de l'étang de ce nom, aujourd'hui converti en prairies. Il fut pris, pillé et en partie détruit par les Anglais en 1357. Le château de Courbine était un fort appartenant à la famille de Chapel. Bertrand Chapel le vendit en partie, en 1447, au seigneur de Chavagnac. On avait placé une garnison dans ce château, en 1438, par crainte des grandes compagnies qui ravageaient alors le pays. Au sud du domaine du Bex on aperçoit, recouvertes par le gazon de la montagne à laquelle elles ont donné leur nom, les traces de constructions qui portent celui de Chasteloux, petits châteaux. La tradition et l'histoire n'ont rien conservé à leur égard. Plus loin, dans la même direction et au-dessus des bois, on voit aussi les ruines d'un ancien village appelé la Mothe. 

 Éléments protégés MH: le château, y compris les pièces suivantes avec leur décor : l'escalier avec sa galerie d'accès et sa cage, la cuisine, la salle à manger, le vestibule lambrissé et le salon du rez-de-chaussée de l'aile XVIIe siècle, le grand salon et la chambre à plafond lambrissé du premier étage, les deux chambres du deuxième étage : inscription par arrêté du 7 octobre 1991. 

 château de Chavagnac 15300 Chavagnac

  

 

Château de Chavaniac

Sauvat était le chef-lieu de la terre du Chaumont. Cette terre appartenait à la maison de Saignes, au commencement du XIVe siècle. Amblard de Pagnac, seigneur de la Forêt-Bullion, dont la famille a donné un grand-maître à l'ordre de St-Jean-de-Jérusalem, la possédait en 1442. En 1571, elle était devenue la propriété de la maison d'Albaron. Elle passa peu après dans la maison de Chabannes; puis, en 1777, dans celle de Saint-Etienne, et enfin, en 1788, dans celle de Chazelles-du-Rieu. Chavaniac, village situé à l'est du bourg. Il est fait mention de ce village dans la charte attribuée à Clovis : le serf Gauthier demeure à Chavaniac ; il y fait des charrois, donne une vache grasse et un mouton. On y voit un château construit en 1443 par Louis de Charpentier, avec l'autorisation de Pierre de Beaufort, comte de Charlus et de Granges, duquel il relevait, moyennant la cession des rentes de Mont et de Mas, pour servir de refuge contre les bandes de routiers qui pillaient alors le pays. Ce château a été le chef-lieu de l'ancien fief de Chavaniac, que possédèrent successivement les familles de Charpentier, de Sarran et de Ribier. La maison de Charpentier en était déjà propriétaire au commencement du XIVe siècle. Un Louis de Charpentier n'ayant pas de descendance mâle, la laissa en mourant à ses trois filles, Isabeau, qui avait épousé Jacques Blanc ou La Blanchie, seigneur de Layre; Françoise, mariée à Ithier de Sarran, et Gabrielle, qui devint la femme d'Héliot de la Salle, seigneur d'Auliac, près de la Rode. Les trois sœurs en jouirent par indivis pendant quelque temps. Ce fief devint, par voie de cession et d'alliance, la propriété de lafamille de Ribier. Excepté la tour, le château et ses dépendances ont été construits ou remaniés aux XVIIIe et XIXe siècles, le logement de domestique et l'étable à chevaux sont datés de 1731, dates portées sur des linteaux, la grange-étable est antérieure au cadastre de 1826. Le château est formé d'une tour, de deux corps de logis perpendiculaires et d'un corps de bâtiment occupé par des dépendances; l'ensemble détermine un plan en U et délimité une cour. La tour est construite avec des chaînes en pierre de taille; le rez-de-chaussée à usage de cellier est voûte en berceau, il est surmonté de trois étages ayant chacun une cheminée, celle du second étage porte des traces de polychromie et des armoiries bûchées ; l'étage défensif situé au niveau des mâchicoulis a disparu ; la tour est couverte d'un toit en pavillon en ardoise, elle est distribuée par un escalier à vis couvert d'un toit conique en ardoise ; la tour jouxte l'un des deux corps de logis perpendiculaires ; ces deux corps de bâtiments sont en rez-de-chaussée et partiellement enduits ; celui situé au sud possède un étage de comble ; celui situé à l'est renferme entre autres une cheminée du XVe siècle, un cellier et une souillarde ; ces deux corps sont couverts en basalte, celui de l'est à une croupe. Au nord, le troisième corps de logis est en rez-de-chaussée, il est perpendiculaire au corps de logis Est mais ne communique pas directement avec lui ; il est couvert d'un toit à croupes en tuile plate mécanique ; il abrite une remise et une étable à chevaux. Une porcherie est accolée à ce dernier corps de bâtiment. Un puits est creusé dans la cour. Une ferme accompagne le château; le logement de domestique est un ancien fournil converti en habitation ; un étage de comble a été créé récemment, il est couvert en tuile plate mécanique ; la grange-étable est construite en basalte ; son toit en ardoise à une demi-croupe et un pignon découvert.

Éléments protégés MH: la tour de Chavaniac : inscription par arrêté du 28 avril 1964. 

 château de Chavagnac 15240 Sauvat

   

 

Château de la Cheyrelle

Un petit manoir est élevé par Auguste Felgères, maître de poste à Murat en 1866. C'est une résidence secondaire, mais surtout le centre d'une petite exploitation agricole adossée à la montagne. Pierre Felgères, devenu maire de Dienne, veut transformer la propriété essentiellement agricole en domaine de plaisance et de prestige. Pierre Felgères contacte d'abord un architecte local: Félix Serre. En 1898, ce dernier propose un plan à la distribution un peu étonnante: le vestibule distribue un salon, une chambre, la salle à manger, la cuisine et l'escalier. Dans le Cantal, il n'est pas habituel d'aménager une chambre au même niveau que la cuisine et les pièces de réception. De plus, la cuisine donne sur la façade sur cour et est juste en face du salon. Enfin le confort proposé est assez sommaire: pas de chauffage central, pas de salle de bains, seulement un W.C.. Ceci s'explique peut-être par un budget assez restreint. Le chantier est pourtant lancé, il est achevé en 1901. Mais le résultat ne semble pas à la hauteur des attentes de Pierre Felgères. Il se tourne dès août 1901 vers son beau-frère, René Dulong, architecte parisien. Afin de mettre davantage en valeur la demeure et de pouvoir y créer une distribution plus conforme aux normes bourgeoises, René Dulong propose de creuser la montagne pour dégager le château sur toutes ses faces. Ainsi il serait possible de créer l'entrée d'honneur donnant sur le rez-de-chaussée. Le projet est audacieux, mais peu adapté au budget du propriétaire. En 1903, René Dulong s'associe avec le liégeois Gustave Serrurier-Bovy. Aidés par Alphonse Verstraete, ils fondent tous les trois la société Serrurier et Cie. Dulong et Serrurier-Bovy vont alors œuvrer de concert pour La Cheyrelle. Dans ces travaux, il reste délicat de définir précisément les apports de chacun. Il est vraisemblable que René Dulong travaille en collaboration avec Serrurier-Bovy pour ce qui relève directement de l'architecture (distribution, structure...), et que le Belge s'occupe plus directement des décors. Le château s’intègre bien dans son environnement, comme le souhaitait Serrurier-Bovy. Les toitures des tours, jugées trop hautes et en rupture avec l'ensemble, sont reprises pour être abaissées. Les communs reprennent les fondations de l'ancienne grange. On crée un petit avant-corps d'entrée. Les façades sont animées par des murs-pignons, dont un à pas de moineau et aussi, peut-être surtout, par des jeux de couleurs et de matière. Le logis conserve l'enduit réalisé sous les ordres de Félix Serre en 1901, mais l'avant-corps est en gros blocs d'andésite, avec des assises en pierre de pays brutes (comme les communs), une paroi de verre et de menuiserie et un avant-toit en bois verni et (maçonnerie?) peinte. De plus, le toit de l'entrée reçoit des tuiles vernissées (vertes, jaunes et rouges) ce qui est très original dans la région. Sans doute pour créer davantage d'unité entre le logis et les communs, qui sont côte à côte, on ajoute des briques en parties hautes (mur pignon à pas de moineaux pour le corps de logis et souches de cheminées pour les communs) et des boiseries peintes pour les lucarnes et avant-toit. Même après l'intervention de Dulong et de Serrurier-Bovy, la distribution conserve quelques particularités liées à la topographie, mais aussi au manque de surface. L'entrée d'honneur se fait au rez-de-montagne. Le petit avant-corps fait office de sas pour séparer le vestibule de l'extérieur. Le vestibule est composé d'un long couloir qui conduit jusqu'à l'escalier placé en face de la porte. Sur la droite, la cloison de l'ancienne cuisine est abattue pour offrir une plus grande surface (et de la lumière) au vestibule. Sans doute inspiré du hall, pièce de vie, il n'est pas simplement un espace de passage. Il reçoit une grande bibliothèque en orme et une fontaine carrelée. Les décors sont sobres et élégants. Les murs du couloir reçoivent des plaques de grés flammé qui, selon les actuels propriétaires, seraient censées évoquer un sous-bois. Au sol, des carreaux de grès bleu-vert ou jaunes créent une trame orthogonale régulière qui répond aux lignes du plafond. Les chambres reçoivent du mobilier modulaire coordonné. La chambre en style Silex est en peuplier orné de roses peintes au pochoir coordonnées au tissu mural. Les rangements sont intégrés au mur et semblent très fonctionnels. L'éclairage est assuré par des lampes à pétrole. Pour que leur lumière se diffuse au mieux dans les pièces, on place en hauteur des appliques pour les accueillir. Leur hauteur paraît être un compromis entre l'efficacité, la sécurité et de confort d'usage: les appliques sont assez hautes pour éclairer une large zone, tout en étant assez éloignées du plafond pour éviter les risques d'incendie et elles sont aisément accessibles à ceux qui en ont la charge. Les pièces de vie et de réception sont au rez-de-jardin, c'est-à-dire au niveau inférieur. L'escalier en bois aboutit directement dans un vaste espace qui semble occuper tout le niveau. Les architectes ont donné une grande unité à des pièces différentes, délimitées par des piles et des arcs en bois. Originellement, c'était la pièce à vivre du fermier qui gérait le domaine, on a conservé cette unité en aménageant dans une pièce des espaces différents; un grand salon, une salle à manger et un petit salon qui, bien qu'au cœur de la pièce, semble être un peu à l'écart. Le salon paraît très chaleureux, non seulement parce que le bois est omniprésent, comme dans le reste de la pièce, mais aussi grâce à la grande cheminée. Cette dernière est un peu particulière, il s'agit de l'ancien four à pain orné de carreaux de grés flammé dans une multitude de teintes de vert. Elle est surmontée d'une inscription : à mon foyer, ami ancien tu sais ta place, ami nouveau viens la choisir. Le haut des murs est orné d'une frise de fleurs, des perce-neige groupés trois par trois reliés par des courbes ondoyantes. Sous l'escalier, le petit salon est isolé par le haut dossier de la banquette qui fait toute la longueur de la pièce. À la cloison formée par le dossier, répond une cloison basse qui masque le poêle de la salle à manger aux occupants du grand salon. Le poêle maçonné et les murs qui l'entourent sont couverts de grés flammé dans les mêmes nuances de vert que la cheminée. Ce poêle massif, doté semble-t-il,d'un espace de maintien au chaud, est le seul trouvé dans le corpus. Dans la salle à manger, le mobilier (étagères, buffet) est intégré, mieux il fait partie intégrante du décor, c'est l'alliance du beau et de l'utile. Le décor et le mobilier font partie de la conception d'ensemble. Les tours accueillent de petites pièces dont le décor est le mobilier et inversement. Gustave Serrurier-Bovy propose une conception d'ensemble où l'architecture est intimement liée aux décors, dans un Art Nouveau sobre, pour ne pas dire rigoureux, résolument moderne et épuré d'une grande élégance. 

 Éléments protégés MH: le château en totalité, les annexes et le jardin avec ses aménagements (clôtures, mur de soutènement et bancs) et les pièces suivantes avec leur décor : la cuisine, la salle à manger, le salon et le petit bureau de la tour nord-ouest, situés à l'étage de soubassement le hall et le vestibule d'entrée, le cabinet de toilette de la tour ouest situés au rez de cour, la chambre sud, le cabinet de toilette de la tour nord ouest, les chambres du premier étage (couloir, portes, lits) : classement par arrêté du 27 mars 2006.

 château de la Cheyrelle 15300 Dienne 

Téléphone : 06 83 00 43 34

 

 

Château de Clavières

Au milieu du XVIIe siècle, le château appartenait à Pierre de Gagnac ou de Gaignac, conseiller au présidial d'Aurillac, qui est dit seigneur de Clavières en 1619, ce dernier a une fille Marguerite de Gagnac de Clavières qui a épousé Jean-Antoine del Cros de Bérail, fils de François et de Françoise de Montboissier-Beaufort-Canillac. En 1680, Jean Apchin, conseiller en l'élection d'Aurillac, décède en son domaine de Clavières, en 1688, ses fils Basile et Guillaume Apchin ont possédé cette seigneurie. En 1721, dans son acte de mariage, Antoine Apchin, fils de Basile, est encore dit seigneur de Clavières. Le château de Clavières est situé dans la vallée de la Jordanne, le dernier propriétaire du château de Clavières est la famille de La Salle de Rochemaure, dont le membre le plus illustre fut le Duc Anne-Louis-Hercule Félix, né en 1856 et mort en 1915. A Clavières, le Duc reçut énormément et les repas de 100 couverts y étaient fréquents, des gens illustres y étaient présents et l’on a pu voir, face à face, Henri d’Orléans, petit-fils de Louis-Philippe et le Prince Roland Bonaparte. Après la mort de la Duchesse, en 1930, le château et ses trésors artistiques furent mis en vente par ses fils, pendant plus de huit jours, on accourut de toute l’Europe pour acheter meubles, boiseries, plafonds, cheminées, livres, objets d’art. Aujourd'hui le château de Clavières est une résidence campagnarde qui se compose de deux éléments : le logis principal construit vers 1630 et un pavillon à la suite, ajouté vers 1660. La toiture principale présente un large fronton central et deux fenêtres à fronton-pignon l'encadrant. Édifice typique des demeures bourgeoises cantaliennes. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures du château et de ses communs : inscription par arrêté du 29 décembre 1978. 

 château de Clavières, rue de la fontaine, 15590 Velzic

  

 

Château de Combes

La seigneurie de Saint-Saturnin relevait du comté d'Aubijoux; elle appartenait aux seigneurs de Peyrelade jusqu'à l'acquisition qu'en fit Guyon de Gouzel, de Jean de Peyrelade et de Guy de Salesse. Guyot la vendit, en 1573, à Pierre de Douhet d'Auzers et ses héritiers en jouirent jusqu'en 1617, époque où autre Pierre de Douhet d'Auzers revendit Saint-Saturnin à Jacques Béraud de la Vaissière. François d'Amboise, comte d'Aubijoux, voulut user du droit de prélation sur cette vente en 1618, ce qui fit naître des contestations. La famille de la Vaissière jouit de cette seigneurie jusqu'après 1679, où Jeanne, mariée avec Guy d'Anglards, seigneur du Rion, la lui porta en dot. Guy n'ayant eu qu'une fille, Françoise d'Anglards, la maria en 1717 avec son neveu d'Anglards, seigneur de Nozeyrolle, et lui donna en 1740, la terre de Saint-Saturnin. Son fils en était seigneur en 1763, et habitait le château de Combes en 1783. Combes, hameau et château près du bourg, sur le ruisseau de Lemmet, avec une vue très agréable sur le vallon. C'était un fief relevant d'Aubijoux. Le château, qui existe encore, était muni de tours, créneaux et mâchicoulis. Antoine de Salesse, mari de Gabrielle Commolet, en était seigneur en 1559. Jacques de Salesse fit, en 1639, un échange avec Claude de la Vaissière, seigneur de Revel, et lui céda la terre et le château de Combes. Jeanne de la Vaissière, fille de Béraud, porta Combes et Saint-Saturnin en dot, en 1683, à Guy d'Anglards. Antoine d'Anglards était seigneur de Combes en 1761. Son frère eut la seigneurie de Saint-Saturnin. Antoine ne laissa que deux filles : l'une d'elles, Françoise-Catherine d'Anglards, épousa en 1785 Michel-Henri Ferrand de Fontorte, de la ville de Riom, qui, étant devenu possesseur de la terre de Combes, la revendit à un spéculateur, qui l'a divisée en plusieurs lots. Le château est un édifice présentant un corps de bâtiment desservi par un escalier situé dans une tour cylindrique vers le milieu de la façade, et précédé d'une cour d'honneur. A droite, et en avant de la cour, est un petit bâtiment qui, à l'origine, devait être un four, puis devient la chapelle, et pour finir un débarras. Ce château est un exemple caractéristique de bâtiment rural du XVIe siècle. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures du château : inscription par arrêté du 16 septembre 1949. 

 château de Combes 15190 Saint-Saturnin

   

 

Château de Comblat

Comblat est une ancienne seigneurie mouvante de Carlat. A une époque bien antérieure au château actuel, il y avait en ce lieu un vieux fort appelé Valleyrane ou Valteyrane. Ce fort et celui de Lussat, près de Vic, furent acquis, en 1343 ou 1345, par Guillaume de Viescamp. Ce seigneur ne laissa d'Hélis de Montpeyroux, sa femme, qu'une fille unique, Hélène de Viescamp, qui porta Comblat à son mari, Géraud Pallat, riche bourgeois d'Aurillac, dont la petite-fille, Geralde de Pallat, épousa vers 1430 Guiral de Vixouse. Celui ci obtint, en 1439, de Bernard d'Armagnac, comte de la Marche et vicomte de Carlat, l'autorisation de reconstruire un hôtel fort avec tours, tourelles, mâchicoulis, murailles, fossés, pont-levis, canonnières, bombardes et toutes choses nécessaires à la défense d'une place, précédé de cours, environné de terrasses, de jardins et de promenades qui en embellissent le séjour. Ce château dut évidemment remplacer l'ancien fort ruiné par les Anglais. Ce Guiral de Vixouse était capitaine du fort de Turlande en 1470. Jacques de Vixouse était l'un des officiers de Jacques d'Armagnac, duc de Nemours, vicomte de Carlat en 1475. Raymond de Vixouse, dit de Comblat et seigneur du lieu, épousa, en 1507 ou 1517, Soubeyrane de Beaufort, d'une famille du Rouergue, fille de Lancelot de Beaufort et d'Antoinette de Boissonies, dame du lieu, près de Vic. Louis de Joyeuse, évéque de Saint-Flour, accorda, en 1513, à Raymond de Vixouse et à sa femme la permission de faire construire une chapelle à leur résidence de Comblat. Raymond de Vixouse avait deux frères qui servirent dans l'artillerie et qui moururent sans alliances. Il ne laissa lui-même de son mariage qu'une fille, Antoinette de Comblat, mariée le 4 février 1541 à Jean de Cabanes, écuyer, que son beau-père substitua au nom et armes de Comblat, par acte du 1er juin 1561. Jean de Cabanes-Comblat fut un vaillant homme de guerre, non moins habile dans les négociations. Il défendit successivement avec un indomptable courage les châteaux de Pestels, de Calvinet et autres, s'enferma dans celui de Carbonnières, où il fut fait prisonnier en 1582. Henri III et Henri IV, son successeur, le chargèrent de diverses missions dont il s'acquitta avec zèle et succès. Il devint écuyer de la reine Marguerite en 1586, et gentilhomme de la chambre du roi en 1605. Il avait épousé, le 28 août 1570, Gabrielle de Grenier de Mégemont, de laquelle naquirent plusieurs fils dont Antoine de Cabanes-Comblat, seigneur de Comblat et de la Boissonie, coseigneur de Vic, épousa, le 6 août 1610, demoiselle Catherine d'Apchier, fille de François, seigneur de Montbrun. Il servit pendant plusieurs campagnes, suivant attestation de M. de Noailles, de l'année 1619. Il eut, entre autres enfants : Louis, qui suit; Raymond, colonel du régiment de Roussillon, en 1651; et François, marié à Anne de Massebeau, et auteur du rameau des seigneurs de Gorces, près de Murat, représenté par Louis-Dominique de Comblat en 1724. Louis de Cabanes-Comblat succéda à son père dans toutes ses seigneuries, servit pendant six campagnes dans divers corps, et fut pourvu d'une lieutenance de chevau-légers dans la compagnie de Chambord, où il reçut un coup de mousquet dont il portait la cicatrice en 1666. Il rendit hommage au comte de Carlat en 1668. De son mariage avec Jeanne de Montfaucon, qu'il avait épousée le 17 décembre 1648, vinrent Christophe de Cabanes, mort sans postérité; Pierre, dont le sort est ignoré, et François de Comblat, capitaine au régiment de Coëtlogon, seigneur de Comblat, s'allia à Philiberte de Collinet, de laquelle naquit Marie-Françoise de Cabanes-Comblat, fille unique, mariée en 1716 à Joseph-François de La Carrière qui fait élever l'aile d'habitation à toit brisé, datée 1740 sur la girouette. Mort en 1755, laissant, entre autres enfants Raymond de La Carrière, officier aux gardes françaises, lequel épousa, en 1760, Marie-Dorothée de Senezergues de La Rode, fille d'un officier supérieur distingué, dont François-Marie-Guillaume de La Carrière, seigneur de Comblat et autres lieux, chevalier de Saint-Louis, marié en 1778 à Mlle Teillard, qui le rendit père de Nicolas de La Carrière-Comblat, épouse du marquis de La Baume-Pluvinel, qui était propriétaire de Comblat au XIXe siècle. Le château de Comblat est constitué d'un donjon du XVe siècle remanié au XVIe siècle, auquel a été accolée au début du XVIIIe siècle une aile sud de style classique, dotée de décors intérieurs de la même époque. C'est probablement à ce moment-là que furent construites les dépendances : chapelle, pavillon de jardin, communs, ainsi que le parc avec ses terrasses et son bassin. 

 Éléments protégés MH: le château de Comblat en totalité avec les intérieurs et leurs décors (les cheminées monumentales, lambris, cheminées XVIIIe siècle avec leurs trumeaux peints), comprenant l'ancienne cuisine (rez-de-chaussée du donjon), la salle d'archive au dernier niveau de la tour nord. Le vestibule d'entrée et son escalier, les chambres du 1er étage et l'ensemble des dépendances comprenant le pavillon de jardin avec son décor peint, les communs, la chapelle, et les jardins avec leurs terrasses, bassin et fontaine : inscription par arrêté du 18 novembre 2002 

 château de Comblat 15800 Vic-sur-Cère

   

 

Château de Conros

Le château de Conros, sur la rive droite de la Cère, fut la résidence de l'ancienne famille des Astorg d'Aurillac. La châtellenie de Conros est certainement une des plus considérables, et la maison qui la possédait aux XIIIe et XIVe siècles était une des plus anciennes du haut pays d'Auvergne. Astorg ou de Montal, n'est qu'une seule et même famille, dont les aînés prenaient le nom d'Astorg et les cadets celui de Montal, ou vice versa. Astorg Ier, celui qui est appelé aïeul dans la sentence; il pourra avoir été châtelain de Conros vers 1130. Astorg II, le père des deux frères; il aura succédé à son père vers 1160. Astorg III, celui des deux frères qui portait ce nom dans la sentence en 1190; ce sera lui qui aura tué ou fait tuer Ramnulfe , 22e abbé d'Aurillac, et qui, touché de repentir de ce crime, a fait, en 1203, une fondation perpétuelle, et a annoncé l'intention ou de partir pour la Palestine, ou de se retirer dans un cloître. Vient ensuite un Astorg de Montal qui fut présent, en 1204, comme parent, au mariage de Marie de Montpellier avec Jacques, roi d'Aragon, qui, en 1219, fut arbitre entre le vicomte de Turenne et Malfre , seigneur de Castelnau, et assista, en 1221, à l'hommage que ce dernier rendit au vicomte de Turenne. Cet Astorg de Montal avait épousé Dia de Carbonnières. Astorg IV rendit hommage à Raymond, comte de Toulouse, du château de Tinières, en présence de Raymond, vicomte de Turenne, de Roger de Comminge, de Malfred de Castelnau et de Durand II de Montal. Astorg VI avait épousé Alix de Calmont-d'Olt; n'en ayant pas d'enfants, il institua pour son héritier Aymeric de Montal, son frère, en 1285. Il dut survivre quelque temps à ce testament, car sa veuve épousa, en secondes noces, Raymond Pelet, seigneur d'Alais, le 1er septembre 1292. Astorg X succéda à son père Aymeric Ier, et tint les châtellenies de Conros, Labastide et Thinières. Le 2 juin 1393 il rendit hommage à Henri, évêque de Clermont, des dixmes, blés, novales, carnelages des villages de Carbonnat, Labastide, Maussac, Arpajon, etc. Il paraît qu'Astorg X n'était pas marié, et, qu'à l'exemple de plusieurs de ses ancêtres, il mourut en Palestine. Il eut pour successeur Aymeric II. Le premier acte dans lequel je le trouve mentionné comme seigneur de Conros et Thinières est un traité entre lui et dame Imberte de La Fabrie, veuve de Jean de Cayrac, seigneur de Broussette, et Me Vernini, bachelier en droit, patrons de trois chapellenies. Le 15 mars 1431, devant Pradal et Capial, notaires, Aymeric II fit son testament, dans lequel il institue pour son héritière générale et universelle Alix d'Aurillac, sa fille. Il vivait encore cependant le 19 juillet 1440, puisqu'il reçut ce jour-là l'hommage de Pierre Fortet, marchand d'Aurillac, pour quelque censive sur le village de Lalo; mais le 13 mai 1441 Flore d'Estaing, sa femme, prend la qualité de veuve. En Aymeric II s'est éteint le nom d'Astorg. La châtellenie de Conros s'étendait de l'affar de Pierre Alquier à La Peyrusse, de là au chemin de Montsalvy à Prunet, de Prunet à La Capelle-en-Vezie, etc. Sont compris dans ce périmètre le château et le village de Conros, le Capmas ou affar de Jodergues, les affars del Bosquet; les vigueries d'Arpajon; les affars de Maussac, de Cère, de Bouillac, de La Fortunière, de Couffin-Haut, Despinet, de Salers et de Vezac; les vigueries et l'affar d'Aurillac, et les affars de Calion et de Planhes. Alix d'Aurillac épousa, vers 1445, Louis du Breuil, fils de Jean de Courcelle, chevalier, seigneur d'Aurouse; ce le 8 mai 1449 ils rendirent tous deux foi et hommage à Bernard d'Armagnac, comte de La Marche et vicomte de Carlat, des châteaux de Conros et de La Bastide, et que le 17 août 1456 ils fournirent aveu et dénombrement à Jacques d'Armagnac, fils de Bernard. Il résulte d'un acte reçu Me Barrani, prêtre et notaire, le 17 janvier 1477, que la terre de Conros, que l'on appelle dans cette acte baronnie de Conros, était saisie et mise sous la main du roi depuis 1474, sans doute par suite des prétentions de Jean d'Estaing, frère de Flore d'Estaing, mère d'Alix d'Aurillac; il semble aussi qu'à cette époque Jean d'Urfé , qualifié dans l'acte seigneur d'Aurouse, avait déjà épousé Isabeau de Langeac. En 1483 il plaidait avec les tenanciers de la châtellenie pour les obliger à faire le guet au château de Conros. Morand et Imbert de Groslée, héritiers d'Isabelle d'Urfé, jouirent peu de temps de la châtellenie de Conros. On ne trouve que deux actes dans lesquels ils soient mentionnés; d'abord la nomination et présentation par eux faite de Me Jean Dulaurens pour la cure ou vicairie perpétuelle de l'église Saint-Michel du Montai, paroisse d'Arpajon, a la date du 30 décembre 1512; puis des lettres royales, à la date du 22 janvier 1515, portant ordre aux justiciables de la châtellenie de venin faire le guet au château de Conros. Peu après ils vendirent cette terre à Pons de Gontaud, baron de Biron. Les 2 et 10 août suivant il reçut plusieurs hommages, comme seigneur de Conros. Il eut pour successeur Jean de Goutaud. La tradition rapporte aux Biron la construction d'une partie du château actuel, notamment d'une grosse tour ronde sur le derrière qui porte encore leur nom. Jean de Goutaud vendit, en 1556, la terre de Conros à Rigaud de Saint Martial. Son premier soin après l'acquisition de Conros, fut de demander et d'obtenir des lettres patentes, datées d'Amboise au mois de mars 1559, qui accordent à Arpajon un marché le mercredi de chaque semaine et deux foires par an : la première le lundi après le dimanche de la Passion, et la seconde le i l août de chaque année. Il avait épousé Françoise de Puydeval, femme d'une grande vertu et d'un courage au-dessus de son sexe. En 1570 les protestants du pays, sous la conduite d'Antoine de Pouzols, seigneur de Fabrègues, s'étant, en l'absence de son mari, emparés par surprise du château de Conros qu'ils pillèrent de fond en comble, elle assembla ses amis et ses vassaux, et réussit à les en chasser. Rigaud de Saint Martial mourut vers 1576; Françoise du Puydeval, sa veuve, administra elle-même sa succession, d'abord en l'absence de Giles de Saint Martial, son fils aîné, qui fut tué à Anvers en 1582, puis pendant la minorité du plus jeune. Louis de Saint Martial épousa, en 1593, Françoise de Saint Chamand , et fut père de Henri de Saint Martial, qui épousa, en 1615, Marie de Cosnac. Ils eurent pour fils un autre Henri, marié, en 1654, à Jeanne de Pompadour, et père de Charles, qui eut, de son mariage avec Marie Dufayet, Louis; celui-ci épousa, en 1690, Gabrielle de Broquin, fille de Charles de Broquin, écuyer, seigneur de Ganhac. Pierre de Saint Martial, leur fils aîné, s'unit, en 1732, à Charlotte de Lignerac; ils eurent pour fils Charles-Joseph, marié en 1752 à Louise-Angélique de Combarel de Gibanel. De ce mariage sont issus plusieurs enfants : Pierre-François de Saint Martial, dit le baron de Conros, qui avait épousé demoiselle de Dreux-Brézé; il est mort sans postérité; Jeanne de Saint-Martial, qui épousa M. le comte d'Humière; Marie-Angélique, mariée à M. le comte de Belinay. M. de Saint Martial, héritier de la terre de Conros, l'a donnée par testament à Mme de Pestel de La Majorie, veuve d'Humière, sa nièce, et celle-ci, ayant fait un partage anticipé de ses biens, Conros est échu à M. Eugène d'Humière, son plus jeune fils, marié à Anna de Dampierre. Il reste des éléments du XIIIe siècle dans les caves et au rez-de-chaussée. Parties du XVe siècle à l'étage noble. L'essentiel date du XVIe siècle, avec de forts remaniements du XVIIe siècle aux étages supérieurs, notamment un dôme à l'impériale. Certaines fenêtres ont conservé des restes de menuiseries du XVIIIe siècle. Au premier étage, cheminée du XVe siècle, provenant du château de Branzac, qui était entièrement peinte. Cette cheminée devait son décor à des artistes ramenés d'Italie par Camille Carracioli, princesse napolitaine, épouse du seigneur de Branzac en 1570. L'escalier présente des paliers s'ouvrant sur les montées par deux arcs en plein cintre, dont la retombée commune se fait sur des colonnes engagées à chapiteau dorique ou ionique, chaque palier est couvert d'une voûte d'ogives dont les branches retombent dans les angles, à partir d'une clé circulaire, sur des culots polygonaux. Entouré d'un parc à l'anglaise le château de Conros se dresse sur un éperon rocheux qui domine une boucle de la Cère. L'imposant donjon médiéval, flanqué d'un corps de logis et de deux tours rondes, dont l'une à mâchicoulis coiffée d'un toit en poivrière, a été transformé à la Renaissance en une très belle demeure. Habité par la même famille depuis plus de quatre siècles, le château vous accueille: salle d'armes vivant témoignage des arts et des traditions populaires de la haute Auvergne rurale, immenses cheminées dont celle de la salle des gardes décorée de fresques du XVIe siècle, escalier Renaissance et puissante charpente soutenant l'une des plus grande toitures du Cantal. Dans la Chapelle un sarcophage mérovingien en marbre blanc, découvert en 1988 à Arpajon sur Cère,témoigne de la vie sur les bords de la Cère il y a 1500 ans. 

 Éléments protégés MH: le château de Conros, y compris l'escalier et la cheminée monumentale du premier étage : inscription par arrêté du 30 septembre 1991. 

 château de Conros 15130 Arpajon-sur-Cère