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vendredi 15 août 2025

 

Château des ducs de Joyeuse

En 1231, le bourg de Couiza passa aux mains de Pierre de Voisins. En 1518, la dernière héritière des Voisins épousa Jean de Joyeuse, originaire du vivarais. En 1540, il décida de se bâtir une résidence secondaire à Couiza. Il semble avoir conservé les quatre ailes et la cour carrée du château des Voisins. A la fin des travaux en 1577, les protestants s'emparèrent du château et le pillèrent. Il fut abandonné, mais la famille de Joyeuse le conserva jusqu'en 1646. A cette date il fut acheté par Claude de Rébé, neveu de l'archevêque de Narbonne. Le château fut déclaré bien national à la Révolution. Puis il abrita l'hôpital militaire, la gendarmerie et un entrepôt de laine. La construction semble être restée inachevée pour tout ce qui concerne les couronnements sur cour et le décor intérieur. Les pièces sont couvertes de plafonds à la française. L'entrée principale, à l'est, est ornée de deux colonnes doriques, avec bossages vermiculés, couronnées d'un fronton. La défense basse, au rez-de-chaussée des tours, ne servait qu'au flanquement. En haut, au dernier étage de ces mêmes tours, sont placées les archères. Dans la cour d'honneur, la façade du portique d'entrée est ornée de trois ordres avec cartouches dans le bas sur rez-de-chaussée, gros modillons dans la frise au-dessus. Ce portique devait, au moins en projet, se terminer par une loggia couverte. Le balcon en encorbellement de l'angle nord-est n'est que le passage qui conduisait à cette galerie projetée ou aujourd'hui détruite. Les pièces de rez-de-chaussée sont voûtées d'arête, sauf les tours couvertes d'une coupole. 

 Éléments protégés MH: le château : classement par arrêté du 4 septembre 1913. Les parcelles cadastrales situées au voisinage du château : classement par arrêté du 15 mai 1944. 

 château des Ducs de Joyeuse 11190 Couiza 

Téléphone : 04 68 74 23 50


 

Château de Puivert

Campé sur le rocher, à 605 mètres d’altitude, le château de Puivert étend sa verticalité sur une longueur de 175 mètres. La construction daterait du XIIIe siècle. Les premières mentions de Puivert remontent à 1170, il appartient à la famille de Congost, au moment de la croisade des Albigeois. Ces seigneurs pratiquaient le Catharisme et étaient montrés comme des hérétiques. En 1210 l'édifice subit un siège de quelques jours par l'armée de Thomas Pons de Bruyère, lieutenant de Simon de Montfort, Puivert devient une possession française. Au début du XIVe siècle, Thomas de Bruyère, petit-fils de Pons et sa femme Isabelle de Melun, font reconstruire le "nouveau château" à l'est du Castèl vièlh (vieux château) dont les vestiges sont toujours visibles. Les armoiries d'Isabelle de Melun, fille d'un grand chambellan de France, étaient toujours installées dans l'ancien édifice. La remise en forme du bâtiment lui a donné le caractère symbolique et pittoresque que l'on peut observer. En 1996, une réfection totale et un réaménagement de la plate-forme sommitale du donjon étaient effectués. Pour la première fois la terrasse devenait accessible au public. 

 Éléments protégés MH: les ruines du château de Puivert : classement par arrêté du 6 juillet 1907. 

 château de Puivert 11230 Puivert 

Téléphone : 04 68 20 81 52

 

samedi 9 août 2025

 

Château de Durban

La première mention de Durban date de 1020. Le château de Durban apparaît au XIe siècle avec les seigneurs de Durban. A XIIe siècle, la puissante famille de Durban possédait Leucate et Fabrezan, ainsi que des terres et des droits seigneuriaux à Fontjoncouse et à Villesèque. Gabriel de Gléon, Baron de Durban, eut l’honneur de recevoir dans son château, la Prince de Condé en 1639. Joseph de Gléon, Baron de Durban fut le dernier descendant direct de la famille qui occupa pendant 600 ans le château, il mourut sans enfant en 1787. Tout laisse à penser que le château ne fut plus habité après sa mort. Il fut ensuite vendu par le dernier héritier en 1873 et servit de carrière de pierres. Constitué d’un bâtiment rectangulaire réparti sur deux étages et percé de fenêtres à meneaux ou géminées, ce logis est en partie surmonté d’un mur crénelé. A côté de ces constructions des XIIIe et XVIe siècles, subsistent encore les vestiges d’une tour et du mur d’enceinte. 

 Éléments protégés MH: les restes du château de Durban : inscription par arrêté du 28 avril 1926. 

 château de Durban, place de l'Église, 11360 Durban-Corbières

   

 

Château de Saissac

Le château-fort existait au Xe siècle : en 960, il est cédé au comte de Carcassonne par l'évêque de Toulouse. Au début du XVe siècle, Saissac était une baronnie qui donnait entrée aux États de Languedoc. En 1604, érection en marquisat. En 1715, entrée par alliance dans la maison de Luynes, mais ceux-ci n'y résidèrent pas. La croisade albigeoise n'a pas entraîné la destruction du château-fort primitif, mais tout au plus son démantèlement. D'importantes constructions ont été réalisées au 16e siècle, et les défenses renforcées. Au milieu du XVIIe siècle, le château comprenait habitations, tours, écuries, basses-cours, jardin et terres vacantes alentour. La décadence qui toucha le château semble correspondre au moment où la baronnie qui donnait entrée aux Etats fut transférée sur Pezens, en 1670. En 1759, l'édifice est décrit comme ruiné en grande partie. Les ravins assurent une défense sur trois côtés. Au nord se trouvait le pont-levis. L'enceinte dessine un trapèze. Au pont-levis se trouvait une première basse-cour bordée à l'est par d'étroits bâtiments et à l'ouest par une courtine aux saillants munis d'échauguettes. La muraille du donjon bornait cette esplanade au sud. Les principaux bâtiments étaient compris entre cette muraille au nord et le mur. A l'est de cette partie, les défenses étaient renforcées par deux tours carrées. A l'ouest, la courtine était pourvue de canonnières. Plus au sud et en contre-bas se trouvait la seconde basse-cour, suivie d'une nouvelle esplanade, limitée au sud par une courtine flanquée de deux tourelles rondes. Une seconde entrée était ménagée dans la courtine ouest, avec un passage en chicane. A l'ouest de ce passage se trouvait, au XVIIe siècle, le grand jardin. Les fortifications du bourg médiéval furent détruites par Simon de Montfort. Murailles en moellons bruts avec quelques chaînes d'angle en pierre. Dans la partie qui domine le village et le château se trouvent deux tours. Celle de l'ouest est une construction carrée, en moellons à peu près assisés et chaîne d'angle en pierre de taille. Elle comporte quatre étages voûtés. Les encorbellements qui portaient le crénelage sur les trois faces extérieures sont encore en place. Ils sont très espacés et les arcs les reliant devaient être en briques, comme ceux de la grosse tour de l'est. Le chemin de ronde a disparu. La tour de l'est est beaucoup plus massive. Elle comporte également quatre étages voûtés et des escaliers intérieurs. Les encorbellements formés de corbeaux massifs en pierre sont reliés par des arcs en briques portant le crénelage en briques également. Une petite échauguette en pierre occupe l'extrémité nord de la face est, au-dessus du point où le mur d'enceinte venait se souder à cette tour. Ces dispositions permettent de conclure qu'il n'existait d'encorbellements que sur deux angles opposés de façon à flanquer à peu de frais les quatre faces, et que le reste de ces faces comportait simplement un chemin de ronde avec crénelage probablement à un niveau un peu supérieur. 

 Éléments protégés MH: les ruines du château de Saissac : inscription par arrêté du 17 février 1926. Les deux tours des remparts: classement par arrêté du 16 janvier 1933. 

 château de Saissac 11310 Saissac 

Téléphone : 04 68 24 46 01

   

 

Château de Puilaurens

Le château est situé sur le Mont Ardu. Ce nom apparaît pour la première fois en 958 dans une charte où Lothaire concède à l'Abbaye Saint Michel de Cuxa la prévôté de Puilaurens qui est composée de la vallée de la Boulzane, le document mentionne aussi la présence d'une église St Laurent servant de refuge fortifié, d'époque Carolingienne. Le premier possesseur de Puilaurens est Pierre Catala, qui figure comme témoin dans les actes de Guillaume de Peyrepertuse en 1217. Guillaume de Peyrepertuse commande le château de Puilaurens, en 1229. Puis en 1242, le château est maintenu par Roger Catala. La présence Cathare est connue pour le rôle de refuge du château durant la croisade contre les Albigeois. Plusieurs "parfaits et parfaites" y seront hébergés de 1245 à 1246, la forteresse ne tomba jamais entre les mains de Simon de Montfort. Vers 1250, l'édifice passe aux mains de la Royauté Française. Par une lettre d'août 1255, Louis IX ordonne au sénéchal de Carcassonne de fortifier le château. Saint-Louis le fit renforcer pour défendre le Languedoc des incursions espagnoles. Le traité de Corbeil en 1258 passe le château au rang des forteresses de défense face à l'Aragon. Une garnison dirigée par Odon de Monteuil avec un Chapelain et 25 sergents occupe le château en 1259. Des travaux de fortification se poursuivent sous l'impulsion de Philippe le Hardi vers 1270. Il va alors résister à plusieurs attaques aragonaises et restera comme la forteresse la plus méridionale de France. Puilaurens est progressivement abandonné suite au Traité des Pyrénées en 1659, qui fixe la frontière Franco-Espagnole au niveau des crêtes pyrénéennes. Une garnison occupe quelque temps le château-fort. A la fin du XVIIe siècle, mal défendu, peu entretenu, il est définitivement abandonné à la Révolution. Puilaurens représente sans aucun doute, au coeur du pays Cathare, l’expression la plus aboutie de l’architecture militaire du Moyen Age. On y accède en empruntant un chemin en chicanes, bordé de neuf murets étagés. Splendide point de vue panoramique. 

 Les ruines du château font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par arrêté du 12 août 1902. L'ensemble des vestiges du château de Puilaurens, à savoir les chicanes d'accès, la barbacane et les postes de tir et tous les éléments de l'enceinte ont été inscrits par arrêté du 27 décembre 2023. 

 château de Puilaurens 11140 Lapradelle-Puilaurens 

Téléphone : 04 68 20 65 26 

 

 

Château de Baraigne

La construction du château, hormis quelques parties conservées anciennes, semble remonter à la fin du XVIe ou au début du XVIIe siècle. Les bâtiments entourent, de trois côtés, une cour intérieure dont le dernier côté est fermé par un mur. Le périmètre extérieur dessine un rectangle dont les deux angles sud sont flanqués par des tours rondes. L'angle nord-ouest présente une tour carrée, coupée obliquement. Tout autour s'étendaient des douves dont l'existence est attestée par des vestiges de pont-levis. L'entrée est défendue par une bretèche portée par quatre fortes consoles, reliées par des arcs en plein cintre. La paroi antérieure de la bretèche présente deux regards carrés et un ovale, qui pouvait servir aux tirs de mousquèterie. En arrière du mur et à hauteur de la bretèche, courait un chemin de ronde, dallé sur encorbellement et démoli. Ce passage se marque par quatre canonnières. L'angle nord-est de la cour est occupé par une tour octogonale contenant l'escalier en vis. La porte à fronton triangulaire est encadrée par des pilastres cannelés, la frise ornée de huit triglyphes. 

 Éléments protégés MH: le château en totalité : inscription par arrêté du 5 avril 1948. 

 château de Baraigne 11410 Baraigne

 

 

Château d'Aragon

La première lignée des seigneurs d’Aragon qui a fait construire un château au XIIe siècle descend de Guilhem Roger d’Aragon cousin du roi d’Aragon d’Espagne. Le seigneur d’Aragon a hébergé vers la fin du XIIe siècle des prêtres cathares pour les protéger des poursuites des soldats du Roi de France. Pendant les guerres de religion, par deux fois, en 1580 et en 1588, le château a été occupé par les Huguenots avant d’être repris par le vicomte de Turenne, royaliste catholique. A la Révolution, le comte de Bancalis, monarchiste, a été exproprié du château. Les valeurs ont évolué avec les raisons de la convoitise, mais le château est resté l’objet et le symbole de tous les conflits. Le château est un bâtiment à symétrie axiale, avec cour intérieure. La façade sur la place s'étend entre deux tours carrées. La porte d'entrée, au centre, était primitivement défendue par une bretèche située au deuxième étage et dont il ne reste que les deux doubles corbeaux en quart de rond. Lors des remaniements de la fin du XVIe ou du début du XVIIe siècle, la bretèche a été remplacée par une fenêtre à meneau vertical chanfreiné. A la même époque, la porte d'entrée a été élargie et encadrée de deux colonnes posées sur dés ornés de pointes de diamant. L'entablement a disparu. Dans la cour, ne reste à peu près intact que le grand arc surbaissé qui supportait la galerie du premier étage. Postérieurement, la façade sur la place a été enjolivée par une galerie à trois arcades, sans doute lors de la création du parterre qui en formait le complément naturel. Ce parterre existait vers 1750. 

 Éléments protégés MH: les façades sur la place avec la porte, le portique et les vestiges de bretèche, l'arc de la cour, le corbeau sculpté du puits : inscription par arrêté du 10 avril 1948. 

 château d'Aragon, rue du Paro, 11600 Aragon 

Téléphone : 05 53 88 95 85

 

 

Château Comtal de Carcassonne

Un premier château fut édifié vers 1150 par Bernard Aton. L'ensemble fut élevé sur des bâtiments beaucoup plus anciens. Il était moins étendu que de nos jours, ce sont les Français, qui, après la conquête, en firent le monument qui nous impressionne tant aujourd'hui ! Les parties les plus anciennes, datant des Trencavel se trouvent à l'intérieur : les deux corps de logis en équerre, et la fameuse Tour Pinte, qui est une tour de guet et non pas le donjon. De cette époque ne subsistent que peu d'éléments, tant le château a été remanié au cours des siècles. La chambre Ronde, au coeur du bâtiment, possède de magnifiques fresques, illustrant les combats entre Francs et Sarrazins. C'est une des rares pièces qui a gardé sa configuration médiévale. Son nom viendrait du fait qu'on y siégeait en rond, autour du seigneur. Les conquérants français arrivèrent à Carcassonne après la Croisade, sur une terre qui leur était hostile. Les sénéchaux, représentants du Roi de France s'y installèrent, mais ne faisant pas confiance à la population, ils firent considérablement renforcer l'ensemble. En créant notamment la "chemise" fortifiée, élevée dans les années 1230. Le pont reliant l'esplanade de la barbacane à l'entrée du château date en partie du XIXe siècle, il était autrefois composé de trois ponts différents. Un pont-levis, un pont en bois, et une petite partie en pierre, multipliant les obstacles pour un éventuel assaillant venant de la ville. Enfin deux hautes tours avec herses, vantaux, et mâchicoulis protègent l'accès à la cour, elle est un résumé d'histoire de l'architecture à elle seule, on y retrouve les traces médiévales des Trencavel puis des sénéchaux. La Renaissance y a laissé de grandes fenêtres à meneaux, le XIXe siècle quelques rénovations (en particulier le donjon), et même le XXe siècle y a ajouté sa touche, avec les hourds qui assuraient la défense verticale des murailles, reconstitués dans les années 50. De cette grande cour ombragée, on accède à la deuxième cour du château, qui était jadis une salle couverte. Aujourd'hui, on aperçoit encore la cheminée monumentale qui trône à mi hauteur des murs et les traces de plancher soutenus par les corbeaux de pierre. On y organise des concerts en été pendant le festival. Mais les impressionnantes défenses du château ne s'arrêtent pas là ! Côté extérieur, la forteresse donne sur la partie la plus abrupte de la butte, et domine la ville Basse et l'Aude, auquel il était relié par le chemin couvert et la Barbacane. Une succession de portes et de herses barrent la route à tout ennemi qui oserait attaquer ce colosse. La cité médiévale fortifiée, dotée d'un système défensif important, fut très restaurée au XIXe siècle par le célèbre architecte Eugène Viollet-le-Duc. Une portion des murailles remonte au Ve siècle, sans doute suite au passage des Wisigoths. La porte Narbonnaise et toute la partie méridionale de l'enceinte intérieure, ainsi que le couronnement des tours, ont été construits au XIIIe siècle, après que le dernier vicomte de Carcassonne eut abandonné en 1247 ses droits seigneuriaux à Saint-Louis. La visite de la Cité est entièrement libre et gratuite sauf pour le château Comtal, les tours et les remparts de l’enceinte intérieure. 

 Éléments protégés MH: les fortifications : classement par liste de 1862. Les deux parcelles de terrain, lieux-dits Talus de la Barbacane et Porte d'Aude : classement par arrêté du 22 décembre 1926. Les parcelles dénommées Champ Rigal Cadène et Grand Champ Sabatier Jalabert, à l'exclusion d'une zone délimitée sur le plan annexé à l'arrêté : classement par arrêté du 15 janvier 1942. Le terrain compris entre la Cité et le grand séminaire : classement par arrêté du 28 mai 1942. Le terrain dit Champ du Tournoi, situé en bordure du chemin de la Cité de Carcassonne à Sainte-Croix : classement par arrêté du 11 juillet 1942. 

 château Comtal 11000 Carcassonne

   

 

Château de Mézerville

Mézerville apparaît pour la première fois dans l’acte d’acquisition fait par Raimond-Roger comte de Foix, des fiefs de Molandier, la Louvière et Mézerville auprès de Bernard et Sicard de Montaut, le 6 janvier 1208. En 1551, Nicolas d’Aulon rend hommage de vassalité à Castelnaudary à Catherine de Médicis pour la seigneurie de Mézerville. Sa fille, Paule d’Aulon apporte en dot le château lors de son mariage avec Corbeyran de Rigaud en 1562. Corbeyran de Rigaud céda Mézerville à Barthélémy de Plaigne, co-seigneur de Plaigne, qui mourut en 1613. La seigneurie fut vendue à Jean de Donault, bourgeois anobli par sa charge de Trésorier de France, cette famille conservera l'édifice jusqu’en 1830, date à laquelle il sera acquis par les de Mondini. En 1975, Marie France et Howard Gregory font l’acquisition de la demeure et la sauveront en restaurant les toitures et le sommet des murs. Depuis 1995, Béatrice Steiner et Jacques Demichelis ont entrepris la restauration de Mézerville et essaient de respecter scrupuleusement le style du XVe siècle pour la partie la plus importante. L'édifice est de plan rectangulaire très allongé. L'un des angles s'appuie à l'église paroissiale ; l'autre est marqué par une tour ronde ; les deux autres étaient défendus par des échauguettes. Au centre de la façade sud, une bretèche protégeait la porte d'entrée tandis que symétriquement, sur la façade nord, une tour ronde rompait l'alignement de la muraille. La construction est en briques. Le grès est réservé aux chaînes d'angles, aux encadrements, aux corbeaux, aux marches d'escalier et aux meneaux. La tour ronde de la façade nord renferme un escalier en vis à noyau plein, sans rainure hélicoïdale. Au premier étage, la porte donnant accès aux appartements est en accolade. Cette porte et la moulure de base du noyau permettent de dater l'escalier du XVe siècle. La cave conserve une entrée de souterrain sous voûte de briques. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures du château : inscription par arrêté du 12 février 1976. 

 château de Mézerville 11410 Mézerville 

Téléphone : 06 26 54 34 27

 

 

Château de Quéribus

Du haut de son piton rocheux, le château de Quéribus des XI-XIVe siècles force l'admiration et invite l'imaginaire. Véritable nid d'aigle, sa situation stratégique lui permet d'exercer une surveillance sur la totalité de la plaine du Roussillon. Durant de la Croisade contre les Albigeois, Quéribus abrite des cathares. En 1255, il est le dernier bastion à tomber aux mains des croisés onze ans après Montségur. Le château rentre dans le royaume de france sous le règne de Saint-Louis. A la signature du traité de Corbeil en 1258, l'édifice devient une pièce maîtresse du dispositif défensif français. Il perdra son intérêt stratégique en 1659 avec le Traité des Pyrénées qui fixe une nouvelle frontière entre la France et l'Espagne. Excellent exemple d'architecture militaire, il présente tous les éléments de ce patrimoine: assommoir, bretèches et canonnières. Son donjon polygonal est réputé pour sa belle salle de style gothique primitif dont la voûte repose sur un puissant pilier circulaire s'épanouissant en palmier. 

 Éléments protégés MH: les ruines du château de Quéribus : classement par arrêté du 11 octobre 1907. 

 château de Quéribus 11350 Cucugnan 

Téléphone : 04 68 45 03 69

 

 

Châteaux de Lastours

 Les châteaux de Lastours, en occitan Las Tors, ce qui signifie en français, "les tours" sont quatre châteaux dits cathares situés sur la commune de Lastours dans le département de l'Aude en région Languedoc-Roussillon. Les quatre châteaux sont sur un éperon rocheux au dessus du village de Lastours isolés par les profondes vallées de l'Orbiel et du Grésilhou. Ils étaient le verrou du Cabardès d'où le nom du château principal : Cabaret. Ils sont bâtis à 300 mètres d'altitude dans le même axe : Cabaret, Surdespine, la Tour Régine et Quertinheux légèrement en retrait. Ces quatre châteaux font bien partie d'un seul ensemble même s'ils n'ont aucune structure en commun. Le contexte naturel du site a permis de faire l'économie d'une forteresse de grande taille et les plans ont été adaptés aux rochers sur lesquels ils sont construits. La construction est parfois hétérogène du fait de l'étalement des remaniements réalisés sur les châteaux. Au Moyen-Âge, le site appartient au seigneur de Cabaret, cité pour la 1ère fois en 1067, leurs richesses proviennent de l'exploitation des mines de fer. Seuls trois châteaux sont bâtis au XIe siècle et leurs emplacements ont évolué dans le temps suivant les destructions et reconstructions successives. A cette époque, les seigneurs de Cabaret sont au moins au nombre de 22, les châteaux ont vécu les événements de la croisade contre les Albigeois, car les seigneurs de Cabaret sont liés aux adeptes du catharisme. Les villages alentours des châteaux ont accueilli de nombreux cathares. La forteresse appartient à l'époque à Pierre Roger de Cabaret fidèle de Raymond Roger Trencavel qui a combattu à côté de lui lors de la défense de Carcassonne. Le site subit dès 1209 les attaques de Simon de Montfort. Lastours résiste, mais le croisé Bouchard de Marly, seigneur du château de Saissac est fait prisonnier par Pierre-Roger. Sa libération est négociée contre la reddition de Cabaret en 1211. En 1223, les seigneurs de Cabaret reprennent leurs terres et Cabaret devient le siège de l'évêché cathare du Carcassès, le seigneur Pierre Roger résista pendant de nombreuses années aux attaques de Simon de Montfort. En 1227 les châteaux sont de nouveau assiégés par Humbert de Beaujeu et en 1229, Cabaret capitule. Les villages et châteaux sont pillés puis reconstruit pour devenir des forteresses royales, la tour Régine est construite par ordre du roi pour affirmer sa suprématie. Ils deviennent le centre administratif et militaire de six communautés formant la châtellenie du Cabardès. Au XVIe siècle, les châteaux sont occupés par les protestants, mais en sont délogés par le maréchal de Joyeuse en 1591. Les quatre châteaux sont placés en haut de la crête sur un axe nord-sud: Cabaret, Tour Régine, Surdespine et Querthineux. Ils contrôlent les principales voies d'accès dans le Cabardès et la Montagne Noire, le site est classé aux monuments historiques en 1905 et les fouilles archéologiques sont toujours actives. Le château de Cabaret est la citadelle principale avec un système de défense de type barbacane. Il est constitué d'une tour au nord, d'un donjon au sud et d'un corps de bâtiment au centre. Le tout est entouré de remparts avec un chemin de ronde, l'ensemble est édifié avec un appareil irrégulier et des pierres de taille pour les angles. La Tour Régine est la forteresse la plus récente et la plus petite de l'ensemble, constituée d'une tour entourée d'une courtine dont les murailles sont effondrées. Au sous-sol la tour contient la citerne la plus vaste des quatre châteaux, la tour est constituée de trois étages desservis par une escalier à vis. La pierre de calcaire blanc utilisée est identique à celle de Cabaret. Le château de Surdespine est le moins conservé des quatre. Il est constitué d'une tour carrée, d'un logis et d'une citerne. Une courtine de plan rectangulaire protège l'ensemble. Il se caractérise par la rareté de ses meurtrières et par ses quatre fenêtres en plein cintre. Le château de Quertinheux est placé le plus au sud de la crête sur un piton rocheux isolé, et est constitué d'une tour circulaire et d'une courtine, une avancée en chicane défend l'entrée du château, il surplombe les restes d'une église romane détruite. 

 Éléments protégés MH: les ruines des quatre châteaux : classement par arrêté du 31 octobre 1905. 

 châteaux de Lastours 11600 Lastours

 

 

Château de Peyrepertuse

Il semble vraisemblable que tout au début du IXe siècle, au moment des luttes contre les Sarrasins, un poste militaire fut rapidement édifié sur cet emplacement et baptisé "Roquepertuse". Une fois les Sarrasins refoulés en Espagne, le Razès et le Roussillon réunis entre les mains du comte Guillem, le poste de Perapertusa perdit de l'intérêt et fut abandonné. La première mention d'un "castrum" de Perapertusa date de 1020, à une époque où il était dans la mouvance des comtes catalans de Besalù. Passé dans le domaine des comtes de Barcelone en 1111, le château devient un fief de la vicomté de Narbonne. Au cours de la croisade contre les Albigeois, Guillaume de Peyrepertuse, ne voulant pas faire sa soumission est excommunié en 1224. Après l'échec du siège de Carcassonne, Guillaume se soumet et le château devient possession française en novembre 1240. Deux ans plus tard, Saint Louis ordonne la réalisation de l'escalier qui porte son nom. Dans les années 1250, le donjon St-Jordi est en cours de construction, on réaménage aussi le Donjon Vieux et l'église Sainte-Marie qui existait antérieurement. Avec le traité de Corbeil, en 1258, Peyrepertuse devient une forteresse royale française avancée sur la frontière du royaume d'Aragon. Et en 1285, le château sert de résidence forcée à des notables de Perpignan, lors de la guerre de Philippe le Hardi contre les Catalans. En 1355, il est remis en état de défense. En 1367-1368, Charles V, roi de France, autorise Henri de Transtamare, prétendant au trône de Castille, à se réfugier au château après sa defaite de Navaretle. L'année 1542 voit Peyrepertuse sur pied de guerre. Jean de Graves, seigneur de Sérignan, s'empare du château au nom de la Réforme, il est pris et exécuté avec quatre complices. Déclassé comme place frontière par le traité des Pyrénées en 1659, il perd son intérêt stratégique. Peyrepertuse est alors occupé par une faible garnison commandée par un officier subalterne, tout en conservant un gouverneur nominal. Il est abandonné dans les premières années de la Révolution puis vendu comme Bien National en 1820. L'ensemble des constructions est disposé en longueur sur une arête rocheuse. Le seul passage possible est au nord-est, avec un escalier taillé dans le rocher. Intérieurement, la disposition générale du château comprend deux grands donjons indépendants, réunis par une enceinte formant deux esplanades séparées par une courtine intérieure et renfermant de nombreux logements. Au début du XIe siècle, le château se présentait sous la forme d'un petit bâtiment rectangulaire de deux étages, flanqué à l'ouest d'une tour ronde. Le rez-de-chaussée comprenait deux pièces voûtées. Au XIIe siècle, une chapelle fut édifiée au nord des constructions du XIe siècle, auxquelles elle est reliée par une courtine crénelée encore intacte à l'ouest. Une courtine existait très probablement à l'est mais il n'en reste rien. A la fin du XIIe siècle, Pérapertusa, devenu le gardien de la frontière nord aragonaise, se vit augmenté d'une importante fortification. Un rempart fut construit au nord-est, longue courtine rectiligne flanquée de deux tours demi-circulaires. L'ouvrage est percé d'archères au niveau du sol et sa crête est parcourue par un chemin de ronde crénelé. Une courtine intérieure, percée d'une poterne, réunit ce rempart à l'angle nord-ouest de la chapelle. Au XIIIe siècle, le château devint la principale défense de la frontière sud du royaume et Saint-Louis débuta les travaux dès 1242. L'ancien castrum considérablement modifié devint un premier donjon placé au centre des nouvelles constructions. Une grande tour demi-circulaire fut accolée sur sa face est. Cette tour flanque une courtine également construite à cette époque, crénelée de merlons à meurtrières, hourdée et percée d'une poterne en arc brisé. A cette époque, la chapelle fut surélevée de deux étages, crénelée et munie d'une échauguette. L'extrémité est de l'esplanade, fermée et surélevée, devint une sorte de tour pentagonale, formant un éperon aigu. En 1242, Saint-Louis ordonna la construction d'un escalier qui s'élève en corniche le long de la paroi nord. Sur ce point culminant fut alors construit un deuxième donjon. Trois tours, dont deux rasées au niveau du premier étage, flanquaient l'ouvrage. L'esplanade ouest, fermée au nord par un mur crénelé parcouru d'un chemin de ronde et, au sud, par un parapet naturel de rocher, fut couverte de nombreux logements. 

 Éléments protégés MH: les ruines du château de Peyrepertuse : classement par arrêté du 19 mars 1908.  

château de Peyrepertuse 11350 Duilhac-sous-Peyrepertuse 

Téléphone : 04 30 37 00 77 

 

 

Château de Fitou

En 1271, est évoqué le castrum de Fitou dans le dénombrement d’Aymeric, Vicomte de Narbonne et de son frère Almaric. Ils reconnaissent tenir du roi, en fief et haute justice, le lieu de Fitou. En 1372 Noble Aymeric de Narbonne, héritier des précédents, déclare tenir du roi en toute juridiction, le lieu de Fitou où il a un vassal. En 1503, le duc d'Albe, à la tête d'une armée d'Espagnols, s'empare de Fitou et y met le feu. En 1622, les religionnaires du duc de Rohan s'emparent de Fitou. En 1635, Richelieu déclare la guerre à l’Espagne et, deux ans après, les Espagnols s’emparent du château et en 1639, il est repris de nouveau par les Espagnols. La paix définitive ne sera instaurée qu’en 1659 avec le Traité de Pyrénées. La famille d’Aragon a été confirmée dans sa noblesse par jugement souverain en 1674, Amauri de Pérignan devint seigneur de Fitou, cette famille occupera la demeure jusqu’à la Révolution, avant de se retirer à Narbonne. Ce site rLe château possédait une chapelle dédiée à Saint Roch et un presbytère situé à proximité. Inoccupé, ce château se dégrada rapidement. En 1807, un état des lieux concluait à sa démolition. Depuis 1974, le site a été réinvesti, et des travaux y ont été effectués, il abrite aujourd'hui un musée proposant une exposition permanente. Le château constituait un quadrilatère dont il subsiste deux côtés. Ce rectangle enfermait une grande salle unique, voûtée en berceau suivant le grand axe. Les murs étaient percés d'une série d'archères. Ce sont des archères courtes, correspondant à deux assises de murs à l'extérieur et à trois assises de murs à l'intérieur, couvertes de dalles. Ces murs sont appareillés assez sommairement en calcaire bleu du pays, avec chaînes d'angle plus soignées en calcaire blanc. Au-dessus de l'angle nord-ouest s'élève une tour ronde qui repose sur une arase de tuileaux. Vers le sud se trouvent deux casemates voûtées parallèles, d'axe perpendiculaire à celui de la salle, accessibles seulement par des trous d'éboulement de leur voûte. Il ne reste rien des bâtiments qui s'élevaient au-dessus de ces ouvrages. 

 Éléments protégés MH: les ruines du château : inscription par arrêté du 14 avril 1948. 

 château de Fitou 11510 Fitou 

Téléphone : 04 68 45 65 92

   

 

Château d'Aguilar

La construction de l'édifice s'étend de la seconde moitié du XIIe siècle jusqu'à la fin du XVe siècle. La partie la plus ancienne du château se compose d'une enceinte polygonale irrégulière en bordure d'un petit plateau rocheux. Quelques meurtrières longues et intérieurement ébrasées sous des arcs en plein cintre, situeraient la construction vers le milieu du XIIe siècle. L'objectif de ce fort devait être la surveillance du débouché des chemins entre le Narbonnais et le Roussillon par le détour du col d'Extrême ou du ruisseau de Nouvelles. De 1240 à 1250, Aguilar devait être aux mains du roi. Il est rendu à Olivier de Termes en 1250, après qu'il se fut illustré en Terre sainte. En 1260, la forteresse retourna dans le giron royal et reçut les aménagements nécessaires à son rôle de place forte à la frontière du royaume. En 1525, le château tombe aux mains d'une armée espagnole et allemande. Il est probable que l'édifice fut alors démantelé et non remis en état. Le fortin primitif ainsi que la petite chapelle appartiennent à la première période de construction (seconde moitié du XIIe siècle). La construction des tours et de l'enceinte extérieure peut avoir eu lieu après l'acquisition royale de 1260. Une autre campagne plus tardive est visible par deux vestiges : une casemate à voûte biaise appareillée et une tour carrée accolée au nord du réduit. Ces deux additions présentent quelques caractères du XVe siècle et remontent sans doute à la période des remises en état des fortifications du Languedoc, après la cession du Roussillon à l'Espagne, en 1493. 

 Éléments protégés MH: les ruines du château d'Aguilar : classement par arrêté du 2 juillet 1949. 

 château d'Aguilar 11350 Tuchan

 

 

Château de Coustaussa

Le château a été construit en 1172 sur un éperon rocheux qui domine la vallée de la Sals. Vers 730, il semble qu'un site Wisigoth existe en ce lieu. En 1210, le château fut pris par Simon de Montfort et ses troupes. Devant la terrible réputation de ce dernier, les villageois fuient Coustaussa. En 1211, le seigneur de Coustaussa essaie de reprendre son fief, en vain, face aux croisés, le château est en partie détruit, le village incendié par représailles. En 1212, le territoire est confié à la famille de Montesquieu de Sault seigneur de Roquefort de Sault, plus sage que son ancien propriétaire. Le château ne fut plus jamais inquiété par des ennemis. Au XVIe siècle, de nombreux aménagements sont fait pour rendre plus confortable cette belle demeure. En 1803, le château est vendu à un marchand de biens. En 1819, un certain Azais, habitant Arques, le démantèle. En 1820, des bandits saccagent les restes, démontent les pierres importantes et les vendent aux habitants environnants. Il manque la plupart des encadrements taillés proches du sol. Tous les murs faciles à démolir ont été abattus. L'entrée dans la seconde, et principale, enceinte se faisait soit au nord par une poterne, soit au sud par un passage voûté puis sous une porte dont les montants appareillés existent en partie. Pour accéder à l'intérieur du bâtiment central, il fallait parcourir les lices sur toute leur longueur et passer par une porte située à plusieurs mètres du sol. Cette disposition primitive a été ultérieurement complétée par la construction d'une tour dont les deux étages voûtés existent encore. Deux autres tours carrées ont été construites postérieurement vers le milieu de la longueur du réduit. Ces ouvrages de flanquement sont complétés, à l'ouest, par une tour ruinée et à l'est par une échauguette ronde, contemporaine de la construction primitive. Le bâtiment central servait de donjon et de logis seigneurial. Le côté nord, dominant les lices, jouait un rôle défensif et a été renforcé, vers la fin du XIIIe siècle, par une tour carrée avec réduit voûté à la base. 

 Éléments protégés MH: les ruines du château de Coustaussa : inscription par arrêté du 10 avril 1948. 

 château de Coustaussa 11190 Coustaussa 

Téléphone : 06 14 30 70 71 

 

 

Château de Malves-en-Minervois

Le château est situé à l'est du village, il se compose d'une grande bâtisse rectangulaire positionnée à l'ouest d'un grand espace rectangulaire, proportionnée au château, constitué d'un parc contenant les communs et des bâtiments d'exploitation, un mur de pierre dans la tradition des châteaux du XVIe siècle et des domaines viticoles du XIXe siècle entoure l'ensemble, percé d'une entrée monumentale qui donne dans la cour d'honneur. Le château est de plan rectangulaire cantonné de quatre tours rondes, les deux tours ouest, côté village, plus puissantes que les autres, font partie d'un édifice du XVe siècle, agrandi au milieu du XVIe siècle puis remanié au XVIIIe siècle, les tours, symbole de noblesse, possèdent un système défensif encore visible à l'intrieur sous la forme d'arquebusières; l'angle sud-est possède une tourelle en encorbellement et une cinquième tour, abritant un escalier à vis en bois, est accolée à la façade nord ouest, l'entrée principale donne sur la cour d'honneur, limitée par le parc et les communs. Un bassin orne la partie centrale. A l'intérieur du bâtiment, un grand escalier de pierre à l'italienne, rampe sur rampe à deux volées, sur deux niveaux, muni de niches à chaque niveau, conduit aux étages. Le château de Malves a trois niveaux, possède un étage noble particulièrement marqué ; il s'inscrit dans la ligne des châteaux de la région, caractérisés par une grande sobriété de formes et le refus de l'ornementation. D'après la tradition, le roi Charles VIII aurait couché au château de Malves en 1493. 

 Éléments protégés MH: le décor peint du château ainsi distribué: à l'étage de comble la petite salle méridionale avec les plafonds et les murs peints représentant La Dispute d'Ulysse et d'Ajax et le Festin des Dieux ; la tour Sud-Ouest: les éléments réassemblés d'un plafond peint : classement par arrêté du 8 juin 1989. Le château (sauf décor classé), y compris la cheminée Renaissance en bois sculpté et les deux dalles commémoratives de 1724 : inscription par arrêté du 8 juin 1989. 

 château de Malves-en-Minervois 11600 Malves-en-Minervois 

Téléphone : 04 68 72 28 96

 

Château de Villerouge-Termenès

A partir de 1110 et jusqu'à la Révolution, le château et le village ont appartenu aux archevêques de Narbonne, ils étaient le siège d'une des onze baylies de l'Archevêché. Le château a joué un rôle important durant la croisade contre les Albigeois, l'archevêque confiait à un bailli la perception de la dîme et Villerouge était le centre de cette Baylerie. La citadelle construite au XIIIe siècle marque le souci de l'église de mieux se défendre et de mieux conserver ses biens. Le village est lié au catharisme finissant, c'est ici que fut brûlé, en 1321, Guilhem Bélibaste, dernier parfait cathare, né à Cubières vers 1280, il mena une vie errante tuant un berger qui voulait le dénoncer au bayle pour catharisme. Initié, Bélibaste fut arrêté, mais s'évada de sa prison de Carcassonne, vécut avec une femme contre les règles des parfaits. Trahi et capturé, il fut remis, à la suite d'un procès, à l'archevêque de Narbonne, Bernard de Farges qui le fit brûler vif à Villerouge en 1321. Ce château-fort est flanqué de quatre tours délimitant un quadrilatère irrégulier. Les deux tours du couchant sont moins importantes que les deux autres. Au nord, s'ouvre une porte avec mâchicoulis. Cet édifice est un exemple d'architecture militaire qui rappelle l'architecture francque de Syrie. Il a servi de prison d'état au temps où le Roussillon appartenait à l'Espagne. Ce château-fort est flanqué de quatre tours délimitant un quadrilatère irrégulier. Les deux tours du couchant sont moins importantes que les deux autres. Au nord, s'ouvre une porte avec mâchicoulis. Un portail ogival précédant cette porte est orné à sa clé d'un blason aux armes de Bernard de Farges, archevêque de Narbonne (1311-1341). Le second accès à la forteresse est situé sur le front sud qui présente un angle saillant avec une petite poterne défendue par une bretèche. Le village s'étendait à l'est du château, dans un ceinture de remparts dont les fronts méridionaux et orientaux existent encore en partie. La construction a été réalisée au cours de plusieurs campagnes allant de 1080 au XVIe siècle. 

 Éléments protégés MH: les ruines du château : classement par arrêté du 6 octobre 1976. 

 château de Villerouge Termenès 11330 Villerouge-Termenès 

Téléphone : 04 68 70 09 11

   

 

Château de Gaussan

En 1178, la chapelle rurale Saint Etienne-de Gaudia fut unie au prieuré régulier de Sainte Eugénie. A la fin du XIIe siècle, ce prieuré fut acquis avec la chapelle par le monastère de Fontfroide qui y établit, dès le XIIIe siècle, une ferme fortifiée. La ferme demeurera possession de Fontfroide jusqu'au XVIIIe siècle. En 1791, tous les biens de l'abbaye sont mis sous séquestre, y compris la métairie de Gaussan, vendue la même année. L'actuel château correspond à un ensemble important de bâtiments, pour la plupart à vocation viticole et bâtis au XIXe siècle. Le terme château s'attache plus particulièrement à quatre corps de bâtiments qui ferment une cour intérieure rectangulaire, très remaniés au XIXe siècle mais dont le gros-oeuvre date majoritairement du XIVe siècle. Les façades Est et Sud sont couronnées par un système de défense établi au XIXe siècle, à créneaux sur mâchicoulis, semblant reprendre un dispositif existant au préalable, les corbeaux formés de trois quart-de-rond en encorbellement étant d'origine. La porte d'entrée est constituée d'un arc de tête en plein cintre au revers duquel a été ménagée une gaine permettant le mouvement de la herse, et un deuxième arc plein cintre plus bas que le premier. Cette façade est cantonnée par deux échauguettes d'angle en encorbellement, remaniées au XIXe siècle. Les façades sur cour, du XIVe siècle, ont été remaniées au XIXe siècle, notamment en ce qui concerne l'ordonnance des ouvertures. Le corps de bâtiment central se compose, en rez-de-chaussée, d'une vaste salle couverte en berceau brisé, de la fin du XIIIe - XIVe siècle. L'étage est occupé par une chapelle aménagée au XIXe siècle. Le corps d'habitation est placé dans le bâtiment sud. Au premier étage se trouve la chambre dite de "l'évêque", couverte d'une fausse voûte d'ogives à liernes et tiercerons. Au rez-de-chaussée, l'ensemble des pièces est plafonné à la française, à l'exception de la salle à manger et de la cage d'escalier voûtées. La tour nord-ouest, ou donjon, sur plan rectangulaire, est munie d'archères et couronnée par un rang de mâchicoulis sur corbeaux en encorbellement. Ces derniers sont d'origine tandis que les arcatures sont le résultat d'aménagements du XIXe siècle. Les mâchicoulis portaient autrefois des créneaux qui ont été démolis par mesure de sécurité. 

 Éléments protégés MH: la façade Est, la façade Sud et les toitures correspondantes ; la cage d'escalier ; le décor intérieur de la bibliothèque et du grand salon du corps de logis ; la chapelle du XIXe siècle avec sa salle basse du XIVe siècle : inscription par arrêté du 8 janvier 1986. 

 château de Gaussan 11200 Bizanet

 

 

Château de Ferrals

Bien que nous ayons lu beaucoup de chartes, en vue de nos études sur le Lauragais, nous en avons relevé peu où il soit question du château de Ferrals: aussi nous a-t-il été difficile de trouver son nom dans les temps anciens. Nous voyons mentionné, pour la première fois, le nom de Ferrals, le 4 juin 1213, dans une histoire de comtes de Toulouse publiée par le général Moline de Saint-Yon. A celle date, "Amaury de Montfort est armé chelier, à Castelnaudary par son oncle Guy. La dame de Fendeille lui attache l'éperon gauche el la demoiselle de Ferrals l'éperon droit". Cela nous importe moins que de savoir qu'avant d'appartenir à la riche abbaye de Saint Papoul les terres de Ferrals, au moment de la Croisade des Albigeois, étaient l'apanage d'une famille seigneuriale, probablement expropriée plus tard pour cause ou plutôt sous prétexte d'hérésie au profit de ce monastère. En 1279, dans le Saisimentum du Comté de Toulouse, publié par La Faille dans ses Annales de Toulouse, nous relevons le "Castrum dels Ferrals" comme un lieu fortifié, faisant partie de la baylie de Castelnaudary. C'était alors une petite communauté, une juridiction et peut-être un consulat. En 1394, comme cent ans plus tard en 1494, Ferrals n'est plus compris au nombre des "locs habitables" du diocèse de Saint-Papoul. Il faut le considérer, dès cette époque, comme un simple fief noble sur lequel le seigneur, dont il était l'apanage, avait toutes les justices à savoir la haute, la moyenne et la basse justice. Dans le même document donné par La Faille, nous relevons, au nombre des nobles qui prêtèrent serment en 1272 au roi de France, Guiot de Pin. Ce chevalier habitait la baylie de Laurac, bien qu'il fut alors seigneur de Ferrals. 

Éléments protégés MH: le château de Ferrals en totalité : inscription par arrêté du 30 mai 1927. 

château de Ferrals 11400 Saint-Papoul

   

 

Château de Saint-Martin de Toques

Bâti à l'époque féodale, le château devait servir à protéger la route qui conduit de la vicomté de Narbonne aux Corbières. Il appartient à la vicomtesse Adélaïde de Narbonne. Tout au long du moyen âge on le découvre dans de nombreux textes sous la dépendance des Vicomtes de Narbonne. La cour, dont l'arc est légèrement outrepassé, rappelle les constructions cisterciennes des XIe et XIIe siècles. Le château dut avoir un cercle de maisons dans les environs, sur les flancs de la colline. Si l'on peut considérer les murs du nord-est comme témoignages de l'époque médiévale avec une tour octogonale et ronde, et chapelle, on pense que le reste du château a subi de profondes modifications au cours de la renaissance (logements, salle des gardes, etc...), rénovation qui correspond à l'arrivée de seigneurs des familles d'Alezio et Castiglione, Milanais qui s'installent dans le Narbonnais à la suite du Cardinal de Ferrare, abbé de Fontfroide. Au XVIIIe siècle, l'édifice semble avoir été abandonné, il fut racheté et restauré, dès 1990, par l'acharnement de propriétaires privés. 

 Éléments protégés MH: les ruines du château de Saint-Martin de Toques : inscription par arrêté du 17 février 1926. 

 château de Saint Martin de Toques 11200 Bizanet