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samedi 17 janvier 2026

 

Château de Bagatelle

Manoir de style Louis XV, d'abord appelé de Carman puis de Bagatelle, dont la première mention officielle remonte à 1754. La partie centrale présente un corps de logis saillant formant un octogone. Deux pavillons rectangulaires flanquent le bâtiment aux extrémités. Les fenêtres de la façade ainsi que les boiseries intérieures sont caractéristiques de l'époque Louis XV. Un jardin à la française orne la façade ouest. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures, la grille d'entrée, le jardin à la française et le parc : inscription par arrêté du 20 septembre 1946. 

 château de Bagatelle 29600 Saint-Martin-des-Champs

   

 

Château de Pont l'Abbé

Au XIIIe siècle, les barons du Pont, étant devenus de puissants seigneurs, construisirent un château pour leur servir de forteresse. En 1350, Hervé IV, jetait les fondations d'une chapelle dans l'enceinte du château, mais en 1553, Charles de Quélennec passé au protestantisme, en chassait les chatelains, ce qui amena la ruine de l'édifice. Durant les guerres de la Ligue, Pont l'Abbé est aux mains du duc de Mercoeur. Les troupes du roi vinrent l'assiéger mais sans succès. En 1590, la forteresse est aux mains des royalistes. Le baron Toussaint de Beaumanoir étant au siège d'Ancenis, donna ordre au jeune sergent de Douarnenez nommé Trogoff de se porter au secours du château. Dès qu'il fut maître de la place, Trogoff inquiéta le pays par ses fréquentes sorties, pillant et brulant tout sur son passage. Les habitants demandèrent l'aide du Capitaine de Lézonnet, qui tenait garnison à Concarneau. Il accourut accompagné d'un grand nombre de paysans plus désireux de faire du mal aux royalistes que poussés par un zèle religieux. Le siège étant posé on fit jouer le canon contre la tour, les défenses et parapets, où il ne fit pas grand mal. Trogoff, s'avançant à regarder les assaillants par une petite lucarne fut tué d'un coup d'arquebuse. La garnison demanda à capituler, ce qui lui fut accordé. En 1675, se place la révolte du Papier timbré ou des Bonnets Rouges. Les paysans, protestant contre des nouvelles impositions, dévastèrent l'édifice et l'incendièrent. Au début du XVIIIe siècle, le chevalier d'Ernothon reconstruisit le corps de logis du château sur les anciennes caves. Le chevalier d'Ernothon devint fou et se jeta par l'une des fenêtres du château. A la Révolution le château servit de prison. Madame de Pompéry la Sévigné Cornouaillaise y séjourna. Le château passa à la Nation suite de l'émigration du baron Bande de Saint Père, et fut vendu comme bien national le 25 pluviose an VII.. La ville de Pont-l'Abbé en devint acquéreur en 1836, installa les services municipaux, les écoles, la gendarmerie, et plus tard la justice de paix. 

 Éléments protégés MH : l'Hôtel de Ville : inscription par arrêté du 2 décembre 1926. 

 château de Pont l'Abbé 29120 Pont l'Abbé 

 Téléphone : 02 98 66 09 03

   

 

Château de Brest

Dominant la rivière de la Penfeld et la rade, le château de Brest a été construit au XIIIe siècle sur l'ancien castellum romain (élevé vers 260 sous le règne de Postumus) sis sur un site d'éperon rocheux. Durant la période médiévale, le bourg s'étend et sort du château... Les deux bourgs primitifs devaient se situer l'un du côté de Recouvrance au pied de l'actuelle tour Tanguy et l'autre plus vaste et clos devant le château... De 1342 à 1397, les Anglais sont maîtres du château et par conséquent du site portuaire en Penfeld. Après cet épisode malheureux, le Duc de Bretagne récupère Brest. Au milieu du XVIe siècle, Philibert de L'Orme est chargé des fortifications de la Bretagne par Henri, duc de Bretagne (fils de François 1er et de Claude de France, duc de Bretagne de 1539-1547), mais surtout futur roi de France sous le nom d'Henri II ! (1547-1559). Philibert écrit avoir montré aux bretons de Brest "les bonnes façons de fortifier" et ce à moindre coût. En 1546 craignant une attaque de Brest par les Anglais, il rapporte : "par bonne fortune, je me trouvais à Brest, et fit si grande diligence à faire monter l'artillerie, et encore en faire de fausses artilleries pour montrer à l'ennemi sur les remparts, faire faire poudre et amasser à force personnes et femmes, apporter terre et fascine, à faire remparts et tranchées, et donnait tel ordre, faisant voir le peuple et faisant plusieurs fausses enseignes et planter à forces piques, et fit si bonne mine que l'ennemi ne nous assailla point ...".

Vers 1560, Pietro Fredance, ingénieur italien, est chargé de renforcer les défenses de la ville et du château. Le bastion de Sourdéac situé en avant du donjon est construit durant cette période. Le plus ancien plan du château de Brest date de 1640, on peut y voir les vieilles tours romaines rasées à la demande de Vauban en 1685 (aujourd'hui subsistent encore des traces du mur en moellon et briques, et d'une tour). Le château affecte la forme d'un polygone irrégulier flanqué de plusieurs tours : tour de la Madeleine, tour du Moulin, tour Française, tour de César, tour de Brest, tour Azénor, tour de la Duchesse Anne et donjon. La porte principale de type châtelet est protégée par deux tours coiffées en poivrière et dotées de mâchicoulis : les tours Paradis. Côté mer se trouvent le "parc du Duc" et le bastion Notre-Dame ainsi qu'une batterie extérieure située au ras de l'eau. En 1592, le château qui a épousé la cause royaliste est assiégé en vain par les Ligueurs pro-catholiques. Parallèlement, le colonel espagnol Don Juan del Aquila fait construire en 1594 un fort appelé "Castilla de Léon" sur l'actuelle pointe des Espagnols (rade de Brest) par Cristobal de Rojas afin de se positionner avantageusement face à l'Angleterre. Son but secondaire est de se rendre maître du château de Brest. Finalement, l'armée royale avec à sa tête Jean, duc d'Aumont, maréchal de France et dans ses rangs René de Rieux, sieur de Sourdéac, aidés de la flotte et de la troupe anglaise, fait le siège du fort espagnol et gagne la bataille en novembre 1594. Près de 4000 hommes moururent au combat et le fort fut rasé. Le toponyme : "pointe des Espagnols" rappelle cet épisode douloureux dans l'histoire de la presqu'île de Crozon. A mesure que l'arsenal et le port prennent de l'ampleur, la question de la fortification de la ville revient à l'ordre du jour. Les travaux de l'enceinte urbaine de Brest débutèrent dès 1674. Il s'agissait alors d'une fortification de campagne en terre composée de simples retranchements et de redoutes... En 1681, au delà de la défense de l'arsenal, il s'agit de fédérer les bourgs de Brest et Recouvrance séparés par la Penfeld et de concevoir une nouvelle ville tournée vers la mer, fonctionnelle, capable d´accueillir une population importante si nécessaire à la Marine du Roi Soleil. Le projet de Massiac de Sainte-Colombe qui trouva un début d'exécution en 1681, est repris et transformé par Vauban en mai 1683. Intégré dans le plan d'ensemble, le château médiéval est modernisé et adapté à l'artillerie moderne, il devient "citadelle" surveillant à la fois la ville, la campagne et le large... Glacis, chemin couvert et demi-lunes prolongent la fortification du côté de la terre. Les parapets sont redessinés et dotés d'embrasures plongeantes. Commencés en 1681, les travaux de l'enceinte urbaine se poursuivent jusqu'en 1705. Sous le règne de Louis XV, l'enceinte du côté de Recouvrance est renforcée par le front bastionné de Quéliverzan. Cet ouvrage protège le fond de l'arsenal. Pendant la Guerre d'Indépendance Américaine (1778-1783), les ingénieurs militaires redoutant une attaque terrestre après un débarquement anglais, construisent l'ouvrage fortifié du Bouguen et établissent une ceinture de forts détachés autour de la ville : fort de Penfeld, Questel, Keranroux, Montbarey, et Portzic (agrandissements des ouvrages existants). Pierre-Jean de Caux (directeur des fortifications de Basse-Normandie qui oeuvra à Cherbourg principalement et au fort de Saint-Père, au sud de Saint-Malo) dresse dès 1777 les premiers projets de forts détachés pour Brest. Au XIXe siècle, le dispositif est complété par la redoute de Keroriou et les forts des Fédérés et de Guelmeur (aujourd'hui détruits).

Après la rupture d'Avranches le 31 juillet 1944, de nombreuses troupes allemandes se replient sur la Forteresse de Brest (la "Festung"). Ce n'est qu'au prix d´une bataille sanglante : "la bataille de Brest", que la ville est libérée par les Américains le 18 septembre 1944. La ville n'est plus qu´un champ de ruines. Outre le château (Musée de la Marine) et le Cours Dajot qui permettent de se promener sur les remparts dominant la rade, d'autres sites ont été aménagés pour faire découvrir au public les vestiges des fortifications et l'histoire de cette ville maritime. Brest replonge ainsi dans son passé : dans le square Mathon, place de la Liberté, les vestiges de la demi-lune de Landerneau et de la porte Saint-Louis sont ressortis de terre ; face au château, la batterie du Cavalier est devenue un square et belvédère ; le fort Montbarey, un "mémorial" en 1984 ; l'extraordinaire fort du Questel est ouvert à tous depuis plus de dix ans ; les fortifications de Quéliverzan récemment dégagées et débroussaillées sont devenues un parc... En cherchant bien et en suivant la "ligne bleue" sur les trottoirs, on peut encore voir d'autres vestiges au Moulin à poudre (mur d'enceinte, galerie et fossé) et non loin de là, on pourra admirer la porte du Bouguen (détruite puis remontée à 400 mètres environ de sa position initiale)... 

 Éléments protégés MH : l'enceinte fortifiée : classement par arrêté du 21 mars 1923. 

 château de Brest 29200 Brest 

 Téléphone : 02 98 22 12 39

   

 

Château de Chef du Bois

Le château est un ensemble dont l'évolution est assez mal connue et qui présente d'importants remaniements. Il ne semble rien subsister du manoir initial, construit au XVe siècle par Jean Guérault. C'est au XVIIe siècle que fut reconstruit un château, selon un plan en U. Le marquis de Kerlozrec, propriétaire du manoir à la fin du XVIIe siècle, s'adressa à l'architecte brestois Le Petit, élève de Mansart et de Le Nôtre, pour faire agrandir le château. Les projets de l'architecte, trop ambitieux et trop coûteux, ne reçurent qu'un début d'exécution: transformation du toit du logis en toit à la Mansart, démolition de l'aile est, et peut-être début d'exécution du jardin, dont subsiste un bassin. La chapelle prévue fut ajoutée en 1777. L'ensemble actuel, quelque peu hétéroclite, n'a plus qu'une ressemblance lointaine avec la demeure initiale et avec le projet de l'architecte, mais conserve une architecture de belle qualité. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures de l'ensemble des bâtiments constituant le château. La cour avec ses murs de clôture, le cloître, le colombier, l'allée d'accès avec ses piliers. A l'intérieur, le grand escalier : inscription par arrêté du 23 décembre 1992. 

 château de Chef du Bois 29800 Pencran

 

 

Château de Cheffontaines

Au nombre des places fortes, le château féodal de Kergoat et le château de Bodigneau figuraient en bonne et due place dans le système de défense de la Cornouaille du sud et servaient de garnison aux ligueurs. Cet état de fait demeura jusqu'à la prise de Quimper par le Maréchal d'Aumont qui, après sa victoire, ordonna le démantèlement des places fortes. Bodigneau bénéficia d'une mesure d'exception. L'article XVI de la capitulation que le Maréchal accorda en1594 stipulait qu'à l'égard des fortifications de Bodigneau, y sera pourvu à leur démolition par le Maréchal, à la moindre faute et oppression que faire se pourra. Le peuple resta sage et Bodigneau échappa à la destruction, quant aux fortifications de l'ancien château féodal de Kergoat, dont le système de défense s'appuyait sur la présence de deux étangs qui existent encore actuellement, elles furent démantelées. Seul subsista le corps de logis central qui fut épargné et devint la résidence des Penfentenio. En 1662, Jean de Penfentenio acheta Bodigneau à Barthélémy Rosmadec, et obtint en 1680 l'érection en chatellenie de ses terres de Kergoat et de Bodigneau sous le nom de Cheffontaines, forme francisée de Penfentenio (pen : tête ou chef, fentenio : fontaine). En 1766, la seigneurie fut érigée en marquisat et c'est alors que le nouveau marquis de Cheffontaines se construisit une résidence digne du titre dont Louis XV avait gratifié son fief et Bodigneau fut en partie abattu pour fournir ses beaux matériaux de granit à la construction de l'actuel château. Quant survint la Révolution, l'ensemble du château n'était pas encore terminé. Ainsi les écuries et les pavillons jouxtant les douves ne furent jamais réalisés. Le parc comprenait de nombreuses essences rares, l'accès de la propriété se faisait par une grande avenue qui rappelle les vastes percées du Grand Siècle (dans sa partie la plus étroite, elle mesure 1,10 m de large). 

 Éléments protégés MH : le château, sauf les parties classées : inscription par arrêté du 25 février 1928. Les façades et les toitures, le vestibule d'entrée, le grand escalier, le petit salon, le grand salon et la salle à manger : classement par arrêté du 26 mars 1958. 

 château de Cheffontaines 29950 Clohars-Fouesnant

 

 

Citadelle de Concarneau

Doté d'une source, le site de Concarneau "naturellement défendu" est occupé très tôt par les hommes. Ville close par excellence, la cité maritime établie sur l´île de Conq : "la grande coquille" est très fréquentée au Moyen Age car elle se situe sur l'itinéraire le plus court entre Quimper et Pont-Aven. Occupée à maintes reprises par les Anglais, elle se soumet à Du Guesclin en 1373. Les fortifications sont remaniées au XVe puis au XVIe siècle. Au XVIIe siècle, la cité dotée d'une centaine de foyers est en perte de vitesse... Intégrant Concarneau dans le système défensif de la province de Bretagne et du Royaume, Vauban fait moderniser les fortifications de la ville entre 1692 et 1699. Face à la terre, les tours d'artillerie du Major (au nord) et du Gouverneur (au sud) encadrant le front d'entrée et le ravelin sont renforcés par un chemisage en granite de plusieurs mètres d'épaisseur au XVIe siècle et des éperons au XVIIe siècle. Pour échelonner la défense en profondeur, Vauban adapte une nouvelle porte comprenant pont-levis et fossé en arrière de la demi-lune. Coté mer, l'ingénieur dote l'enceinte d'embrasures plongeantes aux endroits les mieux tournés face à la passe d'entrée : la tour du fer à Cheval et face à l'arrière-port : la tour Neuve. Traverse, ingénieur en charge des côtes de Cornouaille, propose vainement en 1693, 1698 et 1699 des agrandissements avec notamment la surélévation de la tour du Gouverneur. Ces projets, pourtant validés par Vauban, sont rejetés par le Roi qui juge cette place comme "fortification ordinaire". En juillet 1695, Vauban lui-même (il est quand même commandant de Haute et Basse Bretagne !) faisait remettre à Concarneau et au château du Taureau des munitions pour les mettre en état de défense. Contestée au XVIIIe siècle, Concarneau voit son rôle militaire réaffirmé au XIXe siècle du fait de sa position géographique à mi-chemin entre Brest et Lorient. Les parapets sont surélevés et percés de créneaux de fusillade tandis qu'une nouvelle caserne et un magasin à poudre sont construits vers 1837. L'île de Conq devient à la fin du XIXe siècle un poste de ravitaillement pour les torpilleurs de la défense mobile Française. La ville close de Concarneau est un site exceptionnel pour comprendre six siècles d'évolution de la fortification. Les fouilles archéologiques entreprises ces 30 dernières années ont permis de redécouvrir toute une typologie d'embrasures (archères, archères-canonnières, canonnières, embrasures plongeantes, créneaux de fusillade etc.), portes et poternes... qui permettent de mieux comprendre l'histoire de cette cité. 

 Éléments protégés MH : les remparts : classement par arrêté du 27 février 1899. Les remparts de la ville close comprenant la tour du Gouverneur et la tour du Major , quant à leur extérieur seulement, les courtines adjacentes et fermant les terrains et bâtiments affectés au Service de la Guerre, à savoir la partie du front attenant à la tour du Gouverneur et la poterne d'accès : classement par arrêté du 20 août 1913. 

 forteresse de Concarneau 29900 Concarneau

 

 

Château de la Coudraie

En bordure du chemin qui prend au village de Stang-ar-Bacol, sur la route de Quimper à Plonéour-Lanvern, et conduit au bourg de Tréméoc, on ne peut manquer l’entrée du château de La Coudraie. Elle se signale en effet par une clôture comportant huit piliers monumentaux fort curieux, à double corniche, surmontés de vases, décorés de personnages diaboliques, d’un lion héraldique, d’une couronne comtale que l’on peut attribuer aux Charmoy, le tout indiquant le XVIIe siècle. Il s'agit de l'ancienne terre seigneuriale dépendant de la baronnie du Pont, qui avait son siège à Pont-l’Abbé. L'acte le plus ancien en faisant mention remonte à la Réformation de 1426 et un nom nous est révélé dans un aveu de 1478: celui de Jehan de La Coudraye. Cette famille porte "vairé d’argent et de sable au baston de gueules brochant sur le tout" (armes représentées jadis sur un tombeau dans le chœur de l’église de Pont-l’Abbé). Les seigneurs primitifs du dit nom disparaissent et, en 1551, La Coudraie devient la propriété de Hervé Le Vestle, seigneur de Keraret en Nizon et de Poulguinan, qui blasonne "de sable au grelier d’argent enguiché d’or accompagné de trois merlettes de même". A la montre noble de 1562, le sieur de La Coudraye dit fournir deux arquebusiers à cheval. Hervé Le Vestle trépasse en 1572 et La Coudraie reste entre les mains de Marie-Guyonne de Kerouant, que le défunt avait épousé en secondes noces. Pendant les guerres de religion, les Kerouant sont devenus huguenots, c’est-à-dire qu’ils ont embrassé le parti du baron du Pont, Toussaint de Beaumanoir, dont la dame de La Coudraye est vassale. Pont-l’Abbé tient pour Henri IV, mais Quimper s’est rallié à la Ligue, le parti catholique, rangé derrière le duc de Mercœur, Gouverneur de Bretagne. En 1590, le baron du Pont participe au siège d’Ancenis, laissant le commandement de la place à un sergent dénommé Trongat, "jeune tête éventée", qui pousse l’outrecuidance jusqu’à faire des incursions aux abords de Quimper. Des représailles sont à craindre: la dame de Kerouant quitte La Coudraie par mesure de précaution et se réfugie au Château de Pont-l'Abbé, ainsi que son frère, Jean de Kerouant, sieur de Kernuz (en Plomeur), qui arrive avec famille, meubles et bagages. En fait, les Quimpérois s’en viennent à Pont-l’Abbé "comme à des noces", ayant à leur tête le Capitaine Le Prestre de Lézonnet. Au Château, Trongat risque un œil par une petite lucarne. Il reçoit un mauvais coup d’arquebuse et en meurt. Ses gens se rendent. Jean de Kerouant est parmi les prisonniers. Poursuivant leur entreprise de pacification, des Compagnies vont à La Coudraie où logent des hommes d’armes du parti huguenot. Ceux-ci sont pris et le château pillé, comme le sera celui de La Palue, dans les faubourgs de Quimper, propriété aussi de la dame de Kerouant. On n'y laisse "aucuns meubles ni grilles de fenêtres".

Marie-Guyonne, veuve d'Hervé Le Vestle, a un fils prénommé Charles, décédé en 1617 et, l’année suivante, elle s’éteint à son tour. La Coudraie revient alors à Nicolas de La Haye, seigneur du Plessix au Chapt (dont la mère est Ester Le Vestle, sœur de Charles). Mais Hervé Le Vestle avait eu une fille, Claude, de son premier mariage, dont descend un noble bourguignon, Sylvestre de Charmoy, qui se porte héritier. Les deux parties entament un procès qui durera plus de vingt ans, pendant lesquels La Coudraie se délabrera. C’est Sylvestre de Charmoy qui finit par s’y installer en 1643. Il est fortuné mais, en fait de noblesse, il est débouté en 1670, faute de pouvoir produire des titres suffisants. Il rétablira la situation à son avantage par la suite et pourra faire graver cette couronne comtale qui se voit sur un pilier à l’entrée de La Coudraie restauré. Sylvestre de Charmoy a épousé Marguerite Autret, nièce de Guy Autret de Missirien, hagiographe et généalogiste. Elle lui donne onze enfants qui meurent à l'exception d’un seul, Guy, né en 1645. Ce dernier s’unit en 1675 à Bonne-Prudence Raoul et, après le décès de celle-ci, à Yvorée Querguiris. Son fils Jacques, seigneur de Keraret, Lezoualch et La Coudraye, né en 1680, continue la lignée. Il se marie avec Gilonne de Quélen. Jacques était violent et autoritaire, un jour que le recteur de Tréméoc, à la fin de la messe, se plaint devant les fidèles de son sonneur de cloche qu’il menace de remplacer, Keraret se lève furieux, va vers l’autel, frappe sur la balustrade, disant qu'il n’a pas le droit de disposer ainsi de ce serviteur de la paroisse. Le recteur, qui ne paraît pas non plus être un modèle de patience, rétorque au sieur de Keraret que ce n'est pas son affaire et qu’il devrait "songer plutôt à chasser les voleurs qui sont chez lui". Se mêle la dame de Keraret, Gilonne, qui lance au curé "et vous de chasser la putain que vous avez dans votre maison". Le recteur, qui ne s’embarrasse pas non plus des moyens, s’approche de la châtelaine, "la prend par le nez et la met hors de l'église, la menaçant de la faire enfermer aux Madelonnettes le reste de ses jours". Epilogue de cette histoire, la servante devient l'épouse du frère du curé.

Jacques de Charmoy disparaît en 1729, sans laisser d'héritier direct. La Coudraie revient à son neveu François de Talhoët qui, habitant l’évêché de Vannes, vend, au prix de 120.000 livres, manoir et terres, à Marguerite Milon, veuve de Robert Guérin, ancien Conseiller du Roi à l’île de Saint-Domingue. En 1733, la veuve Guérin se remarie et vend La Coudraie à Paul Mascarenne, sieur de Rivière, établi à Pontivy, mais d’une famille languedocienne, qui porte "d’argent au lion de gueules, armé et lampassé d’or, accompagné de trois étoiles de sables rangées en chef". Paul Mascarenne, époux de Jeanne de La Pierre du Hénan, fait de La Coudraie sa résidence d’été car il a son hôtel à Quimper. L’aîné de ses enfants, Jean-Paul-Mathieu, frère du futur amiral, marié à Angélique Henry de Bohal, hérite de La Coudraie et, après lui, son fils Paul-François, chef de nom et d’armes, époux d’Adélaide-Claudine d’Andigné. Pendant la Révolution, Paul-Françcois, Capitaine de Vaisseau, émigre. Son oncle, Charles-Joseph, né en 1738 à La Coudraie, nommé Amiral et, en 1720, Commandant de la Station des Iles du Vent et du vaisseau "La Ferme", entre en dissidence et, en 1792, est décrété coupable de haute trahison. Leurs biens sont placés sous séquestre. Les Mascarenne de Rivière ont leur hôtel à Quimper et le mobilier de La Coudraie est relativement modeste. Il est vendu aux enchères les 27 et 28 thermidor an II (14 et 15 août 1794). Il y a là une trentaine d’acheteurs, dont Louise Renaud, dite "Louison", revendeuse, que l’on trouve dans les ventes de la région, où elle fait des affaires. Elle est en outre rétribuée, en tant que connaisseuse, pour fixer les mises à prix. La vente rapporte 3.098 livres. S’y ajoutent 1.138 livres représentant la valeur de la literie et des objets en métaux précieux mis en réquisition par la Nation. Différents acquéreurs se partagent aussi les terres de La Coudraie.

L'un d’eux, le dénommé Huard, deviendra propriétaire du manoir en 1810. Il s’agit de Jean-Baptiste Huard, né à Viessoix (Calvados) le 16 décembre 1774, de Jean et de Anne Patard. Défenseur de la patrie, il s’est engagé au 7e Bataillon du Calvados en qualité de Capitaine le 22 septembre 1792. Il doit aux hasards de la vie militaire et de la guerre d’être en Bretagne. Il sert en l’an III au 3e Bataillon de la 14e demi-brigade, en garnison à Brest, incorporé à l’armée placée sous le commandement du Général Moreau, Morlaisien qui, avant d’être impliqué dans le complot de Cadoudal, chasse le Chouan. Jean-Baptiste Huard a dépensé environ trente mille francs pour entretenir et améliorer le domaine de La Coudraie. Il y fait des plantations, dont l’allée de tilleuls qui donne accès à la propriété, et décide de faire rebâtir le manoir. Les premiers travaux sont entrepris le 17 septembre 1817, sur les plans de l’architecte Eloury, de la famille des faïenciers de Locmaria à Quimper, et qui sera maire de cette ville de 1833 à 1835. En 1818, le couvreur Autret exécute la toiture et, en février 1819, les planchers et boiseries sont mis en place. Il faut attendre la fin de 1820 pour voir l’achèvement des travaux. L'intérieur, de style Empire, doit au maître plâtrier Philippon, de Brest, de beaux plafonds, notamment celui de la salle. L'architecte n’a pas cherché de complications. L'édifice est une grande maison carrée, en pierres de taille, comportant un étage pourvu de sept fenêtres. La façade principale est soulignée par une corniche à modillons et la porte, en haut d’un perron, est ornée d’un fronton classique. Deux ailes de bâtiments de service bordent la cour. La plus ancienne a été rebâtie ou remaniée au début du XVIIIe siècle. Chacune de ses lucarnes de pierre porte des dates différentes: 1675, 1710 et 1721. L’autre aile a été construite en 1821, c’est-à-dire en même temps que le manoir, lequel coûta trente-six mille francs. Jean-Baptiste Huard est nommé par le Préfet, maire de Pont-l’Abbé en mai 1833, il reste en fonction jusqu’en septembre 1837.

Huard a cinq enfants, un fils prénommé, comme son père, Jean-Baptiste, et quatre filles: Marie-Michelle, épouse de Charles Le Bihan-Durumain, propriétaire à Pont-l’Abbé, Aline-Yvyonne, femme de Louis-Jacques Nicou, propriétaire au Stang en La Forêt-Fouesnant, Aline-Alexandrine, épouse de Armand-René Maufras Duchâtellier, à l’époque propriétaire à Quimper, et Françoise-Yvonne, demeurant aussi à Quimper. Jean-Baptiste, dit Baptiste, est né en 1796 à Pont-l’Abbé. Son père, qui voit en lui son successeur, tient à ce qu’il fasse de solides études. Il l’envoie au Lycée de Rouen, puis à Pontivy. Baptiste se signale par son esprit dissipé. Son père le rappelle près de lui vers 1815, voulant l’intéresser au commerce. Mais il quitte la maison pour s’engager dans un régiment de hussards. On paie un remplaçant. Le jeune homme revient à Pont-l’Abbé où il poursuit ses désordres de noceur. En 1834, il veut s’établir à La Valette (Charente), puis à La Rochelle. Son père lui envoie de l’argent en le morigénant: "Je désire que tu trouves à t’occuper, car l’oisiveté engendre tous les vices. Si la raison t’est revenue, tu dois regretter d’avoir longtemps méprisé mes conseils". Baptiste dilapide encore cet argent. Il se présente à Quimper chez sa sœur Duchâtellier qui l’habille de pied en cap. Elle entreprend, ainsi que son mari, de le réconcilier avec son père. Mais celui-ci, qui refuse de le recevoir, consent à aider pécuniairement à son installation à Bréal, près de Rennes, où les Duchâtellier ont des relations. Cependant, Baptiste Huard n’a pas changé. Il passe ses nuits dehors en beuveries.

Après le décès de sa mère survenu en 1839, Baptiste paraît se corriger. Il revient au pays et épouse, contre le gré de son père qui craint pour l’avenir, une demoiselle d’excellente famille. Hélas celle-ci décède un an seulement après leur mariage. Huard père tenait à ce que la terre de La Coudraie restât le plus longtemps possible dans la famille et, en conséquence, elle est évaluée à dix-huit mille francs. Le hasard, qui voulait bien faire les choses, désigne, lors du tirage par lots, le nouveau propriétaire en la personne de Baptiste. Il s’installe au manoir et s’y ennuie sans doute car, vers 1849, sa sœur Yvonne (Françoise) fait bâtir une maison pour lui à Pont-l’Abbé. Cette construction achevée, il refuse de l’habiter. Il continue donc à vivre à La Coudraie, entouré de mauvais compagnons qui lui rendent la vie dure, ce qui ne l’empêche pas d'arriver à l’âge de 83 ans. Le 9 mai 1879, un médecin est appelé au manoir, Baptiste vient de se donner un coup de couteau dans le ventre, disant que la vie lui est impossible et qu’il faut en finir. Baptiste Huard meurt des suites de sa blessure dans la nuit du 28 mai. Au début du siècle, le Comte Henry Le Nepvou de Carfort acquiert La Coudraie, de M. et Mme Bois, descendants de Huard. Capitaine de Frégate, ancien attaché naval à l’Ambassade de France à Rome, né en 1851 à Rennes, il appartient à une très ancienne famille du pays de Quintin qui blasonne "de gueules à six billettes d'argent au chef du même". Le Commandant de Carfort partageait son temps entre son manoir de la Forest en Loctudy et Paris. La Coudraie est aujourd’hui la propriété du Comte Maurice de Pourtalès et de Madame, née Le Nepvou de Carfort. Les Pourtalès sont d’une famille protestante, originaire des Cévennes, qui émigra lors de la Révocation de l’Edit de Nantes et se fixa à Neuchâtel sous le Gouvernement du Roi de Prusse. Ils ont donné à l’Allemagne et à la Suisse, des banquiers, des diplomates. Un Pourtalès était Ambassadeur d’Allemagne en Russie en 1914. Une branche de cette famille est française. Le Comte Maurice de Pourtalès, né en Suisse, est Français depuis la guerre, ayant combattu dans l’armée française. 

 Éléments protégés MH : le château, les façades et les toitures des communs, le portail et la clôture d'entrée en bordure du C.D. 240 : inscription par arrêté du 18 décembre 1967. 

 château de la Coudraie 29120 Tréméoc

 

 

Château de Guilguiffin

Manoir attesté dès le XVIe siècle. Nicolas-Louis de Ploeuc confie la direction des travaux du château à l'architecte Nicolas Pochic en 1750. L'ancien donjon est supprimé en 1797 ; la première chapelle édifiée vers 1752 est reconstruite en 1847 ; des souches de cheminée et des gargouilles ont été déplacées à Plozévet (presbytère). Colombier de l'ancien manoir, attesté au XVIe siècle... Depuis longtemps, Nicolas-Louis, marquis de Ploeuc souhaitait reconstruire le manoir familial qui tombait en ruine et voulait bâtir un lieu digne du rang et de l'ancienneté de sa famille. Le 20 août 1749, il commence son projet au château du Guilguiffin par un inventaire des meubles et effets de l’ancienne demeure. Dès le 7 février 1750, les premiers paiements sont donnés aux ouvriers et à son architecte Nicolas Pochic : la construction du château a donc débuté. L’architecte Nicolas Pochic est originaire de Pont-Croix. Il est surtout connu pour avoir réalisé des réparations et des procès-verbaux d’expertise dans des presbytères. En 1750 Nicolas Pochic est considéré comme entrepreneur et maître des ouvrages au château du Guilguiffin en Landudec.

Le château de Guilguiffin est composé de plusieurs matériaux de diverses provenances. Le granite, pierre emblématique, est omniprésent sur le site. Le granite est à la fois prélevé dans des sources granitiques, à Plogastel-Saint-Germain, mais il est également issu de récupération. Le château du Guilguiffin est construit à l’emplacement d’un ancien manoir. Le maître d’ouvrage, Nicolas-Louis de Ploeuc, ne se retrouvait pas dans ce manoir jugé trop exigu et négligé. Une nouvelle demeure est édifiée. Dès le début de 1750, la démolition du manoir familial est bien avancée. Les pierres sont ensuite retaillées et servent à l'édification de la nouvelle maison. Hypothétiquement, l’ancien manoir familial des Ploeuc n’apparaît pas avoir été le seul édifice utilisé pour la construction du château de Guilguiffin. Le manoir de Tyvarlen en Landudec semble avoir été dépouillé de ses pierres pour servir à l’édification de la bâtisse de Nicolas-Louis de Ploeuc. Le château du Guilguiffin comporte une façade Sud (corps de logis central et deux pavillons en saillie d'environ soixante mètres), sobre, classique, avec peu de décorations : un léger bossage et une corniche à modillons. Une grande symétrie est à noter dans les fenêtres disposées sous un arc bombé. Le toit est à long pan et est orné de lucarnes et de cheminées. La façade Nord reprend une disposition quasiment identique à la façade Sud. S’ajoute deux éléments : des tourelles (probablement d'anciennes garde-robes) accolées aux pavillons et un pavillon en saillie dû à l’escalier hors-œuvre. L’intérieur est composé d’un rez-de-chaussée, avec pour le corps central : vestibule dallé de granite plus escalier en fer forgé sûrement réalisé par le serrurier Yves Guillevine, un salon (poutres et boiseries d’origines), une salle à manger (poutres et boiseries d’origines), pour le pavillon Ouest : cuisine, office, petite salle à manger, pour le pavillon Est : studio, salon. Entre les pavillons et le corps central est disposé deux escaliers de dégagements. Le premier étage : le corps de logis central est divisé en blocs compacts indépendants les uns des autres. Seules deux pièces partagent une porte commune, qui les rend accessibles entre elles de l’intérieur. Pour entrer dans les différents appartements, il faut passer par le couloir au Nord. Les pavillons Ouest et Est comporte trois pièces, apparemment destinés à la chambre et ses services. Le château est composé d’une cour d’honneur et d’un parc, la disposition n’est pas entre cour et jardin, mais avec la façade en "fond de scène", puis la cour d’honneur et ensuite s’ouvre le parc. La cour d’honneur encadre parfaitement l’édifice, avec un carré d’environ soixante mètres de côté. Elle est composée d’un muret exécuté en moellons, et est en petit appareil irrégulier pseudo isodome. Sur le muret est disposé des piliers en granite, couronné par une décoration interprétée comme des pots à feu. À l’entrée de la cour d’honneur, qui répond symétriquement à celle du château, se trouvent deux piliers monumentaux prenant la forme d’une croix grecque. Ces deux piliers sont décorés sur leurs côtés d’un aileron à volutes rentrantes, agrémentés de motifs floraux, s’en suit un entablement à corniche, égayé aussi par des ornements végétaux. Des sculptures représentants des scènes de chasses surmontent les piliers. Nous pouvons y voir au milieu un sanglier, entouré par deux chiens qui essaient de l’attraper. Un puits est situé dans la cour d’honneur. Le parc est composé de cinq grandes allées qui forment une patte d’oie au-devant de la cour d’honneur. Le parc est organisé avec de vastes tapis verts et des rangés de murets en hémicycle, accompagné de piliers, qui rappelle ceux de la cour d’honneur. A l’Ouest du parc se trouve le colombier, attesté depuis le XVIe siècle. Le colombier apparaît comme une tour ronde et basse, à l’intérieur il est percé de rangés de boulins et en comporte six-cent-quarante, il est dit à pied. Au Nord de la demeure se trouve les communs, la cour des communs, et la chapelle de 1847. A l’Est de la demeure se trouve le potager.

 Éléments protégés MH : le château et le parc, à savoir : les façades et les toitures du logis, l'escalier intérieur et sa rampe en fer forgé, les deux salons de part et d'autre du hall d'entrée (grand salon et salle à manger), les façades et les toitures des communs et de la chapelle (cour nord), la cour d'honneur avec sa clôture (cour sud), ainsi que le pigeonnier, la fontaine, le bassin et le pédiluve à chevaux situés dans le parc (sud-est), le jardin clos de murs à l'est du logis, les allées formant la patte d'oie avec leurs abords boisés à savoir l'allée sud-est jusqu'à la fontaine, l'allée est jusqu'aux vestiges archéologiques inclus, les allées sud, sud-ouest et ouest jusqu'au chemin périphérique desservant le hameau de Kernévez, le tapis vert et ses deux clôtures, l'allée d'arrivée au château y compris les deux piliers d'entrée placés en bordure de la route départementale 784 jusqu'au hameau de Véloury et Le Cosquer, l'allée ouest en cours de reconstitution, la parcelle boisée au nord du château y compris le mur nord longeant la route nationale et les vestiges archéologiques qu'elle contient : inscription par arrêté du 7 août 2002. 

 château de Guilguiffin 29710 Landudec 

 Téléphone : 02 98 91 52 11

   

 

Château de Hénant

La partie la plus ancienne du château remonterait au XVe siècle. La chapelle et la tour polygonale datent du XVIe siècle. Le reste du bâtiment a été reconstruit au XIXe siècle. La tour polygonale semble avoir toujours été placée telle qu'elle est par rapport au corps de logis. Elle est elle même flanquée d'une tourelle d'escalier polygonale. Des communs devaient exister un peu plus à l'ouest, s'appuyant à une courtine, mais le tout a été abattu. La courtine percée de deux portes, aboutit, à gauche, à une grosse tour polygonale et, à droite, à la chapelle. 

 Éléments protégés MH : la tour, la courtine bordant la cour sud, la grosse tour reliée à cette courtine et la chapelle : inscription par arrêté du 4 mars 1935. 

 château du Hénant 29920 Névez

   

 

Château de Kerampuil

Installé auprès des vestiges d'un édifice habité au XVIe siècle par le procureur à la Cour de Carhaix et par Gilles de Kerampuilh, chanoine de la collégiale Saint Trémeur. Le château, de plan régulier, est construit vers 1760 pour Charles Robert, Conseiller au Parlement de Bretagne, comprenant un corps de logis central et deux ailes débordantes. Le château reste propriété de la famille de Kerampuilh jusqu'à la Révolution et sa vente comme bien national. Sous la Restauration il est rendu à la famille qui le cède en 1939 sous réserve qu'il serve d'hospice. Chapelle construite en 1840 (porte date) pour le Vicomte de Saisy. Avec la transformation en hospice, l'édifice a perdu tous ses intérieurs hormis un grand escalier de bois à double révolution avec balustres et quelques portes 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château : inscription par arrêté du 12 juillet 1965.

 château de Kerampuil 29270 Carhaix-Plouguer

 

 

Château de Keranroux

La Seigneurie de Keranroux, connue depuis 1301, a été cédée au XVIIIe par la famille du Parc à Madame de la Fruglaye, née Sophie de Caradeuc, fille de Louis René de Caradeuc de la Chalotais, procureur général du Parlement de Bretagne. L'ancien manoir fut remplacé en 1773 par le château actuel, qui devint la résidence de la famille de la Fruglaye. Le bâtiment, de plan rectangulaire et d'ordonnance classique, occupait le centre d'un domaine composé d'un jardin entouré d'un parc. L'ensemble a subi aux XIXe et XXe siècles des modifications, toiture du château, sculpture de son fronton, reconstruction des communs, d'une maison de style Directoire dans le bas du parc et d'une ferme modèle à l'autre extrémité du domaine. Ces ajouts importants n'altèrent cependant pas la perception que l'on a du domaine. Chapelle néo-gothique bâtie de 1839 à 1843 (gisant du XVIIe siècle attribué à Roland Doré provenant de l'église de Plouguien). 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures, la suite des pièces du rez-de-chaussée, le vestibule et son escalier, les façades et les toitures de la chapelle, des communs, de la maison du régisseur et de la ferme de Roz ar Prat, le colombier et la fontaine, le jardin avec ses terrasse, les ruines de la chapelle médiévale : inscription par arrêté du 19 novembre 1992. 

 château de Keranroux 29600 Morlaix (Ploujean)

   

 

Château de Kerazan

Sur la route qui, de Pont-l’Abbé, mène à Loctudy, on rencontre la chapelle de Notre-Dame des Croix, sise justement à un croisement de routes, et dont l’origine remonte au XIIIe siècle. Au pied de la croix érigée près de ce sanctuaire, le seigneur de Kerazan recevait chaque année, le jour du Pardon, l’hommage féodal de son voisin de Kervéréguin. Il se traduisait par l’offrande d’un gant d’épervier muni de ses sonnettes, d’un pot de vin, d’un liard de pain et autant de poires. La route en face de la chapelle conduit au château de Kerazan. À quelques centaines de mètres apparaît sa grille d’entrée qui s’ouvre sur de larges avenues, un parc, dessiné au temps des seigneurs du lieu, planté de très beaux arbres et entouré en partie d’une douve remplie d’eau. L'édifice, rehaussé par ce décor qui le rend plaisant, manque d'unité architecturale dans l’ensemble: un bâtiment, appelé le Vieux Manoir, appartient probablement au XVIe siècle avec sa tour carrée couverte en poivrière, le reste de la construction date du début du XVIIIe siècle, sans parler des adjonctions ultérieures. Les combles de cette demeure et de ses dépendances voient le jour par des lucarnes à frontons demi-circulaires chargés d’urnes, ou simplement triangulaires sans ornement, ou encore par des œils-de-bœuf. Les plus anciens possesseurs que l’on connaisse de Kerazan sont les Kerfloux, sergents féodés, héréditaires du Baron de Pont-l’Abhbé. Un Alain de Kerfloux signe, en 1350, un acte qui a trait à la chapelle du château de Pont-l’Abbé, et un Christophe du même nom fonde, en 1540, deux tombes dans l’église de Pont-l’Abbé, lesquelles seront enlevées par la suite. Les Kerfloux disparus de Kerazan, les Riou de Kernuz et les Drouallen s’y installent.

En 1637, René Drouallen, fils de Jacques, natif de Plounévez-Quintin, seigneur de Lesnalec, Lestrenec, Kerandraon et Kerazan, est sénéchal de Pont-l’Abbé. Dans les années 1690, Louis Drouallen, seigneur de Kerazan, est Conseiller du Roi et son alloué au siège présidial de Quimper. Puis Anne-Josèphe Drouallen épouse Yves-René Le Gentil, écuyer, seigneur de Rosmorduc. Ils héritent de Kerazan. Ce Le Gentil de Rosmorduc est riche en titres: Chevalier des Ordres royaux militaires et hospitaliers de Notre-Dame du Mont-Carmel, de Saint Lazare et de Jérusalem, ancien Capitaine au régiment de dragons de Bretagne. À Logonna-Daoulas existe toujours le vieux château des Comtes de Rosmorduc. Un membre de cette famille, René-Hyacinthe, a épousé Catherine-Agathe Fleuriot de Langle, sœur du compagnon de Lapérouse. Puis c’est la Révolution. Louis-Ange-Aimé, ancien officier, fils aîné de Yves-René Le Gentil de Rosmorduc et de Anne-Josèphe Drouallen, abandonne le sol de la liberté, comme disent les administrateurs révolutionnaires, et n’y remettra les pieds que pour prendre du service dans la Chouannerie. Aussi quand les officiers publics se présentent à Kerazan, le 4 septembre 1793, n’y trouvent-ils qu’une paysanne, fermière des Rosmorduc: Marie Poulichet, femme de Corentin Daniel, qui de surcroît est aveugle. L’inventaire se fait sans difficulté dans la cuisine. Mais la pièce appelée "les archives" est fermée à clef et celle-ci est probablement entre les mains de Jacques Royou, ci-devant comptable des Rosmorduc. On fait encore sauter la serrure d’un placard: il contient de la vaisselle. Enfin, on inventorie le mobilier de la chapelle. Deux charrettes sont nécessaires pour transporter ces meubles et effets. Le mobilier sera vendu au château de Pont-l’Abbé: le grand moulin à eau de Kerazan, le moulin à vent de Kergolven, la métairie du Dourdy, le tout acheté par le citoyen Louis Derrien, de Loctudy, pour 42.000 livres. Le 15 thermidor an II (3, le manoir de Kerazan revient au même acquéreur pour 30.000 livres.

En 1814, Louis Derrien, veuf deux fois et remarié, meurt à Loctudy et les Normant-Derrien héritent du domaine de Kerazan. Edouard Le Normant s'appelle plus exactement Le Normant de Varannes. Une tradition familiale le fait descendre de Henri Le Normant, l’un des cinq bourgeois de Calais qui, avec Eustache de Saint-Pierre, se livrèrent, en 1347, à Edouard III, afin de sauver leur ville. Cet Henri fut récompensé par Philippe de Valois qui lui octroya des seigneuries et des charges considérables. Un Jean Le Normant fut secrétaire de Charles VII. À la même époque, un Regnaudin du même nom rendit des services au Roi. Un Joseph Le Normant, régent de l’Université d'Orléans, fut maire de cette ville de 1717 à 1725. Edouard Le Normant est son arrière-petit-fils. Il a la vocation de bâtisseur. Sous sa direction s’élèvent des immeubles neufs dans le quartier Mesgloaguen à Quimper, dont un portera un temps son nom. Il construit vers 1840 de nouvelles halles à Pont-l’Abbé: deux maisons contiguës et une galerie cédées en 1853 au maître maçon François-Marie Stéphan. Quant au manoir de Kerazan, il devient la propriété de René Arnoult, notaire, de Pont-l’Abbé, issu d’une famille qui a donné deux maires à cette ville: en 1790, Jacques, avocat et en 1829, Michel, médecin. La fille de René, prénommée Noémie s’unit en 1855 à Joseph Astor, né en 1824 à Ajaccio, fils d’un autre Joseph Astor, originaire du Lot, Colonel qui, après avoir fait les campagnes de la Révolution et de l’Empire, s’était retiré à Quimper, dont il a été maire. En 1901, son éloge funèbre est prononcé à la tribune du Sénat par Armand Fallières, futur Président de la République. Il laisse un fils aussi prénommé Joseph, né en 1859 à Quimper. Esprit cultivé, docteur en droit, amateur d’arts, il vit retiré à Kerazan, avec ses souvenirs, amoureux des arbres et du paysage qui l’entourent. Il enrichit la collection qu’il tient de sa famille, peintures, dessins, gravures...

Il meurt en 1928, et, par testament, il lègue tous ses biens, le domaine de Kerazan et des fermes aux alentours, à l’Institut de France, en précisant : "je veux, par l’emploi de ma fortune et par une institution utile, rappeler le souvenir des miens dans le pays, au bien-être et à la prospérité duquel ils ont consacré une bonne partie de leur vie et le meilleur de leurs efforts". Joseph Astor, outre la création d’un musée, exprimait le vœu que soit dispensé à Kerazan un enseignement d’art appliqué et industriel destiné aux jeunes filles du pays. En 1931, on ouvre à Kerazan un atelier de tapis. C’est un membre de l'Institut, M. Fenaille, qui a eu l’idée de faire apprendre ce métier aux bigoudènes. On apprend également à Kerazan la broderie, spécialité bigoudène, et on compte une vingtaine d’élèves en 1939 sous la direction de deux professeurs, dont Mademoiselle Toulemont qui s’occupera plus tard du musée. En 1946-47 on enseignera aussi la coupe et la couture, ce jusqu’en 1966. Le premier conservateur de la Fondation Astor est M. Georges Souillet, artiste-peintre. Travaillant pour son plaisir, il a parcouru, à bicyclette, la plupart des régions de France, mais Loctudy le retient car c’est, dit-il, l'endroit le plus beau qu’il ait trouvé. Kerazan a l’attrait d’un manoir breton que l’on peut visiter, du moins la partie ouverte au public: le grand salon, la salle de billard, le salon Arnoult, le salon vert de Mme Astor. En fait, c’est encore chez les Astor que l’on est reçu. Le mobilier même parle d’eux. Le connaisseur, l'artiste y verront une intéressante exposition d'œuvres de maîtres Cottet, Maurice Denis, Steinlen, Desvallières. Lucien Simon, et autres, comme Auguste Goy qui nous a laissé d’émouvants témoignages sur le pays de Quimper au siècle dernier.

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du corps de logis & de l'aile en retour Est à l'exclusion des communs du début du XXe siècle attenants au pignon ouest. Les cinq pièces du rez-de-chaussée, la salle à manger, le grand salon, la salle de billard, le fumoir, la bibliothèque. Le parc et ses murs de clôture, y compris les éléments du système hydraulique du XVIIIe siècle (citerne, vivier, canal) et les douves : inscription par arrêté du 24 août 2000. 

 château de Kerazan 29750 Loctudy 

 Téléphone : 06 04 44 35 12 

 

 

Château de Kergournadeach

Construit à la fin du XVIe siècle, ce château fut habité pendant 150 ans avant d’être volontairement détruit par ses propriétaires vers 1760 et exploité comme carrière. Grâce à ses tours monumentales et ses mâchicoulis, il est considéré comme le dernier château-fort construit en France. Il est assimilé au château de Chambord. Aujourd’hui seuls les murs extérieurs, les tours ainsi que les cheminées sont visibles. La légende veut qu’un jeune de la famille de Nuz ait accompagné Saint Pol Aurélien (un des sept Saints fondateur de la Bretagne) à l’île de Batz pour y combattre un dragon. En récompense de sa bravoure, le jeune Nuz reçut le domaine de Ker-gour-na-déac’h : "lieu de l’homme qui ne fuit pas". Éléments protégés MH : les restes du château : inscription par arrêté du 19 juin 1926. 

 château fort de Kergournadeac'h 29233 Cléder 

 Téléphone : 02 98 69 43 01

 

 

Château de Kergroadez

Le château de Kergroadez a été bâti entre 1602 et 1613, selon un plan inspiré de celui du château de Kerjean, édifié quelques quarante ans plus tôt: il est constitué par trois ailes disposées en U autour d'une cour fermée par une galerie, avec quatre pavillons d'angle. Si la distribution interne s'inspire de celle de Kerjean, l'architecture s'en distingue par sa sévérité. Resté dans la famille de Kergroadez jusqu'en 1732, il n'a subi aucune modification sous l'Ancien Régime, la propriété a été mise sous séquestre à la fin du XVIIIe siècle ce qui a provoqué la liquidation des portes, des fenêtres et de la charpente en 1807. Racheté par la famille Chevillotte à l'état de ruine, il a été restauré en 1913-1914. La charpente, la toiture, les menuiseries et les aménagements intérieurs ont été entièrement refaits ab-nihilo. Les maçonneries semblent cependant n'avoir subi aucune modification. 

 Éléments protégés MH : le château, l'ancienne ferme, les jardins en terrasse avec la fontaine lavoir, les anciens jardins derrière le château, actuellement en prairie et les deux allées d'accès : classement par arrêté du 2 mai 1995. 

 château de Kergroadez 29810 Bréles 

 Téléphone : 06 49 70 97 40 et 02 98 32 43 93 

 

 

Château de Keriolet

Kériolet, distant d’un kilomètre environ de ancien bourg de Beuzec-Cong, n’était jadis qu un modeste manoir. Un Jehan de Trévaré, sieur de Kéryollet, est représenté par son fils Herve, archer en brigandine, à la Montre de 1481 de l’Evéché de Cornouaille. En 1536, on trouve un Jehan de Keryollet, sieur de Portzambarz. Au XVIIe siècle, ce sont les Corant qui s’intitulent sieurs de Kéryollet: Christophe... Jean-Louis qui, en 1707, épouse, en la chapelle Notre-Dame du Guéodet à Quimper, demoiselle Marie-Josèphe Pelletier. Puis Kériolet passe a la famille Billette, représentée dans la région de Concarneau et Quimperlé, et qui porte "de sable à trois fasces d’argent". En 1767, Jean-Pierre Billette, sieur de Kérouel, fils d’un notaire royal et procureur a Concarneau, lui-même Conseiller du Roi, "rapporteur au Point d’honneur" à Quimper, époux de Pétronille Rannou, vend le manoir et la terre noble de Kériolet, pour la somme de dix-neuf mille livres, a Jean-Vincent Euzéno de Kersalaun, Lieutenant des Vaisseaux du Roy. Si l'on se réfère aux Chanoines Peyron et Abgrall, c'est dans ce manoir que Messire Claude Marigo, recteur de Beuzec-Conq, écrit sa célébre "Vie des Saints" (Buhez Ar Zent), publiée en 1752 chez Simon Périer, à Quimper et qui pendant prés de deux siècles sera lue dans les familles paysannes avant la prière du soir. Toutefois, la tradition orale le verra composant les deux volumes de son ouvrage sur une table de pierre installée sous une tonnelle de laurier, dans le jardin du presbytère.

L’histoire de Kériolet prend un tournant quand, sous le Second Empire, la famille de Trédern, qui en est propriétaire, le vend a la princesse russe Zénaide Narischkine, épouse, en secondes noces, de M. Charles Chauveau, d’origine champenoise. La princesse est, dit-on, la fille d’un richissime maître de forges et propriétaire de mines en Pologne. Elle possède un palais au bord de la Neva, un superbe hôtel, avenue des Princes à Auteuil. Elle est liée d’amitié avec la princesse Mathilde, fille de l’ex-Roi Jérôme. Son premier mari, le Prince Boris Youssoupoff, était allié a la famille impériale de Russie. Avec le Comte de Chauveau, elle entreprend de transformer Kériolet, domaine qui couvre quarante-cinq hectares. L’établissement du plan, la direction des travaux, sont confiés à l'architecte diocésain Bigot. A partir de l’ancien manoir se bâtit le château et, pratiquement pendant une vingtaine d’années, les propriétaires ordonnent l’exécution de nouveaux aménagements ou de remaniements. Le cadre est splendide et le château a fière apparence. Mais il a cédé au style pompeux que les ans et surtout l’Histoire se sont occupé à atténuer, à corriger en quelque sorte. Car les pierres trop riches et trop neuves se voient ennoblies dès qu’elles ont des souvenirs et, ici, elles en ont a conter. Renaissance et gothique, note médiévale d’une tour crénelée dite le donjon, copie de celle du château de Rustéphan, d’échauguettes, d’un portail d’entrée apparenté à celui du prieuré de Locamand en La Forêt-Fouesnant, meneaux et vitraux rappelant ceux de La Trinité en Melgven, et a l’intérieur, salle des gardes, jusqu’à la chambre du Roy, rien ne manque pour l’illusion et l’agrément des yeux. L’ensemble se complété dune chapelle domestique, cependant que deux statues, celle de la Duchesse Anne et celle de Charles VIII, surgissent d’un parterre. Le Comte de Chauveau, Capitaine de Cavalerie Territoriale et Conseiller Général, a de la prestance: il est aimable et recherche visiblement la popularité. Kériolet a hébergé, on ne sait trop quand, un certain lord Trotter, ami de Napoléon II, qu’il avait aidé, dit-on, sur le chemin du pouvoir, et même auparavant, au moment de son évasion du Fort de Ham. Le Comte et la Comtesse de Chauveau rassemblent a Kériolet un véritable trésor: remarquable collection de coiffes bretonnes, d’armes et d’armures, de faïences de Rouen, de Strasbourg, de Nevers, de Delft, de tapisseries de Flandres des XVIe et XVIIe siècles, de terres cuites vernissées de Hollande et d’Allemagne, sans parler de manuscrits; plus de cinq cents allant de 1137 à 1824. Dans le parc on remarque une fontaine de Saint-Budoc (ou Buzeuc), surmontée d’une niche destinée à abriter la statue du saint. Le Comte de Chauveau meurt en 1889 et des complications d’ordre familial conduisent la princesse à léguer le domaine de Keériolet au Département, a charge, pour celui-ci, d’utiliser le château pour l’instruction artistique de la population et des visiteurs et son pare pour la promenade, sans pouvoir dénaturer, en aucune manière, les bâtiments, le mobilier, ou détruire les ombrages. L’acte est passé devant notaire le 10 mai 1891 et, le 20 août suivant, la donation est acceptée par le département qui en prend possession le 28 octobre 1893. Celui-ci devait consacrer à l’entretien du château et du parc les revenus qui pourraient provenir du domaine, à savoir des fermes et des valeurs qu'il renfermait. Ainsi Kériolet devient un musée, que le département enrichit par l’apport d’autres objets d’art. Il intéresse, et pendant soixante années, reçoit de nombreux visiteurs. Son dernier gardien sera Louis Salaün, sympathiquement connu, et qui semblait prédestiné à ce rôle, étant né au château de Kérampuil en Carhaix ou son père était jardinier. 

Et bientôt, l'histoire de Kériolet occupe toute l’actualité. En effet, la princesse Narischkine, comtesse de Chauveau, avait de son premier mariage, un fils, Nicolas Youssoupoff, qui, lui-méme, resta veuf avec deux filles. L’une mourut jeune et la seconde, Zénaïd, eut deux fils d’un autre Youssoupoff, le Prince Félix. De cette union naquirent encore deux enfants, dont l'un, Félix, du même prénom que son père, épousa Irina, nièce de Nicolas II. Félix Youssoupoff ne perd pas de vue Kériolet. Il accuse, a juste raison, le département du Finistère de n’avoir pas respecté les dispositions testamentaires, en vendant, en 1893, le domaine du Moros, puis, en 1902, une parcelle contiguë, en abattant des arbres, en vendant les remarquables boiseries du premier étage, en disposant du mobilier... En avril 1951, Félix Youssoupoff assigne le Préfet du Finistère, M. Jean Laporte, en révocation de la donation. Il est débouté mais la Cour d’Appel de Rouen infirme cette décision. Mais le Prince Youssoupoff n’est pas attaché a ce château qu’a habité son aïeule. Ainsi le 4 mai 1960, le voyons-nous faire ses adieux a Kériolet. Le château, son pare et sa futaie ont été vendus à M. Guichard, industriel, la ferme à M. Yves Beulze, cultivateur, le jardin à M. Costiou, horticulteur. Le Prince Youssoupoff exprime en partant le regret que la ville de Concarneau n’ait pas donné suite au projet d’acquisition qu’elle avait formé en vue d’y installer un lycée. Toutefois, en 1955, la futaie de Kériolet a été classée site pittoresque, afin que soient préserves ses ombrages. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures, la salle de garde avec cheminée, vitraux et parties boisées : inscription par arrêté du 21 décembre 1984. 

 château de Keriolet 29900 Concarneau 

 Téléphone : 02 98 97 36 50 

 

 

Château de Kerjean

A la fois château fort et symbole de la Renaissance en Bretagne, le château de Kerjean dévoile aux visiteurs une histoire très mouvementée qui façonne la personnalité du lieu. La construction du château actuel commence probablement vers 1542 et n'est sans doute pas achevée à la fin du siècle. On y décèle une influence de Philibert de l'Orme. Construit sur un plan quadrangulaire, il est doté de remparts et de quatre tours d'angle qui attestent de son rôle militaire, par ailleurs mal connu. Des travaux effectués au début du XVIIIe siècle sont suivis par une dégradation et une ruine progressives après 1755 (destruction du pavillon nord-est), agravée par les déprédations révolutionnaires. Préservé à peu près au cours du XIXe siècle, le château de Kerjean est acquis par l'État et classé monument historique en 1911. Il abrite désormais le Musée breton. 

 Éléments protégés MH : le château et ses dépendances en totalité : classement par arrêté du 29 avril 1911. 

 château de Kerjean 29440 Saint-Vougay 

 Téléphone : 02 98 69 93 69 

 

 

Château de Kernévez

L'ancien château de la Villeneuve, attesté au Moyen Age et connu par des documents graphiques de la première moitié du XIXe siècle, existait encore en 1848. Il n'en subsiste qu'un vestige : la cheminée, datée 1627, qui a été remployée dans l'actuelle cuisine. Le château passa par mariage à la famille de Guébriant au XIXe siècle et une campagne de réaménagement du domaine fut entreprise. Il semble que dans un premier temps, les de Guébriant se soient contentés de vouloir aménager le parc sans toucher au château. Les plans signés par Buhler paysagiste, datant de 1845, sont organisés autour de l'ancien logis. Dans un deuxième temps, en 1849, le château fut reconstruit selon les plans de l'architecte suisse Froelicher. Le parc, entièrement clos de murs, a conservé une bonne partie des allées dessinées par Buhler. Autour de Kernévez sont disposées les écuries, des vestiges d'une chapelle provenant du manoir de Keriviry et une serre. De part et d'autre de l'entrée principale, deux maisons de gardes répondent à la ferme située de l'autre côté de la route, hors du parc. L'ensemble des bâtiments est contemporain du château de Kernévez. Ce domaine est très représentatif du mouvement de retour à la terre de la grande aristocratie légitimiste au milieu du XIXe siècle. 

 Éléments protégés MH : l'ensemble du domaine inclus dans les murs du parc : le château en totalité, les façades et les toitures des autres bâtiments, le parc en totalité et les murs du parc. Les façades et les toitures de la ferme située à l'extérieur du parc : inscription par arrêté du 6 novembre 1997. 

 château de Kernévez 29250 Saint-Pol-de-Léon

 

 

Château de Kérouartz

La famille de Keroüartz, entrera dans l’histoire à la époque où légende et merveilleux se confondent en cette journée du 26 mars 1351. De cette héroïque épopée du Combat des Trente, un champion Hennequin Hérouart fera partie du team des chevaliers, aux règles établies par le code de l’honneur. Elle franchira la porte de la renommée en 1376, un autre tournoi donnera l’occasion à Hervé de Keroüartz de mener son blason au Panthéon des "cycles Arthurien". Ce fait d’arme, authentifié et conté par Guillaume de La Penne "Gestes des Bretons en Italie, sous le pape Grégoire XI" sera porté aux "Preuves de l’Histoire de Bretagne" Les clameurs de la révolution écarteront la famille de son sol natal, mais au XIXe siècle, le destin de l’histoire donnera l’occasion au marquis de reconquérir ses biens, pouvait-il ignorer la maxime gravée en 1771 dans le plomb du cadrant solaire du parc, "Afflictis lentas, celeres gaudentibus horae" (le temps passe lentement dans la peine, rapidement dans la joie). Et cette autre devise nobiliaire des Keroüartz " Tout avec le temps" n’est-elle pas d’actualité ? L'édifice, construit au XVIIe siècle, est précédé au sud par une allée d'un kilomètre de long, bordée de part et d'autre d'une double rangée de hêtres. A l'extrémité sud de cette allée le portail d'entrée, dont il ne restent que deux piles rectangulaires en granit surmontées chacune d'un pignon triangulaire. La pile Est est ornée, à son sommet, sur sa face extérieure, des armoiries de la famille de Kerouartz. Ces deux piles comportent sur leur face interne des saillies verticales de taille permettant la pose de portes sur pivots. A l'est de cet ensemble existe un passage à enjamber, constitué de deux marches surmontées d'une dalle de pierre verticale. L'intérêt de cet ensemble est constitué par sa position à l'entrée de l'avenue qui mène au château et forme, avec ce dernier et le parc, un tout indivisible. 

 Éléments protégés MH : le château de Kérouartz et ses dépendances : inscription par arrêté du 18 octobre 1926. 

 château de Kérouartz 29870 Lannilis 

 Téléphone : 02 98 04 10 60 

 

 

Château de Kerousien

Château construit au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle; agrandissement latéral au début du XXe siècle par M. de Carné. Bâtiment de plan symétrique, le corps de logis rectangulaire recevant un avant corps central polygonal sur la façade sur jardin. Dépendance latérale couverte en terrasse. Maçonnerie enduite avec encadrements de baies, bandeaux horizontaux, chaînes d'angle et corniche en pierre de taille. Le parc, l'orangerie ainsi que la cascade sont inscrits comme jardins remarquables. 

 château de Kerouzien 29700 Plomelin 

 Téléphone : 06 67 30 58 23 

 

Château de Kerouzere

Le château de Kerouzere constitue un parfait exemple de ce que le terme château fort décrit; austérité et puissance. Pillé par les paysans il sera restauré dans un style moins médiéval, notamment dans sa partie sud, la façade nord conservant son style d'origine. Le château-fort de Kerouzéré se compose à l'origine d'une série de bâtiments formant une courtine, flanqués de tours et d'un chemin de ronde crénelé pourvu de mâchicoulis. Le château perd sa tour sud ouest et sa courtine sud lors du second siège soutenu contre la Ligue, en 1590. En Bretagne, seuls les châteaux de Brest et de Kérouzéré sont acquis à la cause du roi Henri IV. La famille de Oiséon possède l'édifice jusqu'en 1682. L'un de ses membres, Pierre, est capitaine général de la milice des gardes côtes pour la capitainerie de Saint Pol. La marquise de Piré y demeure pendant la Révolution sans être inquiétée et en 1821, son fils, le général de Piré vend le château à Jean-Baptiste Du Beaudiez. 

 Éléments protégés MH : le château de Kerouzéré en totalité : classement par arrêté du 28 mai 1883.

 château-fort de Kerouzéré 29250 Sibiril 

 Téléphone : 06 73 71 85 92