Château de Gourdan
Nous
lisons dans la Revue du Vivarais, 1907, sous la signature de son
directeur, les pages qui suivent et qui trouveront une place toute
indiquée dans cette page. "Gourdan est situé dans la commune de
Saint-Clair, à quelques kilomètres d’Annonay; c’est là une des plus
belles terres, sinon la plus belle du Vivarais, tant par l’importance du
domaine que par l’aspect majestueux des bâtiments". Le château fut
édifié au milieu du XVIIIe siècle et remplaça le vieux manoir jusque là
seule habitation des seigneurs du lieu et qui subsiste encore, au moins
en partie. L’architecte chargé d’élever le nouveau monument s’inspira
évidemment de Versailles que tout rappelle ici. Avec ses magnifiques
terrasses, son jardin à la française s’étendant devant la façade, son
orangerie et ses vastes dépendances remarquablement soignées, Gourdan,
dans son ensemble et dans ses détails, porte la marque du siècle des
élégances et du luxe raffiné. C’est bien là la demeure des grands
seigneurs d’alors qui avaient abandonné la rapière pour la fine épée de
cour et la cuirasse pour l’habit de velours et de satin. L’architecture
s’accommodait aux mœurs du temps et avait remplacé les forteresses des
âges belliqueux par des constructions d’une tout autre allure. On ne
rêvait plus combats, embuscades et coups de main; dans nos provinces
maintenant tranquilles, on "n’oyait plus bruits d’estoc et de taille";
les grandes salles n’étaient plus faites pour les assemblées de
chevaliers bardés du fer, elles étaient devenues de luxueux salons et
l’on y donnait de brillantes fêtes où les fringants gentilshommes et les
grandes dames de la région faisaient assaut d'esprit et de galants
propos. Tout à Gourdan fut fait grandement; les écuries, remises et
autres dépendances qui se trouvent au fond de la cour sont remarquables
par leurs dimensions et leur aménagement, elles indiquent des équipages
et un personnel nombreux, dignes des nobles seigneurs de Gourdan. Le
parc est un des principaux attraits de Gourdan et ne contribue pas peu à
en faire un séjour réellement enchanteur. De la terrasse on jouit d’une
vue ravissante sur les montagnes vivaraises et sur la campagne des
environs d’Annonay et ses châteaux; puis, dans le lointain, par delà le
Rhône, les Alpes dauphinoises aux tonalités si douces et si variées
forment l’arrière plan du tableau.
La terre de Gourdan appartint, de la fin du XIVe siècle à 1610, à la
famille du Peloux. Marguerite du Peloux, héritière de sa maison, porta,
en 1605, ses biens à Louis de Vogüé, fils cadet de Guillaume de Vogüé,
seigneur de Rochecolombe et de Lanas, et de Antoinette de Galliens.
Pendant sept générations, les descendants de Louis de Vogüé et de
Marguerite du Peloux conservèrent la seigneurie de Gourdan. C’est en
1751 que Gourdan fut embelli et considérablement agrandi. "Cette année
1751, a été augmenté et embelli le château de Gourdan avec grandes
dépenses, en sorte que c’est une des plus belles résidences que l’on
puisse voir en Vivarais". (Chomel, Annales). D’après cette note il
semblerait donc que c’est à Pierre de Vogüé que l’on doit le Gourdan
actuel, et non à son père, Jacques de Vogüé, comme on le croit.
Eugène-Melchior, vicomte de Vogüé, membre de l’Académie française et de
l’Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg, titulaire de la
médaille militaire, officier du Medjidieh, commandeur de Sainte-Anne de
Russie, ancien député de l’Ardèche, en fut le dernier propriétaire. Il
vendit Gourdan à Madame Augustine Roux, en 1869, son fils, Emile Roux,
le revendit, en 1917, à M. Joseph Ribes qui en est le propriétaire
actuel.
Éléments protégés MH: les façades et les
toitures du château et de la tour Nord ; l'orangerie, le parterre et les
jardins : inscription par arrêté du 30 août 1967.
château de Gourdan 07430 Saint-Clair
Téléphone : 01 39 73 78 78

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