Château d'Aulnay
Contrairement à son appellation actuelle, Aulnay de Saintonge devrait s'écrire Aunay de Poitou; la station romaine d'Aunedonacum, sur la voie de Saintes à Poitiers subit le sort de ses semblables lors de la chute de l'empire Romain et, après une période mal connue, la famille des Maingot est maîtresse d'Aunay du IXe au début du X IIIe siècle. La seigneurie passe alors aux Mortagne qui, au début du XIVe siècle, la transmettent aux Clermont par le mariage de Marguerite de Mortagne avec Jean de Clermont, maréchal de France, tué à Poitiers en 1356. Elle se remarie avec Jean de La Personne. Un autre mariage, en 1403, apporte la vicomté d'Aunay aux Montberon. Les difficultés financières de cette famille entraînent la vente de la seigneurie à Louise de Savoie, mère du futur François 1er, en 1506; celui-ci la donne à son fils Charles d'Orléans. A la mort de Charles, la vicomté revient au domaine royal, puis est attribuée, comme supplément de douaire, à Marie Stuart en 1563. Retournée au domaine royal après l'exécution de cette dernière, la seigneurie est, en partie, engagée aux Fourré. Aunay passa ensuite pour peu de temps aux Choiseul-Praslin, puis aux Pons, enfin aux Amproux qui vendent le domaine le 8 thermidor an XIII. La vicomté d'Aunay s'étendait de Saint-Julien-de-l'Escap au sud, à Brioux au nord, de Paizay-le-Chapt, Saleignes et Saint-Martin-de-Juillers à l'est, la Boutonne faisant la frontière entre la Saintonge et le Poitou. Le vicomte d'Aunay était chambellan du comte de Poitou et il avait droit au lit où le comte couchait en arrivant la première fois dans son domaine. Quant à la comtesse, elle devait lui donner son cheval, son manteau et la vaisselle qui lui avait servi à cette occasion. Par contre, Aunay devait un denier d'or au comte pour l'offrande à la messe.
Il ne reste plus de l'ancien château féodal que le donjon élevé sur un vaste tertre circulaire où se trouvaient le château et ses défenses; c'est une grosse tour d'une quinzaine de mètres de haut, probablement du XIIe siècle. On y pénètre par une porte plus récente qui donne dans un escalier en colimaçon situé dans l'épaisseur du mur. Les deux premiers étages ont des planchers sur grosses poutres, le dernier étant voûté en calotte; à chaque étage, des meurtrières éclairent pauvrement les salles. Du château, il ne reste que l'emplacement de la place actuelle: il s'élevait sur un tertre de 150 mètres de diamètre et d'environ 10 mètres de haut, entouré de fossés. Les dernières ruines disparurent en 1840, quand la place fut nivelée. Une récente étude a mis en lumière que la gravure de Claude Chastillon que l'on identifie traditionnellement comme celle du château d'Aulnay est en fait celle d'un château inconnu. En revanche, une autre gravure que l'on croyait représenter un château situé dans la Marne ou dans l'Eure peut être identifiée comme celle d'Aulnay. Parmi les ruines, on reconnaît le donjon cylindrique, et le tertre supportant le château.
Éléments protégés MH: la tour du donjon : inscription par arrêté du 23 février 1925.
château d'Aulnay 17470 Aulnay-de-Saintonge

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