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samedi 23 août 2025

 

Château de Beaulon

Le château de Beaulon ne prit ce nom qu'au XVIe siècle, lorsque la seigneurie de Saint-Dizant passa à la famille Beaulon. La première mention de la terre de Saint-Dizant apparaît en 1487, lorsque Pierre de Vallée, conseiller du Roi en la cour du parlement de Bordeaux, agissant au nom de Michel de Vallée, son frère, rendit hommage à Marguerite de Culant, veuve de Louis Harpedanne de Belleville, seigneur de Cosnac. Quelques années plus tard, la terre passa aux mains de maître Pierre Beaulon, sans doute peu avant 1502, date à laquelle il passait une transaction avec le comte de Cosnac, Gilles Harpedanne de Belleville. C'est vraisemblablement quelques années après que Pierre Beaulon fit entreprendre la construction du corps de logis que nous connaissons. Sa famille conserva la seigneurie jusqu'à la fin du XVIe siècle. Au début du règne d'Henri IV, Hélie de Beaulon, écuyer, conseiller du Roi au grand conseil ayant hérité la seigneurie de Saint-Dizant de son frère aîné, François, conseiller au parlement de Bordeaux, mort sans enfant de son mariage avec Françoise de Talleyrand, eut de sérieuses difficultés avec les Jésuites de Bordeaux. N'ayant point payé une rente annuelle de 666 écus, ceux-ci firent saisir la seigneurie dont ils s'attribuèrent la jouissance. Cependant ayant été déclarés peu après "notoirement ligueurs et rebels et retirez à Périgueux et autres villes", le roi Henri IV intervint directement dans le procès qui opposait les Jésuites à la famille Beaulon, par un arrêt daté de Mantes, le 6 juillet 1591, ce qui ne fit que raviver les querelles. Sans doute à la suite d'une saisie, la terre de Saint-Dizant et de Beaulon, revint à François-Théodore de Nesmond, conseiller au parlement de Bordeaux, lequel en était seigneur en 1622. 

 Quelques années plus tard, en 1635, François-Théodore de Nesmond parvint à acquérir de son suzerain, le comte de Cosnac, la haute justice sur ses terres de Saint-Dizant et de Beaulon. En 1712, Guillaume-Urbain de Lamoignon, comte de Launay et de Courson, maître des requêtes ordinaires de l'hôtel du Roi, intendant de la généralité de Bordeaux agissant pour Monseigneur François de Nesmond, évêque de Bayeux, conseiller du Roi, vendit à Louis-Amable Bigot, conseiller du Roi en la grand chambre de la cour du parlement de Bordeaux, moyennant 50000 livres, la terre et seigneurie de Saint-Dizant et Beaulon, avec droit de haute, moyenne et basse justice, droit de pêche et de chasse, relevant du comte de Cosnac et d'autres seigneuries. Elle lui appartenait comme héritier de son frère puîné, Henry de Nesmond, et de leur père, François-Théodore. A Louis-Amable Bigot, succédèrent son fils, Joseph, conseiller au parlement de Bordeaux, marié en 1729, puis son petit-fils Pierre, marié en 1781 avec une des filles du seigneur de Roussillon. Il mourut quelques années après laissant deux enfants, Joseph-François et Charlotte-Adélaïde de Bigot, qui possédaient le château et les terres, le tout estimé à 120000 livres, en 1789. Par la suite, Charlotte-Adélaïde de Bigot, mariée à Josias de Brémond d'Ars, resta seule propriétaire du domaine qu'elle vendit en 1833, à Amédée-Pharamond de Laporte, directeur de l'enregistrement à Niort. Celui-ci ne l'habita pas, le laissant à des fermiers; Rainguet écrivait, en 1864, que "l'état de dégradation et de ruine dans lequel était laissé ce château témoignait de l'absence prolongée des maîtres du logis...", ce qui dura plus ou moins jusqu'à son achat, en 1942. 

 Le château de Beaulon, installé dans un écrin de verdure agrémenté par ses célèbres résurgences naturelles, dites "Fontaines bleues", comporte un simple corps de logis datant sans doute des années 1520, mais encore très marqué par les influences du style gothique flamboyant. Le corps principal du bâtiment, couvert d'ardoise possède de hautes toitures à rampants ornés de crochets. Sur sa façade postérieure, on remarque une admirable lucarne flamboyante à moulures prismatiques ponctuée de pinacles élevés, supportés par des colonnes torsadées. Cette construction fut mise au goût du jour au milieu du XVIe siècle, lorsqu'on fit élever l'escalier rampe sur rampe contenu dans le pavillon situé au milieu de la façade antérieure, vraisemblablement substitué à une tour polygonale d'escalier, et lorsqu'on remania les baies sur jardin et que l'on fit élever une seconde lucarne à pilastres plats surmontés par un fronton triangulaire. Par sa situation et ses proportions, le château de Beaulon est un excellent exemple "d'hôtel noble", élevé à la fin de la grande période de reconstruction qui suivit les Anglais. L'absence de tourelles et d'éléments de fortifications, côté jardin, s'explique sans doute par le fait que la seigneurie n'eut pas le droit de haute justice avant 1635. Isolée des bâtiments, la fuie ronde, couverte de tuiles plates, porte le millésime de 1740. Bien que de proportions modestes, le château de Beaulon n'est pas moins d'une qualité architecturale remarquable. Avec son parc, il est une des plus belles étapes de la "route verte", longeant la rive droite de la Gironde. Le corps de logis a été récemment restauré de façon remarquable. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures, l'escalier, les trois cheminées les plus anciennes situées : au rez-de-chaussée, dans la salle à manger et dans la cuisine et à l'étage dans la chambre à l'extrémité orientale du château, la fuie : inscription par arrêté du 16 décembre 1987. 

 château de Beaulon ou des Enigmes 17240 Saint-Dizant-du-Gua 

Téléphone : 05 46 49 96 13 

 

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