Château de Bouëx
L'acte le plus ancien relatif à la seigneurie de Bouex est daté du 5 octobre 1319 et stipule qu'Helie Robert se démet de son fief entre les mains de l'abbé Hélie de Saint-Cybard, le suppliant d'en donner l'investiture à sa femme, Ema Birbert, ce qui fut accordé. Au XVe siècle, la terre de Bouex appartient aux de Livenne, une des plus anciennes familles de l'Angoumois. Jean de Livenne était cité comme homme d'armes du Comte d'Angoulême au ban de 1469. On peut dater la prise de possession du 2 novembre 1452, date à laquelle un acte précise que Jean de La Rochefoucauld, seigneur de Marthon en fait don aux frères Pierre et Jean de Livenne. Un cousin, François de Livenne, seigneur du Breuil-de-Boixe, cité dans un document de 1543 au service du roi pendant 25 ans aura un fils, Antoine. Gabriel, le fils que ce dernier eût avec Perrine de La Beraudière, donnera le jour à une fille, Esther de Livenne, dernière du nom. Celle-ci se maria avec Isaac du Lau de Vouture. Leur fils, François, né en 1622, mourut sans postérité. La terre de Bouex est vendue en 1666, mais adjugée semble-t-il quatre ans plus tard, à Jean Arnauld, Lieutenant de la Sénéchaussée et maire d'Angoulême. Son fils Noël, né le 13 octobre 1686 fut chevalier, Maître des Requêtes à Paris, mais sera relégué à Bouex en 1726. Il eût deux enfants, Jean-Noël Arnaud qui mourut sans postérité à Angoulême le 1er prairial an VIII et Catherine Arnauld qui épousa son cousin, Noël Arnaud de Viville, Lieutenant au Régiment du Roi. Leur fille unique, Jeanne, épousa Monsieur Jean de Jovelle, portant en dot à ce dernier la terre de Bouex. Les Jovelle conservèrent le château pendant la plus grande partie du XIXe siècle avant de la céder à Monsieur Jean Prévost de La Boutetière qui entreprit d'importants travaux de restauration. Il fut acquit en 1919 par le Comte Marc de Chateaubodeau don la famille en est toujours propriétaire.
Le château, situé au creux d'un vallon, à proximité de l'église et du village est un des plus pittoresques des environs d'Angoulême. On y accède par un beau portail classique, agrémenté de bossages et surmonté par un fronton triangulaire aveugle. Une étoile à cinq branches est sculptée au-dessus des deux petites portes qui l'encadrent. Celle de droite est murée. L'ensemble, scandé de quatre piastres à rainures se termine par une rangée de faux mâchicoulis. Dans la cour d'honneur se dresse une grosse tour ronde découronnée. Sa porte est surmontée de curieuses armes sculptées. L'ancien castel des Livenne, aux toits pentus, est épaulé par deux tours carrées dont les suprastructures; consoles et toitures, ont été reprises au début du siècle. Celle située au centre de la façade arrière a été comblée par les La Boutetière sur la moitié de sa hauteur, à l'intérieur, à cette époque. Très austère, cette façade possède peu d'ouvertures. On peut dater cette partie de l'édifice des XVe et XVIe siècles. Un bâtiment, couvert de tuiles canal, s'y greffe sur toute la longueur. Il rejoint l'aile construite dans les dernières années du XVIIe siècle en retour d'équerre. Elle ne comporte qu'un étage mansardé, percé de belles lucarnes. La façade sur cour a été reprise en son centre par les La Boutetière. Leurs armes sont sculptées au-dessus de la porte qui est encadrée de pilastres. Une rangée de balustres la surmonte, elle se termine par trois ouvertures dont deux œils-de-boeuf. Un petit pavillon isolé, dont les combles sont également mansardés, fait face à cette façade très classique dont le style évoque les chartreuses périgourdines. Dans le parc se dresse un petit édicule de plan carré en forme d'échauguette, surmonté d'un toit pentu à quatre pans, construit au XVIIe siècle. On y accède par un escalier à balustrade en pierre. Percé d'une fenêtre à meneau, il a été rénové en même temps que le reste du château. Enfin, contre le mur de l'église se voient un cadran solaire et un cadran du zodiaque, datés de 1776. A l'intérieur est conservé un vieux plan des "propriétés seigneuriales entourant le château", daté de 1754 et dessiné par Nicolas Antoine, géomètre augoumoisin.
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