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samedi 23 août 2025

 

Château de Cramahé

Le château de Cramahé est une des constructions du XVIIIe siècle des plus intéressantes aux environs de La Rochelle. Dès 1401, nous relevons le nom de Pierre Copodoys, sire de Cramahé, qui tenait des biens relevant du seigneur de Châtelaillon. Le 14 avril 1518, Jeanne, duchesse de Longueville, vicomtesse de Châtelaillon, accordait à Pierre Châteigner, écuyer, l'érection en fief avec droit de moyenne et de basse justice de sa terre et maison de Cramahé qu'il venait de faire bâtir à peu de distance de sa terre de Treuil-Bonnet, paroisse de Salles. Les descendants de Pierre Châteigner conservèrent Cramahé jusqu'à la révocation de l'Édit de Nantes. En 1685, les derniers Châteigner passèrent à l'étranger. En 1714, à la suite d'une licitation entre leurs héritiers, la seigneurie revint à Henriette-Céleste de Béjarry, fille de Louis-Hortax de Béjarry, écuyer, et de Renée-Charlotte Châteigner, épouse de Pierre-Louis Green de Saint-Marsault, chevalier, seigneur de L'Herbaudière, paroisse de Salles. Vingt-cinq ans après, leurs enfants vendirent Cramahé, moyennant 39 000 livres, à Jean-Baptiste Gayot de Mascrany de Beaurepaire, écuyer, seigneur de La Bussière, chevalier de Saint-Louis, major de l'île, ville et citadelle du château d'Oléron. Il laissa les seigneuries de Cramahé et de L'Ileau, estimées ensemble à 132 000 livres, à son fils, Joachim-François-Bernard-Paul, lieutenant de vaisseau, lors de son mariage, en 1764, avec Marie-Barbe-Catherine Bonnaud. Sa seconde femme, Marie-Charlotte-Agathe de Rémond, devenue veuve, vendit le château, en 1807, à Michel-Augustin Garos qui ne le garda pas très longtemps, puisqu'il le revendit dès 1811 à Françoise-Esther de Saint-Estève, veuve de François-Henry Harouard de Saint-Sornin, habitant au château de La Garde-aux-Valets, commune de Croix-Chapeau, pour 94 892 francs. En 1828, elle en fit don à sa fille cadette, Marie-Suzanne-Joséphine Harouard, épouse de Jean de Larocque-Latour. Cette dernière régla sa succession par donation partage, en 1849, et le château revint alors à l'un de ses fils, Auguste-Marie de Larocque-Latour. 

 Le corps de logis que nous connaissons aurait été reconstruit en 1753. Il a succédé à une petite construction dont on connaît bien l'aspect, grâce à des relevés effectués par l'ingénieur Claude Masse, au début du XVIIIe siècle. C'était un modeste bâtiment à haute toiture, situé à l'emplacement du château actuel, qui s'organisait autour d'une tour d'escalier polygonale; un petit corps de logis, couvert de tuiles canales, lui avait été adjoint en double épaisseur, par la suite. Dans le jardin, il y avait une imposante fuie cylindrique dotée d'une échelle tournante. Une courte allée bordée de conifères conduit à la cour d'honneur encadrée par deux ailes de dépendances précédées par un saut-de-loup semi-circulaire et une belle grille en fer forgé délicatement ouvragée, soutenue par deux gros piliers appareillés en refends surmontés par un aigle sculpté au vol abaissé. Le corps de logis, en fond de cour, est un simple bâtiment en double profondeur couvert de tuiles canales, animé en son centre, sur chacune de ses deux façades, par un avant-corps surmonté d'un fronton triangulaire. Celui de la façade postérieure contient les armoiries sculptées sur bois des familles Harouard et Larocque-Latour. Le petit belvédère à balustres qui couronne la toiture a été rapporté au XIXe siècle, lors d'une restauration. Parmi les dépendances, il faut remarquer une grosse tour cylindrique épaulée par une tourelle constituant les restes de l'ancien château. Cramahé est l'une des premières maisons nobles de l'Aunis à adopter des formes nouvelles, directement influencées par les hôtels particuliers. À ce titre, elle mérite une attention particulière. 

 Éléments protégés MH: les façades et le portail de la cour : inscription par arrêté du 23 février 1925. 

 château de Cramahé 17220 Salles-sur-Mer

 
  

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