Château de la Chétardie
Sur la rive gauche de la Vienne, au sud du bourg d'Exideuil, s'élève le beau château de la Chétardie, autrefois un des plus importants fiefs relevant de la principauté de Chabanais avec Rochebrune et Pressac. Nous savons que jusqu'au XVe siècle la famille Chotard (ou Chastard) habitait le château. En 1487, Jean Trotti, originaire d'Alessandria en Piémont, au sud-est de Milan arrivait en France à la suite de Louise, fille du duc de Savoie qui épousera Charles, comte d'Angoulême, l'année suivante. En 1500, il épousa Marguerite Chotard, fille aînée d'une famille sans postérité masculine. Jean Trotti ajouta donc à son nom celui de La Chétardie auquel était lié le fief des Chotard. De cette union naquirent quatre enfants: trois filles et un garçon, Joseph né en 1510 et mort en 1583. Ce dernier, marié deux fois, eut de ses mariages cinq filles et un garçon: Gabriel, qui lui, se maria trois fois. De son premier mariage avec Hélie de Coulonges en 1583, il eut une fille morte jeune en 1586 et un garçon Charles né en 1584. Ce Charles se maria deux fois. En 1613, il se remaria avec Charlotte de Nesmond, fille de Jean de Nesmond, seigneur de la Grange à Chassenon.
Leur treizième enfant né au château, fut le plus connu: le futur curé de Saint-Sulpice, Joachim né le 23 novembre 1636. Par sa mère, Joachim se trouva être le cousin de Jean-Louis Guez de Balzac, écrivain célèbre. Il devint par la suite le directeur spirituel de Madame de Maintenon. A la mort de Charles en 1658 le fils aîné, Jean, reçoit la Chétardie et le quart des dîmes d'Exideuil, le deuxième, Joseph, seigneur de La Guionie (La Péruse) reçoit la maison noble du Soulier et l'autre quart des dîmes. Joachim en séminaire, n'est pas compris dans les partages, il a 22 ans. Jean semble avoir été plus souvent à la Cour qu'à la Chétardie. En 1651, il avait épousé Catherine de Beaumont. A la fin du XVIIe siècle, le château et le domaine se trouvaient aux mains de Joachim, commandant de Breisach qui en 1703 se marie avec Marie-Claire Colette de Bérard de Villebreuil. De cette union naît en 1705 un autre Joachim qui sera ambassadeur à Berlin, à Saint-Pétersbourg et à Turin. Mais de 1701 à 1719, le château est habité par François Regnauld de l'Age (de Chirac) et son épouse Eléonore du Rousseau de Ferrières. La mère de François Regnault était Françoise de la Chétardie. Jacques de la Chétardie, abbé commendataire de Balerne, vécut avec les Regnault jusqu'à sa mort en 1722 après avoir veillé à la gestion du domaine. Il s'était retiré auprès de ses cousins pour laisser le château à son jeune filleul.
En 1759 lorsque meurt le marquis de la Chétardie, qui fut ambassadeur à Saint-Pétersbourg, la Maison Trotti s'éteint sans postérité. Cette même année, un banquier nommé Duvernet, achète le château. Puis la Chétardie change à nouveau de propriétaire en la personne du sieur Paris de Marmontel vers 1780. Il ne le garda lui non plus, pas très longtemps, car avant la Révolution le château passa entre les mains de la famille Lagrange de Labaudie. François de Lagrange, ancien négociant, sieur de Fo était entré dans la noblesse par l'achat d'une charge de conseiller-secrétaire du roi après avoir été grand messager, juré de l'Université de Paris pour le diocèse d'Amiens. Son fils Ignace Lagrance de Labaudie, seigneur de la Chétardie participa aux assemblées de l'ordre de la noblesse en 1789. Il fut officier municipal puis maire après la Révolution et dû être remplacé en l'an VI "pour ne pas contrarier le gouvernement". Sa soeur, Marguerite épousa en 1772 Pierre Babaud-Lacrose. La Chétardie passa ensuite dans la famille Nassaud puis Defoulounoux. A la fin du XXe siècle, la Chétardie est aux mains de Monsieur et Madame Lucien Tisseuil, qui entretiennent avec beaucoup de goût cette belle demeure.
Le château primitif de la Chétardie construit au XVIe siècle se composait d'un corps de bâtiment accoté sur la façade nord par deux tours circulaires avec en retour d'équerre de longs communs. Au XVIIe ou XVIIIe siècle, le corps de logis fut détruit, mais on conserva les deux tours qui présentent encore des traces d'arrachement de l'ancienne bâtisse. Un peu plus au nord on établit un logis à un étage recouvert d'un haut toit à quatre pans recouvert de tuiles plates. L'austérité de la demeure est atténuée sur la façade nord par un gracieux avant-corps en rotonde édifié au XVIIe siècle par le Marquis de la Chétardie.
Éléments protégés MH: les façades et les toitures du château et des deux tours isolées ; les douves et le portail ; l'escalier intérieur ; le plafond peint de la tour Est : inscription par arrêté du 30 octobre 1973
château de la Chétardie 16150 Exideuil

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