Château de Belvézet
Le
castellas de Belvezet peut se comparer à celui d'Allègre, de Montalet à
Molières-sur-Cèze, de Gicon à Chusclan ou à l'arque de Baron et au
castellas de Saint-Victor-la-Coste pour ne citer que quelques édifices
situés non loin de là. Le castelas de Belvezet est remarquable par son
plan et par la qualité de construction du donjon carré qui domine la
vallée des Seynes au sud du mont Bouquet. Ce castrum cité dans la charte
de 1207 au lieu de Fontjan qui s'appela par la suite Belvezet
appartenait alors au seigneur d'Uzès. Le donjon présente en partie basse
sur un à deux niveaux un remarquable appareil en calcaire très dur
tandis que la partie haute tout comme le corps de logis ou l'enceinte
sont construits de manière plus grossière, les joints se sont vidés et
de nombreux blocs sont complètement délités. Dans le donjon, on voit les
traces de deux niveaux de planchers mais sous le sol actuel il pourrait
y avoir un étage à demi enterré compte tenu de la pente. La voûte en
plein cintre qui forme actuellement la couverture est percée de manière à
laisser passer une échelle et un homme vers un dernier niveau dont il
ne reste que les traces d'une fenêtre coté ouest. Cette fenêtre était
encore entière et bien visible sur les cartes postales du début du
siècle. Les traces d'un escalier intérieur dont deux marches sont encore
en place dans le mur Est permettait d'accéder à la porte ouvrant sur un
hourd côté Est. De celui-ci, il ne reste que les traces d'arrachement
des corbeaux soutenant la structure en bois. La toiture devait être
couverte en tuiles comme de nombreux morceaux trouvés dans les décombres
en témoignent et pouvait être à deux pentes comme il en existe de
nombreux exemples.
Les ouvertures sont rares, mises à
part les meurtrières, on voit au dernier niveau une ouverture côté nord
et sur le mur est une porte ouvrant sur un hourd en bois, au sud une
ouverture éclairant l'étage intermédiaire. Aucune moulure ou élément
décoratif n'est visible si ce n'est un rouleau sur la meurtrière du mur
Est. La porte d'entrée actuelle dont les pierres taillées ont été
arrachées pose problème car elle se trouve au rez-de-chaussée : soit
l'étage inférieur a été comblé, soit elle était très bien défendue
maison ne voit aucun ouvrage spécifique. Devant cette porte se trouve
une cave servant de citerne qui a gardé en partie son enduit de tuileau
étanche. L'angle sud-ouest porte des traces d'arrachement peut être
d'une échauguette. Au nord du donjon, une grande salle fut construite
puis recoupée par un mur de refends en deux pièces avec des meurtrières
côté tour ; bien que dépourvue de cheminée et de fenêtres,ce pouvait
être un corps de logis ou une salle des gardes. Le mur sud du donjon
était prolongé et formait une chemise avec le mur nord de ce bâtiment et
cet ensemble était inséré dans une première enceinte assez rapprochée
formant quatre tours semi circulaires aux angles. Cette enceinte quoique
très arasée est perceptible sur tout son pourtour. Tout ceci semble
correspondre à une deuxième phase de construction; déjà repérée par le
changement de mise en oeuvre des matériaux. L'enceinte extérieure était
beaucoup mieux visible au début du siècle quant M. de Saint Venant l'a
étudiée. Perpendiculairement à cette enceinte, côté intérieur sont
appuyés des murs formant selon M. de Saint Venant une série de logettes
ou cellules possédant chacune une archère. Dans l'une d'elle, on
aperçoit cette archère donnant sur la campagne coté ouest. C'est cette
organisation qui forme la grande originalité de ce site.
Si
certains murs perpendiculaires à l'enceinte sont encore visibles, il
n'en est pas de même des murs les fermant côté intérieur et encore moins
a fortiori des portes de communication avec la cour intérieure. Un de
ces murs visible côté extérieur au nord-ouest n'est pas signalé dans
cette étude. Le redent visible côté Est n'est pas marqué non plus, ce
qui marque bien les limites de ce relevé et la fiabilité que nous
pouvons lui accorder. Le problème des entrées semble encore plus délicat
à résoudre : M. de Saint Venant signale deux interruptions dans
l'enceinte, l'une à l'est et l'autre à l'ouest mais n'avait pas manqué
de souligner l'étrangeté de ces entrées si mal défendues. En effet,
aucun ouvrage avancé ou défensif n'apparaît et ces interruptions
pourraient provenir d'une mauvaise lecture archéologique du tracé de
l'enceinte. Celle de l'est parait correspondre à un redent de l'enceinte
et celle de l'ouest est aussi contestable. Par contre un mur en retour
est visible et pourrait correspondre à une entrée, ce qui ne résoud en
rien les problèmes de système défensif signalés par de Saint Venant. En
attendant des études et des fouilles permettant de mieux cerner le tracé
de l'enceinte extérieure, on peut souligner la qualité de la
construction du donjon datable de la deuxième moitié du XIIe siècle. La
commune propriétaire envisage avec l'aide de l'association de sauvegarde
du patrimoine paysager, architectural et historique de Belvezet
d'entreprendre un débroussaillage et une mise en valeur du site après
consolidation des ruines...
Éléments protégés MH : le donjon et les ruines du castellas en totalité : inscription par arrêté du 3 août 1998.
château de Belvézet 30580 Belvézet

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