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dimanche 18 janvier 2026

 

Château de Bonrepos à Bonrepos-Riquet


Adresse renseignée dans la base Mérimée :
31590 Bonrepos-Riquet - France

Code Insee de la commune : 31074
Haute Garonne [31] - Toulouse - Midi Pyrénées (Occitanie)

Adresse approximative issue des coordonnées GPS (latitude et longitude) :
6 Route Pierre Paul Riquet 31590 Bonrepos-Riquet

Eléments protégés :
Le château avec ses fossés et les deux ponts qui les enjambent, les deux cours antérieures ouest, la terrasse sud, les bâtiments des communs, l'orangerie, les jardins et le parc dans lequel sont conservés les aménagements hydrauliques conçus par Riquet (cad. A 166, 167, 172, 173, 188 à 190, 467 à 469) : classement par arrêté du 31 juillet 2008

Description :
Grâce au débroussaillage, les différents niveaux topographiques du parc sont relativement perceptibles et les grands axes structurants du parc ont retrouvé leur lisibilité. Ce sont, d'une part, un axe sud-nord qui passe devant la façade orientale sur parterre du château, depuis les terrasses vers le bois de la Garenne, et un axe ouest-est, nettement mieux conservé, qui part de la grille d'entrée du château pour se terminer, à l'est, par la lisière des parcelles agricoles. Le château est ceinturé de fossés secs, larges de 8 à 9 m. Ils englobent la cour d'arrivée à l'ouest. Un terrassement, du même niveau que le sol de la cour d'arrivée, fait le tour des fossés, à l'exception du côté nord où un simple mur de brique sépare le fossé du terrain descendant en pente vers le vivier. Au sud, le terrassement surplombe un vaste jardin en terrasse orné d'un grand bassin. Sous la façade sud du château, une grotte de fraîcheur (ancien nymphée?) est incluse dans l'épaisseur du terrassement, sous un escalier à volées convergentes dont il reste quelques traces. La grotte ouvre sur le jardin au sud. Ce jardin bas est soutenu par un imposant mur de soutènement de 130 mètres de longueur, en brique. Devant la façade est du château, un parterre engazonné précède une allée axiale accompagnée de deux contre-allées parallèles. L'extrémité de l'allée axiale est marquée par un piédestal portant un vase Medicis colossal, en terre cuite mais entièrement cimenté. L'orangerie est édifiée le long de la contre-allée sud. L'ancienne maison du jardinier est accolée, en équerre, à l'orangerie. La contre-allée nord se poursuit sous le mur nord du fossé et vient rejoindre l'avant cour. Les versants du vallon de la Garenne, au nord et au nord-est du château, ont perdu leur lisibilité en raison du développement non maîtrisé du couvert végétal. Proche de l'ancien ruisseau du Coulombrès se trouve une glacière. A quelques dizaines de mètres de là, contre le talus, se situe l'ancienne résurgence de l'eau en excès, canalisée dans un bassin maçonné. Un pont en brique menaçant ruine donne accès au tertre qui sépare les deux bras supérieurs de l'ancien vivier. Toute cette zone est occupée par des vestiges de dispositions hydrauliques relatives aux "bassins d'essais" ou "maquette hydraulique" de Bonrepos. Le parc possède encore de nos jours quelques essences d'arbres assez majestueuses qui suggèrent un passé remarquable (des "Aesculus hippocastanum" ou marroniers d'Inde, des "Morus alba""ou mûriers blancs, quelques arbres fruitiers (pyrus, prunus...), des buis commun "Buxus sempervirens" pluricentenaires. A l'extérieur, le paysage se compose essentiellement des terres agricoles du Lauragais dont les collines molassiques entourent le parc de leurs ondulations.Historique :

La Seigneurie de Bonrepos a été acquise par Pierre-Paul Riquet en 1651. Château reconstruit de 1654 à 1666 par le maçon de Revel, Isaac Roux, sur un vieux site castral (plate-forme entourée de fossés). Corps rectangulaire cantonné de tours carrées sur la façade antérieure et de tourelles sur la façade arrière. Peu d'éléments du décor du XVIIe siècle subsistent, le château ayant été remis au goût du jour au XVIIIe et au XIXe siècles. Dans le parc, Riquet a préparé la construction du canal du Midi. Il a utilisé les dispositions naturelles (sources, déclivité, ...) du parc pour expérimenter les différentes techniques utilisées pour le canal du Midi (principe du captage, ...).
Dès 1655-1656, avant même la construction du château, des premiers travaux de terrassement sont entrepris par Riquet dans le fond du parc. En mars 1657, les sieurs Salvy Faure et Bertrand Capas travaillent sur une large allée dessinée par Riquet lui-même, qui doit longer le grand bassin supérieur. En juillet 1657, le jardinier de Bonrepos, François Audiguier, est mandaté pour réaliser le jardin (allées, cabinets, vaisseaux, niches et parterres). En 1671, la présence de François Andréossy est attestée à Bonrepos : il s'occupe de faire construire un système d'adduction d'eau souterrain, et de faire édifier la terrasse au sud. La construction de la grotte de fraîcheur, non mentionnée, pourrait dater de cette période (1671-1673). Des factures au nom de Riquet indiquent, "après achèvement des terrasses", une importante commande de buis réalisée du 8 avril 1674 au 19 avril 1675. En 1698 et 1699, son fils Jean-Mathias fait refaire une partie de la terrasse sud qui s'est effondrée. Le plan terrier levé en 1727 et dessiné en 1730 pour le compte de Marie-Louise de Montaigne, veuve de Jean-Mathias de Riquet, donne un état des jardins à cette date : cet état pourrait bien correspondre à celui commandé par Riquet lui-même. Sur ce plan, l'axe principal du jardin va du sud au nord et passe devant a façade sur parterres du château. Une vaste terrasse orientée au sud vers la vallée du Girou est ornée, sur la partie haute, de broderies de buis et d'un bassin. A l'est du château, s'étend un parterre compartimenté avec bassin. Le talus nord est occupé par des plantations régulières (vergers ? mûriers ?). Les bois couvre la Garenne. A cette date encore, l'ancienne chapelle qui ferme le parterre à l'est. Au-delà, le terrain est divisé en parcelles agricoles laniérées ne relevant pas du domaine. L'agrandissement du parc est réalisé après 1757 par le petit-fils de Riquet : Jean-Gabriel Amable Alexandre. Sur le plan aquarellé du domaine, datable de la 2ème moitié du XVIIIe siècle, le parc s'organise selon un nouvel axe transversal est-ouest, incluant les anciennes parcelles agricoles à l'est. Celles-ci font l'objet d'un traitement paysager avec allée centrale et contre-allées, aménageant une perspective vers l'horizon. Cet axe est-ouest traverse le château de part en part, mettant en valeur, en rez-de-chaussée, la transparence des vestibules. L'axe sud-nord est décalé et se prolonge désormais dans les jardins en terrasses grâce au déplacement des bassins et à l'aménagement de nouveaux escaliers. Ce plan très précis, fait mention de parterres, d'alignements et de dispositions diverses, telles que le bosquet à allées rayonnantes situé au nord-est du parc. Le bras inférieur du vivier y est transformé en un véritable canal bordé de plantations régulières. Le tracé actuel de la pièce d'eau ne paraît pas correspondre, cependant, au dessin géométrique qu'il en est fait. Exécuté assez tardivement (probablement vers 1770-1780), ce plan pourrait faire état des projets les plus tardifs sur le domaine, dont l'orangerie et l'embellissement du parc. Des achats importants de mûriers et d'arbres fruitiers sont notés en 1768 et 1771 : la culture des mûriers, très répandue tout le long du canal pour raison commerciale, a pu se développer à Bonrepos sur le versant nord du château orienté vers le vivier. Des interventions plus récentes peuvent se lire sur l'ensemble du parc : plantations de cèdres (XIXe siècle) sur ce même versant nord, platanes en quinconces sur la chaussée de terre séparant les deux bassins (début XXe siècle ?). A l'abandon depuis le milieu du XXe siècle, le parc est tombé progressivement en déshérence. Les opérations de débroussaillage menées par la municipalité depuis le rachat du domaine (2008) permettent à nouveau la lecture de sa composition



Le château de Bonrepos est situé en France sur la commune de Bonrepos-Riquet

(désignation officielle de la commune depuis 1921), dans le département de la

  Haute-Garonne et la région Occitanie. Il a été construit par 

Pierre-Paul Riquet.

Historique

Jusqu'à la fin du XVIe siècle, la localité avait le même 

nom que

 sa paroisse : 

Saint-Jean-de-Montagne, qui dépendait de la baronnie de

  Verfeil

Après l'incendie de

 l'église par les

huguenots entre 1570 et 1593, c'est le nom

 de la seigneurie de

 Bonrepos qui

 s'impose définitivement.

Attiré par le site, Pierre-Paul Riquet choisit Bonrepos pour y

 étudier, 

à ciel ouvert,

 grâce aux nombreuses 

sources et rigoles du vallon de la Garène, les problèmes 

que

 lui

 pose

 l'alimentation en eau 

de son canal, en projet, le canal royal de Languedoc, il décide, en 1651,

 de s'y installer.

Le centre de la commune est constitué par le château, devenu la mairie et l'église, installés sur une colline qui surplombe les vallées du Conné et du Girou. Depuis cette position dominante et par temps clair, on peut découvrir la chaîne lointaine des Pyrénées.

L'histoire du château et celle du village de Bonrepos-Riquet sont étroitement dépendantes et le changement de dénomination de la commune de Bonrepos par l'adjonction du nom de Riquet en 1921 témoigne de la reconnaissance du village envers son illustre habitant.

Pierre-Paul Riquet avant son installation à Bonrepos

Pierre-Paul Riquet avait de lointaines origines nobiliaires. Il est né à Béziers, probablement le , dans une famille de notables et de commerçants. Les sources diffèrent sur sa date de naissance. Il mena à partir de 1630 une carrière prospère comme contrôleur dans la ferme de gabelle du Languedoc. Il se marie avec Catherine de Milhau, riche héritière biterroise. Il s'installe à Mirepoix puis à Revel. Dès 1651, il exerce la fonction de sous-fermier avant de devenir fermier-général. Possédant déjà plusieurs propriétés à Revel et à Toulouse, il acquit en 1651 la seigneurie de Bonrepos près de Verfeil au nord-est de Toulouse constitué d'un parc de 150 hectares et d'un château Renaissance.

Le château de Bonrepos avant l'arrivée de Pierre-Paul Riquet

Les sous-sols datent de l'ancien château.

À la suite de l’ordonnance du sur le démantèlement de toutes les places fortes du Royaume, le donjon de Bonrepos a perdu toute fonction militaire. C’est sur l’emplacement de ce bastion déchu que Pierre-Paul Riquet entreprend la construction d’un nouveau château à partir de 1651. Les fossés de l’édifice antérieur furent aménagés en parterres ; l’espace situé à l’ouest du château fut débarrassé de ses murailles, afin d’offrir une vue dégagée sur le château, dont il devint la « cour d’honneur » dans sa partie comprise à l’intérieur des douves.

Pierre-Paul Riquet à Bonrepos

Riquet s'activa à transformer le château passablement délabré, entouré de défenses en très mauvais état en une agréable demeure dans le style austère du XVIIe siècle. Le château est reconstruit de 1654 à 1666 par le maçon de Revel, en conservant plusieurs éléments militaires hérités de la maison-forte antérieure, probablement aménagée durant les guerres de Religion : fossés secs, cour intérieure close (les bâtiments clôturant l'espace ont été démantelés depuis), corps de logis fortifié à l'est de deux imposantes tours carrées et à l'ouest par deux tourelles rondes en poivrière.

Portail d'entrée du château.

Les façades originellement en briques de bandeaux furent modifiées au XVIIIe siècle. Les ouvertures, portes et fenêtres furent elles aussi remises au goût du jour. Riquet agrémenta sa demeure d'un parc et de jardins à la française, entreprise qui fut poursuivie par ses descendants (construction de l'orangerie, de la glacière, et du labyrinthe arboré). À quelque distance du domaine, Riquet fit également construire une briqueterie et une forge, lieux qui lui servaient pour ses expériences.

Malgré son âge avancé pour l'époque (plus de 50 ans), Riquet ne se contenta pas de passer dans ce domaine une paisible retraite. Dans son imagination, l'idée germa de réaliser un canal de navigation à caractère commercial reliant, par voie terrestre et via la capitale du Languedoc, Toulouse, la mer Méditerranée à l'océan Atlantique. Les bois du vallon de la garenne, tout proche de son château, devint un vaste chantier expérimental : à partir d'un ancien vivier, Pierre-Paul Riquet fit creuser trois bassins étagés (bassin de décharge, bassin réservoir, bassin canal) alimentés par deux rigoles et des eaux saisonnières. La machine hydraulique de Riquet préfigurait les équipements du futur canal du Midi[2].

Les expérimentations que Riquet y mena durèrent de 1655 à 1662. Cette année-là, il reçut des hôtes de marque, dont l'archevêque de Toulouse, Charles-François d'Anglure de Bourlemont. Riquet sut le convaincre de la faisabilité du projet, grâce aux essais qu'il fit avec sa machine.

Cette rencontre fut déterminante. Dans sa fameuse lettre du , Riquet présenta son idée de canal à Colbert, ministre des Finances de Louis XIV. Le projet de « canal royal de Languedoc » reçut un avis favorable de la couronne qui autorisa l'ouverture du chantier par un édit royal d'. Riquet se lança alors dans cette opération gigantesque pour l'époque, y consacrant sa vie et sa fortune.

Pierre-Paul Riquet avait obtenu la réhabilitation de noblesse pour lui et les siens en 1666, devenant seigneur de Bonrepos. Il mourut en , quelques mois avant l'achèvement des travaux par ses fils, Jean-Mathias, baron de Bonrepos, et Pierre-Paul, comte de Caraman.

Le canal royal de Languedoc fut officiellement inauguré le .

Le domaine de Bonrepos après la mort de Pierre-Paul Riquet

Après la mort de Riquet, son fils Mathias, baron de Bonrepos, achève les travaux de construction. Il est conseiller au Parlement de Toulouse en 1664 et président à mortier en 1683. Il meurt le .

Le château passe alors à son fils, issu d'un second mariage avec Madeleine de Broglie : Jean Gabriel Amable de Riquet, qui devient conseiller au parlement, procureur général en 1752.

Sa fille Dorothée épouse le premier président au Parlement de Toulouse, Jean Louis de Cambon, parlementaire et mainteneur de l'Académie des Jeux floraux.

Son fils, Jean François, marquis de Cambon, devient député et maire de Bonrepos en 1824.

À la suite d'une succession embrouillée, c'est sa petite fille Charlotte Adélaïde de Tauriac qui hérite de Bonrepos en 1836. Mineure, la nouvelle châtelaine voit le domaine vendu aux enchères en 1836.

C'est le comte Joseph Falentin de Saintenac qui s'en porte acquéreur. Celui-ci revend le château en 1853 à MM. Henri et Paul Courtois, banquiers de Toulouse. En 1867, Henri et Paul Courtois (les fondateurs de la Banque Courtois de Toulouse) vendent[note 1] le domaine de Bonrepos au comte de Bertier et à son épouse née Tauriac.

L'Orangerie du château.

Le château revient ainsi à une descendante de Pierre-Paul Riquet. Les Bertier habitent au château où la comtesse meurt en 1888 et son mari peu après 1900. Le château échoit à leur fils François, comte de Bertier lors d'un partage entre ce dernier et sa sœur Germaine. François meurt à Bonrepos en 1916 et laisse sa sœur comme unique héritière.

Celle-ci, devenue veuve, vend en 1931 le château et le domaine (environ une centaine d'hectares) à une demoiselle Fonvieille, originaire de Béziers, qui épouse peu après le docteur Henri Marceillac, originaire de Verfeil. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le domaine et le château de Bonrepos deviennent un repaire et un enjeu importants  : s'y succèdent dans des circonstances encore mal établies les Waffen SS et les résistants.

Au décès du docteur Marceillac, en 1953, sa famille vend le domaine au colonel Fournier. À la faveur d'une importante avarie de toiture, la DRAC Midi-Pyrénées demande et obtient de la famille Fournier, en échange d'une importante participation aux frais de réparation, l'autorisation d'inscrire à l'Inventaire les trente hectares entourant le château et le château lui-même, ce qui fut fait par arrêté préfectoral du .

Après de longues et difficiles négociations, les enfants et descendants du colonel Fournier, en indivision au nombre de seize, cèdent le château, les jardins et son parc avec une cinquantaine d'hectares de terres agricoles (le tout couvrant 80 hectares environ) à la SAFER Gascogne-Haut-Languedoc (GHL) le .

La SAFER vend en retour, comme prévu par accord depuis 2005, la partie dite « historique » du domaine (la partie classée, soit une trentaine d'hectares autour du château) à la commune de Bonrepos-Riquet le .

Cette opération est l'œuvre, en plus de trois années, du travail des bénévoles d'une association locale spécialisée dans la sauvegarde du patrimoine historique. Cette association obtient notamment, pour faciliter l'acquisition par la commune, le classement d'office comme monument historique du château et des trente hectares du « périmètre historique » qui l'entourent, décision de la CRPS d', confirmée par arrêté préfectoral du . En outre, en , cette même association a soumis à la signature du maire de Bonrepos-Riquet un dossier de demande de rattachement du domaine de Bonrepos au canal du Midi en tant que monument classé au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Architecture

Le château est construit sur un site castral, une plate-forme entourée de fossés enjambés par deux ponts. Il est formé d'un logis rectangulaire cantonné de tours carrées et de tourelles sur la façade arrière. Le logis et les bâtiments des communs entourent deux cours et donne au sud sur une terrasse. Tous ces bâtiments et l'orangerie sont classés monument historique.

Les jardins et le parc dans lequel sont conservés les aménagements hydrauliques conçus par Riquet pour préparer la construction du canal du Midi et expérimenter les différentes techniques sont eux aussi classés monument historique.

Le jardin d'agrément du château de Bonrepos-Riquet est inscrit au pré-inventaire des jardins remarquables[3].

Galerie de photos

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