Château de Courtmoulin
La
seigneurie de Sainte-Barbe est attestée dès le XIIIe siècle. En 1253,
Guillaume de Colmoulin, dont le nom est à l'origine de celui du domaine,
est mentionné comme seigneur du fief tout en siégeant aux assises de
Normandie. Le château, construit au XVIIe siècle, est agrandi et modifié
aux XIXe et XXe siècles, avec l'ajout de bâtiments aux extrémités. A
l'intérieur, le rez-de-chaussée conserve plusieurs pièces lambrissées.
Les origines de la chapelle seigneuriale dédiée à Saint Vulfranc,
remonteraient au XVIe siècle. Sa construction est également attribuée à
la famille Langlois, au XVIIe siècle, en même temps que l'édification du
château. La chapelle possède un plan rectangulaire composé d'un
vaisseau unique à deux travées, et dispose d'un chœur désorienté, tourné
vers l'Ouest. L'édifice présente des façades enduites au mortier, d'où
se distinguent l'encadrement en pierre de taille du portail d'entrée.
Les baies à tiers point ont conservé trois verrières, datées du XVIe
siècle, illustrant la vie de la Vierge. Une charpente à chevrons formant
fermes soutient la couverture à double versants en tuiles plates,
complétée par un clocheton en ardoises. Le château a été très transformé
avec le prolongement du logis d'origine par des pavillons et des ailes
latérales au XIXe et au début du XXe siècle. Des aménagements intérieurs
du XVIIIe siècle ont été conservés (lambris et cheminée du salon). La
chapelle bénéficie de l'environnement arboré et paysager du parc du
château. Les champs et les bois forment un cadre rural valorisant...
Éléments protégés MH: la chapelle du château, en totalité : inscription par arrêté du 11 mai 2006.
château de Courtmoulin 27600 Sainte-Barbe-sur-Gaillon
Château de Chennebrun
Situé
sur la frontière de l'Avre entre le duché de Normandie et le royaume de
France, le site était occupé par une forteresse dès le XIIe siècle. A
la fin du XIIIe siècle, le rattachement de la Normandie à la France fit
perdre à la place forte son intérêt stratégique. Une partie de
l'enceinte médiévale subsiste encore (tours et courtines). Vers 1750, le
château actuel fut construit pour la famille de Laval-Montmorency, en
intégrant d'anciennes caves voûtées de la forteresse. Il s'agit d'un
corps de logis d'une grande sobriété avec ses façades de briques
(arêtes, encadrements des baies) mêlées à un remplissage de moellons
enduits ou laissés à nu. Quelques ornements (frontons, corniches)
mettent en valeur l'édifice. Le colombier circulaire et la maison du
régisseur placée face au château datent de la fin du XVIIIe siècle,
tandis qu'une serre maçonnée a été ajoutée au XIXe siècle. Le château
possède un vaste cône de vue vers le Sud, dans l'axe de la Grande Rue de
Chennebrun. Cette rue présente un cadre bâti soigné (constructions en
briques, silex et pans de bois). Le parc forme un environnement boisé
autour du château. Son mur d'enceinte est visible depuis les champs
voisins.
Éléments protégés MH: les façades et les
toitures, le gros oeuvre et les caves. Le vieux château avec l'ensemble
lambrissé de l'étage et les vestiges archéologiques. Les façades et les
toitures et l'escalier de la maison du régisseur, la serre et le
colombier, le parc, y compris son enceinte et le mur du clos à l'est de
l'église, le potager, y compris son mur d'enceinte et l'appentis :
inscription par arrêté du 29 septembre 1994.
château de Chennebrun 27820 Chennebrun
Château de la Chapelle
Une
demeure seigneuriale occupait le site dès le XVIIe siècle dont il
subsiste quelques vestiges intégrés au château actuel. Le domaine a été
acquis au début du XIXe siècle par un marchand quincaillier en gros
d'Ambenay, dont le fils Emile Claudius Baraguay Fouquet a hérité en
1852. Dès 1855, Bartaguay a fait établir des projets de transformation
du château de la Vallée, qui furent peut-être réalisés. Il a aussi fait
planter en 1865 un parc selon le système de Le Nôtre et de Kent par
François Duvillers. L'actuel château a été érigé entre 1876 et 1879,
avec réemploi partiel de l'édifice antérieur, par l'architecte Baumier
de Caen, aussi connu pour ses réalisations à Trouville et à Houlgate.
Baumier a également conçu l'organisation nouvelle du domaine avec
l'actuelle avenue d'accès, la clôture, la chapelle et le pavillon de
chasse, les communs et la ferme. La demeure est composée d'un corps
principal flanqué de deux pavillons latéraux. Un avant-corps à tourelles
signale l'entrée du château. Les façades mêlent le silex taillé en
parement, la brique (chaînes) et la pierre de taille (corniches).
Lachapelle reprend les mêmes matériaux que le château, donnant une unité
à l'ensemble. Le parc du château comprend des parterres et des jardins
agrémentés d'étangs et de ruisseaux. L'ensemble, qui témoigne de la
réussite sociale d'un grand capitaine d'industrie, est exceptionnel par
l'ampleur de la composition, la qualité de cette architecture, son style
éclectique, la conservation des dispositions intérieures et du décor
d'origine. Le château possède une perspective orientée à l'Est vers la
vallée de la Risle et soulignée par des alignements d'arbres. Un massif
arboré clôt cette perspective et permet de masquer les usines de Chagny.
Le parc fournit un écrin arboré au reste du domaine. Au Sud quelques
vues portent vers les champs...
Éléments protégés
MH: le château, le pavillon de chasse et la chapelle, le pavillon de
gardien, l'orangerie et les communs, l'avenue d'accès, la cour d'honneur
et le petit parc avec leurs aménagements : inscription par arrêté du 30
mai 2002.
château de la Chapelle 27330 La Neuve-Lyre
Téléphone : 06 98 64 49 26
Château du champ de bataille
Il en est des monuments comme des personnes. Les uns se présentent
trop avantageusement, et sont trouvés, après examen, valoir moins qu'on
ne l'avait cru au premier abord; d'autres, au contraire, ont besoin
d'être mis en leur jour et n'annoncent pas tout ce qu'ils donneront. Le
château du Champ-de-Bataille est de ces derniers. "Voilà, dit-on, un
château un peu lourd de style, qui ne manque ni d'ampleur, ni de
caractère". En sortant du village du Neubourg, gagnez une avenue, puis
un parc boisé, qui s'étendent à perte de vue sur une longueur de
plusieurs kilomètres. Lorsqu'enfin vous approchez d'un grand château à
dôme central et à gros pavillons d'angle, au lieu de vous arrêter à
l'examiner, dirigez-vous vers la droite. Bientôt, à votre gauche se
présentera un haut mur à compartiments de brique séparés par des chaînes
de pierre, couronné par une galerie de balustres de pierre. Au milieu
de ce mur s'ouvre une porte monumentale en pierre de taille, un portique
voûté, encadré dans des pilastres corinthiens et offrant, au-dessus de
la baie, les les insignes héraldiques et la fière devise de la maison de
Créqui. Après avoir franche ce portique, vous êtes dans une grande cour
carrée. A gauche on voit un château qui occupe un des côtés du
quadrilatère. Devant vous est une clôture en grilles de fer, dont les
travées sont scellées dans de petits obélisques de pierre. Au milieu,
cette clôture est divisée par une porte composée de deux puissants
massifs en pierre esquissant un fronton brisé, et sur les montants
desquels de grandes et belles statues de femmes assises soutiennent des
écussons armoriés. A travers ces grilles et ce portique, au bout d'un
parterre en contre-bas, la vue va se perdre dans un horizon boisé. A
votre droite enfin, vous retrouvez un second château identiquement
pareil (extérieurement du moins) à celui que vous avez aperçu à votre
gauche. Traversez toute cette cour, avancez jusqu'à la porte dont nous
venons de parler, puis retournez-vous. Alors vous avez l'aspect
singulier, mais vraiment majestueux, de deux grands châteaux parallèles,
avec leur solide architecture et leurs dômes épais et puissants, reliés
par une galerie en terrasse que divise en deux un portail monumental.
Qui
donc est allé cacher au fond des bois cette demeure de grand seigneur?
Et, d'abord, d'où lui vient son nom retentissant: Le Champ-de-Bataille?
Rien qu'à l'entendre l'imagination prend son vol. Elle entrevoit dans la
nuit des temps de brillants fait d'armes accomplis sur ce sol,
peut-être un château fort ayant précédé l'aristocratique demeure
actuelle, et au pieds duquel se sera dénoué quelques épisode
intéressants de notre histoire. L'histoire locale semble d'abord prêter
son appui à cette conjecture. A diverses époques, les environs du
Neubourg ont été le théâtre de combats de quelque importance. Mais
bientôt tout ceci s'évanouit comme dans un rêve, l'examen des terriers
de la baronnie du Neubourg a fait découvrir, dans ces parages,
l'existence d'une pièce de terre, d'un champ, ayant appartenu à un
propriétaire du nom de Bataille; et, vraisemblablement, par une habile
équivoque, ce château élevé plus tard sur l'emplacement de ce simple
champ est devenu fièrement le château du Champ-de-Bataille. Saint-Simon
dit, avec raison, que les "fureteurs de registres" sont bien à craindre
pour les familles dont les prétentions ne sont pas fondées; ils ne sont
pas parfois moins redoutables pour les châteaux. Et, vraiment, ici,
c'est grand dommage. Les souvenirs d'une bataille auraient couronné
d'une noble auréole le dernier chapitre de l'histoire de cette terre du
Neubourg, dont le château a, plusieurs fois, joué un certain rôle dans
l'histoire de la Normandie, et qui, dans la longue série de ses
possesseurs, a successivement compté les de Meullent, les d'Harcourt,
les de Rieux, jusqu'au jour où, dans les dernières années du XVIIe
siècle, le seigneur d'alors déserta le vieux château-fort pour se fixer
un peu plus loin au milieu de ses grands bois.
Au
moins le nom de ce propriétaire ne nous réserve pas les mêmes mécomptes
que celui de son domaine, en effet, messire Alexandre de Créqui, comte
de Créqui et de Bernieules, qui avait recueilli, dans la succession de
sa mère, Renée de Vieuxpont, une portion de la baronnie du Neubourg. Si
le style du château peut laisser planer quelques doutes sur l'époque à
laquelle il a été élevé et semble engager à en reporter la construction
au milieu du XVIIe siècle, l'épitaphe de ce seigneur nous ote toute
incertitude. Lorsqu'il mourut, en 1702, cette épitaphe prit soin de
rappeler qu'il avait fait bâtir le château du Champ-de-Bataille.
Monsieur Créqui qui fut inhumé dans l'église paroissiale de
Sainte-Opportune-du-Bosc, sur le territoire de laquelle est situé
l'emplacement du château. Sur son tombeau était une inscription ainsi
conçue, dont les caractères furent brisés à l'époque de la Révolution de
1789 et dont, dit M. Ozanne, il ne reste que des traces illisibles: "Cy
giste très haut et puissant seigneur Messire Alexandre, comte de
Créqui, de Bernieules et de Cléry, baron de Combon, chef du nom et des
armes de la maison de Créqui, seigneur et baron de cette paroisse, fit
bâtir le château du Champ-de-Bataille, et, après avoir passé sa vie dans
les délices du monde, mourut dans la soixante-quinzième année de son
âge, le 5 août 1702". Monsieur de Créqui avait épousé Marie Maignard de
Bernières; aussi l'écusson des Maignard de Bernières est-il un de ceux
que supportent les statues assises dont nous avons parlé. Dire qu'il
s'était en partie ruiné à construire le château du Champ-de-Bataille,
cela ne surprendra personne de ceux qui ont quelque connaissance de
l'histoire des familles. Combien de fois, en effet, des hériteirs
n'ont-ils pas été obligés de vendre des demeures dont la construction
avait entamé la fortune de leurs auteurs, ne leur laissant qu'une
situation pécuniaire insuffisante pour les conserver.111
Monsieur
de Créqui n'avait pas d'enfants, sa succession passa à des collatéraux.
Son neveu, Gabriel-René de Mailloc ne l'accepta que sous bénéfice
d'inventaire. Immédiatement arriva le cortège rapace des gens de loi,
survinrent tous les incidents, toutes les péripéties qui accompagnent
les successions obérées. Le magnifique chartrier du Champ-de-Bataille,
aujourd'hui conservé aux Archives départementales de l'Eure, contient
encore une copie, en quatre-vingts pages, du procès-verbal de la vente
aux enchères publiques de tout le mobilier garnissant le château, vente à
laquelle il fut procédé, en novembre 1703, à la requète de M. de
Mailloc; puis ce sont des procédures et des papiers relatifs aux
réparations déjà nécessaires à cet édifice à peine terminé. Mais M. de
Mailloc n'était pas seulement le neveu et l'héritier du comte de Créqui,
il était aussi, paraît-il, son créancier. On ne saurait, au juste dire
en vertu duquel de ces titres il fut "envoyé en possession, moyennant
200000 livres, de la terre du Champ-de-Bataille, par sentence de la
vicomté de Beaumont-le-Roger, en date du 1er décembre 1711". M. de
Mailloc conserva ce domaine jusqu'à sa mort. Il avait alors
soixante-dix-huit ans; sa veuve, Claude-Lydie d'Harcourt, n'en avait que
vingt-huit. Il n'avait point eu d'enfants de cette union un peu
disproportionnée au point de vue de l'âge. Les héritiers de M. de
Mailloc, ou peut-être plutôt sa veuve, vendirent alors le
Champ-de-Bataille, "par contrat du n mai 17 53, à Simon-Zacharie
Palerne, ecuier, tresorier-general du duc d'Orléans". Toutefois,
d'autres parents ne jugèrent pas à propos de laisser ce financier jouir
de sa nouvelle acquisition. L'ancienne législation donnait, en effet,
aux parents du vendeur d'un immeuble le droit de désintéresser
l'acquéreur, et, prenant pour eux le marché, de faire rentrer le domaine
dans la famille dont il était sorti. C'était la clameur de
retrait-lignager.
Donc, par suite de cette
clameur, ce formée le 10 mai 1754, par Monseigneur de Harcourt, duc de
Beuvron, l'homme d'affaires du duc d'Orléans dut délaisser son
acquisition. Il lui fut payé, par le retrayant, 473501 livres pour
principal, intérêts, frais et loyaux-coûts. Une partie de la baronnie du
Neubourg devait donc finir son existence féodale entre les mains de
cette illustre famille des d'Harcourt qui l'avait possédée déjà au XI
siècle (car les Meullent étaient une branche de cette même maison). Les
d'Harcourt étaient alors au faîte des honneurs. Le chef de cette famille
Mgr Anne-Pierre, duc d'Harcourt, était pair de France, maréchal de
France, garde de l'oriflamme, chevalier des ordres du roi,
gouverneur-général et commandant militaire de la Normandie. Sous ses
ordres il avait, pour l'aider dans ces dernières fonctions, ses deux
fils, François-Henri, comte de Lillebonne, duc d'Harcourt après son
père, et Anne-François, marquis, puis duc de Beuvron. Le maréchal duc
d'Harcourt étant mort en 1784, son fils aîné lui succéda dans le
gouvernement de Normandie, et eut alors lui-même sous ses ordres deux
lieutenants-généraux, dont l'un était son propre frère, le duc de
Beuvron. Le château du Champ-de-Bataille était la propriété du duc de
Beuvron. Il y résidait beaucoup; c'est ce qu'il est facile de voir
d'après les volumineuses correspondances d'affaires qui lui sont
envoyées à cette adresse, et aussi d'après les brouillons de lettres qui
en sont datées. Ainsi s'explique la présence, dans le chartrier du
château, de pièces innombrables et infiniment précieuses, relatives au
gouvernement de la Normandie, non seulement à la fin du XVIIIe siècle,
mais encore pendant tout le cours du XVIIe et même la fin du XVIe,
documents qui nous paraissent égaler au moins, en intérêt historique,
ceux, analogues, tirés par M. Hippeau des archives du château
d'Harcourt...
Pendant la Révolution, il faut
noter deux épisodse de l'histoire du château du Champ-de-Bataille, l'un
en 1790 et l'autre en 1795. A la première de ces dates, l'imagination
populaire commençait déjà à fermenter. Les propriétaires en général
devenaient suspects. Que devait-il en être, à plus forte raison, d'un
Ghamp de Bataille, appartenant à un ancien lieutenant-général au
gouvernement de Normandie? Mais la bourgeoisie dans les villes, lès
municipalités dans les campagnes, trouvaient que tout était pour le
mieux dans le meilleur des monde. Ayant renversé ce qui était au-dessus
d'eux, les nouveaux arrivés voulaient bien laisser la vie à ceux qu'ils
avaient en partie dépouillés. Peut-être aussi craignaient-ils que, mis
en appétit, le peuple ne vint ensuite les dévorer eux-mêmes? Toujours
est-il que si nous devons nous en rapporter à la version officielle d'un
journal de l'époque, version peut-être un peu arrangée en son honneur,
la municipalité du Neubourg aurait, en 1790, calmé l'effervescence
populaire qui grondait contre les châtelains du Champ-de-Bataille, et
couvert ceux-ci de son appui moral et de sa protection. On lit ceci dans
le Journal de Normandie, numéro du 7 mai 1790.
"Il
circuloit depuis quelque temps, des bruits défavorables à la maison de
Beuvron; et d'une nature si dangereuse, qu'ils pouvoient faire naître
des craintes pour la sûreté de cette famille respectable, à qui la
Révolution n'a pas de reproches à faire. On assuroit que le
Champ-de-Bataille, château qui lui appartient, renfermoit des armes et
des munitions de tout genre; qu'il s'y rendoit clandestinement nombre de
personnes, qui, de concert avec les ouvriers au service de cette
maison, s'armeroient contre les cantons voisins à la première nouvelle
de la contre-révolution. Cette calomnie odieuse avoit fait tant de
progrès que la municipalité du Neubourg, guidée par le désir louable
d'en détruire les impressions, a cru devoir rendre l'ordonnance dont la
teneur suit: extrait du registre de la municipalité du Neubourg, du 23
avril 1790: nous, maire et officiers de la municipalité du Neubourg,
informés que des ennemis du bien public cherchent par des discours aussi
faux que méchants à troubler la tranquillité dont ses soins,sa
vigilance et sa continuelle sollicitude a fait constamment jouir ce
canton; depuis longtemps ces bruits répandus et dont nous nous étions
assurés de la fausseté, nous auroient fait écrire à MM. les maires de
Bernay, Pont-Audemer, Brionne, Elbeuf, pour les prier, les engager à
détruire de pareilles absurdités qui ne tendoient rien moins qu'à une
insurrection. Ils se renouvellent, ces bruits, avec plus de fureur. Ces
amas d'armes, de munitions de toutes espèces au Champ-de-Bataille, sont
des chimères que nous avons combattues après nous être assurés par
nous-mêmes qu'il n'y a dans le château, et qu'il n'y eu que la seule
famille de M. le duc de Beuvron; MM. de Boisgelin, partis il y a
quelques semaines pour leurs terres, ne sont pas étrangers à cette
famille; et, hors M. le baron d'Achey, qui y a passé douze ou quinze
jours, il n'y est venu que quelques étrangers momentanément. Nous devons
à la vérité et à l'ordre public un témoignage authentique. Nous nous
sommes encore assurés, par la poste, que ces prétendues assemblées
nombreuses ont une fausseté. Que s'il y a des ouvriers piocheurs, ce
sont des Terrassiers, Défricheurs, des Bûcherons, tous gens du pays, des
malheureux employés pour gagner leur pain, gens de nous connus. La
municipalité doit donc, en conséquence des décrets de l'Assemblée
Nationale, veiller au maintien de l'ordre, la sûreté des citoyens.
Pourquoi,
suivant les conclusions du procureur-syndic de la Commune, il est
arrêté: Que pour tranquilliser le public, lever ses doutes et prévenir
une insurrection, la présente ordonnance sera imprimée, lue, publiée et
affichée partout où besoin sera. Fait et arrêté à l'Hôtel de la
Municipalité, le bureau et le conseil réunis et notables appelés
(Suivent les signatures)". Cinq ans plus tard, c'était autre chose: la
bête populaire était affolée, rien, ni personne, ne pouvait plus la
calmer. "En 1795, dit l'historien du Neubourg, une bande armée, composée
de gens sans aveu et sortie on ne sait d'où, fit une seconde irruption
dans le château du Champ-de-Bataille, qui était alors privé de la
présence de ses maîtres. Ces espèces de brigands se livrèrent aux plus
grands excès. Ils enfoncèrent les portes, brisèrent les meubles,
souillèrent les tapisseries et les mirent en lambeaux, mutilèrent les
statues et les bustes qu'ils décapitèrent, burent le vin qui se trouva
dans les caves et s'emparèrent des titres et papiers dont ils firent des
feux de joie qui durèrent plusieurs jpurs. Ils ne quittèrent le château
que lorsqu'ils virent les habitants des campagnes voisines disposés à
les venir déloger". Heureusement, ainsi qu'on l'a vu, le duc de Beuvron
n'habitait plus son domaine. Il s'était retiré à Amiens où il mourut en
1797. De son mariage avec Marie-Catherine Rouillé, fille du ministre, il
laissait un fils, né en 1755, qui servit dans l'armée de Condé où il
commandait les chevaliers de la couronne; et deux filles, les marquises
de Boisgelin et d'Harcourt-d'Olonde. Dans les premières années du XIXe
siècle, ses héritiers vendirent le Champ-de-Bataille à la comtesse de
Vieux. En 1840, il devint la propriété de la famille Quesné-Prieur.
Madame
Quesné aura marqué son passage comme propriétaire de ce domaine, par un
acte dont tous ceux qui ont le souci de l'histoire ne sauraient lui
être assez reconnaissants. Elle a donné aux Archives départementales de
l'Eure le magnifique chartrier conservé au château et qui comprenait
deux séries ,de pièces différentes; l'une et l'autre d'une extrême
importance: la première relative à la seigneurie du Neubourg et aux
familles qui l'ont successivement possédée; la seconde touchant aux
affaires publiques et au gouvernement de la Normandie aux XVIIe et
XVIIIe siècles, souvenir du séjour des duc de Beuvron. La gracieuse
complaisance de l'archiviste du département de l'Eure, M. G. Bourbon,
permis à l'auteur de cette Note, il y a longtemps déjà, de prendre
connaissance des richesses inappréciables que renferme le chartrier du
Champ-de-Bataille. A la fin du XIXe siècle, ce beau domaine appartient à
un nouveau propriétaire, entre les mains de qui il a repris son grand
air et son éclat d'autrefois, M. William Warcop Peter, de nationalité
anglaise, que de nombreuses relations et une alliance contractée dans le
voisinage par un de ses enfants, semblent devoir rattacher à notre
pays. Aujourd'hui c'est M.Jacques Garcia, le propriétaire actuel, qui a
réalisé une magnifique restauration depuis 1992. Elle est maintenant
accomplie, et il souhaite vous faire partager cette expérience
exceptionnelle. Les jardins, seul un bout de croquis avait échappé à
l’oubli, né vraisemblablement de la main d'André Le Nôtre, ce document
désignait à grands traits l’emplacement de la Grande Terrasse, des
vieilles broderies de buis, des anciens bosquets de part et d’autre,
ainsi que les proportions des Carrés de Diane et d’Apollon. Ces rares
éléments d’époque ont été restitués scrupuleusement, et pour le reste,
ce sont eux qui ont donné la mesure et la tonalité des nouveaux jardins.
Passé l’Avant-cour avec son Echiquier, le visiteur franchit l’Arc du
Créquois pour entrer dans le Carrousel. Le grand axe des nouveaux
jardins peut être considéré, comme une évocation des différents degrés
reliant l’univers matériel (corps de logis) vers l’univers immatériel.
Éléments
protégés MH: les façades et les toitures du bâtiment d'habitation, du
bâtiment des communs et du pavillon d'entrée en bordure de la route se
dirigeant vers Sainte-Opportune-du-Bosc, les murs de clôture entourant
la grande cour, la cour à l'ouest des communs et la pelouse au
sud-ouest, y compris le soutènement, la totalité du sol à l'intérieur
des clôtures, le hall du rez-de-chaussée, l'escalier, le grand salon
carré du premier étage et le salon contigü : classement par arrêté du 14
mai 1952. Les abords du château, la grande perspective du château :
classement par arrêté du 13 octobre 1971. Les parties suivantes
constituant le parc et les abords du château (à l'exception des parties
déjà classées) : le parc, l'ensemble des murs et tous les aménagements
de jardin connus ou à découvrir, le grand axe nord-ouest/sud-est pour la
partie comprise entre la départementale 39 au nord et le chemin rural
des bois au sud, la réserve boisée du bois du Colombier, les sols, la
demi-lune et les allées en étoile compris entre le chemin vicinal 40 au
sud-est et les parcelles constructibles au nord-ouest: inscription par
arrêté du 21 juillet 1995. Le château: les communs, le pavillon d'entrée
et le corps de logis et la partie du parc: classement par arrêté du 12
octobre 1995
château du Champ de Bataille 27110 Le Neubourg
Téléphone : 02 32 34 84 34
Château de Chambray
Ce
qui fait le charme du château de Chambray, ce n'est pas l'élégance de
sa construction: s'il est du XVIIe siècle, époque où l'architecture
produisait encore ses merveilles sous l'habile inspiration de Mansart,
il ne reste que peu de chose de son ordonnance primitive et les
murailles sont, à la fin du XIXe siècle, recouvertes d'un enduit de
plâtre et d'un badigeon qui leur enlèvent tout caractère. Bien que ses
toits élevés, ainsi que les encadrements des fenêtres et les cordons en
pierre de taille de la façade principale lui aient conservé un aspect
particulier, c'était surtout à son origine, qu'il était digne d'être
remarqué, à l'époque où, moins important sans doute, il semblait sortir
des eaux du fleuve qui l'entouraient et qui, par une canalisation habile
et gracieuse, baignaient ses murs de fondation comme pour leur servir
de rempart et rafraîchir l'atmosphère ambiante. C'était alors le séjour
du marquis de Crève-Cœur, Adrien de Hanivel, baron de Chambray, dont la
sœur Madeleine de Hanivel avait épousé Georges Langlois de Colmoulins,
fils du baron de la Croix-Saint-Leufroy. Son autre sœur, Louise de
Hanivel, épousa François Aubert, sieur de Vertot, dont elle eut un fils,
René-Aubert de Vertot, qui devint si célèbre dans la littérature sous
le nom d'abbé de Vertot. Nous ne sommes pas surpris que Mademoiselle des
Houllières (non pas Madame des Houllières comme plusieurs l'ont
prétendu) ait chanté dans ses vers les agréments de la vallée d'Eure.
Ses belles relations avec l'abbé de Vertot ne pouvaient manquer de
l'attirer au château de Chambray, ou le marquis de Crève-Cœur lui
offrait l'hospitalité.
Quand elle voulut célébrer la
paix de Ryswick, elle dut son inspiration à la générosité de ses hôtes;
l'ambassadeur à la paix de Ryswick était Nicolas-Auguste de Harlay,
seigneur de Bonneville, le père de Claude-Elisabeth de Harlay, qu'Adrien
de Hanivel, marquis de Creve-Coeur et baron de Chambray, avait épousée
en 1690. C'est donc du séjour de Chambray qu'elle parlait, en 1697,
quand dans ses stances sur la poésie elle débute ainsi: "Dans un de ces
beaux lieux chéris de la nature, où règne de tout temps l'innocence et
la paix, sur un lit émaillé de fleurs et de verdure, d'un tranquille
sommeil je goûtais les attraits". Le domaine de Chambray passa bientôt
dans les mains de François-Joseph, comte de Clermont-Tonnerre, qui avait
épousé Marie de Hanivel, fille d'Alexandre et seule héritière des biens
de cette famille. Philippe-Armand, comte de Clermont-Tonnerre,
chevalier de Saint-Louis, lieutenant-colonel au régiment d'Anjou, hérita
des titres de son père et devint baron de Chambray; il épousa, le 30
décembre 1706, Geneviève-Armande de la Rochefoucauld de Roye, dame de
compagnie de la duchesse d'Orléans. Il n'eut que trois filles, et donna
l'une, Marie-Charlotte-Félicité, à Hyacinthe-Gaetan, comte de Lannion,
qui devint possesseur du domaine de Chambray, le 20 décembre 1745. C'est
sans doute au comte de Lannion que l'on doit la construction de ces
importantes dépendances qui semblent avoir été aménagées pour mener un
train de maison presque royal. Il y créa une chapelle pour recueillir
les restes vénérés des ancêtres, et une riche bibliothèque composée des
meilleurs auteurs du XVIIIe siècle et des éditions les plus illustrées
et les mieux soignées.
Il mourut gouverneur de
Port-Mahon en 1762, à l'âge de quarante-quatre ans. Sa veuve vendit la
terre de Chambray à Marie-Thérèse de Mondray, veuve de M. de la
Poupliniere, en 1769. Un an après, celle-ci la remit entre les mains du
marquis de Kerhoent. La marquise de Kerhoent, qu'on appelait la bonne
marquise parce qu'elle nourrissait, chauffait et habillait tous les
indigents du village, se retira dans son château d'Abondant et légua par
testament sa terre de Chalnbray à sa cousine Pulchériè- Tranquille de
Lannion, marquise de Pons, dont la fille, Augustine-Éléonore, épousa le
marquis de Tourzel. Charles-Louis- Yves du Bouchet de Sourches, onzième
marquis de Tourzel et dernier grand prévôt de France, était le fils de
Madame de Tourzel, qui fut la gouvernante des Enfants de France dans ces
jours désastreux où avec sa fille, Mademoiselle Pauline de Tourzel,
elles faillirent payer de leur tête leur dévouement sans bornes aux
royales victimes de la Révolution. La première fois que la marquise de
Tourzel vit la reine en sa qualité de gouvernante, elle en fut saluée
par une de ces paroles où l'infortunée Marie-Antoinette savait mettre
toute la gracieuse délicatesse de son coeur: "Madame, lui dit-elle,
j'avais confié mes enfants à l'amitié, je les confie maintenant à la
vertu". La marquise de Kerhoent et le sire de Pons ne purent échapper au
massacre, et le domaine de Chambray fut livré au pillage. Tous les
meubles du château furent vendus à vil prix, et on emporta à Vernon dix
voitures à quatre chevaux remplies de munitions pour l'armée.
Quand
on vit renaître des jours meilleurs, la marquise de Tourzel revint
chercher dans la solitude et le calme que pouvaient lui offrir les frais
ombrages et les gracieux horizons de la campagne, l'oubli de tant
d'horreurs et l'espoir d'un avenir plus heureux. Le château subit alors
une restauration complète et des agrandissements qui lui donnèrent un
aspect plus riant que monumental. Sa façade tout entière se reflète dans
une large pièce d'eau dont les bords arrivent jusqu'à ses pieds.
D'habiles travaux de transformation firent, en même temps, du parc un
des plus beaux de la Normandie. Un pont de briques, d'une légèreté
incomparable, que l'on appelle encore le pont Tourzel, fut jeté sur un
des bras dérivatifs de l'Eure. Il agrémente délicieusement le paysage et
l'on ne sait trop ce que l'on doit le plus admirer de la hardiesse ou
de l'élégance avec lesquelles il fut construit. Le mobilier du château
qui ne consiste guère que dans les épaves oubliées par la Révolution,
n'offre rien d'artistique ni de remarquable, si ce n'est une galerie de
portraits de famille très intéressants et de grandes tapisseries fort
estimées. La chapelle, dédiée à la Sainte-Vierge, possède une statue de
la Mère de Dieu, qui n'est pas sans mérite; elle n'a pour ornementation
que les épitaphes des tombeaux qu'elle renferme. La visite royale des
duchesses d'Angoulême et de Berry vint embellir encore ce séjour l'an
1826. Un sentiment mêlé de vive reconnaissance et de réelle sympathie
devait rapprocher Madame Royale de celle qui avait été pour elle une
gouvernante si affectueuse et si dévouée. Madame de Tourzel laissa ce
beau domaine à sa fille Léonie qui avait épousé le duc de Lorges; et à
la fin du XIXe siècle leur fille, Marie de Lorges, devenue par son
mariage princesse de Croy, conserve avec honneur l'héritage de ses
ancêtres, non seulement celui de leurs domaines, mais aussi celui de
leurs vertus. La famille de Croy blasonnait: écartelé au 1 et 4 à 3
fasces de gueules, au 2 et 3 d'argent à 3 doloires de gueules, les 2 en
chef adossees.
Éléments protégés MH: les
façade et les toitures de l'ensemble des communs et du pavillon dit
conciergerie, l'église dite chapelle dans sa totalité, l'orangerie, la
grille d'entrée : classement par arrêté du 24 mai 1973.
château de Chambray, grande rue, 27120 Chambray
Château de Cernières
Situé
sur un ancien site médiéval, le château a été construit au XVIIe siècle
(aile est-ouest), puis agrandi au XVIIIe siècle par l'adjonction d'une
aile en retour, orientée nord-sud. L'édifice, inspiré par le classicisme
français, présente des façades rythmées par des chaînes en pierre avec
un remplissage de briques polychromes formant un motif losangé. Le
domaine est largement modifié entre 1870 et 1900, selon un style normand
vernaculaire. Les transformations, dirigés par l'architecte Delarue,
ont surtout concerné la recomposition des façades (galeries à pans de
bois, moellons), la surélévation des toitures, et la construction de
tours d'escalier. Des communs (écuries et colombier octogonal) ont été
bâtis avec un appareillage en damier de briques polychromes et de
moellons en silex. Le parc a été réalisé par Georges Aumont. Édifié à
flanc de colline, le domaine ouvre à l'Ouest sur un paysage vallonné par
un cours d'eau, mêlant prairies et bois, tandis qu'à l'Est, l'avenue
plantée d'arbres cadre sur la plaine. Le village, au Nord, a également
une grande valeur patrimoniale (église, lavoir).
Éléments
protégés MH: les façades et les toitures du château, les fossés qui
l'entourent, le colombier et les communs, le portail d'honneur et
l'avenue d'accès : inscription par arrêté du 15 décembre 2005.
château de Cernières 27390 Saint-Pierre-de-Cernières
Château de Canteloup
Au
pied de la côte des Deux-Amants, à quelques pas des rives de la Seine
et non loin de l'Andelle, au milieu de beaux jardins et de vieux arbres,
s'élève le château de Canteloup, dans un petit vallon, voisin autrefois
de futaies où l'on entendait le hurlement des loups, "cantus 1upi".
Construit vers le commencement du XVIIe siècle, en briques et pierres,
flanqué de quatre tourelle d'angle en encorbellement, le château
présente, avec ses toits aigus et ses hautes cheminées, l'aspect des
édifices du temps de Henri IV et de Louis XIII. De la côte des
Deux-Amants, l'œil peut embrasser l'ensemble pittoresque de cette maison
seigneuriale. Elle a dû être édifiée par la famille Hallé, dont l'un
des membres, Jacques Hallé, seigneur du Val, échevin de Rouen, avait
acheté, en 1608, de Henri de Chaumont, le fief de Canteloup, le plus
important des fiefs d'Amfreville-sous-les-Monts. Le peintre Hackert,
dans un tableau gravé par Dufour et désigné sous le nom de "Deuxième vue
de la ville de Pont-de-l'Arche", dédiée à Le Boucher d'Ailly, seigneur
d'Hocquincourt, a plaé au second plan le château de Canteloup. L'artiste
le fait figurer, entouré d'arbres et de rochers, sur les bords de la
Seine, assez près du Pont-de-l Arche, dans un paysage composé par lui et
où il s'est peu préoccupé d'exactitude locale. Les rives de la Seine,
en cet endroit, ont subi, il est vrai, bien des modifications
successives, et on retrouverait difficilement aujourd'hui, auprès de
Canteloup, ses contours tels que les avait peints Lantara dans sa jolie
"Vue du Prieuré des Deux-Amans", gravée par Picquenot, et qui fut dédiée
à Thiroux de Crosne, intendant de la généralité de Rouen. Le vallon de
Canteloup était autrefois moins étendu. Un bras de la Seine, maintenant
desséché et où l'on a trouvé, en 1841, le remarquable casque en acier,
recouvert à l'extérieur de plaques d'or et d'émaux et donné au Musée du
Louvre, le séparait d'une petite île, réunie depuis longtemps d'ailleurs
à la terre ferme.
La découverte de substructions
antiques et des restes d'une tour ont même fait supposer que cette île
avait été l'ancienne Tornholm, tandis que la grande île, sa voisine,
aurait été l'Oscellus, occupée par les Normands en 857 et qui leur
servit de campement jusqu'en 860. Il faut reconnaître qu'au pied d'une
côte, dont le sommet escarpé pouvait servir de vigie pour surveiller les
vallées de la Seine, de l'Eure et de l'Andelle, la position stratégique
était excellente. C'est à l'un des vieux manoirs, auquel le château
actuel de Canteloup a succédé, que se rattachent les souvenirs et les
légendes des Deux-Amants. Une tradition, qui existe depuis des siècles,
auprès de Canteloup et de Bonnemare, qu'ont recueillie l'Ermite en
Normandie et M. de Fallue dans son Histoire de Radepont, place à la fin
du XIIe siècle les amours tragiques de Mathilde de Canteloup et de Raoul
de Bonnemare. Au retour de la croisade entreprise par Philippe-Auguste
et Richard Cœur de Lion, Robert de Canteloup, qui y avait pris part, ne
consentit à accorder la main de sa fille Mathilde à son cousin Raoul que
s'il la portait sur ses épaules, sans s'arrêter, sans reprendre
haleine, jusqu'au sommet de la côte. L'amant croit qu'il pourra porter
celle qu'il aime jusqu'au bout du monde; il gravit toute la montagne,
mais parvenu à sa cime, en faisant le dernier pas, il rend son dernier
soupir. Mathilde, désespérée, se précipite du haut de la côte avec le
corps de son ami et vient mourir aux pieds de son père. Robert de
Canteloup, pris d'un tardif repentir, aurait fondé, sous le nom des
Deux-Amants, un prieuré, où l'on faisait voir encore, vers la fin du
XVIIIe siècle, un vase en bois placé sous l'autel de l'église et qu'on
disait renfermer les cendres des amants.
Les
amours de Raoul de Bonnemare et de Mathilde de Canteloup, dont le
tombeau était à l'abbaye de Fontaine-Guerard, appartiennent peut-être à
l'histoire, mais les légendes, transformées à travers les âges, ont mêlé
leurs noms à des récits dont l'origine est beaucoup plus lointaine. Le
prieuré des Deux-Amants existait déjà au Xe siècle, si l'on en croit une
note provenant du cabinet de d'Hozier et relative à la généalogie des
Roncherolles. Pierre de Roncherolles, mort le 13 août 980, y avait été
enterré, et il était question dans son épitaphe de conventions entre lui
et les religieux, inscrites dans les chartes. Béatrix de Roncherolles
avait fait dans ce prieuré une fondation en 1031, et Roger de
Roncherolles, qui vivait en 1070, lui avait donné la dîme de ses moulins
en 1120, année où il mourut le 30 septembre. Sa tombe était à côté du
grand autel, tandis que celle de son fils Thibault, mort en 1140, se
trouvait dans la chapelle, à main droite du monastère. Louis le Gros,
monté sur le trône en 1108, fit aux religieux une donation, à laquelle
Guillaume de Canteloup ajouta, vers 1130, le moulin de Canteloup. Il est
probable que, comme les Roncherolles, les Canteloup avaient choisi le
prieuré comme lieu de sépulture; du moins, deux personnages de cette
famille, contemporains de Richard Cœur de Lion, y furent enterrés:
Baudouin de Canteloup, fils ou petit-fils de Guillaume, et Jourdain de
Canteloup, connu seulement pour avoir, en 1203, fait don au roi Jean
d'un palefroi, afin d'obtenir la création d'une foire à Amfreville.
Millin, dans ses Antiquités Nationales, a reproduit une pierre tombale
qu'on lui a dit être celle de Baudouin de Canteloup. L'existence du
prieuré sous le nom des Deux-Amants, avant 980, fait reporter à une
époque antérieure l'aventure des jeunes amoureux, qui a donné son nom à
la côte.
Aujourd'hui, le château de Canteloup
présente un corps de bâtiment rectangulaire à deux étages, cantonné aux
angles par quatre poivrières. Un soubassement et des chaînes en pierres
de taille structurent les façades en briques. La silhouette gracieuse du
château est accentuée par la toiture haute en ardoises et par la
couverture effilée des tourelles. Un clocheton et des lucarnes
complètent les toitures. La chapelle et les communs datent également du
XVIIe siècle. Au début du XXe siècle, un incendie détruit les combles du
château. A ce sinistre succède la dégradation des intérieurs par les
troupes d'occupation en1940-1944. Après la guerre, l'édifice est divisé
en logement pour le personnel de la verrerie de Romilly. Depuis 1960, le
domaine a bénéficié de restaurations qui l'ont mis en valeur. Situé au
bord d'un ancien bras asséché de la Seine, le château possède un cadre
boisé avec son parc arboré et le coteau voisin. Le domaine donne des
vues sur les champs en bord de Seine, ainsi que sur les hameaux de
Canteloup et du Val Pitant. Malgré la proximité de l'écluse de
Pose-Amfreville, l'environnement a conservé un cadre rural préservé.
Éléments
protégés MH: les façades et les toitures et les parties suivantes à
l'intérieur: le rez-de-chaussée et l'escalier, le cellier (en sous-sol
du chemin de Romilly), la chapelle et le commun sud-est: inscription par
arrêté du 2 décembre 1997
château de Canteloup 27380 Amfreville-sous-les-Monts
Château de Cahaignes
Le
château a été construit au XVIIe siècle. L'édifice a longtemps été la
propriété de la famille Claude de Boisdenemetz, qui a donné plusieurs
maires à la commune. En 1848 y est décédée la fille de la compositrice
Marie-Emmanuelle Bayon et de Victor Louis, Marie-Hélène-Victoire,
belle-mère d'Alexandre Armand, marquis de Boidenemetz. Dans les années
1950 et 1960, le château a accueilli des colonies de vacances. Depuis
les années 1980, l'édifice se délabre au fil du temps. Son dernier
propriétaire Ernest Hubert Jean Picot s'est trouvé dans l'impossibilité
de l'entretenir à la suite de son départ en maison de repos. Le domaine a
été racheté en 2014 et devrait être remis en état, à suivre...
En 1953, le château et son parc sont l'objet d'un classement au titre
des sites naturels
château de Cahaignes 27420 Cahaignes
Château du Buisson de May
La seigneurie du Buisson de May est attestée depuis le XVe siècle. Elle
appartint pendant environ 300 ans à la famille de Bordeaux, notable de
Vernon. Situé à proximité d'un ancien logis seigneurial, le château et
le parc ont été réalisés par Jacques-Denis Antoine, architecte de
l'Académie Royale, en 1781. L'édifice a connu quelques transformations
au XIXe siècle et différents usages durant le XXe siècle (colonie de
vacances, hôpital militaire, etc.). Apparenté au mouvement
néo-classique, le château présente un corps de logis rectangulaire,
cantonné aux angles par quatre pavillons symétriques surmontés de
clochetons. L'austérité des façades en brique ou enduites met en valeur
les frontons des ouvertures, les bossages en pierre aux arêtes des murs.
L'aménagement du parc (hémicycles, perspectives en patte d'oie)
renforce la monumentalité du site. Malgré la proximité de la RN13, le
château a conservé ses vues lointaines, qui, au travers des bois
environnant, ouvrent sur des paysages de plaines, l'accès d'origine a
été tracé en diagonale par l'architecte afin de découvrir le château vu
de trois-quart.
Éléments protégés MH : le château,
les esplanades en hémicycle avec leurs murs de soutènement, les douves
et le pont d'accès, les alignements en patte d'oie au nord et les
perspectives : classement par arrêté du 10 février 1994.
château du Buisson de Mai 27120 Saint-Aquilin-de-Pacy
Téléphone : 01 39 58 02 81
Château de Brumare
Fief cité en 1367, château construit dans la première moitié du XVIIe
siècle et a eu de nombreux remaniements au XIXe siècle au niveau de la
façade antérieure du rez-de-chaussée, de la toiture et des pavillons
latéraux. Brumare est l’un des plus beaux domaines du canton de Montfort
sur Risle. Ce château, entouré de très belles hêtraies est un grand
édifice blanc à deux étages surmontés de combles mansardés s’ordonnant
de part et d’autre d’un haut pavillon central de trois étages et se
terminant par deux pavillons de même hauteur. Une galerie vitrée a été
ajoutée sur la façade sud au XIXe siècle. Dans le parc, une chapelle de
XVIe siècle où l’on conservait le cœur d’un Montmorency décapité sur
ordre de Richelieu. Le château comporte un hall d'entrée, une galerie,
deux salons, une bibliothèque, une salle à manger, un bureau, treize
chambres, six salles de bain, une salle de jeux et quinze chambres
secondaires, également de nombreuses dépendances dont une maison de
régisseur, un bûcher, un hangar, des écuries, une remise, une sellerie
et une maison de gardien. Le domaine possède un parc boisé qui met en
valeur le château avec ses rhododendrons et ses grands alignements
d'arbres. Des vues se dégagent sur les plaines cultivées alentours, en
particulier vers le hameau des Chèvres, les champs ainsi que les
lisières des hameaux voisins participent à ce cadre rural...
Éléments
protégés MH: les façades et les toitures du château et de la chapelle,
les pièces et leur décor, le salon chinois au rez-de-chaussée, les
chambres nord-ouest, nord-est et sud-est et le boudoir attenant à cette
dernière, la chambre au premier étage : inscription par arrêté du 13
mars 1978.
château de Brumare 27350 Brestot
Téléphone : 02 27 36 90 10
Château de Broglie
Le
château actuel s'élève sur l'emplacement d'une antique forteresse dont
l'histoire est étroitement liée à celle de la Normandie; deux tours en
subsistent qui portent encore la marque des assauts de Dunois. Ensuite
et surtout, les constructions, d'une noble simplicité, qui s'y sont
adossées, sont devenues, depuis près de deux siècles, la principale
résidence d'une des plus illustres familles de France, et se sont
lentement appropriées aux habitudes et aux goûts des grands serviteurs
du pays qui viennent périodiquement y chercher asile, loin des luttes et
des déceptions de la vie publique. Les noms de Chambrais et de Broglie
ne pouvaient manquer de figurer dans un ouvrage élevé à la gloire de la
province normande. Le bourg de Chambrais, qui a pris le nom de Broglie
depuis la lettre royale de 1742, est un des plus anciens de la région:
en 1024, il était qualifié de villa optima dans l'acte par lequel
Richard II le cédait au comte de Vexin. La seigneurie qui s'y était
constituée fut probablement donnée, vers 1071, par Guillaume le
Conquérant, à Henri de Ferrières, son compagnon et son ami: du moins
est-il certain que le fils de ce dernier, Henri, deuxième du nom, la
possédait au commencement du XIIe siècle, et que pendant six cents ans
elle fit partie du patrimoine de la Maison. La forteresse, établie au
plus haut de la colline, suivit les vicissitudes de la province
normande: enlevée par les Anglais en 1418, elle fut reprise par Dunois
en 1449, et ne figure plus dès lors dans l'histoire qu'à l'époque des
guerres de religion, où catholiques et protestants se livrèrent, en
1589, une furieuse bataille à l'ombre de ses murs.
En
1653, Chambrais appartenait à l'héritier de la maison de Ferrières,
Eustache III, comte de Conflans, qui le vendit à Charles Le Comte de
Nonant. Le gendre de celui-ci, Jacques Du Plessis, le revendit à Simon
Arnaud, marquis de Pomponne. Enfin le château et ses dépendances furent
acquis, en 1716, par François-Marie de Broglie, dans la famille duquel
ils sont restés. Il est difficile de dire en quoi consistait, vers 1653,
l'édifice qui servait de siège à la seigneurie. Dès le XVe siècle, les
barons de Ferrières y avaient établi leur résidence, et la vieille
forteresse, presque démantelée en 1449, avait dû être appropriée aux
exigences de l'habitation. Mais rien n'autorise à croire que les
nouvelles constructions aient eu grande importance: aucune trace n'en
subsiste sur les lieux, ni aucun souvenir dans les annales du pays. La
demeure proprement dite était sans doute peu seigneuriale, et c'est à la
difficulté d'une réfection sur place, au milieu des ruines de l'ancien
donjon, qu'il faut attribuer la hâte des deux acheteurs successifs à
s'en dessaisir. Ils ont pourtant commencé un établissement nouveau, car
la bâtisse proprement dite du château date sûrement du XVIIe siècle;
mais elle était restée inachevée, n'ayant jamais eu plus d'un étage, et,
selon toute vraisemblance, inhabitée jusqu'au dernier changement de
propriétaire. Il ne semble pas que le comte de Broglie se soit beaucoup
hâté de la mettre en état, puisque, huit ans après l'acquisition, il
mourait dans sa terre de Buhy, et que le nouveau domaine n'apparaît
guère comme résidence ordinaire de la famille qu'après l'exil de 1742.
Quoi
qu'il en soit, les Broglie lui ont imposé leur nom comme le cachet de
leur gloire, et nul de ceux qui visitent ce château ne saurait ignorer
l'histoire de l'illustre race à qui notre province doit ce fleuron
moderne ajouté à son antique couronne. Les Broglie sont originaires de
Chieri ou Quiers en Piémont, où ils étaient connus depuis 960, sous le
nom de Gribaldi; leur nom actuel, Broglia ou Broglio, ne remonte guère
au delà de 1200. En France, où elle avait pris du service, la famille
commence d'être célèbre au XVIIe siècle. Le chef de la lignée,
François-Marie, premier du nom, est tué au siège de Valence, au moment
où il allait devenir maréchal; son fils Victor-Maurice obtient le bâton
en 1724; son petit-fils, qui devait porter plus haut encore le renom de
ses aïeux, est l'acquéreur de Chambrais. Entré de bonne heure au
service, il se signale au siège de Fribourg, en 1713, par une action
d'éclat, qui lui vaut la faveur de Louis XIV. En 1724, il est
ambassadeur en Angleterre, maréchal de France en 1734; il gagne les
batailles de Parme et de Guastalla, qui amènent la paix de 1735. En
1740, il est envoyé en Bohême où, après avoir inutilement guerroyé, il
s'enferme dans Prague et y soutient le siège fameux que l'on sait. C'est
le jour même du suprême combat livré sous les murs de la ville (20 août
1742), que Louis XV élève la baronnie de Ferrières en duché de Broglie.
Aussi avisé politique qu'habile général, il refuse de défendre la
Bavière, pays ravagé où son armée est incapable de tenir, et la ramène
presque intacte en France. Mais là, il est accueilli par la plus injuste
des disgrâces, et se voit exilé dans son domaine de l'Eure, qu'il a
tout juste le temps d'achever et d'embellir, car il meurt en 1745.
Il
laissait cinq enfants: l'aîné, l'héritier du titre et de la terre,
Victor-François, né en 1718, était déjà maréchal de camp lors de la mort
de son père. Vainqueur à Bergen, à Corbeck, à Minden, créé prince
héréditaire du Saint-Empire, il est fait maréchal de France en 1759, à
quarante et un ans. Il devait, lui aussi, connaître le retour de la
faveur royale: en 1761, après la défaite de Fillinghansen, dont Soubise
et lui se rejettent la responsabilité, il est, à son tour, exilé à
Broglie où il emploie ses loisirs à aménager le parc du château. Le roi
ne tarde pas à le rappeler, et la carrière des honneurs se rouvre devant
lui. En 1778, il commande le pays Messin; en 1789 il est ministre de la
guerre. Renvoyé dans son gouvernement, il est assailli, à Metz, par une
émeute qui l'oblige à chercher asile auprès de Joseph II. Son fils, qui
est député à l'Assemblé, monte à la tribune pour justifier la conduite
du vieux maréchal, a la joie de le faire absoudre: Broglie est maintenu
dans tous ses honneurs et charges. Mais il ne lui plait pas de rentrer
en grâce auprès de la Nation qui est en train d'abattre le trône des
Bourbons, et il va rejoindre le comte d'Artois lorsque celui-ci se
décide à émigrer; on le trouve à la tête d'une division de l'armée des
Princes. Les événements se précipitent sans qu'il puisse rentrer en
France, il meurt en 1804. Son fils, Charles-Louis-Victor, suit une autre
voie, mais il n'y rencontre qu'une fin plus tragique: au retour
d'Amérique, il est élu député aux États-Généraux, embrasse les idées
nouvelles et part pour l'armée où il est maréchal de camp, en 1792. On
l'accuse de trahison, et il monte sur l'échafaud le 25 juin 1794.
L'admirable
lignée d'hommes que cette famille porte à sa tête n'est pas près de
s'épuiser: la victime de Robespierre laisse plusieurs enfants dont
l'aîné, Victor, est pair de France en 1814, puis Grand Maître de
l'Université, ministre des affaires étrangères, ambassadeur à Londres,
et hors tout cela, un des esprits les plus libéraux, un des plus
brillants écrivains de son temps. En 1816, il épouse la fille de Madame
de Staël, et de cette union qui semble fondre ensemble toutes les formes
et toutes les raisons de supériorité possibles entre les hommes, naît,
en 1821, le chef actuel de la famille, le duc Albert de Broglie, à qui
incombait la lourde tâche de ne pas déroger à une pareille origine. M.
le duc de Broglie est trop mêlé à l'histoire présente pour qu'il soit
permis d'apprécier ici son role politique. On sait qu'il fut l'un des
principaux inspirateurs et l'acteur principal des diverses tentatives
que le parti conservateur de France risqua, de 1872 à 1877, pour
s'emparer définitivement du pouvoir. Au cours des luttes et des crises
où il défendait sa foi monarchique et religieuse, il a été en butte à
bien des attaques et peut-être à quelques injures; mais l'idée n'est
jamais venue à personne de mettre en doute sa haute sincérité, son
énergie d'âme et son grand talent. Aux yeux même de ses adversaires, M.
de Broglie reste un des rares hommes d'Etat du pays, et sa valeur
personnelle le met vraiment hors de pair. A coté du duc son frère cadet
doit être nommé, autant pour ses rares mérites qu'en raison de sa fin
tragique qui a ému la France. Auguste-Théodore, prince de Broglie, était
sorti de l'école Polytechnique avec le second rang et s'était senti
attiré vers la marine.
Lieutenant de vaisseau
en 1862, à vingt-huit ans, il avait quitté le service pour se consacrer à
la profession religieuse, où sa science, ses talents et ses vertus
avaient bientôt fait de lui une sorte de saint, vénéré de tous. Et, de
fait, il est mort en martyr, tué par une folle envers laquelle il avait
épuisé tous les trésors de son angélique bonté. Il habitait souvent
Broglie, avec ses neveux, dignes d'une si belle ascendance, et il y
était chéri. Le château, qui réunit encore la famille, chaque année, aux
approches de l'été, est aménagé pour les goûts de littérature et d'art
qui sont héréditaires dans la maison, comme les talents militaires et
l'amour de la vie publique. Les canons pris par le grand Maréchal et
donnés par Louis XV après le combat de Sandershausen, ne sont plus là,
car ils ont disparu pendant la tourmente révolutionnaire; mais il reste
la bibliothèque riche de 20000 volumes, et la longue série des portraits
de famille où Madame de Staël apparaît au milieu des guerriers en
cuirasse. C'est dans ce rapprochement de gloires diverses, unies en une
même race et tendant à un même but, la grandeur de la patrie française,
que réside le véritable intérêt du château de Broglie, et pour cette
raison l'on trouvera peut-être qu'il valait une visite.
Éléments
protégés MH : les façades et les toitures du château et des communs, le
hall d'entrée, l'escalier avec sa cage et sa rampe, la chapelle, la
bibliothèque des Ministres, la bibliothèque de Madame de Stael, le grand
salon dit salon bleu, avec leur décor : inscription par arrêté du 25
février 1974.
château de Broglie 27270 Broglie











Traduction




























































Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire